Test : Everybody's Gone to the Rapture

Everybody's Gone to the Rapture - PS4

Genre : Jeu mystère

Date de sortie : 11 août 2015

Genre
Jeu mystère
Date de sortie
11 août 2015 - France
Développé par
The Chinese Room
Edité par
Sony Computer Entertainment
Disponible sur
PC, PS4
Modes de distribution
PlayStation Network

Plus ça va, plus certains jeux indés n’ont pas de gameplay. Vraiment rien. Nada. Cette épuration du gameplay donne des Gone Home, The Stanley Parable et autres Dear Esther. Ça tombe bien puisque c’est le studio qui a fait ce dernier jeu, The Chinese Room, qui nous livre le soft qui nous intéresse aujourd’hui : Everybody’s Gone To The Rapture. Alors préparez vos chaussures de randonnées virtuelles puisqu’on ne va faire rien d’autre que marcher dans un petit village anglais déserté.

Test effectué à partir d'une version PS4

« Qui suis-je ? Où vais-je ? Qu’est-ce que je fous là, bordel ? » C’est littéralement le pitch de départ du jeu Everybody’s Gone To The Rapture. On découvre assez vite que l’on n’est pas dans une cité sous-marine pleine de mutants fous mais dans un petit village anglais somme toute assez charmant, nommé Yaughton, si ce n’est qu’il manque une partie importante : les habitants. On découvre assez vite qu’une sorte d’expérience scientifique a foutu un peu le bordel (les scientifiques : source des emmerdes dans les jeux vidéo depuis 1892). Comment ? Lorsqu’on se balade, on rencontre des petites boules d’énergie jaunes qui recréent des scènes de la vie du village avant la catastrophe qui a fait disparaître tout le monde, nous permettant ainsi d'assister aux évènements qui ont mené à l'évanouissement de la population.

Everybody's Gone To The Rapture

Je marche seul dans les rues qui se donnent

Généralement, dans un test de jeu vidéo, c’est cool de parler du gameplay ensuite. Mais là, je ne rigolais pas dans l’intro, il n’y a pas de gameplay si ce n’est la déambulation, tel un poète anglais du 18ème, dans les rues du petit village britannique pour trouver les scènes de la vie quotidienne (ou pas) et comprendre ce qu'il s’est passé. On trouvera aussi quelques radios et téléphones qui raconteront les coulisses de la folie scientifique qui a mené à ce qui ressemble à une apocalypse tranquillou. Quelques autres secrets seront à trouver pour ceux qui veulent tous savoir du pourquoi du comment. La chose que l’on pourra critiquer, c’est que la déambulation est un peu trop languissante et lente et que marcher un peu plus vite n’aurait pas été du refus. On ne demande pas de courir mais on n'aurait pas dit non à un rythme un tantinet plus soutenu. Le village est d’ailleurs relativement vaste ce qui est très sympa, d’autant plus que l’on peut visiter pas mal de bâtiments. Seulement, la marche trop lente tue un peu l’envie de la découverte.

Everybody's Gone To The Rapture

Scènes ordinaires dans un village anglais

Ce que le jeu réussit à merveille, en revanche, c’est de capturer l’atmosphère d’un village dans la campagne anglaise. Alors que se dévoile l’histoire derrière le cataclysme, on découvre avec délectation la vie de cette bourgade : les ragots qui courent, les rencontres fortuites dans la rue, les relations amoureuses qui se tissent… C’est limite plus intéressant que l’explication de la catastrophe. Cela est aussi grandement du au jeu des acteurs qui doublent les esprits des habitants et à l’écriture des dialogues qui est juste parfaite. On découvre ainsi la personnalité de chaque personnage. On est, d'ailleurs, loin des clichés, comme la grand-mère irascible nommée Wendy qui se révèle plus intéressante que le premier « contact » avec elle ne pouvait le laisser penser. On regrettera juste que la manière dont ces scènes sont révélées paraisse un peu artificielle. Même si c’est cohérent avec l’histoire et que voir ces esprits apparaitre de nulle part participe grandement à l’ambiance vaporeuse du titre, c’est un peu forcé et découvrir le récit par d’autres biais (journaux audios, films, articles…) aurait ajouté un peu d’hétérogénéité au jeu et enlevé un peu de la routine qui s’installe un peu trop rapidement. Pour ce qui est de la grande explication, elle est un peu mystique et vague mais un peu décevante malgré un final cathartique assez émouvant et brillamment mis en scène.

Everybody's Gone To The Rapture

Un saule poppeur

Quand on n’a pas grand chose à faire, on regarde ! Beaucoup ! En détail ! Tout ce qu’il y a autour de nous ! Au début, on voit de magnifiques paysages, des maisons forts jolies et on se dit que c’est sympa un petit village anglais. Après, on voit des arbres et des ombres popper de nulle part. On aperçoit des ralentissements assez massifs et on découvre que les textures bavent un peu. On est clairement sur des graphismes dans les standards actuels mais la finition laisse à désirer et on a bien le temps de regarder les détails donc cela devient assez vite dérangeant. Le jeu est une réussite, en revanche, au niveau de sa bande son (composée par Jessica Curry) avec des morceaux à la limite du chant religieux qui apportent une touche toute particulière à ce jeu fort atypique. Les morceaux appuient en effet de fort belle manière les émotions des habitants et du joueur lors de cette ballade peu commune.

Article rédigé par Neo , le

Au final, Everybody’s Gone To The Rapture ne convainc pas totalement. Certes, la déambulation est belle, appuyée par une musique grandiose et on y découvre la vie d’un village qui paraît réel même si l’on a affaire à des esprits. On est ému et on se laisse prendre au jeu de la découverte de ce microcosme. Malheureusement, quelques détails viennent gâcher notre ballade. La marche trop lente rend la visite trop laborieuse, les textures laissent un peu à désirer et la technique a beaucoup de mal (ralentissements et clipping). Même l’idée de raconter l’histoire par le biais des « fantômes » de la vie d’avant qui apparaissent paraît un peu artificielle et met en place une routine assez vite. On aurait préféré une histoire racontée par plus de moyens différents (même s’il y a quelques à côté pour aider comme les radios ou les téléphones). Bref, les curieux d’expériences vidéoludiques différentes pourraient y trouver leur compte mais les autres devraient rester de marbre.

Points positifs

  • De magnifiques panoramas...
  • Un atmosphère vaporeuse
  • La vie d'un village anglais comme si vous y étiez
  • Des acteurs aux top
  • Des dialogues bien écrits

Points négatifs

  • ... mais une finition technique qui laisse à désirer (ralentissements, clipping...)
  • La marche trop lente
  • Une routine s'installe trop vite
  • Une explication un peu décevante

A propos de l'auteur

Neo

Neo

29 ans | L'élu des gamers

Après avoir détruit la matrice, Neo s'est dit « Pourquoi pas bosser sur GameHope ? ». Un nouveau défi pour l'élu. Après sa victoire incontestable, le monde réel lui paraissait fade et il est retourné dans le virtuel. Il est d'ailleurs en permanence branché à une PS3 en intraveineuse. Egalement passionné de cinéma, on le reconnait à ses yeux injectés de sang à force de passer des heures devant les écrans. Il a malgré tout réussi à apprendre à écrire et, afin de devenir le prochain Victor Hugo, expose sa prose sur GameHope.

Contacter

Commentaires