Test : I am Setsuna

I am Setsuna - PS4

Genre : RPG old-school

Date de sortie : 19 juillet 2016

Genre
RPG old-school
Date de sortie
19 juillet 2016 - France
Développé par
Tokyo RPG Factory
Edité par
Square Enix
Disponible sur
PC, PS4, PSVita, Nintendo Switch
Modes de distribution
PlayStation Network

Teasé durant la conférence E3 2015 de Square Enix, I am Setsuna est le premier RPG développé par Tokyo RPG Factory. Comme son nom l'indique, ce studio se concentrera essentiellement sur des jeux de rôles, avec une certaine envie de faire jouer la nostalgie en tapant allègrement dans les meilleures productions des années 90. Tout comme Bravely Default, I am Setsuna tente donc de faire du neuf avec du vieux. Mais le fait-il aussi bien ?

Test effectué à partir d'une version PS4

Endir est un mercenaire. De ce fait, il est payé pour mener à bien différentes missions, que ce soit aller sauver une personne perdue en forêt ou tuer une cible bien précise. C'est d'ailleurs une quête de ce genre qui va le pousser à rencontrer la gentille Setsuna, une jeune femme destinée à se sacrifier pour le bien du monde. Des sacrifices essentiels puisqu'il permettent de ''calmer'' les monstres qui, dans le cas contraire, deviennent de plus en plus nombreux et de plus en plus agressifs envers les humains. Prêt à la tuer, Endir va finalement changer d'avis en rencontrant Setsuna : au lieu de l'assassiner, il va l'accompagner durant son voyage sacrificiel. Puisque après tout, comme elle le lui fait si bien remarquer, elle mourra à la fin de toute façon... Tous deux vont donc partir à l'aventure en compagnie d'Aeterna – une amie de Setsuna – et se feront en chemin d'autres amis qui les accompagneront. Mais, bien entendu, tout ce charmant petit groupe devra également faire face à des personnes bien moins sympathiques qui tenteront de ''s'occuper'' de Setsuna avant son sacrifice.

I am Setsuna

La neige à perte de vue

Vous l'aurez compris, si vous êtes un habitué des RPG (japonais ou non), le scénario de I am Setsuna ne vous surprendra pas vraiment. Assez banale, l'histoire du titre de Tokyo RPG Factory est qui plus est portée par des personnages relativement clichés pour ce genre, comme par exemple le guerrier solitaire ou la gentille fille qui ne veut que le bien du monde. Quelques rebondissements sont tout de même à prévoir, même si les fans du genre ne seront pas franchement surpris, la plupart étant prévisibles à l'avance. Des fans qui ont d'ailleurs tout intérêt à parler anglais puisque, malheureusement et comme beaucoup d'autres ''petits'' RPG japonais, I am Setsuna n'est pas traduit en français. Si le niveau d'anglais utilisé est assez basique, il pourrait tout de même poser problème à ceux qui ne maîtrisent pas totalement cette langue, notamment en ce qui concerne leur progression (on n'évoque même pas les réponses qu'il est parfois possible de choisir puisqu'elles n'influent pas sur l'histoire ou les relations entre les héros). Car, comme les titres dont il s'inspire, ce jeu n'indique pas clairement la prochaine destination : inutile donc de chercher une quelconque flèche ou de vouloir afficher la mission en cours.

I am Setsuna

Ici, il faut parler aux PNJ pour savoir quoi faire par la suite. Ainsi, certains indiqueront aux héros où se trouve la prochaine ville à visiter, là où d'autres leur feront savoir où trouver le personnage qu'ils cherchent... Inutile toutefois de paniquer si vous avez loupé quelque chose, puisqu'il est quasiment impossible de tourner en rond dans I am Setsuna. La map est relativement vide et les seuls endroits présents doivent de toute façon être visités – voire même visités plusieurs fois, ce RPG n'échappant pas aux traditionnels allers-retours ; les villages sont assez petits, avec une poignée de maisons et d'habitants, il est donc bien difficile de louper un PNJ essentiel. Bref, un manque certain de challenge qui se fait d'ailleurs également cruellement ressentir durant les affrontements. Les combats, justement, suivent la même logique que le scénario, à savoir un système tout ce qu'il y a de plus classique. L'équipe du joueur peut ainsi comporter un maximum de trois personnages actifs, à choisir en fonction de sa manière de procéder – même si l'équipe ''type'' reste composée d'un combattant pur et dur, d'un magicien et d'un soigneur. Une équipe équilibrée qui permet de faire face à toutes les situations même si, comme dit précédemment, le challenge est rarement au rendez-vous.

I am Setsuna

Voyage au bout de l'ennui

Malheureusement, ce n'est pas la seule chose qui manque aux combats de I am Setsuna, qui se montrent franchement plan-plan et pas bien passionnants. Pourtant, les grands classiques sont de la partie : la position des combattants qui permet de faire plus ou moins de dégâts (si l'ennemi est de dos, par exemple), la jauge d'ATB qui doit être pleine pour pouvoir attaquer (le tout se faisant au tour par tour), une jauge de SP qui permet de déclencher des bonus durant les attaques, des attaques combinées, des skills qui se débloquent en équipant les personnages de ''spritnite''... Et pourtant, la sauce ne prend pas. La faute peut-être à la jauge qui met bien trop longtemps à se remplir, ce qui laisse passer de gros blancs entre deux attaques, peut-être au bestiaire extrêmement limité, peut-être au fait que les héros ne peuvent pas se mettre en défense, ni même fuir... Quoiqu'il en soit, l'ennui s'installe bien vite et le joueur tombe rapidement dans une certaine routine, qui a le droit à quelques sursauts uniquement durant les affrontements contre les boss. Dans ces cas-là, il s'agit tout de même de combattre stratégiquement : faut-il frapper sans se poser de question, ou au contraire attendre d'avoir des points de SP histoire d'avoir droit aux bonus ? La réponse semble évidente, mais il faut garder à l'esprit que la jauge de SP se remplit lorsque les personnages ne font rien. Ils risquent donc de devoir encaisser bien plus d'attaques ennemies...

I am Setsuna

Quoiqu'il en soit, il est franchement dommage de voir que ce système de combat ne fonctionne pas vraiment, d'autant plus lorsque l'on sait que les affrontements représentent une grosse partie de la durée de vie d'un RPG. Mais il n'est pas possible d'y couper, que ce soit pour gagner de l'expérience ou des niveaux, ou pour looter des matériaux bien utiles. Car gagner des combats ne permet pas de remporter de l'argent, mais seulement des éléments qui devront ensuite être vendus. En plus de rapporter de la monnaie qui servira par la suite à acheter des armes, des talismans ou autres items de soins, ces matériaux permettent de débloquer de plus en plus de spritnite, qui sont comme dit précédemment des skills à donner aux personnages. Ils peuvent être passifs (provoquer l'ennemi pour qu'il se concentre sur un héros en particulier) ou actifs (envoyer des éclairs sur les monstres), mais se montrent dans tous les cas bien utiles. Attention toutefois, car ils ne peuvent pas tous être équipés par n'importe qui. Certains spritnite sont seulement ''équipables'' par Endir, d'autres par Setsuna, et ainsi de suite. Un élément à prendre en compte au moment de passer à l'achat, histoire de ne pas acheter plusieurs fois le même skill avant de se rendre compte qu'un seul héros peut l'utiliser... Un élément qui, pour le coup, est une plutôt bonne idée, même si le joueur est forcément victime des fluctuations des prix de ces matériaux.

I am Setsuna

Tu sais que tu as de beaux yeux ?

Ce qui ne peut dans tous les cas pas être critiqué, c'est bien la direction artistique de I am Setsuna. Tout l'univers du titre de Tokyo RPG Factory se passe dans un monde constamment enneigé. Si forcément cela implique des endroits qui se ressemblent un peu tous les uns les autres, comme les forêts ou les cavernes, et une forte impression de stagner toujours au même endroit, cela donne tout de même un certain charme poétique à l'ensemble. Ce côté ''cocon'' est renforcé par l'absence de couleurs, ou presque : si le blanc et le gris sont forcément prédominants, des touches orangées sont aussi de la partie, histoire de faire ressortir les quelques arbres qui parviennent encore à porter des feuilles. Visuellement charmant, ce titre propose également une bande-son de qualité, à condition tout de même d'aimer le piano puisque c'est le seul instrument présent. Tantôt mélancoliques, tantôt stressantes, le seul problème de ces musiques et qu'elles sont en fait assez peu nombreuses et tournent rapidement en boucle. Enfin, précisons que I am Setsuna n'est pas doublé : les joueurs n'entendront donc pas les personnages discuter entre eux, sauf durant les combats où ils n'hésiteront pas à donner de la voix, et en japonais s'il vous plaît.

Article rédigé par Shauni Chan , le

Si l'on apprécie l'enrobage global de ce I am Setsuna, avec sa direction artistique enneigée franchement réussie et ses jolies musiques au piano, le fond est toutefois un peu moins réjouissant. Le scénario est convenu, les personnages clichés, le tout est assez linéaire et sans grand challenge, les combats manquent de nerf et se montrent vite répétitifs... Bref, l'ennui s'installe progressivement au fur et à mesure des heures qui passent. Sans pour autant être une catastrophe, le premier titre de Tokyo RPG Factory est tout de même à réserver aux nostalgiques des RPG des années 90, qui seront sûrement les seuls à apprécier des mécaniques dépassées que les développeurs n'ont pas réussi à remettre au goût du jour.

Points positifs

  • Très joli
  • Des musiques sympas
  • Du grand classicisme, que ce soit dans l'histoire ou le gameplay

Points négatifs

  • Rapidement répétitif
  • Et donc ennuyeux
  • Uniquement en anglais
  • Combats mous
  • Linéaire

A propos de l'auteur

Shauni Chan

Shauni Chan

27 ans | Caution féminine

Détentrice d'un Baccalauréat P (pour ''platformer'') option Sonic the Hedgehog, Shauni Chan a ensuite obtenu avec brio sa licence en Nintendo, spécialisation The Legend of Zelda. Elle est devenue par la suite Docteur ès RPG japonais grâce à sa note maximale lors de l'épreuve Tales of.

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