Test : Operation Flashpoint : Red River

Operation Flashpoint : Red River - PS3

Genre : Simulation de guerre

Date de sortie : 21 avril 2011

De nos jours, éditer un FPS militaire peu connu a de quoi être risqué. Call of Duty, Killzone, Battlefield, les concurrents sont nombreux et robustes, mais Operation Flashpoint garde la tête froide : en se prétendant être une « simulation de guerre », la série tente son retour après son opus Dragon Rising d’il y a deux ans. Intitulé Red River, le nouvel épisode de la série essaie de se faire un nom parmi les autres… Chaud, chaud, chaud, cacao !

 
 
Vous êtes le dirigeant de l’unité Bravo, Kirby. Bravo est composé de trois autres mecs : Soto, Taylor, Balleto, et vous êtes commandé par un sergent-chef au tempérament très gueulard. Avec autant de charisme qu’une souris décédée, les différents protagonistes relèvent du gros cliché que l’on voit dans tous les films militaires de série B. Mais que cela ne vous fasse pas fuir, non ! Comme dit précédemment, Red River se veut être une simulation de guerre, un jeu réaliste ayant pour but de vous retranscrire les sensations intenses de la bataille moderne. Chouette ! Fini les scènes holywoodiennes de CoD, les situations improbables de Battlefield, les machines ultrasophistiquées de Killzone ! Ici, vous devrez faire comme les vrais de vrais, les vétérans de l’armée : survivre dans la cambrousse, comme un ouf.
 

Vis ma vie de soldat

Le contexte prend place au Tadjikistan, pays voisin de l’Afghanistan, où les forces Américaines sont installées depuis peu pour combattre leurs ennemis jurés depuis un certain 11 septembre. En effet, ici, l’histoire elle-même est probable ! On nous retrace carrément l’histoire de Ben Laden, c’est dire. Si le cadre se veut plutôt sympathique, le déroulement du scénario n’est pas vraiment des plus envoûtants. À chaque mission, on vous imposera un briefing, avec plan A et B, l’objectif, ce qui vous attend, et ce que devient l’ennemi de façon générale. Le tout avec les cartes interactives qui vont bien et le commando qui vous explique la manière d’opérer de façon claire et motivante (ou pas). Red Rising est en fait composé de dix missions, chacune comportant des objectifs différents. Ainsi, vous devrez tantôt couvrir une autre équipe, tantôt détruire une cargaison d’armes ennemies, ou bien encore simplement escorter un convoi. Ce qui rend le jeu intéressant, c’est justement qu’il ne bénéficie quasiment pas de mise en scène in-game (ou alors si, mais c’est raté). On se retrouve donc largué dans un véhicule, puis on part gambader dans la campagne désertique pour rejoindre un point de contrôle à quelques centaines de mètres, tout en faisant attention aux quelques méchants qui trainent dans les parages. Alors c’est sûr, dit comme cela, ça n’a franchement rien de sympathique. Les combats eux-mêmes sont parfois brouillons et les phases de transitions un peu ennuyeuses. Mais il reste que Red Rising n’est pas dénué de charme, notamment grâce à, justement, ce réalisme finalement bien représenté. Oui, vous croyiez quoi ? Que dans une guerre militaire, tout le monde fait des glissades avec deux lance-roquettes dans chaque bras en « headshotant » à tout va, sans temps mort ? Non, loin de là. Ça ne tire pas tout le temps, le combat s’organise, les troupes avancent parfois sans danger. Et en fin de compte, tout cela, Red Rising le fait à merveille.
 

La guerre, c’est super laid

Enchainons donc ces jolis compliments sur le plan technique : c’est tout simplement affreux. Prenez Fallout New Vegas, rajoutez-y des bugs de jeu immenses et vous avez un aperçu physique. Forcément, en ressortant d’un titre comme Killzone 3, ça pique un peu les yeux. Ici, la réalisation graphique est d’un autre âge : non seulement l’environnement est d’une triste pauvreté, mais tous les bâtiments ne sont que des blocs de béton vides et sans aucun détails. De plus, nous avons régulièrement droit à de grandes baisses de framerate saccadant l’action, et surtout, à un bug graphique bien étrange. Il s’agit en effet des tirs d’armes à feu, ressemblant étrangement à des tirs de fusils lasers. Non non, nous ne nous fichons pas de vous (du moins, pas ici, haha), nous avons bien des lignes vertes et bleues fluo lorsqu’un personnage fait feu… Bug de notre T.V. ou hallucination provoquée par des substan… un manque de sommeil ? Rien n’est sûr, mais pour un jeu qui se veut réaliste, l’impression de se retrouver dans la Guerre des Etoiles en plein désert du Tadjikistan a de quoi être foutrement dérangeant.
Vous l’aurez compris, Red Rising pèche de ce côté, mais ce n’est pas tout : les voix sont également ratées. Si, en soi, les répliques ont de quoi faire sourire, nous avons constamment droit à des bugs inexplicables. Par exemple, un soldat va répéter trois fois de suite la même phrase ou la même syllabe, va parler dans le vide, ou va répondre à la mauvaise question. Même effet : se battre avec un trisomique bègue paranoïaque, ce n’est pas particulièrement motivant ! Bref, OP RR s’est bien taugé sur ce point. Heureusement, le titre s’avère toujours jouable mais le plaisir est évidemment atténué… D’autant plus lorsque l’on doit se taper un joli chargement à chaque game-over.
 

Les Marines, ils peinent

OP RR se démarque tout de même des autres FPS avec son système de jeu clairement prévu pour la coopération. Avec votre équipe de quatre Marines, vous vous devrez d’éradiquer les pauvres Tadjiks et les Chinois qui résistent encore et toujours à l’envahisseur. Pour ce faire, et si vous êtes seul car vous n’avez pas Internet (ou que vous l’avez mais que, par exemple, Sony vous a entubé avec la maintenance du PSN), vous pourrez en effet diriger votre escouade de A à Z. Il est possible, grâce à la touche R2/RT et aux touches directionnelles, de donner de multiples ordres à l’équipe toute entière ou bien à un membre en particulier. « Soigne-moi », « Fonce là-bas », « Sécurisez le bâtiment », « Plus un bruit »… Le système s’avère plutôt complet et presque super pratique… oui, « presque », car si le jeu possède un autre point noir, c’est bien son I.A.. Que ce soit celle de vos ennemis ou de vos coéquipiers, prenez-le vous pour dit : ils ont la réactivité et l’intelligence d’une moule paraplégique ! Ainsi, il n’est pas rare de voir l’ennemi vous regarder bouche-bée en face à face, d’arriver à bloquer un mec dans un arbre alors que vous étiez censé le couvrir ou, pire, d’exploser la tête à son propre pote parce qu’il passe devant vous pendant vos tirs. Tout simplement rageant. Le jeu prend alors tout son sens quand vous prenez part à la bataille avec trois autres joueurs HUMAINS, ce qui est déjà plus simple pour communiquer… C’est dommage, car avec les possibilités offertes, il y avait de quoi faire !
 
 
Hormis cela, le réalisme est parfois poussé à l’extrême. Si dans les autres FPS vous pouviez encaisser des balles et des balles et guérir en claquant des doigts, là, c’est tout autre chose. Il en suffit d’une seule bien placée pour vous envoyer paître au paradis, et de deux ou trois n’importe où pour une exécution sommaire. Duuur ! Lorsque l’on est touché, on doit vite stopper l’hémorragie avant de finir dans un état lamentable, pour enfin soigner définitivement sa propre blessure. Dommage seulement que ces opérations ne soient un poil trop longues et non animées ! Il est évidemment possible de demander à ses copains de venir faire le boulot à votre place, mais après, c’est à vos risques et périls… D’ailleurs, ceci s’applique également à leur petite personne. Cependant, lorsque vous n’intervenez pas à temps, ils peuvent mourir sur place et vous laisser seul face à l’ennemi, comme en vrai ! Vous devrez alors attendre le prochain checkpoint pour les voir réapparaitre comme de par magie. Dans le même genre, les trajectoires de vos balles sont affectées par des éléments majeurs comme la gravité ou vos mouvements. Ainsi, lorsque vous tirez de loin, vous devrez viser au-dessus de l’ennemi pour que la bastos redescende et lui déglingue la cervelle. On regrettera cependant un manque de finition évident pour certaines armes : mention spéciale aux lance-roquettes dont les missiles n’apparaissent même pas. On notera quelques éléments anecdotiques mais immersifs, comme les battements de cœur reproduits avec les vibrations du pad dus à un manque de souffle en plein sprint. De même, la jouabilité sera modifiée en fonction de l’arme choisie, il sera donc plus difficile de se retourner avec un bazooka qu’avec un AK-74. Le gameplay, puisque l’on en parle, se constate plutôt basique, reprenant les grandes lignes d’un Call of Duty, quelques options en plus (ordres aux compagnons…) et en moins (impossibilité de sauter…). Le tout s’avère parfaitement jouable et l’on prendra vite ses marques pour devenir un grand commandant d’escouade.
 

Le comble, c'est qu'à l'heure où j'écris ces lignes, on annonce la mort de Ben Laden.

Operation Flashpoint : Red River est toutefois complet du point de vue de son contenu. Seulement dix missions, certes, mais sachez qu’en mode « Normal », vous passerez généralement une petite heure et demie sur chacune d’entre elle. Quelques passages s’avèrent corsés, rien d’insurmontable, mais il faudra bien faire usage de ses potes et de ses compétences pour accomplir l’objectif. Le jeu dispose d’un système d’amélioration : à chaque mission terminée, vous obtiendrez des points de compétences, le nombre variant selon votre score effectué. Ces points permettent d’upgrader des sections diverses comme l’endurance, le maniement du fusil ou bien encore la réactivité tactique. Vous pourrez, de plus, augmenter en niveau pour débloquer des atouts et de nouvelles armes ou équipements. Il existe quatre classes de soldat : le fantassin, le grenadier, l’éclaireur et le mitrailleur. Chacune de ces dernières disposant de particularités différentes, autant dire que tout améliorer à donf’ ne sera pas rapide.
 
 
Hormis la campagne solo, il y aussi les missions en équipe : plus rudimentaires, elles sont au nombre de quatre et demandent toute une chose différente. Défendre une position, sauver les pilotes abattus, protéger le convoi et éliminer les forces insurgées. On pourra les jouer sur plusieurs cartes, ce qui diversifiera le tout. Encore plus qu’auparavant, les faire seul relèvera d’un ennui total, alors sautez sur vos amis pour jouer en coopération ! On regrettera fortement l’absence d’un mode multijoueur en écran scindé, vous obligeant à être connecté au PSN ou au Xbox Live pour profiter de l’intelligence humaine et la sociabilité de vos amis gamers. De même, pas un seul mode versus. Enfin, dernier point noir : Red Rising vous bouffera quatre gigaoctets sur votre disque dur, et vous demandera encore et toujours des temps d’attente longuets.
 

Article rédigé par Naxi , le

Operation Flashpoint Red Rising a de quoi donner un avis très mitigé. Entre une réalisation technique à la ramasse et un contenu plutôt prometteur, vaut-il réellement ses soixante-dix euros ? Si nous ne reviendrons pas sur le débat éternel du prix élevé d’un jeu vidéo, nous pouvons en conclure qu’il reste un bon passe-temps pour tous les amateurs de guerre militaire, même si ses nombreux bugs sont parfois évocateurs d’un manque de finition frustrant. À acheter en occasion, et uniquement si vous aimez la simulation du guerrier des temps modernes !

Points positifs

  • Réalisme réussi
  • Plutôt complet
  • Long
  • Histoire presque réelle
  • Multijoueur online révélateur

Points négatifs

  • Techniquement bien naze
  • Installation massive sur le DD
  • I.A. vraiment foireuse
  • Pas d'écran splitté
  • Pas de versus

A propos de l'auteur

Naxi

Naxi

22 ans | Chasseur de cool

Guinness, Bacardi et 9mm : âgé de 20 ans, Naxi est le testeur le plus jeune de l'équipe. Embauché dès l'âge de quinze piges dans la rédaction, il se débrouille pour écrire sur sa passion entre deux soirées alcoolisées où se mêlent Tekken buveur, basses acidulées et lancers de nains roux. Une vie étudiante ponctuée par son addiction à Devil May Cry et son goût des bonnes femmes qu'il tente désespérément d'approcher par sa "voix d'acteur porno". Drôle d'énergumène.

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