Test : Drakengard 2

Drakengard 2 - PS2

Genre : Action/RPG

Date de sortie : Mars 2006

Genre
Action/RPG
Date de sortie
Mars 2006 - France
Développé par
Square Enix
Edité par
Ubisoft
Disponible sur
PS2
Site officiel
Site officiel

La plupart des amateurs de RPG qui se sont essayés à Drakengard premier du nom tomberont d’accord pour dire à quel point ce jeu tranchait avec les canons colorés du genre, en grande partie à cause de son ambiance ultra-sombre, extrêmement déprimante et chaotique, ainsi qu’à cause de ses personnages malsains, torturés, aux penchants parfois forts condamnables (infanticide, inceste, sadisme…). Au final on avait eu affaire à un jeu assez inégal, au design parfois franchement laid, au gameplay souvent répétitif, mais qui possédait néanmoins une aura très particulière qui lui sauvait la mise. La question est maintenant de savoir si les créateurs de Drakengard 2, suite directe du premier épisode, ont su corriger ces défauts tout en conservant le charme vénéneux de ce dernier.

 
 
Premier constat : c’est nettement plus joli que le premier épisode. Deuxième constat : c’est nettement moins joli que ce qui se fait aujourd’hui sur PS2. Autant commencer par ce qui fâche : le design des différents décors est assez moche, très peu détaillé, et surtout laisse une flagrante impression de vide. Certes, les niveaux en extérieurs sont immenses afin de laisser au gigantesque dragon la place de se retourner, ce qui explique peut-être ce manque de reliefs, mais les niveaux en intérieurs, nombreux, auraient, eux, pu bénéficier d’un effort supplémentaire. Résultat, on se retrouve souvent à tourner en rond sans arriver à trouver quel énième corridor étroit on n’a pas encore emprunté, d'autant plus que les caméras sont gérées de façon assez desastreuses dans ces passages. A décharge des créateurs, on peut admettre que le nombre impressionnant d’ennemis affichés à l’écran réduisait leur marge de manœuvre. Mouais. Puisqu’on parle des ennemis, pour continuer dans le défilé des mochetés, on ne peut pas dire que leur design ait été très soigné, on a même l’impression d’une régression par rapport au premier épisode : peu de nouveautés, peu de variété (soldats, monstres, zombis et basta), bref, pour l’instant tout ça, c’est bien tristounet.
 

Un dragon c’est mieux qu’un poney

Heureusement, le gameplay a, lui, été plutôt amélioré, et fait rapidement oublier la laideur de l’environnement. On a toujours affaire, comme du temps du premier Drakengard, à trois phases de jeu différentes ; les passages purement aériens vous proposent d’enfourcher votre dragon bleu à la conquête des cieux en atomisant au passage vaisseaux et monstres volants vous barrant la route, les passages en rase-motte, toujours à dos de dragon, permettent de balayer d’un souffle ardent des armées impuissantes, et enfin les passages à terre, qui s’apparentent à du hack’n slash à la Dynasty Warriors, vous donnent le droit de découper en rondelles vos ennemis en sélectionnant l’allié de votre choix. En ce qui concerne les phases à dos du reptile, on ne peut qu’admirer sa magnifique modélisation, sa grâce aérienne et sa maniabilité ; c’est très simple, on prend beaucoup de plaisir à chevaucher la bête, et la jouabilité a été si bien pensée qu’on n’a jamais l’impression d’être perdu au beau milieu de cet immense ciel. En rase-motte, les énormes dégâts que le dragon peut provoquer en pousseront sans doute plus d’un à assainir totalement chaque lieu visité, ne serais-ce que pour déclencher ses overdrives dévastateurs. Les effets de lumière liés aux attaques sont d’ailleurs très jolis, et le panel d’attaques magiques a été élargi depuis le premier épisode.
 

Coupez !

Quant aux phases à terre, on remarquera qu’un effort a été apporté pour pimenter un peu les batailles. Tout d’abord, la possibilité de faire appel à un allié quand bon vous semble ; il faut savoir que vous serez quasiment obligé de switcher continuellement entre eux, car la plupart des monstres ne sont sensibles aux attaques que d’un allié (ex. : les sorciers pour Manah, les zombis pour Eris, etc.). En passant, mention spéciale au design fabuleux des personnages principaux, tous rivalisant de classe et de charisme. Ensuite, si je vous dis que les armes, plutôt nombreuses, en plus de leur propre coup spécial, proposent toutes quatre niveaux d’évolution et leurs quatre combos correspondant, vous imaginez bien qu’un certain éventail de possibilités a fait son apparition. Au sein des niveaux, les orbes de régénérations n’étant pas légions, la seule façon de vous soigner sans gaspiller vos précieux items hors de prix sera de ruer dans la masse, un enchainement de 60 coups étant nécessaire à l’apparition de l’orbe requinquante. Rapidement on se retrouve à lutter pour sa survie, d’autant que le Game Over peut survenir très sournoisement ; l’un des éléments les plus frappants du jeu est d’ailleurs la course effrénée que cet aspect entraîne : là où le RPGiste est habitué à sauvegarder sa quête au premier village ou coin tranquille, il ne trouvera jamais dans Drakengard 2 le moindre moment de répit. Les évènements s’enchaînent à une vitesse affolante, à peine une mission achevée que vous voilà parachuté à la poursuite de quelque fugitif, à la recherche de quelque artefact…
 

Le gentil contre les méchants

Le scénario, quant à lui, se divise en 12 chapitres, eux-mêmes divisés en versets représentants autant de missions à accomplir pour faire avancer l’histoire. Vous serez aux commandes de Nowe, jeune soldat ayant été élevé par le dragon Legna, qui l’accompagnera pendant tout le jeu. 18 ans après les évènements de Drakengard, Nowe intègre au côté de Eris, son mentor (ou plutôt sa mentoresse) les rangs de l’Ordre, une sorte de clique militaire contrôlant tout le pays, qui, vous vous en doutez, n’est pas vraiment un modèle de douceur et de diplomatie. Nowe, en héros de RPG stéréotypé, finira rapidement par s’opposer à l’Ordre et rejoindra les rangs des rebelles comme de bien entendu. Il est cependant important de dire que les joueurs n’ayant pas pris connaissance du scénario du premier épisode risquent de se sentir perdus par moment, et de ne pas pouvoir profiter pleinement de tout ce que l’intrigue a à offrir. Sans atteindre les sommets de sauvagerie du précédent opus, celle-ci s’avère plus que satisfaisante, et beaucoup des questions qui se poseront en cours de route ne trouveront de réponses qu’aux prix de moults retournements de situation et autres surprises que je ne vous dévoilerai pas. Trois fins sont par ailleurs disponibles, le malheur est qu’il faille se coltiner les modes Hard et Extreme pour avoir droit à toutes ! Néanmoins l’intérêt pour recommencer une partie s’en trouve décuplé, eu égard à la virtuosité des scènes cinématiques du jeu. Comptez entre 25 et 30 heures pour régler son compte à la trame principale, et plus du triple pour tout débloquer, armes, accessoires et secrets compris.
 

Classique ne veut pas (toujours) dire André Rieux

Pour finir, le grand prix spécial du jury est attribué aux musiques du jeu, toutes d’inspiration classique. Les compositeurs du premier Drakengard s’étaient amusés à sampler des bouts de morceaux classiques connus pour en sortir une bande-son frénétique, guerrière, qui au final était le ciment parfait pour cette aventure dantesque. La bande-son de Drakengard 2 est, elle, de composition parfaitement originale, mais n’a pas à rougir de la comparaison avec sa grande sœur : les envolées lyriques succèdent aux atmosphères lourdes, et le thème d’introduction, Symphonic Poem, est avec Liberi Fatali (Final Fantasy VIII), le morceau le plus grandiose qu’il ait jamais été donné d’entendre dans un jeu vidéo. Au final, l’ensemble musique-scénario-ambiance s’imbrique parfaitement, assurant une cohérence qui faisait peut-être un peu trop défaut au premier épisode, même si ce petit côté brouillon apportait un charme.
 

Article rédigé par , le

A mi-chemin entre RPG et Hack’n Slash, avec un zeste de Panzer Dragoon dedans, Drakengard 2 troque cependant le côté abrupt et brutal de son prédécesseur contre un peu plus de sagesse et de finition, et sa frénésie contre un rythme soutenu. On regrette la relative laideur des environnements, mais on savoure intensément le plaisir de transformer les hordes ennemies en hachis Parmentier ou en fondue savoyarde, tout comme on sentirait presque le vent sur son visage quand on chevauche le dragon. On regrette également le côté moins adulte et un chouïa plus stéréotypé du scénario, mais on redécouvre avec délectation cet univers morbide et ses personnages hauts en couleurs.

Points positifs

  • Le dragon
  • Les personnages
  • Le scénario
  • le rythme
  • Les musiques
  • C'est jouissif de tuer tout le monde !

Points négatifs

  • Caméras folles dans les donjons
  • Environnements moches
  • Moins taré que le premier

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