Test : Just Cause 3

Just Cause 3 - PS4

Genre : Destruction en Open World

Date de sortie : 01 décembre 2015

Cinq ans après un deuxième épisode réussi, Avalanche Studios revient avec Just Cause 3 sur consoles de nouvelle génération. Toujours aux contrôles de Rico Rodriguez, le joueur va désormais s'aventurer dans les terres du pays natal du bonhomme dans le but de débarrasser la population du méchant dictateur qui y sévit. Est-ce que la recette du jeu bac à sable fonctionne encore ?

Test effectué à partir d'une version PC

Just Cause, c'est un peu l'ami que vous ne voudriez jamais présenter à votre belle-famille. Il est sympa et c'est un plaisir de traîner avec lui, mais il vous donne envie de tout faire exploser. Alors du coup, vous le voyez en cachette et vous essayez d'en profiter autant que possible. C'est un peu la même chose avec ce troisième épisode qui ne déroge pas à la règle établie par son prédécesseur.

Just Cause toujours, tu m'intéresses


Si l'on ne joue pas spécialement à un Just Cause pour son scénario, il faut quand même remettre un peu les choses dans leur contexte : six ans après le précédent opus, le bon vieux Rico Rodriguez revient dans son pays natal qui est aux prises du méchant dictateur, le Général Di Ravello. Désormais à son compte, il va s'associer à une milice rebelle afin de mettre fin aux délires tyranniques du bonhomme qui sévit sur l'archipel de Medici. Si vous avez déjà fait Just Cause 2 et que ça vous donne une sensation de déjà vu, c'est tout à fait normal.

Cependant, si le scénario se laisse suivre, c'est notamment grâce à son écriture simpliste et à certains de ses personnages pleins d'humour, comme Mario Frigo, l'ami d'enfance du protagoniste qui sort de temps à autres des répliques qui font sourire, ou l'hôte de la radio de propagande (joué par David Tennant, l'un des docteurs de Doctor Who ou le grand méchant dans la série Jessica Jones plus récemment) qui fait des annonces assez sympathiques une fois que vous aurez détruit une base ennemie. Néanmoins, on regrettera que le personnage du dictateur Di Ravello ne soit pas plus charismatique et plus fouillé au niveau de son caractère.

Mis à part ça, ça va droit au but : pas d'intrigue amoureuse, juste quelques histoires de suspicion et de trahison. Du côté des cinématiques par contre, le directeur des cutscenes a eu l'ambition qu'elles soient en plans-séquences, mais le plus gros souci c'est que contrairement à Metal Gear Solid V, elles manquent de punch et les dialogues parfois assez creux n'aident pas à relever le niveau plus que ça. Heureusement que ce scénario réserve quelques petites surprises et que le doublage en version originale cherche à accentuer la caricature !

Un jeu réalisé par Michael Bay


Mais comme on disait plus haut, le gameplay reste quand même l'aspect essentiel d'un Just Cause... et comme pour le précédent, c'est l'éclate ! Si les possibilités étaient déjà quasiment illimitées dans Just Cause 2, on retrouve la même liberté dans ce troisième opus, voire même un peu plus. Si auparavant on pouvait se mouvoir d'un point à l'autre de la carte avec l'association du parachute rétractable et du grappin, les développeurs ont ici ajouté une wingsuit qui permet au joueur de se déplacer encore plus rapidement et que l'on peut aussi utiliser avec le grappin... à condition d'être proche du sol, donc attention aux faceplants assez réguliers !

Les possibilités d'utilisation du grappin restent, somme toute, assez similaires à celles offertes dans le 2ème épisode, comme à l'image du reste des fonctionnalités de gameplay. Il est donc aussi possible de passer à tout moment une commande aux rebelles pour larguer des containers remplis de véhicules (bateaux, avions, voitures, motos, hélicos) ou d'armes en tous genres, allant du duo de pistolets au lance-roquettes. De façon plus générale, tout au long de l'aventure, la sensation d'appartenir à une véritable armée rebelle est renforcée par certaines missions où l'on observera des conflits entre les révolutionnaires et l'armée de la DRM (Di Ravello Military, pas le truc de protection de copyright). L'IA offre aussi sa dose de challenge et devient de plus en plus corsée au fur et à mesure de notre progression. Au final, on ne constate pas vraiment d'évolution par rapport à l'épisode précédent, tant les fonctionnalités sont similaires... Mais étant donné que la recette marchait déjà il y a 5 ans et qu'elle marche encore, que peut-on regretter ?

Mais là vous allez dire : le plus important dans un Just Cause, c'est quand même la destruction des décors et les explosions ! Et force est de constater que c'est encore plus marquant dans cet épisode grâce au rendu graphique (sur lequel on reviendra juste après) qui provoque tout plein de sensations. En effet, pour contrer la dictature de Di Ravello, vous allez régulièrement devoir détruire des bases ennemies et libérer des villages dans le pays insulaire de Medici... et pour ce faire, il y a de nombreuses cibles rouges (appelées Objets de Chaos) placées sur des objets explosifs, des générateurs électriques, des panneaux ou des camions de propagande ! Un peu dommage que la destruction des décors s'arrête un peu là, puisque très peu de murs ou de bâtiments en dehors de ces cibles sont destructibles, alors que Battlefield ou Red Faction sont déjà passés par là.

Medici, la péninsule du chaos



Pendant les 5 ans de développement de Just Cause 3, les développeurs n'ont pas lésiné sur les graphismes puisque le jeu reste vraiment magnifique en tous points. La carte de Medici, aussi grande que les 1 000km² de Panau de Just Cause 2, offre des terrains variés, avec des paysages montagneux, ruraux, forestiers, de bord de mer... qui fournissent donc au joueur un endroit paradisiaque propice à la destruction. Le rendu des explosions est par ailleurs à la fois magique et magnifique. Du côté des textures, elles sont propres et détaillées, ce qui, de façon plus générale, rend la carte très agréable à parcourir.

Mais tout cela a un prix, car si vous n'avez pas de console de nouvelle génération ou de PC pouvant faire tourner le jeu avec les paramètres recommandés, votre expérience sera bien moins sympathique. Si l'on constate des temps de chargement assez longs sur consoles, la version PC a eu un peu moins de chance. En effet, sur une bécane pouvant faire tourner le jeu avec la configuration minimale, on constate de nombreux lags et freezes de façon très régulière (parfois pendant plusieurs secondes) alors que tous les paramètres sont réglés au minimum. Le pire, c'est que cela s'applique aussi sur un ordi avec une très bonne configuration où l'on peut écoper aussi de gros bugs graphiques.

On témoigne donc d'une mauvaise optimisation de la version PC dans les premières semaines après la sortie, comme l'ont déjà signalé de nombreux joueurs mécontents. Bon, ce n'est pas aussi catastrophique qu'Assassin's Creed : Unity ou Batman : Arkham Knight qui crashait régulièrement, mais ça fait quand même un peu mal quand on paie son jeu plein pot à sa sortie. En tous cas, pour palier à ça, les développeurs travaillent déjà sur des mises à jour régulières pour corriger les dégâts.

Un jeu long... (cmb)



Comme à l'accoutumée dans les jeux à monde ouvert, vous en avez largement pour votre argent niveau contenu. Comptez donc une quinzaine à une vingtaine d'heures pour terminer le jeu en ligne droite, tandis qu'il faudra investir beaucoup plus de temps si vous avez l'intention de le terminer à 100%. Le gameplay étant agréable et se prenant facilement en main, c'est un plaisir que de s'aventurer dans les contrées du jeu pour libérer les villages et les postes de commandement ennemis. Ce qui est cool, c'est que le joueur est régulièrement récompensé pour faire les quêtes annexes variées. En effet, au menu, vous pourrez faire des courses en véhicules, du base jumping, des missions de destruction massive ou des stands de tirs, et chaque quête annexe améliorera vos compétences pour le déplacement, l'utilisation du grappin, les explosifs etc.

Seul bémol, c'est que non seulement la plupart des missions sont sans grand intérêt comparées à la prise de bases militaires ou à la libération de villages, mais la structure du jeu se répète également. En effet, si on grossit le trait, il y a trois grosses régions insulaires à Medici que vous allez explorer une à une : vous faites d'abord une pelletées de missions scénarisées, puis on vous informe que vous devez libérer quelques villages à l'endroit où vous vous trouvez avant de pouvoir passer à la région suivante. Cette structure se répète un peu trop et donne l'impression que les missions sont juste là pour faire joli et pour mettre en valeur la carte... Un peu dommage donc. Néanmoins, pour rajouter un peu de dynamisme entre les missions, un système de comparaison des scores a été mis en place avec un classement qui va s'afficher de temps à autres sur votre écran : vous allez donc régulièrement vous amuser à dépasser les records des uns et des autres juste pour le prestige, ce qui aide à faire passer le temps pendant vos longs trajets d'un bout à l'autre de la carte !

Une autre chose un peu handicapante est l'absence de mini-map sur le HUD, donc le joueur devra constamment faire des allers-retours sur le menu pause pour pouvoir se repérer sur la carte et définir ce qu'il faut aller explorer par la suite. D'ailleurs, pour ceux qui aiment fouiller dans les moindres recoins de l'environnement, sachez que vous serez récompensés avec les quelques easter eggs présents, dont certains faisant explicitement référence aux super-héros Marvel !

I love the sound of guitars and explosions


L'un des gros points forts du jeu reste quand même sa bande sonore, régulièrement mise en avant : les compositions de Henry Jackman (X-Men : Le Commencement, The Interview, ou même prochainement Uncharted 4), aidé par Zach Abramson, sont très soignées et donnent même un aspect romantique au jeu. On aurait aimé encore plus de compositions, notamment lors des voyages d'un point à l'autre de la carte ou lors de certaines missions qui manquent un peu de punch à cause de l'absence remarquée de bande-son à des moments-clé. Peut-être aurait-il fallu des musiques de licence dans le ton du jeu lors des trajets en véhicule, comme le proposait Far Cry 4 par exemple.

Pour ce qui est des bruitages, ils sont également de bonne facture et sont assez réalistes, ce qui permet de rajouter du punch supplémentaire lors des combats de flingues. Enfin, si le jeu propose une version française intégrale, nous avons préféré nous concentrer sur la version anglaise où l'on aura constaté des doublages originaux soignés, même si la voix de Rico Rodriguez paraît un peu trop caricaturale par moments.

Article rédigé par Ratchetlombax , le

Le dernier épisode en date des aventures de Rico Rodriguez reste somme toute assez sympathique, et donne lieu à des moments sympathiques. C'est un jeu où on voyage, où on fait tout exploser, où on vole en rase-motte en wingsuit sur de beaux paysages avec de jolies compositions dans les oreilles. Les possibilités offertes par le grappin donnent quant à elles lieu à des moments épiques dans sa partie, mais on a un peu l'impression de se retrouver, mine de rien, devant un Just Cause 2 amélioré. On espère quand même voir un nouvel épisode en attendant un peu moins longtemps et en gommant les défauts de celui-ci.

Points positifs

  • Gameplay fun et rapide à prendre en main
  • Le combo parachute/wingsuit/grappin
  • Le grand bac à sable de Medici
  • Les beaux paysages variés
  • Sensation d'appartenir à une vraie milice rebelle
  • Quêtes annexes qui récompensent le joueur
  • Traits d'humour bien gérés
  • Bande-son propre et agréable

Points négatifs

  • Mauvaise optimisation sur PC
  • Cinématiques un peu molles
  • Histoire anecdotique et assez prévisible
  • Méchant qui manque de charisme
  • L'humour pourrait être encore plus présent
  • Structure répétitive des missions
  • Missions parfois vides d'intérêt
  • Environnements pas assez destructibles
  • Trop similaire à Just Cause 2
  • Pas de multijoueurs ? (alors que des fans avaient déjà dû le faire eux-mêmes pour le 2)

A propos de l'auteur

Ratchetlombax

Ratchetlombax

23 ans | Explorateur nocturne

Avide d'aventures et de sensations, ce bonhomme ne quitte pourtant que rarement son salon. La raison ? Tout petit, il s'est rendu compte qu'il pouvait vivre de grandes épopées par le biais d'un écran et d'une manette. Du coup, il passe le clair de son temps sur des petits projets et sur la longue liste de jeux vidéo qui l'intéressent depuis de longues années... Et c'est loin d'être fini !

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