Test : P.T.

P.T. - PS4

Genre : Couloirs =)

Date de sortie : 12 août 2014

Genre
Couloirs =)
Date de sortie
12 août 2014 - France
12 août 2014 - USA
12 août 2014 - Japon
Développé par
Kojima Productions
Edité par
Konami
Disponible sur
PS4
Parfois appelé
Silent Hills, La démo avec cette connasse qui fait peur, La démo avec un putain de bébé avorté dans un lavabo, La démo que NON PUTAIN LAISSEZ-MON ESPRIT TRANQUILLE
Modes de distribution
PlayStation Network
PEGI
 Peur

12 août 2014. Mystérieusement, le jeu P.T., inconnu au bataillon, apparait au catalogue du PlayStation Store. Signé du studio mystère 7780s, il s’agit en fait du prototype du futur Silent Hills, dont l’avenir est aujourd’hui carrément incertain. Et pour preuve : l’homme à sa tête a décidé de quitter Konami, l’éditeur du jeu… et n’est ni plus ni moins que le célèbre Hideo Kojima. Quand on sait que le réalisateur Guillermo Del Toro collabore avec lui pour le développement de ce projet ambitieux, on ne peut que jubiler à l’idée ce prochain opus de la série : on comprend mieux pourquoi P.T. parvient si bien à vous foutre dans le mal total. Les gens derrière sont extrêmement talentueux, maîtrisent la science de la peur comme personne et savent jouer avec votre esprit d’un certain machiavélisme. Si P.T. n’est que l’apéritif, alors le plat Silent Hills, s’il voit le jour, devrait directement vous interner à l’asile.

Test effectué à partir d'une version PS4

P.T. est le genre de jeu – gratuit ! – qui intrigue. Puis dérange. Dérange grave. Le principe est on ne peut plus simple : réveillé dans une salle obscure aux murs scarifiés, une porte s’entrouvre, vous délivrant un sublime couloir. Vous avancez, curieux. Le parquet grince, la maison semble déserte. Le réveil indique 23 :59. La lumière blanchâtre laisse apparaître des étagères signées de mégots et de médicaments : les cadres photos d’une famille heureuse semblent ternies. À la fenêtre, le couloir tourne à angle droit. Toutes les portes sont fermées, y compris l’entrée principale. Seule la porte au bout du chemin vous tend les bras, menant vers ce qui semble être la cave. Le lustre émet un grincement malsain, presque agaçant. On descend les quelques marches lugubres et on ouvre la porte… pour se retrouver au début du même couloir.

« On va jouer à un jeu »

À n’en pas douter, cette maison n’est pas normale. Hormis l’étrange sensation d’un passé douloureux, l’ambiance qui se dégage dès les premières secondes ne peut que présager le pire. Alors retourné au début du fameux couloir, on avance prudemment, énigmatique. Le réveil indique toujours la même heure. Mais cette fois, la radio est allumée et conte un drôle de meurtre familial où le père a tout simplement assassiné sa femme enceinte et ses enfants au fusil de chasse. Si certains y verront une activité sereine et quotidienne, d’autres ne seront pas vraiment à l’aise. On se doute bien que l’histoire de cette maison n’est pas anodine à cet événement. La porte des escaliers poussée à nouveau, on se retrouve, encore une fois, au début du couloir. Le lustre grince toujours autant. Le parquet craque insolemment. L’heure n’a pas bougé d’un poil. Vous marchez une troisième fois auprès de ces vestiges familiaux taris qui semblent vous demander de partir le plus vite possible. Puis, à quelques mètres de la fameuse cave, la porte, ouverte, se referme devant vous. Les rouages d’une porte couinent derrière vous, les basses assourdissantes de l’OST percutent vos tympans. Vous n’êtes pas seul.

Stéphane Plaza doesn't approve this appartment
"Stéphane Plaza doesn't approve this appartment"

Nous nous arrêterons ici pour le déroulement des événements, car il est très important que vous puissiez découvrir par vous-même le reste du titre : il s’agit là, ni plus ni moins, de l’expérience horrifique la plus maîtrisée de ces dernières années. Des déplacements et une seule touche de zoom : le gameplay de P.T. s’approche du minimaliste pour mieux vous plonger dans son ambiance noire. Ce couloir, qui se répète inlassablement une fois la porte franchie, occasionne un stress permanent. Constamment, quelque chose change : l’éclairage devient mystérieux, les objets tombent au sol, les portes s’ouvrent… Ici, Kojima ne fait que très peu dans le jumpscare traditionnel, il vous enfonce dans une profonde crainte psychologique. Vous savez, le fameux cauchemar ou les événements se répètent à l’infini, où vous tentez de crier, de vous défendre, mais rien ne marche ? On est exactement dans ce délire là.

« C’est quoi ton petit nom déjà ? » - Lisa :) - PUTAIN CASSE TOI

Ce mécanisme de loop déroutant a pour fonction de vous plonger dans les abysses d’une angoisse très humaine : tout le long du jeu, on a l’impression que quelqu’un joue avec nos nerfs. Ce n’est évidemment pas qu’une impression : Lisa, cette femme énigmatique qui a assez peu de chance d’apparaître dans le top 10 de Brazzers, est chez elle et vous avez décidément empiété sur son territoire. Le but, au-delà du simple spectacle du à la jouabilité enfantine, est de résoudre les différentes énigmes qui s’imposent à vous à chaque nouvelle boucle. En effet, il ne faut pas oublier que le but de Kojima était de récompenser le joueur : une fois P.T. terminé (et c’est très très dur, certains casse-têtes relevant de la combinaison « WTF » puissance 10), le joueur débloque le trailer d’annonce de Silent Hills, révélant alors le statut de démo du jeu en question. Ainsi, nous vous conseillons de regarder quelques astuces sur le web pour avancer dans P.T. afin de ne pas vous retrouver bloqué inutilement, ce qui pourrait vous gâcher une expérience de jeu qui s’avère délicieuse.

Si vous nous dites que ça, ça fait pas flipper, on vous offre un kebab
Si vous nous dites que ça, ça fait pas flipper, on vous offre un kebab

Ce qui impressionne par-dessus tout, c’est la maîtrise de la peur par Kojima et son équipe. Ici, le sang est presque aux abonnés absents : tout se concentre sur l’instinct du joueur. Monsieur Hideo est paraît-il très trouillard : « c’est encore plus simple de créer un jeu d’horreur quand celui qui est aux commande a peur facilement ». Il sait exactement sur quelle corde tirer et on ne peut que lui donner raison. Le design sonore de P.T. est également un des grands points forts de cette aventure tant il s’avère soigné et profond. Pour peu que vous soyez équipé d’un casque ou d’un home cinema de qualité, on vous garantit une horreur absolue… et pourtant jubilatoire. Le FOX Engine, moteur graphique ici employé (et pourtant downgradé volontairement) fait des merveilles : l’environnement certes très restreint affiche des reflets et une finition quasiment irréprochables, renforçant considérablement les monstrueux effets d’éclairage qui rythmeront sataniquement votre parcours. Un trajet dont on ressort forcément en sueur, à condition bien sûr de jouer le jeu et d’être seul pendant la partie, dans les conditions techniques adéquates. Disponible au prix de zéro balle, l’expérience vaut clairement la peine d’être vécue.

Article rédigé par Naxi , le

P.T. n’est pas juste une la démo jouable du prochain Silent Hills, c’est une approche unique de la terreur psychologique. Kojima Production a ici maîtrisé de bout en bout les différents sens humains pour mieux les malmener : un cauchemar 2.0 savoureux desservi par une réalisation qui marque au fer rouge. Une leçon est à retenir : Lisa est définitivement un prénom de merde.

Points positifs

  • Un concept simple... et ô combien maîtrisé
  • Une démonstration d'ambiance
  • Un scénario simple, mystérieux et terriblement intriguant
  • Un design sonore à tomber
  • Des secrets ABOMINABLES partout, putain de balcon quand la fenêtre tombe #clind'oeil
  • Starfoullah, c'est gratuit !

Points négatifs

  • Les énigmes de la fin qui ne riment plus à rien
  • Lisa, parce qu'elle est hante les nuits de tous les membres de cette rédaction

A propos de l'auteur

Naxi

Naxi

22 ans | Chasseur de cool

Guinness, Bacardi et 9mm : âgé de 20 ans, Naxi est le testeur le plus jeune de l'équipe. Embauché dès l'âge de quinze piges dans la rédaction, il se débrouille pour écrire sur sa passion entre deux soirées alcoolisées où se mêlent Tekken buveur, basses acidulées et lancers de nains roux. Une vie étudiante ponctuée par son addiction à Devil May Cry et son goût des bonnes femmes qu'il tente désespérément d'approcher par sa "voix d'acteur porno". Drôle d'énergumène.

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