Test : Relicta - PS4

Relicta - PS4

Relicta - PS4

Genre : Puzzle-game

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Le puzzle game est un style très délicat. On ne peut pas s’imaginer à quel point c'est difficile à designer. Non seulement il faut créer quelque chose qui puisse présenter un défi intéressant, mais en plus il faut que le tout soit assez ergonomique pour ne pas perdre le joueur. Dans ce style, Portal a fait des merveilles, et voilà qu’un jeu qui s’inspire fortement du maître, nommé Relicta, fait son apparition. Est-ce que l’élève pourra égaler ou dépasser le maître ?

Test effectué à partir d'une version PS4

Écartons ça dès le début : oui, ce qui frappe en premier dans Relicta, c’est de voir à quel point il est inspiré par Portal. Tout dans le jeu des espagnols de Mighty Polygon rappelle le titre de Valve, que cela soit dans son design, dans son concept ou même dans son univers. Par exemple, durant votre aventure vous serez suivi par un robot drone avec lequel vous échangerez quelques dialogues humoristiques. Mais, malheureusement, l’humour ne fera presque jamais mouche. Et il ne s’agit ici que d’un exemple parmi une ribambelle. Si vous décidez d’essayer le jeu, vous pourrez énumérer les « inspirations ». Mais n’en faites surtout pas un jeu à boire, c’est un coup à finir aux urgences pour coma éthylique... Il est vrai que pour pleinement apprécier Relicta il faudrait oublier Portal, mais plus on y joue et plus cela devient impossible.

Relique du passé


Relicta part d’un concept prometteur. Vous incarnez le docteur Patel, une scientifique stationnée sur la Lune pour des recherches. Le docteur est la représentante d’une nouvelle forme de physique qui consiste, pour résumer, à résoudre des puzzles appelés « pistes », et pour cela elle utilise une technologie ancienne permettant de manipuler la gravité ainsi que la polarité. L’histoire de Relicta est très secondaire et, pour être honnête, peu intéressante. Le cœur du jeu est vraiment le gameplay et les puzzles, et on a l’impression que c’est le message que Mighty Polygon a voulu faire passer dès le début. Pourquoi ? Les dialogues sont très mauvais, les doublages d’une piètre qualité et les représentations des personnages sont de simples portraits inanimés. Vous l’aurez compris, la partie ''narrative'' de Relicta n’est clairement pas à la hauteur et n’aurait pas choqué si elle n’avait tout simplement pas été présente. Ajoutez à ça le hub de l’enfer : pour rejoindre votre prochaine mission, vous devrez parcourir votre grande station spatiale sans map, ce qui donne souvent des situations cocasses où l’on passe plus de temps à chercher le prochain niveau plutôt qu’à résoudre le niveau lui-même.

Relicta

Les niveaux, parlons-en. Ils se divisent en zones, et vous résolvez une zone quand vous arrivez à ouvrir le portail qui vous mène à la zone suivante. Pour résoudre une zone, vous devrez la plupart du temps activer des interrupteurs à l'aide de cubes. Mais la subtilité vient du fait que les cubes ont parfois des particularités, comme par exemple le fait de ne pas pouvoir passer certains portails ou de pouvoir être téléportés, et vous devrez utiliser votre maîtrise de la polarité et de la gravité pour arriver à progresser. Par exemple, si un cube est coincé et que vous savez que les polarités contraires s’attirent, vous savez donc que vous devez mettre deux polarités différentes aux cubes afin que l’un attire l’autre et donc le décoince. Sur le même principe, plus tard apparaîtront des plaques dont la polarité pourra aussi être changée et qui permettront de propulser des cubes. Oui, tous les puzzles sont à base de cubes. Si le début est plutôt simple, la suite pourra se corser mais, comme dans pas mal de représentants du genre, il suffit de se faire à la logique du jeu pour ne plus rencontrer de problème.

Relicta

Portalike

Les puzzles sont en général plaisants, mais un manque de maîtrise ou d’inspiration se fera vite ressentir. Si vous êtes bloqués, il vous suffit de regarder en l’air ou dans un coin, Relicta faisant très souvent le coup du cube caché… Et nous devons revenir à Portal, car il est clairement une inspiration et la comparaison est inévitable. Quand vous entrez dans une salle dans Portal, vous n’êtes jamais perdu. Le game design est bien fait, il a un vrai sens, et grâce à cela vous progressez très naturellement. Malheureusement, ce n’est pas le cas dans Relicta. Le game design n’est clairement pas aussi inspiré et on fera souvent trois fois le tour de la salle avant de comprendre la marche à suivre. Cela peut être un choix, mais c’est un choix qui n’apporte rien. Et, malheureusement, le risque est toujours présent pour le genre, mais Relicta est répétitif et n’arrive pas assez à renouveler son gameplay pour être intéressant du début à la fin. C’est là qu’une histoire intéressante aurait pu être utilisée mais, comme vous le savez, il n’est est rien.
Relicta est à Portal ce que Airbourne est à AC/DC : un groupe que l’on va voir en concert parce que celui dont il s’inspire grandement tourne moins souvent. Mais Airbourne a des qualités, et Relicta aussi. Sans être transcendant, il propose un bon concept et de bons puzzles. Le problème, ce sont tous les clins d’œil à Portal qui, s’ils partent sûrement d’une volonté de rendre hommage, finissent par enlever toute personnalité au titre. Il s’agit cependant du premier jeu développé par Mighty Polygon et, s’il offre une base imparfaite, celle-ci est tout de même solide, ce qui ne peut que nous rendre confiants pour l'avenir du studio.
07 août 2020 à 09h21

Par

Points positifs

  • Un bon concept
  • De bons puzzles
  • Un challenge intéressant

Points négatifs

  • Histoire inintéressante
  • Des doublages et dialogues de mauvaise qualité
  • Game design parfois peu inspiré
  • Un manque de personnalité
  • Portal, Portal, Portal partout !

Gribouillé par...

Mystère Mask

Mystère Mask

Inventeur du claquement de porte

Né en 1823 mais immortel grâce à un pacte passé avec Nicolas Cage, ce gus a eu l'idée de génie de faire breveter le claquement de porte, ainsi il empoche des royalties à chaque fois que dans le monde une porte se ferme un peu trop brutalement. C'est pour ça qu'après six titres de champion du monde poids lourd de Mahjong acrobatique il a décidé de se cloîtrer dans son chateau de Bavière dans lequel il peut passer ses journées à jouer à tout ce qu'il trouve et partager son avis... Même si personne n'en veut.
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