Preview : FIFA 12

FIFA 12 - PS3

Genre : Football

Date de sortie : 29 septembre 2011

Loin des quotas français, de la grosse tête de C. Ronaldo, de la femme atomique de Messie, de Roland Garros, de l’affaire #DSK ou du retour de René la Taupe, Electronic Arts nous a donné la possibilité d’essayer pendant plusieurs matchs le Fifa nouveau : FIFA 12. Plus précoce que d’habitude, cette preview est d’entrée de jeu beaucoup plus panache que l’année dernière. Pas (trop) de bugs présents pour une version encore loin d’être terminée. A la Claude François, je dirais que comme d’habitude, c’est du plus avec un beau soupçon de nouveautés. Dribbles, I.A., touché de balle, Vista et compagnie, vous saurez comment il faudra aborder votre virage footballistique annuel. D’ailleurs, l’équipe nous a demandé un retour sur impression donc si vous voyez un joueur dénommé « Joker » au Real Madrid, c’est normal.

 
 
Tout d’abord assez inquiet de voir l’épopée s’enfoncer dans les limbes de la difficulté, laissant ainsi le néophyte sur le bas côté de la pelouse, la présentation hands-off ne me rassure guère. On nous parle de précision accrue lorsque le joueur contrôle et se déplace cuir au pied, de moteur physique optimum qui rend les contacts et surtout les fautes plus réalistes que jamais, de blessures clairement plus fréquentes et pour une fois, possibles même lorsque aucun protagoniste ne vient vous titiller de près. Bref, que des trucs pour les accros du ballon rond et qui ont l’air, ma foi, assez lourds à prendre en main. Puis, venues de nulle part, les portes du salon s’ouvrent pour une session manette à l’appui. Pas forcément emballé de prime abord, je laisse mes a priori aux vestiaires devant la bête. En revanche, ce n’est pas le côté graphique qui m’a fait changer d’avis puisqu'un très léger lifting vient rajeunir la saga, rien de bien méchant. Bienvenue à l’Emirates Stadium pour une rencontre amicale entre Arsenal et Chelsea commentée par Thierry Roland et Jean Michel Larqué. Ou pas.
 

La capitale de la Bolivie ? La Paz !

Coup de sifflet et engagement des blues qui attaquent en mode Olive et Tom dès la première minute de jeu sous l’impulsion d’un Lampard des grands jours. Les passes sont fluides, la gestion de la force toujours présente, un jeu en triangle s’installe avec Messires Drogba et Torres. La défense des gunners est une véritable passoire qui lutte constamment pour reprendre le ballon. Première chose à laquelle il faudra s’habituer donc : le pressing. A l’ancienne, il suffisait d’appuyer sur X ou A et le joueur allait gaiement au charbon sans se soucier de l’environnement ou du schéma sur le terrain. Une ligne droite et hop ! Tacle sur le possesseur du ballon. Ici, on revient encore plus loin dans les fondamentaux car il faudra appuyer non plus sur un seul bouton mais deux. Un pour approcher selon votre envie et l’autre pour mettre le pied en opposition. Du Fifa 98 version ++. Vous vous doutez bien que le timing est primordial pour éviter de voir danser Diaby et Fabregas toutes les deux secondes, surtout qu’en face, l’équipe qui maîtrise le Jabulani a un avantage fabuleux si vous ne jouez pas avec l’équipe minime d’Evian-Thonon-Gaillard. Je m’explique. Dans un tout petit périmètre, vous pouvez dorénavant faire plusieurs touches de balle sans craindre de pousser le précieux trop loin. Et si vous avez trop fait le malin, la solution de secours plus que viable reste le bouclier humain. Une simple pression sur le bouton de course permet au footballeur de mettre son corps en opposition afin de gagner du temps pour trouver une solution. Cerise sur le gâteau à la fraise-rhubarbe, le dribble est possible malgré cette posture défensive. Une horreur qui vous permet de prendre des fautes gratuites assez souvent pour conclure sur un coup franc des familles.
 

40 A, avantage Chelsea

Tel un coup de poignard dans le dos, c’est à la 44ème minute que l’Ivoirien décoche un ciseau en angle fermé sur une passe lobée en profondeur signée Lampard. Après avoir discuté avec mes onze titulaires, je décide de faire entrer la pépite russe Arshavin au détriment d’un Van Persie assez anecdotique. L’arbitre siffle et les quelques passes en retrait s’arrêtent brusquement sur une faute grave de conséquence. Mal retombé, c’est la fusée Walcott qui se blesse bêtement lors d’un contact bien viril. Clairement, le moteur physique de Fifa 12 surprend de part sa réussite mais également via son omniprésence évidente. Le football étant un sport de contact malgré tout, on a la sensation désagréable de cette mise en avant perpétuelle d’EA. Chaque poussette est synonyme de cascade abracadabrantesque, chaque tacle est l’excuse pour un salto avant suivi de trois ou quatre roulades, à croire que le réalisme des simulations sur la pelouse est un réel mal pour nous, joueurs. Il faut dire que si l’arbitre a sûrement des origines anglaises pour laisser continuellement l’avantage et donc l’action se prolonger, il doit être pourvu d’yeux bioniques pour voir quand le millionnaire en short joue la comédie. Tandis que nous nous révoltons pour la moindre envolée physique, l’homme jaune reste impassible, ce qui risque d’en échauffer plus d’un. Mais ce n’est pas tout puisque si les prochaines minutes sont assez banales, j’écope d’un second éclopé en crampons sur la percée suivante. De deux choses l’une, soit je suis maudit, soit deux blessés graves à un passement de jambe d’intervalle c’est un peu grossier. Heureusement pour Arsenal, la malédiction du PSG n’intervient pas et c’est le Français Nasri qui parvient à envoyer Arshavin sur l’aile droite pour une frappe tendue qui se meurt dans l’angle opposé. Du grand art et un retour au score pas piqué des hannetons qui s’embellit par la sortie d’un adversaire pour un motif qui se doit d’être corrigé avant la sortie du jeu : blessure.
 

Tu tires ou tu pointes ?

Passant de temps forts à minables, le derby tient ses promesses malgré une défense délicate à manier et des frappes qui n’ont plus rien avoir avec FIFA 11. Ici, il faudrait éviter de lâcher le ballon trop tôt et surtout d’abuser des tirs enveloppés qui sont quasi inutiles cette année. En contrepartie, le cadre est attrapé plus souvent même si le portier veille au grain. Pour percer plus aisément les différentes murailles défensives, on peut compter sur la vista des joueurs mi-humain mi-mi mathy tels Xavi ou Fabregas qui déposeront des passes millimétrées à l’instant T là où un Park devra attendre plusieurs secondes avant de se foirer lamentablement. D’ailleurs, si la passe est primordiale, elle sera toujours unique selon l’attaquant qui recevra le ballon rond et le second but en est l’exemple typique. Avec Van Persie je n’hésitais pas à cavaler comme un fou le long des ailes pour ensuite repiquer au centre et caresser le cuir. Avec Arshavin dans l’effectif, ses coéquipiers se déplacent différemment pour permettre au Russe de jouer dans des espaces grands comme mon cagibi parce qu’ils savent aussi que la passe décisive peut venir de ce même athlète. Sur ce, deux gestes techniques et un une-deux plus tard, les canonniers mènent au score par 2 buts à 1. Totalement dépassé par les événements, Chelsea perd finalement cette rencontre sur le plus petit des écarts et c’est avec regret au vue de la première période tant dominée et l’exagération des blessures à répétition.
 

Article rédigé par Adyboo , le

Avant de rendre l’antenne et de faire gagner la Jeep à M. Pierre Ménès, petite conclusion de cette session football de haute voltige. Fifa 12, c’est un peu comme une douce bruine en plein été : on ne s’attendait pas à en être autant ravi. Et pourtant, c’est bel et bien le cas devant tant d’améliorations, qu'elles soient optimum comme la protection de balle ou bien légèrement agaçantes comme les claquages 100% anonymes. Une cuvée spéciale pourtant habituellement espérée tous les quatre ans lors d’une coupe du monde. Comme quoi, après le semi-échec d’En Route pour la Coupe du Monde, EA se rattrape avec finesse via une roulette made in Zizou, fluide et efficace.

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