Test : Datura

Datura - PS3

Genre : Aventure

Date de sortie : 09 mai 2012

Genre
Aventure
Date de sortie
09 mai 2012 - France
Développé par
Plastic
Edité par
Sony Computer Entertainment America
Disponible sur
PS3

Ce qui est cool avec les jeux vidéo, c’est qu’ils permettent de faire ressentir plein de choses et de faire vivre des émotions. Régulièrement certains jeux subliment cette expérience en vous marquant à vie. Prenez Journey, il vous fait vivre un magnifique voyage à chaque fois que vous y jouez. Parfois les expériences sont plus abstraites comme pour The Path qui remet même en cause les mécaniques du jeu vidéo car si l’on suit les instructions on perd inéluctablement. Datura est également une aventure à part entière qui marquera obligatoirement le joueur positivement ou négativement.

 
 
Tout commence dans une ambulance. On peut observer un corps sous une couverture et l’on devine aux bips caractéristiques du rythme cardiaque, que ce corps est en vie. Apparait alors la première instruction à l’écran. On s’exécute à l’aide du Playstation Move, car ce jeu ne peut se jouer qu’avec cet instrument, et on enlève délicatement la couverture pour voir ce qui se cache dessous. On remarque que le corps est connecté à des électrodes que l’on retire également. La personne meurt et l’on se trouve transporté dans une forêt qui sera le centre de l’aventure. Datura est une grande ballade dans une forêt mystérieuse qui recèle plein de secrets.
 

Tu veux un coup de main ?

Les premiers pas dans la forêt seront l’occasion d’apprendre à se déplacer. Bouger le Move permet de regarder dans la direction souhaitée. La touche croix permet de tourner sur soi même. Carrée permettra de faire apparaitre la carte, rond de reculer et triangle de faire un focus sur un élément important du décor. La grosse touche frontale du Move permet d’avancer.
Le joueur est représenté par une main qu’il peut balader à sa guise en bougeant le Move. C’est un choix très intéressant car il renforce l’immersion en donnant l’impression que c’est notre véritable main qui est là. Chaque doigt est articulé ce qui permet à la main d’épouser parfaitement les surfaces qu’elle touche. De plus, lorsque l’on touche des structures spéciales, un tronc d'arbre rêche par exemple, le Move se met à trembler pour nous donner la même sensation. Cette représentation du joueur est à la fois une grande force du soft par son originalité et l'immersion qu'elle peut apporter, mais aussi une faiblesse car parfois la main ne réagit pas naturellement ou ne se positionne pas comme on le souhaite.
C’est avec de toutes ces possibilités en main (haha) que nous allons effectuer la première mission, trouver un bouleau pour aller le caresser. Non pas que le héros soit sylvainophile, mais caresser un arbre permettra de compléter une portion de la carte. Ça tombe bien sur le premier bouleau croisé on trouve un cahier avec un stylo qui permettra d’écrire dessus (on y trouvera la carte et les objets en notre possessions). Une fois le cahier récupéré, on peut enfin sortir de la zone de tutorial et commencer les choses sérieuses. On ouvre une grille et nous voilà dans la forêt profonde, libre.
 

Promenons nous dans les bois

Parlons-en de cette forêt ! Graphiquement le jeu laisse un peu à désirer, ce qui est dommage car son fond de commerce est l’ambiance. Les graphismes inégaux nuisent un peu à cette dernière. Mais ce défaut est totalement contre balancé par tout le reste. A commencer par la musique qui est vraiment magnifique lorsqu’elle est présente, en effet la plupart du temps aucune musique n'accompagne le joueur. Seuls les moments clefs possèdent leur morceau. Les bruitages sont également excellents. Si l’on ferme les yeux et qu'on laisse avancer le personnage, on aura vraiment l’impression d’être dans une forêt. Chaque pas provoque des bruits de feuilles écrasées, des craquements de bois, des bruits d’insectes ou autres animaux, des chuchotements malsains, le bruit du vent, comme dans une vrai ballade en forêt. Comment ? Vous n’entendez pas de chuchotements malsains quand vous vous promenez dans une forêt ?
L’atmosphère forestière est très bien reproduite, mais cette ambiance les développeurs l’ont voulu oppressante, à la limite du malsain. Car au final on ne sait pas ce que l’on fait dans cette forêt. Après ce qui s’est passé dans l’ambulance ont se doute que cela a un rapport avec la mort, mais dans quelles mesures ? Ainsi on sera souvent mal à l’aise en parcourant les bois où plein de phénomènes étranges se produisent. A tel point qu'à certains moments on pourrait se croire dans Silent Hill.
 

T’en veux ? C’est de la bonne !

Datura porte bien son nom. C’est avant tout une plante utilisée dans les rites chamaniques qui amène les personnes qui la consomment dans des trips hallucinatoires. Datura c’est un jeu qui va vous faire jeter des pierres sur un cochon, tirer à la carabine dans une roulotte de fête foraine abandonnée, vous promener dans un labyrinthe dont les hais bougent toutes seules ou alors vous amène à un combat épique contre un lanceur automatique de balle de baseball. Avouez qu'il ne faut pas être clair quand même pour créer un tel monde. L’univers dans lequel vous évoluez fait beaucoup penser à Alice au pays des merveilles dans sa noirceur, son ambiance oppressante et son non sens. Il suffit de croiser cette porte en pleine forêt, fermée à clef, pour en être persuadé.
L’ambiance, tout ça, c’est bien beau mais au final il faut faire quoi ? Et bien il faut avancer. Fouiller, comprendre ce qu’il faut faire. On a alors l’impression de jouer à un Myst simplifié car les énigmes ne sont pas compliquées et on arrive très vite à les résoudre. Mais le tout reste agréable. Le cœur du jeu se trouve dans les passages scénarisés qui se déclenchent régulièrement lorsque l'on avance. Je ne peux pas en dire plus sous peine de spoiler, mais vous comprendrez très vite de quoi il en retourne. Vous découvrirez également les conséquences que ces évènements auront sur le reste de la partie.
 

Hang Over

Il faut savoir de cette expérience est courte. Elle est même plus courte qu’un Journey. Mais encore une fois, si pour certain c’est un défaut, c’est en fait ce qui fait la force du titre. Le problème est que la Replay Value est moins importante que pour le titre de That Game Company. Car autant les petits êtres rouges de Journey sont agréables à manier et on évolue en harmonie avec eux, autant le personnage de Datura se traine et avance péniblement. L’utilisation du Move peut aussi rendre parfois la gestion de la caméra et du déplacement plus pénible qu’il ne devrait l’être. Malgré plusieurs tentatives pour calibrer le Move, il restait toujours des passages où le maniement n'était pas optimal. Mais malgré ces défauts vous aurez envie de refaire le jeu car tout ne peux être éclairci dès le premiers run.
 

Article rédigé par Wildchoc , le

Datura est un jeu à faire si vous êtes en quête d'expériences originales qui à leur aboutissement continuent à vous faire réfléchir. Moins porté sur les émotions qu'un Journey, il va stimuler votre curiosité et vous tenir en haleine jusqu'à la fin pour vous faire découvrir réellement qui vous êtes. C'est un jeu que l'on refera pour tout voir mais dont le premier run restera à jamais gravé dans votre mémoire.

Points positifs

  • L'ambiance
  • Original
  • La structure du jeu

Points négatifs

  • Graphisme
  • Un peu fouillis sur certains passages
  • La maniabilité parfois

A propos de l'auteur

Wildchoc

Wildchoc

31 ans | Tanuki lubrique

Le wildchoc sauvage est un petit animal farouche au poil soyeux. Passionné de jeux vidéo il ne sort que très peu souvent pour subvenir à ses besoins naturels tels que se nourrir et se reproduire. Il est cependant facile d'en capturer un en faisant résonner à l'extérieur de sa tanière une douce musique Chip tune. Pourquoi en attraper un ? Ils font en général de très bon coussins.

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