Test : Battlefield : Hardline

Battlefield : Hardline - PS4

Genre : Policiers et voleurs

Date de sortie : 19 mars 2015

Genre
Policiers et voleurs
Date de sortie
19 mars 2015 - France
Développé par
Visceral Games
Edité par
Electronic Arts
Disponible sur
PC, PS3, PS4, Xbox 360, Xbox One
Modes de distribution
Boutique
Site officiel
Site officiel
PEGI
 Interdit aux moins de 18 ans
 Grossièreté de langage
 Drogue
 Jeu en ligne
 Violence

Sorti le 19 mars dernier sans fanfare, Battlefield Hardline arrivait en terres hostiles, et même Electronic Arts a semblé faire profil bas. La faute à un lancement catastrophique de Battlefield 4 qui a laissé ses traces, mais surtout aux critiques qu’a essuyé Hardline avant même de voir le jour. On a d’abord eu le droit à l’argument du Battlefield bateau simplement re-décoré après la première bêta, puis une fois reporté et re-travaillé pour trouver sa propre identité, on nous a servi le « mais c’est plus Battlefield, c’est n’importe quoi ». Bon, à défaut de savoir ce que les fans veulent, cet épisode signé Visceral Games, lui, sait qui il est, et ça nous va très bien comme ça.

Test effectué à partir d'une version PS4

 
 
Kelly Hu, Benito Martinez, Eugene Byrd, Nicholas Gonzalez, Adam Harrington et bien d’autres encore, vous avez sûrement reconnu quelques noms parmi ceux qui viennent d’être cités. Acteurs dans la vie, la vraie, ils composent tous le cast de ce Battlefield Hardline et, bien sûr, assurent le doublage de leur rôle. Et c’est là tout le génie de l’aventure que propose l’opus de Visceral Games. Montée comme une véritable série TV façon Netflix, cette dernière est découpée en 10 épisodes et ne lésine pas sur les « prochainement dans Hardline » à chaque chapitre bouclé, histoire de donner un avant-goût de la suite des évènements. Des teasers qui se déclenchent aussi lorsque vous quittez la partie pour enchainer sur le multi par exemple, et à l’inverse, à chaque fois que vous reviendrez sur la campagne, un « précédemment dans Hardline » vous remettra dans le bain hélico presto (oh oh oh).
 

Video games are the new TV shows

Le jeu vous place donc dans la peau de Nick Mendoza, flic à Miami, qui enquête sur l’épidémie d’une nouvelle forme de cocaïne dénommée Hot Shot (ça ne s’invente pas). Point de départ d’un scénario qui le placera par la suite au centre de desseins bien plus grands sous fond de corruption, et où tout ne semble pas aussi blanc et noir qu’il n’y parait. Ici, tout est nuancé. Il n’y a pas de bon ou de mauvais flic, juste des personnages et les conséquences de leurs choix qui régissent le déroulement de l’histoire, et non l’inverse. Et c’était très certainement le meilleur choix à faire. Au fur et à mesure que l’on progresse, on s’attache aux protagonistes, et on ne peut s’empêcher de vouloir découvrir la suite, tout comme avec les séries TV actuelles et leur classique « cliffhanger ». Ceci est d’autant plus vrai au tiers de l’aventure, où un tournant scénaristique entrainera la formation du « crew » avec lequel vous évoluerez jusqu’au générique de fin. J’irais même jusqu’à dire qu’à ce stade, la campagne tient plus de l’inspiration d’un Fast & Furious que d'autre chose, et dieu que c’est bien exécuté. On y retrouve le même genre d’humour (Eugene Byrd et son personnage de Boomer sont juste hilarants), le même type de séquence « over the top » (l’épisode 9 en tête, qui pourrait même être tiré d’un Mission Impossible) et, surtout, je ne me rappelle plus à quand remonte la dernière fois où j’ai autant pris mon pied à suivre une aventure aussi bien gaulée. Tout n’est peut-être pas parfait, comme certaines lignes de dialogue, des stéréotypes ou un rythme parfois mal géré, mais que c’est bien joué ! Même la VF (en deçà de la géniale VO, certes) s’en sort correctement, ce qui est assez rare pour être souligné, surtout venant d’un allergique aux doublages français.
 

Ninja ou Robocop ? Telle est la question

Manette en main, les décisions reposent sur vous. Ici, on s’éloigne clairement des couloirs que proposent la plupart des jeux AAA et c’est à vous de définir votre approche. C’est aussi l’occasion de découvrir la nouvelle mécanique de ce Battlefield Hardline, qui consiste à brandir votre badge et tenir en joue jusqu’à 3 criminels pour ensuite les coffrer. C’est l’approche infiltration que propose Visceral Games, et il est possible de finir des épisodes entier sans tirer une seule balle, mais en ayant dégainé des dizaines et des dizaines de paires de menottes. Bien sûr, il faut aussi savoir ne pas se faire détecter, ce qui équivaut à naviguer les yeux rivés sur le radar pour échapper aux cônes de vision ennemie, système complètement identique à celui qu’a instauré la série Metal Gear Solid.

Le titre est plaisant à jouer. Il laisse au joueur le choix de sa stratégie (grâce à votre scanner, vous pouvez marquer les ennemis au préalable, tout comme rechercher des preuves disséminées ici et là pour remplir des objectifs secondaires), et propose continuellement plusieurs points d’entrée pour parvenir à l’objectif. On regrettera toutefois le manque de récompenses pour celui qui essaiera d’être le plus discret possible. Alors oui, de cette manière, on gagne plus de points, et on débloque les équipements pour la campagne plus vite. Mais tout ce que vous obtiendrez, ce sera pour tout faire péter. C4, fusils automatiques et j’en passe, aucun gadget favorisant l’infiltration ne sera mis à votre disposition. Et c’est fort dommage puisqu’au final, dès que la tentative de ninjatitude échouera, on n'éprouvera aucun remord à passer en mode Robocop et à vider ses chargeurs. Dommage comme les ponctuelles séquences de courses-poursuites, fixées sur des rails, et totalement dénuées d’impression de vitesse (et cette nuisance sonore qu'est le moteur, ugh, désagréable au possible). Vraiment, ces passages sont les pires de la campagne, et seront à corriger pour un éventuel Battlefield Hardline 2 (ce que suggère la fin du jeu, enfin, s'il rapporte des thunes bien sûr). Pour finir sur cette aventure solo, on ne saurait trop vous conseiller de la débuter directement en mode Vétéran pour une virée dans les bas-fonds de Miami et Los Angeles (sans oublier une escapade dans le Nevada), d’une durée approximative de 7 heures. Et c’est pas si mal, non ?
 

Parce que braquer avec les copains, c’est Juvamine

Et qu’est-ce qu’on crève aussi ! Beaucoup. Beaucoup beaucoup. La véritable différence entre le multijoueur de ce Battlefield Hardline et les épisodes principaux de la franchise, elle est là. Plus rapide que ses prédécesseurs (notamment pour les déplacements à pattes), les cartes sont plus petites (9 au total dont 4 DLC prévus pour le futur), et pas moins de 5 nouveaux modes -dont 3 très dynamiques- font leur apparition (Poursuite infernale, Braquage, Argent sale, Sauvetage et Contrat). Au final, c’est une expérience moins posée et beaucoup plus Fast & Furious justement, où les combats d’infanteries sont privilégiés et où les armes lourdes type lance-roquettes disparaissent des classes. Eh oui, n’oublions pas que toute l’ossature du titre repose sur le concept des flics affrontant les voyous (et vice versa). C’est pas l’anarchie totale non plus. Enfin, ça dépend, puisqu’il sera toujours possible de mettre la main sur un de ces jouets planqué quelque part sur la carte (comme d’autres armes lourdes ainsi que les grappins et tyroliennes qui apportent une verticalité bienvenue au gameplay), mais aussi d’y accéder via le coffre de son véhicule. Régi par l’argent (chaque partie et participation aux objectifs vous rapportent du cash money), le système de classe vous laisse donc acquérir les armes et améliorations véhicules de votre choix, pour peu que vous ayez la somme nécessaire. Les différents accessoires (lunettes de visée, etc) sont quant à eux déblocables via l’expérience que vous engendrez.
 
 
Si le classique mode Conquête est toujours présent (allant jusqu’à 64 joueurs), on oubliera vite les modes Sauvetage (5 vs 5, les flics ayant pour mission de localiser et extraire les otages, sans réapparition possible) et Contrat (escorte d’un VIP) pour se focaliser sur les trois autres cités plus haut. Poursuite infernale, assurément celui où l’on peut gagner le plus vite de l’expérience, reprend le principe de Conquête, sauf qu’au lieu de contrôler des points fixes, ce sont des véhicules dont il faut s’emparer (et conduire pied au plancher pour en garder le contrôle). Ce qui donnera lieu à un tas de situations « only in Battlefield » (oui, le marketing m’a eu) et, surtout, apporte un vent d’air frais plus qu’apprécié. Braquage, quant à lui, n’est autre que l’évolution du mode Ruée, où, comme vous l’aurez deviné, l’équipe des voyous devra faire péter le coffre et repartir avec l’argent jusqu’au point d’extraction, alors que le camp d’en face devra tout faire pour les en empêcher. La ligne de front est donc en perpétuelle mouvement, et les stratégies sont de rigueur afin d’anticiper les coups et trajets de l’équipe adverse. Attention aux embuscades donc… ce qui est également valable pour le mode Argent sale. Dans ce dernier, flics et voyous s’affrontent autour d’un tas d’argent placé sur la carte et doivent en ramener le plus possible à leur stock respectif. Oui mais, chacun peut également voler dans le stock de l’autre et récupérer l’argent des victimes tombées au combat. Je vous laisse imaginer les fourberies qui peuvent s'y produire. Ou vous les raconter : content de m’être extirpé en vitesse d’un bâtiment grâce à une tyrolienne installée en urgence, sans oublier mon sac remplit de gent-ar, je file au stock faire un dépôt liquide. Stock où 3 petits malins de l’équipe adverse ont sagement attendu que je me pointe avant de me trouer, repartir avec l’argent de l'équipe ET le fric que je ramenais. No shame in their game (et chienne de vie, aussi).
 

Article rédigé par JohnM , le

On aurait encore bien des choses à vous dire sur ce Battlefield Hardline, comme le mode hacker en multi, qui laisse un joueur (ou 2) se concentrer sur la prise de renseignements, le brouillage GPS de l’équipe adverse, la création de points d’insertion pour ses copains et j’en passe, la micro-destruction géniale à défaut de pouvoir faire tomber des gratte-ciels entiers comme dans l’opus précédent, ou encore la réalisation du jeu, parfois sublime et souvent inégale. Mais surtout, à quand remonte la dernière fois qu’un titre du genre fonctionnait parfaitement au lancement, n’avait pas besoin de 50 patchs pour le réparer, et où les serveurs font leur boulot, sans subir AUCUNE perte de connexion ? Hein ? HEIN ? Bah Visceral l’a fait. Et rien que pour ça, chapeau bas les mecs.

Points positifs

  • Le format série TV de l’aventure solo
  • Le choix d’avoir fait appel à de vrais acteurs pour composer le cast du jeu
  • Et qui jouent leur rôle de manière juste. Oui Monsieur
  • L’aspect crew à la Fast & Furious qui se dessine au fil de l’aventure, et dont on aimerait voir le concept poussé jusqu’au bout dans une éventuelle suite
  • La liberté d’action proposée dans la campagne
  • La plupart des nouveaux modes multijoueur, rafraichissant dans la série et plaisant à jouer
  • Un épisode plus accessible que les autres, qui devrait toucher un public encore plus large que par le passé. Et non, c’est pas forcément un mal, bande de ronchons
  • L’upgrade des classes par le cash ET l’expérience
  • La bande son (woop woop, that’s the sound of the police !)
  • La micro-destruction, certes moins impressionnante que celle des épisodes précédents, mais Visceral a su appuyer sur ce point de manière efficace (défourailler l’équipe adverse à travers les murs en se basant sur le radar, jouissif)

Points négatifs

  • Les séquences de courses-poursuites, chiantes au possible
  • L’infiltration pas récompensée comme il se doit
  • Le rythme de l’aventure pas toujours au poil (on a connu pire)
  • Le scanner, gadget sympathique mais dont l’utilisation n’est pas très poussée, en plus d’être assistée
  • 9 cartes en multi, c’est correct mais pas énorme, en plus d’être un poil sages
  • Techniquement propre, parfois sublime, mais souvent inégal

A propos de l'auteur

JohnM

JohnM

27 ans | Expert de la technique ancestrale du L1 + Triangle

Définition même du saltimbanque tombé dans la marmite quand il était petit, le John sauvage est un geek en puissance. Bercé par la culture japonaise dans sa plus tendre enfance, il gardera à jamais cette sensibilité pour les animés en tous genres, JRPG ou encore l’esthétique manga et toutes les sauces qu’elle comprend. Plus tard, il sera ensorcelé par les sonorités californiennes d'un docteur non pratiquant avant de se promettre d’au moins mettre une fois les pieds à l’E3. Il était loin de se douter qu’il s’en enfilerait quatre d’affilés en plus d’un passage au magazine officiel Xbox. Mission accomplie. Maintenant, il file un coup de main aux petits gars (et filles !) de Gamehope dans l’espoir d’en tirer gloire et profit. Inutile de préciser que c’est mal barré.

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