Preview : Dirge of Cerberus: Final Fantasy VII

Dirge of Cerberus: Final Fantasy VII - PS2

Genre : Action/Aventure

Date de sortie : 17 novembre 2006

Genre
Action/Aventure
Date de sortie
17 novembre 2006 - France
Développé par
Square Enix
Edité par
Square Enix
Disponible sur
PS2
Parfois appelé
FF VII, FF 7
Site officiel
Site officiel

On en rêvait, Square l'a fait. Ou plutôt, Square voulait se faire du fric ? De toute évidence, tout le monde veut se faire du fric, c'est la moindre des choses. Toujours est-il qu'un quatrième rejeton s'apprête à servir la déjà grande famille de Final Fantasy VII, sur PS2 cette fois-ci. Dirge of Cerberus, ou un titre bien anecdotique face au colossal septième dont il porte la marque. Premières impressions, donc.

 
 
Lorsqu'on jette un coup d'oeil au logo de Dirge of Cerberus : Final Fantasy VII, c'est une quantité effrayante de souvenirs plus qu'intacts qui refait surface, propulsée par ces trois mots, ou ces trois initiales : FFVII. Le reste ne représente rien, ou pas grand chose, si ce n'est un soupçon d'éloquence déjà affiché avec le film Advent Children, dont le succès considérable n'a fait qu'entériner ce que l'on savait déjà : le septième est un monument, l'épisode préféré des joueurs avec le numéro VI, la première perle RPG en trois dimensions sortie sur console, bref... Un gage de qualité, et surtout, une garantie de réussite que les développeurs de Square-Enix ont rapidement saisi. De cette initiative est donc née la fameuse Compilation of Final Fantasy VII, qui réunit pour le moment quatre oeuvres : Advent Children (AC), Before Crisis (BC), sorti sur mobile, Crisis Core (CC) à venir sur PSP, et enfin, le jeu qui nous intéresse aujourd'hui, Dirge of Cerberus (DC). Ouf ! Ca fait beaucoup de caractères gras tout ça, j'espère que l'ensemble reste lisible. Tout ça pour dire que la création d'une telle compilation, au-delà de la redécouverte d'un mythe (qui risque même de se poursuivre sur la prochaine next gen de Sony, c'est dire le méga-surprenant engouement de l'éditeur), n'étonne pratiquement personne. Et enchante pratiquement tout le monde. Bah, c'est quand même du septième opus dont il s'agit, après tout.
 

Un monde, des enjeux

Avant de m'étendre sur les premiers éléments scénaristiques du soft, dévoilés en continu par Square-Enix, j'aimerais revenir, ou plutôt venir sur le protagoniste principal de cette turbulente production : Vincent Valentine. Le bonhomme mérite au moins ça. Déjà, pourquoi lui ? La question a bien lieu d'être, puisque notre cher Vincent n'était qu'un personnage facultatif dans Final Fantasy VII, au même titre que Yuffie. En d'autres termes, certains joueurs (comprendre : les Kévins de base) ont probablement terminé le jeu sans même en avoir entendu parler, ou très vaguement. En contrepartie, Valentine possède des arguments très difficiles à contrer : il est à coup sûr le personnage le plus classe de toute l'histoire, derrière l'indépassable Sephiroth, qu'on ne présente plus. Calme, froid, taciturne et démesurément mystérieux, il jouit par ailleurs d'un design aussi réussi qu'original. En gros, c'est un faux beau gosse, mais à ce niveau, je crois que je commence à traiter de choses dont tout le monde se fout. Le film Advent Children a également contribué à maintenir la popularité du personnage à son paroxysme - est-ce un hasard ? non, du tout - en l'affichant par exemple dans un duel épique et esthétique contre Bahamut, où il surclasse la plupart de ses collègues. Mais le coriace Vincent a encore un atout en poche : un passé commun avec la Shinra Inc., cette organisation finalement si obscure dans le scénario du septième épisode, alors qu'elle y occupe une place prépondérante. On déduit aisément que leurs rapports peuvent conduire à l'élaboration toute naturelle d'un scénario ; alors, un rapport avec Dirge of Cerberus ?

Eh bien, pas directement. L'histoire prend place trois ans après les évènements marquants de la fin de Final Fantasy VII, dont la mort de Sephiroth, l'annihilation de Jenova et le retour de Midgar à l'état le plus naturel qui soit après le passage du Météore, la Rivière de la Vie... Vous connaissez tout ça. Sauf qu'une partie de la population de la capitale a vécu enfouie sous terre pendant toutes ces années, et se décide enfin à respirer l'air frais ; au premier abord, tout ça paraît étrange, mais pas forcément dangereux. Pourtant, il s'avère bien vite que ces personnes ne présentent pas l'once d'une motivation pacifiste : ils veulent faire mal, tout bêtement. Cette sorte d'armée, appelée Deep Ground - hmm.. pas très recherché - réunit des spécimens entraînés au combat depuis leur naissance, et probablement jusqu'à leur mort. Si très peu d'informations ont filtré au sujet de leurs véritables objectifs, on sait d'ores et déjà qu'ils en veulent énormément à un homme : Reeve Tuesti. Son prénom doit vous parler, puisqu'il fait partie de l'univers du septième volet. Ainsi se crée naturellement le lien avec Vincent, puisque Reeve a lui aussi appartenu à la Shinra Inc., en tant que chef du Développement Urbain. Il a depuis fondé la WRO (World Regeneration Organization), qu'on suppose destinée à protéger Midgar d'éventuels assauts ennemis. Pourquoi la Deep Ground se montre-t-elle si agressive à son égard, et pourquoi Valentine accepte-t-il de l'aider ? On ne le sait pas précisément. Ce que l'on sait par contre, c'est que notre ami semi-vampire (ou total vampire, l'énigme reste entière à ce propos) a toujours eu besoin d'excellentes raisons pour se décider à faire quelque chose. Pas de crainte donc, il y aura bel et bien des enjeux. Scoop !
 

Quelques aspects techniques

Pour ceux qui ne le sauraient pas encore, Dirge of Cerberus se définit comme un mélange de shoot - à la première personne, mais ce genre de précision est peut-être redondant, je ne me rappelle plus, je l'avoue - et de jeu de rôle. En soi, cela constitue un double défi : l'amalgame entre deux genres que tout oppose ou presque, chose relativement rare dans le paysage vidéoludique, et la rupture avec un RPG pur et dur de la trempe d'un Final Fantasy "tout court". J'aime assez l'idée. Vincent aura à sa disposition une belle panoplie d'armes à feu, le Cerberus en tête (ah, voilà l'explication), même si l'on espère forcément retrouver ses plus célèbres compagnons : Winchester, Lariat, Outsider, Peine de Mort, et j'en passe. Que de nostalgie ! Sinon, le gameplay s'annonce riche et trépidant, entre phases de déplacement à la troisième personne et phases de tir à la première, éradication d'ennemis sous forme de fusillades légendaires à prévoir, énigmes éparses... Il y a de quoi faire, mais aussi de quoi se montrer un brin craintif : les vidéos in-game du soft n'ont pas rassuré quant à l'IA des ennemis ; ils se déplacent parfois de façon surprenante, et leurs mouvements manquent souvent de finesse. Bref, une animation perfectible, qu'on espère voir corrigée d'ici la sortie du titre en Europe. En fait, à force de visionnages de bandes-annonces, on se rend compte que le seul gros gâté dans tout ça, c'est le héros. Lui, il bouge super bien, à la limite du sexy. Normal, me direz-vous, puisqu'on s'apprête à le contempler pendant une vingtaine d'heures ; il a toutes les raisons du monde de vouloir nous persuader.

Autre argument de séduction, sa modélisation : Vincent est tout simplement bien foutu, avouons qu'il a su évoluer depuis son passage sur Playstation. Que ce soit en plein jeu ou pendant les - superbes, comme toujours chez Square-Enix - cinématiques, les développeurs ont su parfaitement matérialiser sa classe discrète et légèrement glacée. Pas de sourires, toujours ce visage-masque fin et énigmatique (drôle de paire d'épithètes) et cette démarche inimitable qui a déjà fait mouche dans le film : le charisme du protagoniste s'explique grandement par le fait qu'il ne correspond à aucun archétype, ne rappelle personne en particulier. Il existe et fait plaisir à voir. Mine de rien, voilà à coup sûr l'un de plus grands atouts du soft lui-même, qui ne semble pas bénéficier, outre Valentine, d'une réalisation exceptionnelle : les adversaires n'ont rien de commun avec le sublime, à commencer par l'un des seuls méchants connus, Azul. Une brute ultra puissante, certes, mais loin d'être un Sephiroth. La modélisation semble toutefois réussie, au même titre que celle des décors, apparemment bien détaillés, quoiqu'un peu ternes et grossiers à de rares occasions. Mais cette appréciation reste du domaine de l'impression, après tout... On sent un important travail aux accents artistiques derrière la création des différents lieux de combat et d'exploration, ce qui manquait un peu, selon moi, aux derniers volets de la saga. Inutile de m'attaquer quand je sous-entends l'épisode X-2, voyons ! Bref, on attend de voir ça de plus près. Enfin, la composition a été confiée à un habitué de la série, qui sans être Uematsu, a déjà démontré un talent évident dans ses précédents travaux : Masashi Hamauzu. Rappelons qu'il est l'auteur de la - seule - partie agréable de la bande originale de Final Fantasy X ; de quoi nourrir davantage d'espoir que de désillusion.
 

Mode Online et réjouissances finales

Le prix de la surprise carrément pas surprenante, mais bienvenue, revient à la présence d'un mode online. PlayOnline sera soutenu jusqu'au bout, et ça se comprend, vu la prévisible baisse de régime de Final Fantasy XI (décidément, j'arriverai à tous les caser) et la concurrence en général. Ici, il n'est bien entendu pas question d'un MMORPG mais d'un "Dirge of Cerberus en ligne" où les joueurs pourront se la jouer chasseur de primes ou former des équipes pour ensuite s'affronter dans des matches sous haute tension. C'est en tout cas le but recherché, et Square-Enix a certainement beaucoup travaillé sur cet aspect du jeu. Par contre, inutile de rêver, on ne contrôlera pas Vincent ni aucune personnalité connue en ligne, et heureusement ! J'imagine déjà la crise d'identité envahir les serveurs et provoquer la déchéance, affirmée par une désertion généralisée qui... Inutile de développer davantage puisque comme je l'ai déjà expliqué... ah, je commence à divaguer, l'article est long. Où en étais-je ? Ah, oui. Le mode online. L'idée consiste à former des troupes du SOLDAT, nom débile que vous connaissez déjà du... septième opus, gagné ! En conséquence, chaque joueur pourra créer son protagoniste de toutes pièces ou presque, et partir à la conquête d'amis pour former son groupe. J'avoue trouver dommage qu'on ne puisse intégrer les troupes de la Deep Ground - et je me demande aussi pourquoi je persiste à lui donner le genre féminin - cela aurait pu conduire à des affrontements autrement plus intéressants, scénaristiquement parlant, qu'un simple combat entre deux joueurs ou entre deux teams. Mais c'est la vie, et il y a sûrement une multitude de raisons derrière tout ça... Une mise à jour méticuleusement placée sur le calendrier, peut-être ?

Dernière bonne nouvelle, qui se trouve d'ailleurs à cette place car je n'ai pas su la caser autre part, la présence de nombreux personnages du jeu original. Carrément pas surprenant, une nouvelle fois ; sauf que là, à défaut d'être bienvenu, c'était imposé : imaginez FFVII, sans Cloud, sans Cid, sans Barret ! Inconcevable. Ainsi, toute la troupe fera au moins office de guest star dans l'aventure, comme le démontrent la plupart des screenshots et des scans de magazines nippons. Bien évidemment, au fond de notre âme, nous, les amoureux du septième, nous surprenons à rêver de personnages jouables, dans un scénario qui saurait leur offrir une petite place. Mais ça, c'est une autre histoire...
 

Article rédigé par n0nam , le

Vous l'aurez compris, Vincent s'impose définitivement comme un beau gosse. Plus important, le jeu dont il est le héros incarne parfaitement le type de défi que son éditeur aime se lancer depuis quelque temps : un changement de registre tout en gardant le matricule Final Fantasy. Malgré de légères carences techniques, ce Dirge of Cerberus semble tout avoir pour réussir, et on le lui souhaite. Espérons donc que la maniabilité, impossible à juger pour le moment, ne décoive pas et permette au jeu de se hisser parmi les hits de l'année. Mais dans son genre, pas de doute : il ne souffrira certainement pas d'une concurrence excessive. Allez, on prie pour Vincent Valentine, qui est et restera un type génial.

Commentaires