Preview : Tekken 5

Tekken 5 - PS2

Genre : Baston

Date de sortie : 29 juin 2005

Après un quatrième épisode qui a laborieusement réussi à se justifier, on se demande naïvement ce qui a pu, excepté l’attrait du gain, motiver Namco pour préparer un cinquième opus de sa série de baston Tekken. Le scepticisme et les a priori sont certes de rigueur, mais donnons à cet énième épisode sa chance, après tout. Si d’aventure la réponse n’était pas convaincante, Namco entendra parler du pays ! Premiers avis sur le dernier-né d’une série qui cherche péniblement son souffle.

 
 
Heihachi est mort. Oui oui, enfin. Après des trouzaines de bastons contre son fils, son petit fils, sa belle fille et la bande de fous furieux qui ont traversé les 5 précédents épisodes de Death by Degrees (en comptant le décevant Tekken Tag Tournament), l’ancêtre s’est enfin décidé à passer l’arme à gauche. Mais que l’on se rassure, ce n’est pas pour autant la fin des aventures de nos combattants aux styles vestimentaires dignes d’une série B. Et autant dire qu’on se réjouit d’avance d’apprendre qu’un nouveau King of Iron Fist Tournament est organisé, puisque la mort du vieux sénile qui s’était autorisé une dernière virée hématogène dans Soul Calibur 2 PS2 n’a apparemment rien réglé.
 

Une famille qui s’aime, c’est beau

Tekken 5, c’est avant tout une grande réunion entre vieux copains. On retrouvera donc la clique habituelle de fighters parmi lesquels Paul, Jin, Kazuya, Law, Lei, Nina, Jack, Yoshimitsu et tout plein d’autres avatars qui ont fait la joie des joueurs de cette si glorieuse génération Playstation. Pour justifier la sortie d’un nouveau Death by Degrees sans avoir l’air de se foutre du monde, bien évidemment, les développeurs se sont fendus de quatre nouveaux personnages : Asuka, une japonaise frêle mais vive, Raven aka le sosie de Blade, Feng qui n’est autre qu’un Law sous amphét et Jinpachi… le père de feu Heihachi Mishima !! Décidément, ils ne savent plus où donner de la tête chez Namco ! On pourrait également évoquer Devil Jin, qui n’est pas à proprement parler un nouveau perso puisqu’il s’agit de la version « sombre » de Jin Kazama, également présent dans la liste des combattants disponibles.

Un petit tour sur le site officiel du jeu permet de constater à quel point le character designer s’est lâché et a donné la pleine mesure de son mauvais goût en matière de look. Les persos ont l’air de brutes mal dégrossies aux traits lapidaires et aux muscles si saillants qu’ils en deviennent grotesques. Aucune conséquence sur le jeu lui-même, bien entendu, mais on a toujours la méchante impression de tenir un exemplaire d’une revue de motards Hell’s Angel en feuilletant la notice du jeu, et ça la fout plutôt mal je dois dire. Certes la critique est superficielle, mais le jeu l’est tout autant, donc…
 

Ca, c’est du Death by Degrees !!

Namco n’a pas taillé la réputation des Death by Degrees sur la profondeur de leur gameplay, mais plutôt sur le plaisir immédiat et leur accessibilité de tradition arcade. Avec Tekken 5, l’éditeur nippon prêche à converti et nous ressert la même vieille recette, éprouvée depuis des années. On appréciera que les arènes restent fermées comme dans Tekken 4, même si les pros du pad épuiseront vite leur patience sur un système de combat objectivement bourrin, qui laisse au premier débutant venu l’occasion de ruiner des heures d’entraînement en pianotant comme un goret sur les touches. Frustrant pour les initiés, mais tant mieux pour les autres. Autre reproche, les « personnages doublons » n’ont pas tous été retirés, bien que des efforts notables aient été consentis sur ce point, puisque la liste des personnages semble avoir été amputée de certains noms qu’on aura de toute façon pas vraiment retenu. Cependant, des persos franchement creux répondent encore à l’appel, comme Kuma, Mokujin, Christie ou Anna, voire Roger le Kangourou pour n’en citer que cinq, qui viennent gonfler artificiellement le nombre de combattants proposés fièrement par Namco. Reste à déterminer ce que valent les personnages cachés… dans un prochain test.
 

Echapper à ses vieux démons

Du point de vue du contenu, on reprochait à Tekken 4 en son temps de manquer de profondeur et d’intérêt à long terme, particulièrement face à son vis à vis direct qu’était Virtua Fighter 4. Il faut croire que Namco a pris la critique à la lettre et a outrageusement pompé le concept de customisation des personnages et de rank du soft de baston de Sega. On pourra ainsi débloquer des items pour décorer son avatar avec un peu tout et n’importe quoi. Voilà de quoi raviver la motivation des collectionneurs et des puristes qui auront à cœur d’atteindre le sacro-saint « 100% completed ». Les jeux de baston étant par essence limités dans leur durée de vie (Virtua Fighter étant une notable exception), on ne pestera pas davantage sur ces ajouts factices et sans génie.
 

Article rédigé par Superhero , le

Plus beau, plus de niveaux, de persos, de coups, bref de Tekken, on n’arrive pas à s’enthousiasmer sur cette nouvelle réactualisation de la saga de Namco, qui se complaît dans une superficialité agaçante. Si le patch existait sur console, la série de baston en serait toujours à son troisième épisode. Cette surenchère s’essoufflera bien un jour, et on attend la sortie du jeu pour déterminer si Tekken 5 entame le renouveau ou le déclin d’une série qui n’a que trop duré, à l’image de Heihachi. Et ce n’est pas cette preview qui ôtera nos craintes. Verdict cet été.

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