Test : Papo & Yo

Papo & Yo - PS3

Genre : Errances oniriques

Date de sortie : 15 août 2012

Ce n’est plus un secret, sur le PSN (ou devrait-on dire le SEN) on tombe régulièrement sur de petits bijoux vidéo ludiques qui nous touchent profondément. Certains appellent ça de l’art, d’autres pensent que c’est une expérience; mais quoi qu’il en soit cela reste du jeu vidéo qui nous prend aux tripes, qui nous touche et qui peut même, parfois, nous apprendre quelque chose. Vous l’aurez compris, Papo and Yo fait parti de cette catégorie de jeux.

 
 
Papo & Yo commence fort avec une citation de Vander Caballero, le Creative Director, qui pose le contexte : "A ma mère, mes frères et mes sœurs, grâce à qui j'ai survécu au monstre qui habitait mon père".
Vous incarnez un enfant, Quico, et votre père n’est pas ce que l’on appellerait un père modèle. Il a plutôt tendance à se taper des colères intempestives durant lesquelles il va se mettre à vous battre. Mais là où Papo & Yo fait fort, c’est que, tout ceci, il le suggère sans jamais le montrer. Le jeu commence alors que Quico se cache d'un monstre, c'est alors qu'une porte magique apparaît soudainement dans le mur devant lui. Sans hésiter il va la traverser et va ainsi atterrir dans un monde imaginaire tel Alice au pays des merveilles de Lewis Caroll, sauf que dans ce cas tout est là pour nous rappeler les bidonvilles d’Amérique Latine.
 

Arrrrrriba Arrrrrriba

On est clairement transporté dans une ambiance latine. La musique, vraiment exceptionnelle, renforce efficacement l’immersion en utilisant sans se priver de Marimba et autres instruments connotés de cette région. Il est vraiment agréable d’évoluer dans cet univers rythmé par des sons Latino.
La direction artistique est elle aussi clairement orientée. On a vraiment l’impression d’évoluer dans ce qui pourrait être une favela. Tout nous suggère l’Amérique Latine : les couleurs pastels, le soleil éblouissant, le ciel bleu turquoise, et j’en passe. D’ailleurs cela permet de changer un peu de ce que l’on voit habituellement. L’Amérique Latine n’est pas un thème souvent exploité, finalement.
Il n’y a pas à dire, dans Papo & yo l’atmosphère a fait l’objet d’une très grande attention, et cela se ressent. On se sent bien dans cet univers et on a du mal à lâcher la manette, on ne veut qu’une chose : progresser.
 

Puzzle Urbain

Papo & Yo est en fait un Puzzle Game dans lequel il vous faudra trouver comment atteindre la sortie. Pour avancer il faudra actionner divers mécanismes représentés par des dessins à la craie sur les murs ou le sol. Là aussi le jeu en impose. En actionnant les mécanismes vous n’allez pas seulement ouvrir une porte secrète ou je ne sais quelles trappes, non c’est beaucoup plus impressionnant ! Vous allez devenir un vrai architecte urbain. Vous allez complètement modifier les paysages urbains et tout cela en temps réel et autant dire que c’est réellement impressionnant. Bougez telle boite et la maison associée au fond du décor bougera en même temps. Tirez tel levier et vous ferez apparaître un escalier en l’extrayant de la façade d’un immeuble. Chaque mécanisme est l’occasion d'en mettre plein les mirettes et il n’y a que très peu de répétition. C’est tellement jouissif que l’on se hâte pour aller au prochain mécanisme afin de voir l’effet que cela aura. Ajoutez à cela des effets que l'on qualifierai d'onirique, voire de poétique et vous comprendrez que l'on tient la un système très intéressant. On se croirait dans un Alice au pays des Merveilles urbain dans lequel ce ne sont pas les fleurs qui prennent vie mais les bâtiments. L’effet est réellement saisissant.
 

Monstre & co.

Papo & yo n’est pas un simple puzzle game. Il faut savoir que le jeu s’inspire de l’enfance de son créateur et s’inspire de faits réels. Cette figure paternelle ambivalente, bienveillante et mauvaise à la fois, a été directement retranscrite dans le gameplay. Pendant sa fuite dans le monde imaginaire, Quico va rencontrer un être particulièrement étrange mais indispensable à son avancée : un monstre appelé « Le monstre ». Il va en effet vous falloir l’utiliser pour pouvoir avancer. A l’aide de fruits jaunes vous pourrez l’attirer où bon vous semble afin de résoudre les énigmes. Mais voilà, gare à vous si ce dernier se met à manger une grenouille. Il va entrer dans une rage folle et vous poursuivre pour vous manger, plus rien ne pourra alors le calmer. A vous de faire tout votre possible pour que ce dernier ne mange pas de grenouilles et ne se retourne pas contre vous.
En plus du monstre, Quico sera également accompagné d’un petit robot qui lui permettra d’atteindre des mécanismes éloignés, ainsi que de voler sur de courtes distances.
 

Quico cococo collé au culcul

Papo & yo n’est pas parfait techniquement. Graphiquement il reste en deçà de ce qui se fait actuellement, mais à l’image de Dark Souls la DA permet de masquer les lacunes graphiques et on ne lui en tiendra pas rigueur. De même, on tombe assez fréquemment sur de petits bugs de collisions ou autres anomalies qui peuvent nuire à l’immersion. Mais juger Papo & yo sur ces critères serait une grossière erreur. On ne joue pas à ce jeu pour ses graphismes.
Le but de son créateur est de transmettre ses émotions et de partager avec le joueur ce qu’il a pu vivre durant son enfance. Sur ce point c’est un pari réussi. Notamment une scène qui vous prendra aux tripes comme rarement un jeu vidéo ne l’a fait, mais que je ne raconterai évidemment pas pour ne pas spoiler. Tout ce qui est fondé sur l’émotion est réussi dans ce jeu. On en vient même à détester profondément le monstre sans jamais pouvoir lui en vouloir totalement car au fond … on l’aime bien. Minority a réussi un sacré pari en retranscrivant parfaitement cette ambivalence.
Un dernier point sur la durée de vie, le jeu est court et se finit en 3 heures environ, mais cela lui permet de ne jamais se répéter et de garder sa fraîcheur tout du long.
 

Article rédigé par Wildchoc , le

Papo & Yo, même si complètement différent, est de la même trempe que Journey. Il joue sur les émotions. En partant de ce postulat, il est évident que certains adoreront et d’autres y seront totalement hermétiques. Mais les développeurs peuvent se féliciter d’avoir réussi à retranscrire les joies et les peurs, bien réelles, ressenties par son créateur au sein d’un jeu vidéo, tout en préservant le fun et l’envie d’avancer. Papo & yo est l’exemple typique du jeu à petit budget créé avec passion pour des passionnés.

Points positifs

  • L'ambiance
  • L'univers
  • Les musiques
  • Le thème abordé

Points négatifs

  • Les graphismes
  • Quelques bugs
  • Durée de vie trop courte ?

A propos de l'auteur

Wildchoc

Wildchoc

31 ans | Tanuki lubrique

Le wildchoc sauvage est un petit animal farouche au poil soyeux. Passionné de jeux vidéo il ne sort que très peu souvent pour subvenir à ses besoins naturels tels que se nourrir et se reproduire. Il est cependant facile d'en capturer un en faisant résonner à l'extérieur de sa tanière une douce musique Chip tune. Pourquoi en attraper un ? Ils font en général de très bon coussins.

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