Test : Nioh

Nioh - PS4

Genre : Action / RPG

Date de sortie : 09 février 2017

Genre
Action / RPG
Date de sortie
09 février 2017 - France
Développé par
Team Ninja
Edité par
Tecmo Koei
Disponible sur
PS4
Modes de distribution
Boutique
PlayStation Network

Décidément, cette fin 2016 / début 2017 fut un moment fort pour les jeux "oubliés". Je ne parle pas des titres disparus de la mémoire, loin de là, FFXV et The Last Guardian sont toujours restés très présents dans la mémoire des joueurs, mais des jeux dont le temps de développement mériterait de figurer dans le livre des records. Le dernier venu, Nioh, qui n’a pas à pâlir face à ses confrères, voit enfin le bout du tunnel après ses 12 longues années de développement. Est-il plutôt du genre Duke Nukem Forever ou du niveau de TLG ?

Test effectué à partir d'une version PS4

Pour beaucoup, Nioh est le nouveau Dark Souls. Il est important de lever le doute sur ce point avant de continuer ce test. Non, le titre de la Team Ninja n’est pas un Dark Souls qui se passe à Zipangu. Il emprunte beaucoup de mécanismes aux Souls de façon intelligente mais ne se limite pas à en faire une pâle copie. Nioh possède sa propre aura, sa propre essence et arrive avec succès à se trouver une identité propre.

Dans les éléments empruntés, on retrouve les feux de camps sous forme de petits sanctuaires, le système d’expérience avec les âmes à collecter (ici de l’Amrita, morceaux de la pierre philosophale), la jauge d’endurance qu’il ne faut surtout pas épuiser et le game design des niveaux avec des raccourcis à débloquer pour éviter de refaire tout le chemin vers un boss récalcitrant. Et c’est tout. Les mécaniques de combat sont différentes, la progression dans le jeu est différente, le calibrage de la difficulté est différent et j’en passe. Maintenant que les choses sont claires, voyons ce que le jeu a dans le ventre.

Alchemist Crowd

William Adams est un pirate en quête de pierres de pouvoir : l'Amrita. Malheureusement, il va se frotter de trop près à un puissant alchimiste qui étudie également ces mystérieux artefacts, et va se faire emprisonner. C'est ici que le jeu commence, dans une prison londonienne qu'il va falloir fuir. De fil en aiguille, William va se retrouver au centre d’une guerre opposant deux grands chefs nippons qui se disputent le Japon. Je ne vous en dis pas plus, c’est à vous de le découvrir. 

Le scénario n’est pas foufou mais il fait le job. Le jeu est divisé en missions qui commencent et finissent avec des cut-scene faisant évoluer l’histoire. On le mentionnait plus haut, mais le parti pris est différent d’un Souls où il n’y a pas de développement scénaristique aussi évident. Mais n'oublions pas que, à l'origine, Nioh prend ses racines dans Oni, un script inachevé de Akira Kurosawa, expliquant peut-être son coté plus cinématographique dans sa présentation. Mais il n’en reste pas moins agréable d’avoir une petite récompense après avoir galéré quelques heures pour abattre le boss d’une mission. 

Jeu de Main, jeu de vilains

Nioh ne propose pas un monde ouvert dans lequel on peut évoluer comme on le souhaite, notre dextérité à pourfendre l'ennemi étant notre seul obstacle. Le monde se présente sous forme de carte sur laquelle on peut voir les différentes missions. C'est dommage, car l'univers de Nioh est intéressant et le découper ainsi enlève le charme de la découverte et affecte l'immersion. Chaque niveau est donc cloisonné et il faudra utiliser des objets pour pouvoir partir de la mission qu'il faudra alors recommencer de zéro.

Il y a différents types de missions. Les « Main » qui font avancer l’histoire et les « Sub » qui sont là que pour récupérer des objets supplémentaires et pour gagner en expérience. C’est ce dernier point qui est important et fait de Nioh un jeu qui ne copie pas bêtement Dark Souls en trouvant son propre style et en faisant avec brio. Si on peut finir Demon Souls ou Bloodborne avec un level 1 et du skill, ce n'est pas le cas pour Nioh. Oui, il faut du skill, mais pas seulement, et les missions secondaires sont là pour vous aider à gagner en level en vous proposant des objectifs alternatifs dans un niveau recyclé. Se renforcer ne se fait pas seulement avec le level, mais aussi avec l’équipement.

Un homme averti en vaut deux

Pour s’équiper, il y a deux méthodes. Soit vous récupérez l’équipement directement sur les ennemis, soit vous fabriquez vos armes et vos armures. Pour le premier, le jeu emprunte les mécaniques de loot de Diablo. Différentes couleurs sont utilisées selon la rareté de l’objet et, selon vos stats, vous aurez plus ou moins de chances de récupérer du bon loot. Autant vous dire que vous allez en ramasser, des objets. Et comme vous avez lu Marie Kondo, vous voudrez garder seulement l’essentiel ! Vous pourrez offrir l’équipement inutile au sanctuaire pour récupérer des Amrita, monnaie nécessaire pour monter en niveaux, ou vous démantèlerez les objets pour récupérer des matériaux de craft afin d’en créer des plus performants. Vous comprenez donc qu’il est possible de passer beaucoup de temps sur des missions secondaires avant de décider de continuer l’histoire afin de peaufiner l’efficacité de William. A noter que chaque arme monte également en expérience lorsque vous l’équipez. Une fois l'arme maîtrisée, vous pourrez transférer l'une de ses capacités à une autre arme en les fusionnant.

Et toi ? A quoi tu joues ?!

En début de partie, le jeu vous propose de choisir entre 5 armes différentes qui possèdent chacune son propre style de combat. Ce choix initial n’est pas très important, car vous pourrez ensuite développer l’arme de votre souhait. Pour développer un style, il vous faudra dépenser des points liés à ce dernier pour obtenir des mouvements et actions supplémentaires, comme dans un Devil May Cry ou un Bayonetta.

Il vous sera également demandé de choisir un Gardien parmi trois, comme dans Pokémon, pour vous accompagner. En outre de vous octroyer des bonus de caractéristiques, les Gardiens représentent votre pouvoir spécial que vous pouvez déclencher si la jauge liée est pleine en appuyant simultanément sur triangle et rond. Pendant votre « furie », vous serez invincible et ferez plus de dégâts jusqu’à ce que votre jauge s’épuise. Cette capacité peut être vitale lors d'un combat de boss.

La prise en main est fluide et agréable, et surtout originale. William possède un coup faible (carré) et un coup fort (triangle) mais également trois positions de combat : basse, moyenne et haute, qui donnent plus ou moins de mobilité et octroient plus ou moins de dégâts à l’ennemi. Un peu comme Bushido Blade. Il faudra s’adapter selon l’adversaire qui nous fait face. Chaque position possède ses propres combos et combinaisons de touches. Les développeurs ont également tordu le système d’endurance en vous permettant de récupérer plus vite votre souffle en appuyant dans le bon timing sur R1 après votre combo. Tout ce système de combat devra être maîtrisé à la perfection pour pouvoir faire face au bestiaire très varié que vous rencontrerez.
 

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Rassurez-vous : si vous vous sentez seul face à ces hordes de Yokai, il vous reste la coopération. Malheureusement, le jeu n’étant pas sorti lors du test, il fut impossible de la tester mais on peut supposer qu'elle sera proche de ce que l'on a vu dans un Souls. Il suffit de faire une offrande au sanctuaire pour appeler à l'aide.

D'un autres coté, on a pu constater que nos collègues testeurs ont eu l’occasion de mourir à plusieurs reprises. Certaines zones étaient littéralement remplies de taches rouges. Elles représentent la mort d'un joueur. Interagir avec ne vous montrera pas comment ce joueur est mort, mais l’invoquera pour que vous l’abattiez. Attention, ce n’est pas du PVP dans le sens où l’ombre invoquée n’est pas manipulée par le joueur mais par une IA. Avant d’invoquer l’adversaire, il est possible de voir la couleur de son équipement car, si vous le battez, il sera possible de looter au hasard l'une de ses pièces. Un bon moyen pour s’équiper ! 

Article rédigé par Wildchoc , le

Nioh est une sorte de pot-pourri. Il prend des mécaniques de plusieurs jeux différents pour ne garder que le meilleur et créer des synergies insoupçonnées. Il donne du challenge à la Dark Souls, une profondeur dans son système de combat comme un Bayonetta le proposerait, et prend même le coté addictif d’un Diablo.

Si la difficulté est parfois mal dosée, dans son ensemble la progression est fluide et il faudra compter une trentaine d’heures de jeu pour le finir en ligne droite mais bien plus si vous voulez en découvrir toutes les subtilités. On n'a même pas parlé des missions « Twilight » qui proposent de refaire d’anciennes missions en mode super difficile...
Si vous cherchez une expérience proche d’un Souls, soyez prudent : vous serez peut-être déçu. Mais si vous cherchez du challenge et un jeu solide dans ses mécaniques avec un enrobage nippon, alors foncez, il est fait pour vous !

Points positifs

  • L'univers
  • Les musiques
  • On a envie d'y revenir
  • Le challenge
  • Le folklore japonais

Points négatifs

  • Graphiquement un peu à la ramasse
  • Certains pics de difficulté un peu abusés
  • Le coté fermé des niveaux sous forme de missions

A propos de l'auteur

Wildchoc

Wildchoc

32 ans | Tanuki lubrique

Le wildchoc sauvage est un petit animal farouche au poil soyeux. Passionné de jeux vidéo il ne sort que très peu souvent pour subvenir à ses besoins naturels tels que se nourrir et se reproduire. Il est cependant facile d'en capturer un en faisant résonner à l'extérieur de sa tanière une douce musique Chip tune. Pourquoi en attraper un ? Ils font en général de très bon coussins.

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