Test : Damage Inc. Pacific Squadron WWII

Damage Inc. Pacific Squadron WWII - PS3

Genre : Simulation de combats aériens

Date de sortie : 28 août 2012

Genre
Simulation de combats aériens
Date de sortie
28 août 2012 - France
Développé par
Trickstar Games
Edité par
Mad Catz
Disponible sur
PS3, Xbox 360

Si les simulations aériennes se basant sur la seconde guerre mondiale se faisaient rares ces dernières années, elles semblent reprendre du poil de la bête depuis l'an passé. On l'a déjà vu avec le très bon Birds of Steel édité par Konami. Damage Inc. Pacific Squadron WWII part d’emblée avec deux avantages. Tout d'abord, il est proposé en bundle avec un flight Stick permettant de base une meilleure prise en main. Et puis il est pas cher. Comptez 49€ pour le jeu seul et 99€ pour le pack. Il ne reste plus qu'à vérifier que le jeu soit à la hauteur. Et ça tombe bien, on est justement là pour ça.

 
 
Le jeu vous met dans la peau de Reaper Leader (il doit bien avoir un autre nom, mais franchement on s'en branle) qui, comme vous devez vous en douter, est pilote de chasse. Ce dernier nous raconte, lors d'une séquence animée au design élégant, dans quelles circonstances lui et son frère Jimmy se sont engagés dans l'armée, depuis la crise de 1929 jusqu'au déménagement de sa famille en ville, avec pour toile de fond les tensions grandissantes en Europe et en Asie. Plutôt bien fichue, cette courte vidéo permet, en plus de combler d'éventuelles lacunes historiques, de créer chez le joueur un semblant d'empathie pour le héros. On enchaîne ensuite avec la première mission du jeu qui n'est rien de plus qu'un didacticiel durant lequel on se heurte avec fracas à nos premières déceptions, sur lesquelles on reviendra plus tard. Mais les choses sérieuses débutent lors de la deuxième mission, lors de la bataille de Pearl Harbor, durant laquelle Jimmy se fait tuer. De quoi motiver le héros de l'histoire à fraguer du « jap' » à la chaîne.
 

Simulation mais pas trop

Le contexte posé, le moment est venu de passer votre baptême de l'air, et de faire face à vos premières déconvenues. En effet, si les images et le trailer diffusés sur ce site montrent des avions fidèlement reproduits et des décors réalistes et reconnaissables, laissant présager de la pure simulation, il n'en est rien. On s'en rend compte dès le départ. C'est bien simple, l'avion décolle quasiment tout seul et ne se déporte pas sur le côté lors de la prise d'élan. Et une fois en l'air, ça s'arrange pas. Quoi que vous fassiez, votre avion ne décrochera pas, vous autorisant toutes les figures les plus improbables. Pour un jeu qui a un contexte historique bien retranscrit, un tel laxisme au niveau du réalisme fait un peu tâche. Après un rapide passage dans les options, on s'aperçoit qu'on est bel et bien en mode « simulation ». Alors on va tâter du mode arcade par curiosité. Simplifiant le pilotage à l'extrême, ce mode est bien plus satisfaisant en terme de sensations. Pas parce qu'elles sont plus proches de la réalité, mais parce que les aéronefs y sont plus nerveux, offrant aux joueurs de l'arcade décomplexée. Et le mode « temps de réaction », mettant le jeu au ralenti pour permettre aux joueurs d'aligner ses opposants et qui était totalement hors de propos en mode simulation, trouve ici sa place.
 

Jamais je n'ai eu autant de mal à perdre

Tutoriel inclus, le jeu vous propose de participer à 23 missions, toutes du côté américain. Dans l'ensemble, elles sont plutôt bien fichues et bénéficient de petites cut-scenes venant dynamiser l'ensemble de temps à autres. On regrettera les micro-temps de chargement qu'on retrouve au début et à la fin de chacune d'entre elles et qui viennent plomber la fluidité de l'action. Mais ce n'est rien comparé à ce qui suit. Si, dans l'ensemble, les missions sont bien foutues et retranscrivent bien l'ambiance de l'époque (ou l'idée qu'on s'en fait), certaines d'entre elles sont plombées par des choix douteux de la part des développeurs. Et ça commence dès l'attaque de Pearl Harbor qui, comme vous le savez, fût une défaite cuisante pour les américains. Et bien ça n'empêche pas aux équipes de Trickstar Games de vous demander de sauver tout le monde, alors que vous faites face à l'intégralité de la flotte aéronavale japonaise, tout seul. Les objectifs à remplir sont de fait plutôt tendus, et vous passerez plus de deux heures sur une mission qui n'est censée durer que 30 minutes environ. On peut se demander s'il est judicieux de placer le niveau de difficulté si haut dès le début du jeu. Une autre mission bien relou est celle de la bataille de la mer de Corail. Elle débute plutôt bien, on coule un navire, on abat quelques avions, puis vient le moment de s'en prendre au Shokaku, le porte avion japonais. Là, on nous demande de viser la passerelle en premier lieu, rien d'anormal me direz vous. Et vous aurez raison, sauf que pour accomplir cet objectif, le jeu nous interdit l'utilisation des bombes. Et détruire la passerelle d'un porte avion à la mitrailleuse, c'est long... Très long... Trop long. En fait, c'est tellement fastidieux que l'auteur de ces humbles lignes a lâché l'affaire.
 

Hum, la belle bouillie de pixels

Rassurez-vous, cet intertitre est complètement abusé. S'il n'est pas faux que le titre de Mad Catz accuse un certain retard au niveau technique, il n'en demeure pas moins vrai qu'il ne s'en sort pas trop mal au final. Les avions sont fidèlement modélisés et les décors, bien que nécessairement moins réussis, sont reconnaissables. On regrettera par contre une modélisation des cockpits faiblarde avec des instruments qui ne sont pas fonctionnels, alors que c'est la norme de nos jours. Du coup, on se retrouve avec un HUD plutôt envahissant. On notera également que lors de l'utilisation du ralenti, le jeu applique un filtre à l'image. Ce qui ne serait pas bien grave si ce dernier ne rendait pas le jeu moche à vomir. Pour le reste, n'espérez pas voir les impacts de balles sur votre carlingue. Au mieux, vous le verrez exploser lorsque votre barre de vie tombera à zéro. Mais encore faut-il que les japonais puissent aligner deux tirs correctement. Car ils ne vous inquièteront à aucun moment. Soit parce qu'ils sont trop occupés ailleurs à tourner en rond, soit parce que votre avion est beaucoup trop résistant. En effet, vous pouvez vous faire tirez dessus en continu pendant cinq bonnes minutes avant que votre santé soit à moitié entamée.
 

Il est temps de tâter du manche

Viens maintenant l'épineuse question du Flight Stick, l'AV8R, puisque tel est son nom. Avec ce gameplay, un tel accessoire est inutile, le jeu se pratiquant tout aussi bien à la manette. Seulement voilà, il est pas si mal que ça le bougre. Alors c'est vrai, au prix auquel il est proposé, on est pas dans du haut de gamme, et les matériaux sont un peu cheap. Mais le bonhomme a un look franchement sympa. Ajoutez à cela qu'il a le bon goût de proposer une prise en main aussi bien adaptée aux gauchers qu'aux droitiers, et qu'en plus il répond bien. Le manche résiste juste ce qu'il faut au mouvement pour offrir un maniement à la fois précis et agréable. Seul défaut à noter : un certain temps de latence au niveau de la manette des gaz, mais rien de dramatique cependant. Sachez qu'il est livré en kit, avec en prime des pieds incurvés facultatifs, mais qui permettent au stick de bien tenir sur votre cuisse.
 

Article rédigé par pattoune , le

Si vous recherchez de la simulation pure et dure, passez votre chemin, Birds of Steel lui est supérieur sur tous les plans. Par contre, si vous recherchez un shooter aérien se déroulant dans un univers réaliste, facile à prendre en main, et que vous en avez assez de la rengaine « je locke mon ennemi et je lui envoie un missile », alors Damage Inc. Est fait pour vous. Car malgré certains passages bien fastidieux, il vous réserve tout de même de bons moments.

Points positifs

  • Le mode arcade
  • L'ambiance
  • Le stick de bonne facture
  • Le prix du bundle

Points négatifs

  • Un mode simulation qui ne mérite pas son nom
  • Instruments de bord non fonctionnels
  • Certaines missions rébarbatives
  • Foutrement moche quand on active le ralenti

A propos de l'auteur

pattoune

pattoune

34 ans | Ours savant

Davantage ours que savant, ce con n'a pas compris que l'hibernation c'est en hiver. Résultat, il reste cloitré dans sa grotte à longueur d'année. Ce qui arrange bien du monde. Mais ce n'est pas un mauvais bougre. Il est même plutôt drôle à l'occasion. C'est souvent à ses dépens mais chut, il faut pas le dire. Ayant été récemment rattrapé par l'eau courante et l'électricité, il est désormais en mesure, après avoir difficilement assimilé les bases de l'hygiène corporelle, de nous livrer tests, news et autres contenus enchanteurs. Il nous reste plus qu'a espérer qu'il ne lui vienne pas l'idée de faire prendre un bain à son PC... Trop tard.

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