Test : The Suffering

The Suffering - PS2

Genre : Survival Horror

Date de sortie : Mai 2004

Genre
Survival Horror
Date de sortie
Mai 2004 - France
Développé par
Surreal Software
Edité par
Midway Games
Disponible sur
PS2, Xbox
Site officiel
Site officiel

Il y a un bail qu’on avait évoqué pour la première fois The Suffering. Cela faisait même tellement longtemps qu’on eut cru son développement délaissé. Midway, plus connu pour ses déboires que pour ses succès fringants, a fondé tous ses espoirs sur ce n-ième jeu de survie. Malgré cette quantité fulgurante de softs horrifiques, The Suffering s’éloigne de ce qu’on s’était habitué à voir jusqu’à présent. Voyons en profondeur ceci.

 
 
À la base, les jeux vidéo ont été conçus pour les jeunes qui, s’ennuyant, pouvaient corriger leur solitude par la console, justement. Mais, à force de pousser, le public est devenu plus adulte. Out les Aladdin, Pac-Man, car les Alone in the Dark & co. ont envahi le marché. Pourtant, après une rude journée de travail, il est agréable de se prélasser devant un soft cool. Enfin, après tout, si un jeu mettant en scène des créatures ténébreuses en vaut la chandelle, on accepte volontiers.

Grrr, j'ai peur !

Conçu comme un pilier du soft, le scénario n’a pas été laissé au hasard (tout le contraire d’un nombre trop important de jeux actuellement). L’histoire est une pièce maîtresse du déroulement du soft. Jacked, personnage condamné injustement (on s’en serait douté) pour un meurtre de sa femme et de ses deux enfants qu’il n’a point commis, est retrouvé incarcéré dans une prison au passé très prononcé. Siège des prisonniers de guerres dans les confrontations des ricains, puis point d’encrage des plus dangereux serial-killers, le pénitencier n’empêche pas la comparaison avec Alcatraz. À l’extrême opposé géographique de la Californie, l’île de Carnate est localisée au large du Maryland (petit état proche du Massachussets). C’est précisément sur ce rocher que ce situe le bâtiment carcéral d’Abott. D’une sécurité presque sans faille, l’horreur débarque inopinément. Un mort, puis des dizaines, peuplent le lieu de vos malheureuses vacances. Ces monstruosités d’outre-tombe sèment la putréfaction et veulent à tout prix déchiqueter chaque pensionnaire. Bien évidemment, comme par magie, vous êtes parmi les ultimes survivants, même si vous souffrez d’une amnésie profonde. Les monstres sont exclusifs, car, ce ne sont pas des zombies, des chiens, des larves, mais des êtres hybrides, mi-homme mi-arachnide, puisque le buste est humanoïde et les membres, composés par des sortes de sabres fins, font penser à des tarentules.

L’ambiance, volontairement lourde et irritante, donne une dimension de survie assez unique, puisque ici, on attaque, presque sans réfléchir, on ne résout pas d’énigmes (logique dans cette vieille prison délabrée) comme dans Silent Hill. Cette nouvelle vision de l’action atteinte contribue à proposer un genre qui était depuis assez longtemps mis à l’écart dans l’horreur à l’état pur (où, normalement, on frémit avec des monstres peu nombreux, mais surgissent de manière très surprenante, à l’image de RE 1) : le bourrinage complet, pur et simple.

Eye of the tiger

Tel un Rocky avec ses quartiers de viande gelés, vous devez vous faire à l’idée qu’il faut frapper fort dès l’entrée de votre mission de survie. Les armes sont vos meilleurs compagnons, et la fuite n’est clairement pas la solution la plus pertinente. Le maniement de Jacked est plutôt correct, même si quelquefois, on bronche devant sa raideur, comme si un bâton s’était infiltré dans un endroit peu académique. On ne fait quand même pas la fine bouche, tant le gameplay est habituellement un défaut permanent et persistant dans les survival/horror. La caméra, ennemi de toujours, est ici bien utilisé, puisqu’on voit sans encombre à la fois son personnage, mais aussi les différents monstres bondissant à droite et à gauche. L’action, qui favorise et assume pleinement son côté « je tire et j’avance », n’impose pas de complexité dans les capacités de Jacked, et ne nous gratifie pas des somnolents allers-retours, marque de fabrique du genre, encore une fois. Dans le rayon mystère, on note que Jacked a le pouvoir de se muter en monstre, faculté dont on ne connaît l’origine, mais dont l’utilité n’est pas à bouder. Ce qui peut faire hérisser les poils, c’est la bêtise des personnages qu’on rencontre. Tous laissent une marque (souvent de sang d’ailleurs) dans notre quête pour recouvrer la liberté, mais quelle plaie ! Ils prouvent sans concession leur ânerie (à l’image du niveau d’une prison) et il est navrant de devoir jouer les chiens de garde pour leur escorte, leur maintien en vie.

Techniciens de surface

Dans l’optique de coller de façon convenable à l’ambiance du titre, la prison est volontairement crasseuse. Les traînées d’hémoglobine présentes sur les murs, la vétusté des étages, les tâches, la construction, le mauvais éclairage, tout est là pour harmoniser le milieu et alourdir l’univers de The Suffering. Jacked est assez bien modélisé, tout comme le sont les bestioles. Seul certains bugs n’ont pas été corrigés à temps et empêchent à la technique d’être parfaite. En outre, même si la beauté est évidente, Silent Hill n’a pas été rejoint au rang de superstar. Quant aux différents effets, qu’ils soient balistiques ou explosifs, ils sont convaincants, sans pour autant gravir les cimes. La bande-son est un bon mélange entre cris et bruitages stressants des monstres qui marchent ; mais les doublages français de Jacked font trop…américains ; en l’occurrence, il sont trop graves et très proches de ce bon vieux Schwarzenegger.

Article rédigé par n0nam , le

The Suffering est de cette race de jeux dont l’ambition n’est pas exceptionnelle, mais dont la surprise est à sa juste équivalence. Ce qu’on retire de positif, c’est son ambiance nouvelle, vraiment tournée vers le sadisme total, sans faire part aux sentiments réels et profonds. Mais en plus, les graphismes sont presque impeccables et la jouabilité portée vers l’action est parfaitement pensée, sans réelle difficulté d’apprentissage. La durée de vie reste acceptable, si on la compare aux concurrents directs. On regrette juste quelques bugs, pas vraiment méchants, et l’IA mauvaise. Mais le mauvais goût est la chose qui prime le plus ; c’est clairement l’enseignement à tirer, celui d’un genre retrouvé, et qui pourrait perdurer avec d’autres moutures surprenantes, voire avec un épisode numéro deux de ce Suffering (qui est fait par Midway quand même).

Points positifs

  • Ambiance malsaine
  • Graphismes
  • Hémoglobine

Points négatifs

  • IA à revoir
  • Bugs
  • Voix française

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