Test : Shadow of the Colossus

Shadow of the Colossus - PS2

Genre : Action/Aventure

Date de sortie : Février 2006

Genre
Action/Aventure
Date de sortie
Février 2006 - France
Développé par
Sony Computer Entertainment Europe
Edité par
Sony Computer Entertainment Europe
Disponible sur
PS2
Parfois appelé
Ico 2, Wanda & the Colossus, Nico
Site officiel
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Tout le monde se souvient du buzz autour d’Ico. Fumito Ueda, le producteur de cette ode à la fois macabre et poétique, revient à notre plus grande joie avec un titre qui nous impressionne depuis des mois.
Les premières images avaient suscité sur le net un véritable raz-de-marée d’explosions de joie. La moindre vidéo était longuement commentée mais tout cela ne nous en apprenait finalement que très peu sur l’histoire et encore moins sur la qualité ludique du jeu. Alors ce sera un chef d’œuvre ou un simple pétard mouillé ?

 
 
Wanda, ce jeune chevalier que l’on incarne est d’une très grande mélancolie suite au décès de sa charmante fiancée. Les légendes ont la vie tenace et n’écoutant que son courage, il décide d’aller déposer sa bien aimée sur l’autel divin. A peine la jeune femme allongée sur la pierre que la lumière frappe notre jeune héros et lui demande d’abattre seize colosses qui parcourent le monde.

Les premières minutes sont un véritable casse tête car vous débuterez l’aventure avec un minimum d’informations et ce sera à vous de découvrir les lieux où se cachent les mastodontes d’ombre. La seule aide qui vous permettra d’avancer, c’est le reflet divin d’une lumière qui vous indique la direction dans laquelle se trouvent les ennemis. Mais bien au-delà de ces quelques premières minutes difficiles, vous plongerez dans un univers extraordinaire. La vision de ces géants vous apparaîtra de moins en moins effrayante. Mais là où l’on reconnaît immédiatement la patte de Fumito Ueda c’est que de nombreuses surprises vous attendent et surtout le jeu provoque un sentiment presque honteux d’avoir à assassiner ces monstres qui sont pourtant si fragiles une fois atteint leur point faible. Tout comme pour Ico, avec une simple idée de départ, l’auteur nous fait vivre une aventure très émotionnelle et lyrique.
 

Une réalité écrasante

Dès les premières minutes de l’aventure, on se sent comme écraser par les décors. Le monde est vallonné et l’horizon se confond souvent entre collines et ciel. Les cités en ruine sont imposantes et provoquent le sentiment d’être à jamais seul dans ces lieux. La première fois que vous apercevrez un de ces monstres vous sentirez tout le poids du désarroi devant un tel défit. Ils sont géantissimes, rarement une telle vision est parvenue jusqu’à nous dans un jeu vidéo. Ils impressionnent par leur taille, on se demande par quel bout on va bien pouvoir s’attaquer à eux. C’est prodigieux d’avoir réussi à nous offrir un jeu capable de provoquer cette sensation d’écrasement ce qui nous plongent régulièrement dans une torpeur quasi insoutenable surtout que vous risquez de vous faire écraser si vous ne réagissez pas à temps. De temps à autre, quelques petits problèmes de caméra viennent perturber ces visions mais rien de bien gênant devant un tel spectacle.

Certains pourraient être amenés à se plaindre des phases de transition où l’on recherche sa prochaine victime car le monde que l’on parcourt, est bien monotone sans la moindre âme qui vive. Où sont les habitants ? Qu’est-ce qui les a fait fuir, est-il le dernier de sa race ? Toutes ces questions ne seront pas veines même si les réponses ne venaient que de votre imagination. Ces ruptures dans l’action ont certainement été voulues par le concepteur, elles vous laissent le temps de digérer l’acte que vous venez de commettre. Car, encore une fois, il tient à vous faire réfléchir sur ce que vous faites. Bien plus qu’un jeu, il s’agirait presque d’une œuvre philosophique ?

Et que dire des musiques, elles tiennent une place prépondérante lors de l’aventure en abordant des thèmes très variés en fonction de l’action qui se déroule. Kow Otani, le compositeur du jeu, alterne entre les moments de calme avec une dominante de violon et les grandes envolées lyriques des phases de combat.

L’ensemble de la réalisation graphique et musicale est un exemple que devrait suivre tous les producteurs. Alors, certes avec autant de temps de préparation, nous étions en droit d’obtenir un tel bijou. Mais, il n’empêche que c’est en tout point remarquable.
 

Wanda, le matador

Ce petit être frêle quasiment anorexique se transforme en torero lorsqu’il doit aborder ces géants. Il esquive le moindre mouvement afin de mater la bête. Il s’accroche à la moindre aspérité afin de ne pas se retrouver quelques mètres plus bas sous les coups de boutoir d’un ennemi qui se défend comme il peut. Car ils sont tellement imposant qu’ils en deviennent presque pathétiques un peu à l’image de ces taureaux qui se déplace de moins en moins vite après quelques instants d’une rude bataille mais ma fois bien courte. Puis vient le temps de la mise à mort, presque l’instant le plus gênant car ils sont désarmés, à la portée de votre épée et qu’il faudra plonger dans les entrailles de la bête. Et, c’est le principal reproche que l’on peut faire au jeu. L’action est un peu trop simple et une fois la peur du gigantisme passée, le challenge s’avère assez peu relevé.

D’ailleurs, contrairement à Ico qui avait la bonne idée de proposer l’aventure une seconde fois jouable et avec un grand intérêt (comprendre les dialogues), Shadow of the Collossus n’apporte pas cette durée de vie. L’aventure est extraordinaire mais trop courte et surtout trop facile.
 

On en redemande

La réalisation est grandiose surtout par les impressions et les sentiments qu’elle provoque sur le joueur. Encore une fois, Fumito Ueda et son compère musical Kow Otani réussissent à nous éblouir par tant de poésie. Leur jeu se démarque de la concurrence, d’ailleurs elle n’existe plus devant tant de maestria. Un jeu que vous devez posséder, un titre qui fait acheter une PS2 et Sony nous permet encore une fois d’entretenir l’idée que le jeu peut aussi être un art majeur si la production est faite par des Artistes. Messieurs, tout simplement merci !
 

Article rédigé par kago , le

Le plus gros reproche arrive dans cette conclusion. Après une telle aventure, on en ressort presque écœuré en prenant un autre jeu. S’il vous plaît, merci de ne pas nous faire attendre encore quatre ans pour votre prochain jeu.

Points positifs

  • Un univers splendide
  • Des ennemis gigantesques
  • Une réalisation poétique
  • Un chef d'oeuvre

Points négatifs

  • Un peu trop facile
  • Un peu trop court
  • Une suite pas avant 10 ans

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