Test : Dead Island

Dead Island - PS3

Genre : Action

Date de sortie : 09 septembre 2011

En faisant le buzz avec son trailer d’annonce en février 2011, Dead Island s’est attiré tous les regards. De surprises en surprises, le titre s’est acquis une véritable renommée avant même sa sortie, attendue de nombreux joueurs : l’attente est-elle justifiée ou s’agit-il d’un gros pétard mouillé ?

 
 
Il y a des fois comme ça, où l’envie de se défouler surgit inévitablement. Certains font du sport, d’autres brûlent des voitures, d’autres encore, plus particuliers, se rabattent sur des jeux vidéo. Pour évacuer toute son énergie, il est indéniable que les zombies sont une source inépuisable de brutalité, de sauvagerie et de réflexion combative. Parfait pour apprendre à faire tomber des têtes de manière inventive ! Pour ce faire, certains titres pourraient vous satisfaire : Dead Rising 2 ou Left 4 Dead 2 par exemple. Mais là, le studio Techland nous a concocté la recette du chef : un croisement de ces deux jeux appelé Dead Island, également inspiré des plus grands classiques du cinéma zombifié. Le spitch ? Simple comme une éviscération : une île paradisiaque infestée de morts-vivants, où quelques rescapés tentent encore et toujours de résister aux violentes attaques et de se barrer de ce fucking bout de terre maudit. Arf, ouais, plus facile à dire qu’à faire, je confirme.
 

AK-47, coup de tête, balayette, dans ta tête, HAN

Dès le début de l’aventure, vous avez le choix entre quatre personnages. Deux mecs bodybuildés, deux nanas bien gaulées, et en bonus, Maïté en DLC. Non, je déconnais pour Maïté, mais il n’empêche qu’il faudra bien choisir son bonhomme car chacun est plus compétent que l’autre dans un domaine : les armes de lancer, contondantes, à feu et légères sont quatre catégories que chaque héros maîtrise plus ou moins bien. À vous donc de choisir en fonction de votre style de jeu : plutôt bourrin ou fine lame ? Dans tous les cas, il faudra trancher dans le vif. Au sens propre. Dead Island est en effet un jeu qui ne fait pas vraiment dans la dentelle, et qui vous propulse directement dans un univers dévasté sans que vous n’y compreniez grand-chose. Si les premières minutes d’un jeu sont généralement orchestrées de manière à vous accrocher à votre pad, ici, ce n’est pas le cas. On fouille des valises pendant un quart d’heure, on enfonce une porte, on marche dans des couloirs d’hôtel vides, pour, enfin, rencontrer des personnes. Des personnes dans le style affamé avec du sang plein la gueule et les tripes à moitié à l’air, des personnes qui font que, lorsque vous les voyez, ben vous détalez en courant comme un lapin Duracell. C’est précisément ce que vous devrez faire avant de vous retrouver très peu après sur la plage en train de latter le cul à quatre zombies avec une pagaie trouvée sur le chemin. Pas raffiné pour un sou, Dead Island fait dans la boucherie pure et dure, celle qui donne la nausée et des malaises vagaux… et ça, ben c’est vraiment très rigolo, justement !
 

Avec quoi je vais te tuer ?

Ici, nous avons un FPS à la maniabilité plutôt lourde, déroutante au début, mais à laquelle nous nous habituerons rapidement pour nous faufiler entre deux marres de zombies. Le jeu met en effet l’accent sur le côté réaliste, avec une endurance physique à gérer, des déplacements parfois difficiles et des cascades douloureuses. De même, les armes se dégradent rapidement, l’inventaire se remplit vite et la jauge de vie en prend un coup à chaque mandale reçue : on se retrouve alors avec une réelle dimension RPG ajoutée à des phases d’action plutôt classiques. À la manière de Franck West et Chuck Green, il est possible de choper beaucoup d’objets afin d’expédier les ennemis six pieds sous terre. Que ce soit de la batte de base-ball au manche à balai, en passant par le précieux pistolet et la machette de cuisine, croyez-moi, il y a vraiment de quoi faire pour en éclater un max ! Toujours à la manière d’un Dead Rising, on peut grâce aux établis disséminés à travers l’île réparer et améliorer nos outils ou même assembler des armes et des objets, afin de créer un truc totalement surpuissant pour péter la gueule à tout le monde. Quelques rescapés sont également là pour faire des affaires : on peut acheter des machins et vendre nos trucs, le tout moyennant dollars (et pas qu’un peu). Et oui, survivre sur une telle île demande tout de même un minimum d’organisation ! Cependant, pour le reste, n’y allez pas de main morte, surtout pas. Avec les centaines de zombies qui peuplent les lieux, il n’y a pas un trajet sans que l’on se fritte avec un des décérébrés. Si les combats peuvent paraître couillons au début, on gagnera vite des points d’expérience pour monter en level, acquérir de nouvelles possibilités, créer des armes personnalisées ou bien en découvrir de toutes nouvelles. Grâce à une violence inouïe, Dead Island propose alors des combos parfaitement jouissifs. Un exemple ? Coup de poignard électrique dans la gorge, l’ennemi est alors électrifié et immobilisé, on en profite donc pour prendre sa batte cloutée et lui briser littéralement la jambe (avec la rotule qui fait « crac » et tout, hein !), une fois par terre, coup de pied sauvage dans la tronche, pour finir avec une énorme bouteille de gaz de quarante kilos lâchée en plein sur le crâne. Ce qui implique évidemment un démembrement du plus bel effet. Sérieux, ce n’est pas magique, ça ?
 

Tout n’est pas rose, enfin, rouge

Vous me direz que dénucléariser du méchant à longueur de journée, c’est quand même un peu lassant. Dites-le, allez. Voilà. Ben je vais vous répondre que bien heureusement, des dizaines et des dizaines de quêtes principales et annexes ne demandent qu’à être achevées ! Principalement, il s’agira d’aider les autres survivants avec pour objectif final de quitter cette satanée île. La durée de vie est bien au rendez-vous puisqu’il vous faudra de très nombreuses heures pour espérer tout parcourir, ne serait-ce que pour tous les endroits de l’archipel. Un bon point donc, malheureusement entaché par une répétitivité abusive : va cherchez ci, va cherchez ça, active ceci, active cela, protège le… Carrément lassant au bout d’un moment ! En revanche, au fur et à mesure de votre progression dans l’histoire, l’action sera diversifiée grâce à l’arrivée de tout plein de nouveaux "potes" à dézinguer. Comprenez par-là que les zombies seront variés, et que certaines races vous donneront vraiment du fil à retordre. De plus, lorsque l’on est seul, la difficulté du jeu se veut bien élevée, chaque respawn demandant dollars, et chaque groupe d’ennemis ayant toutes les chances de vous envoyer au tapis en deux temps trois mouvements. Mais l’union fait la force, c’est bien connu, et c’est pour ça qu’un joli mode coopération online a été pensé pour s’entraider dans cette aventure mortelle. Jouable jusqu’à quatre, il est alors possible de faire les missions secondaires ou principales avec trois autres joueurs à la progression égale. Il n’y a pas photo : on se sent déjà beaucoup mieux avec une personne qui combat à nos côtés et qui, pour une fois, n’essaie pas de nous bouffer les artères. À plusieurs, l’action se dote alors d’un terrible fun qui compense facilement ce vilain défaut de lassitude, d’autant plus que l’histoire se veut plutôt mal narrée et pas franchement intéressante.
 

Sanguinairement parlant

Techniquement parlant, Dead Island accuse un moteur graphique manifestement moyen, produisant de nombreux clippings et bugs de collision. La réalisation graphique est inégale : certains bugs de textures s’invitent à des environnements pourtant pas dégueu’ du tout, mais malheureusement pas assez exploités. On aura bien du mal à franchir des barrières en sautant par exemple, la faute à un système de bond foireux. Ceci dit, les décors sont « charmants » et intègrent une ambiance contrastée entre le dépaysement absolu et le déchaînement le plus confus. Une ville délabrée sous la pluie, des égouts pestiférant, une plage au sable chaud, une route jonchée de carcasses de voitures et de cadavres en tous genres, pas de doute, l’ambiance apocalyptique est présente. Le tout est renforcé par l’absence quasi-totale de musique, les cris déstabilisants des ennemis étant presque les seuls consonances qui ressortiront. Reste que Dead Island manque quand même d’un petit quelque chose, sans doute une histoire digne de ce nom et une variété plus importante, pour faire de lui le véritable hit que beaucoup attendaient. Un bon jeu assurément, sur lequel on passera des bonnes heures de délire, mais face à la masse de titres à venir, pas sûr qu’il fasse concurrence très longtemps. Il est alors un bon défouloir, dur, fun, sanglant, et affreusement long.
 

Article rédigé par Naxi , le

Ce n’est pas aussi génial que l’on espérait, mais Dead Island est un titre alliant sympathiquement le fun et la difficulté, la gestion et l’action, le réalisme et l’abusé, un bâton en bois et une dizaine de clous. Long mais peu varié, ce titre a tout de même pour mérite de proposer une liberté impressionnante grâce à un monde ouvert gigantesque et un mode coopération fendard malgré le manque de consistance des missions. Un bon passe-temps que l’on vous conseille entre deux hits de cette fin d’année !

Points positifs

  • Une violence qui défoule
  • Un côté RPG complet
  • Le réalisme qui rime avec fun
  • Un mode coopération online
  • Super long
  • Une graaande île

Points négatifs

  • Grande lassitude !
  • Une histoire pas folichonne
  • Clipping et autres bugs techniques
  • Début de jeu pas bien passionnant
  • Pas de coopération en écran scindé
  • Impossibilité de choisir Maïté comme héroïne, même en DLC

A propos de l'auteur

Naxi

Naxi

22 ans | Chasseur de cool

Guinness, Bacardi et 9mm : âgé de 20 ans, Naxi est le testeur le plus jeune de l'équipe. Embauché dès l'âge de quinze piges dans la rédaction, il se débrouille pour écrire sur sa passion entre deux soirées alcoolisées où se mêlent Tekken buveur, basses acidulées et lancers de nains roux. Une vie étudiante ponctuée par son addiction à Devil May Cry et son goût des bonnes femmes qu'il tente désespérément d'approcher par sa "voix d'acteur porno". Drôle d'énergumène.

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