Test : Grand Kingdom

Grand Kingdom - PS4

Genre : Tactical RPG

Date de sortie : 17 juin 2016

Genre
Tactical RPG
Date de sortie
17 juin 2016 - France
Développé par
Spike Chunsoft
Edité par
NIS America Inc.
Disponible sur
PS4, PSVita
Modes de distribution
Boutique
PlayStation Network
PEGI
 Interdit aux moins de 16 ans

C'est un fait : les sorties se font malheureusement de plus en plus rares sur PS Vita, la faute notamment à Sony qui a décidé de totalement laisser de côté sa machine portable pour se concentrer sur sa PlayStation 4. Qu'à cela ne tienne, quelques irréductibles continuent d'y croire, à l'image de Spike Chunsoft. Ainsi, en plus de la licence Danganronpa, la compagnie sortira bientôt Zero Time Dilemma sur cette console et, en attendant, c'est un tactical-RPG répondant au doux nom de Grand Kingdom (qui profite également d'une sortie PS4) qui est aujourd'hui proposé aux joueurs.

Test effectué à partir d'une version PSVita

L'histoire de Grand Kingdom est assez classique, à commencer par son background ancré dans de la fantasy : quatre grandes factions – Landerth, Valkyr, Fiel et Magion - sont en guerre permanente dans l'espoir de récupérer les terres de l'empire Uldein. Voilà pour le point de départ. Le joueur, pour sa part, doit prendre la tête d'un groupe de mercenaires plus ou moins dirigé par un certain Flint. De retour à la guilde, seul endroit où règne une certaine paix, tout ce beau monde se voit offrir une sympathique aide de camp (Lillia), histoire d'appréhender du mieux possible les différentes situations qui se présenteront au cours de l'aventure. S'ensuivent par la suite une grosse dizaine de chapitres composés de plus ou moins de banalités, à commencer par un antagoniste qui n'hésite pas à user de toutes les bassesses possible pour s'emparer du pouvoir. Bref, un scénario plutôt convenu donc, et assez décevant, qui est par ailleurs porté par des missions malheureusement très peu variées. Qu'elles soient principales ou secondaires, ces fameuses quêtes demandent la plupart du temps d'aller d'un point A à un point B, de ramasser un certain nombre de matériaux ou encore de combattre un certain type d'adversaire. Rien de bien foufou là dedans donc, et les amateurs de RPG ne seront ici à aucun moment surpris. Dommage.

Grand Kingdom

Mon royaume pour une aventure épique !

Fort heureusement, Grand Kingdom ne manque pas non plus d'intérêt. En fait, tout l'intérêt de ce titre réside dans deux autres éléments, à savoir le système de combat et le recrutement des mercenaires. Évidemment, avant de se lancer sur le champ de bataille, il s'agit d'embaucher les combattants que l'on désire. Et il y a de quoi faire, puisque le joueur peut se composer plusieurs troupes pouvant compter chacune jusqu'à quatre soldats. Quasiment toutes les combinaisons sont envisageables puisque quasiment une vingtaine de classes sont disponibles, rien que ça. Ce qui fait plaisir, c'est qu'il y en a pour tous les goûts et tous les styles de jeux : combats rapprochés (fighter, lancer, noble...) ou à distance (archer, gunner), de la magie (shaman, arcanist...), du soutien (medic), des armes légères (rogue), lourdes (blacksmith) ou explosives (challenger). Toutes ces unités peuvent être embauchées dans un endroit dédié, sachant qu'elles possèdent toutes un prix et des stats différents, et qu'elle peuvent être customisées. Il est ainsi possible de changer leur prénom, leur voix, la couleur de leurs vêtements ou encore leur coupe de cheveux. Tous les types de combattants ne sont toutefois pas disponibles dès le départ, et c'est au joueur de se rendre souvent à la caserne afin de passer en revue les ''nouveautés''. Sauf chance énorme dès les premiers recrutements, il faudra donc quelques passages à la caserne avant de se composer l'équipe parfaite – ou en tout cas, rêvée.

Grand Kingdom

Une fois l'équipe composée, et équipée comme il se doit après un petit passage par le magasin, il s'agit donc de se lancer dans la mêlée. Comme dit précédemment, Grand Kingdom prend la forme d'un tactical-RPG, genre qui semble revenir à la mode ces derniers temps (et c'est tant mieux). Les quêtes se déroulent en deux temps : les déplacements et les combats, tous deux ayant le mérite d'être plutôt originaux par rapport à d'autres softs et agréables à prendre en main. Au début de chaque mission, le joueur se voit offrir un certain nombre de points d'action, par exemple 200. Oui, c'est beaucoup, mais c'est parce que chaque pas retire un point, et c'est sans compter les pièges naturels (tempête, falaises mal en point...) qui obligent le joueur à utiliser trois points pour pouvoir progresser sans problème (dans le cas contraire, il doit sacrifier une partie de sa barre de vie). Les maps sont vues de dessus et l'équipe est représentée par un pion, façon jeu de plateau, qui progresse sur des lignes proposant plus ou moins d’embranchements – histoire de ne pas trop se perdre non plus. Des coffres peuvent être récupérés ça et là, tout comme des matériaux, et certains PNJ font parfois leur apparition, comme des soigneuses ou des marchands. Mais les personnages amicaux ne sont pas les seuls à être présents, puisque les ennemis sont également représentés sous la forme de pions, visibles ou non sur la carte. Ces derniers peuvent toutefois être dévoilés via un skill spécifique, puisque certains skills sont utilisables sur la map (recherche de coffre-forts, boost de la puissance de l'équipe, etc).

Grand Kingdom

Dans la cour des grands

Une fois que le pion du joueur rentre en collision avec un pion ennemi, un affrontement se déclenche, et c'est là que les choses sérieuses commencent. L'écran passe alors en scrolling horizontal : l'équipe du joueur à gauche et celles des ennemis, qui peut parfois être en supériorité numérique, à droite. Les combats se déroulent au tour par tour (l'ordre de passage étant affiché en bas de l'écran, il est possible de voir qui va attaquer par la suite), si ce n'est qu'ils prennent place sur trois lignes distinctes, parfois obstruées par des obstacles destructibles. Chaque personnage possède une sorte de barre de stamina, qui se vide au fur et à mesure que le combattant avance et attaque. Un système intéressant puisque, sachant que certains coups utilisent plus ou moins de stamina, il s'agit donc de réfléchir à la meilleure combinaison possible histoire de faire le plus de dégâts à l'ennemi visé – ou aux ennemis, certains pouvant faire des dégâts de zone, y compris sur les alliés si l'on n'y prend pas garde. Heureusement, le joueur peut prendre tout son temps et même annuler ses déplacements (mais pas ses attaques) via une simple pression sur la touche Select. Ce qui n'est pas de trop, puisque Grand Kingdom propose d'ailleurs un certain challenge, et la moindre erreur pourrait être fatale, surtout face à des ennemis puissants (représentés sur la map via des pions d'autres couleurs) ou des boss.

Grand Kingdom

D'autant plus que les barre de vie ne se régénèrent pas après chaque affrontement, en tout cas pas complètement : en fonction de ce qu'il s'est passé durant le combat, il est ainsi possible de récupérer jusqu'à 20% des points de vie, ce qui est tout de même assez peu lorsque l'on sait que les missions sont relativement longues. La barre de vie n'est d'ailleurs pas la seule chose à ne pas se recharger entre chaque combat, puisque les fioles (soin, poison, explosifs...) et certains skills sont aussi en nombre limité. Ces attaques spéciales se débloquent d'ailleurs petit à petit, lorsque les soldats gagnent des niveaux. Au joueur alors d'aller les équiper par la suite, sachant bien entendu que chacun ne peut en avoir qu'un nombre limité et qu'il faut donc faire des choix : vaut-il mieux avoir des attaques peu puissantes mais utilisant assez peu de stamina, ou au contraire des coups provoquant d'énormes dégâts mais vidant toute la jauge de stamina en une ou deux fois ? Hé oui, la vie de joueur de RPG, c'est pas facile. Certains types de soldats peuvent également avoir des attaques qui s’enchaînent, histoire de créer des combos et, là encore, c'est au joueur de les disposer dans l'ordre qu'il désire. Cette difficulté peut même grimper en flèche si le joueur décide souvent d'embaucher de nouveaux personnages, puisque ces derniers débarquent au niveau 1 et ne gagnent pas d'expérience s'ils ne combattent pas. Autant dire que le joueur se contentera bien souvent de l'équipe qu'il s'est formée dès le début de l'aventure et ne tentera pas le diable, sauf s'il recherche le challenge, bien entendu.

Grand Kingdom

Au royaume des mercenaires

Vous l'aurez compris, le système de combat représente le vrai point fort du jeu. Un jeu qui, malheureusement, souffre de bien des problèmes à côté de ça. Si l'on a déjà évoqué l'histoire assez banale et les missions trop peu variées, d'autres soucis peuvent également être soulevés. On peut par exemple évoquer les menus, assez austères, très nombreux et souffrant de trop peu d'explications. Par exemple, il est possible dans un onglet dédié d'aller valider des objectifs secondaires (tuer 10 monstres, faire monter un personnage de niveau, etc) qui permettent d'engranger des points. A quoi ces points servent-ils ? Le mystère reste entier. Qui plus est, passer d'un élément à un autre engendre un temps de chargement. Ce qui n'est pas forcément toujours un problème, mais les temps de chargement de Grand Kingdom sont affreusement longs et bien trop nombreux (en tout cas sur PS Vita). De quoi véritablement casser le rythme de l'aventure et clairement lasser, puisque ces fameux temps sont vraiment omniprésent. Dommage. Le monde online, mis en avant durant la campagne marketing, se montre également assez décevant puisque l'on ne se bat finalement qu'avec les ''fantômes'' des autres joueurs, même si l'idée de prêter allégeance à l'une des quatre factions est plutôt sympa. Heureusement, la réalisation globale permet de remonter le niveau car, en dehors de temps de chargement déjà évoqués, tout le reste se montre charmant : les doublages anglais ou japonais (avec des sous-titres uniquement dans la langue de Shakespeare, anglophobes passez votre chemin), les musiques et la direction artistique colorée, avec des personnages tout en 2D réussis.

Article rédigé par Shauni Chan , le

Grand Kingdom souffre tout de même d'un peu trop de défauts pour se placer en indispensable sur PS Vita : une histoire inintéressante et très cliché, des missions trop peu variées, des menus pas toujours très clairs, un online décevant, des temps de chargement interminables et très nombreux... Heureusement, ce RPG dispose à côté de ça de quelques atouts sympathiques, comme un aspect visuel réussi, pas mal de soldats de classes différentes à recruter et surtout un système de combat tactique original et franchement prenant (même s'il faut un petit moment avant de le maîtriser totalement). A réserver toutefois aux fans du genre qui pourront passer outre ces problèmes et qui n'auront pas peur de sa difficulté parfois abusée...

Points positifs

  • Système de combat prenant
  • Doublages japonais
  • Visuellement très mignon
  • Les déplacements style jeu de plateau
  • Un tas de soldats à recruter

Points négatifs

  • Anglais uniquement
  • Temps de chargement de l'enfer (sur PS Vita)
  • Histoire inintéressante
  • Missions répétitives
  • Online décevant

A propos de l'auteur

Shauni Chan

Shauni Chan

27 ans | Caution féminine

Détentrice d'un Baccalauréat P (pour ''platformer'') option Sonic the Hedgehog, Shauni Chan a ensuite obtenu avec brio sa licence en Nintendo, spécialisation The Legend of Zelda. Elle est devenue par la suite Docteur ès RPG japonais grâce à sa note maximale lors de l'épreuve Tales of.

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