, reprenant là où ce dernier s’était achevé, frustrant bon nombre de ses joueurs au passage. Cela a pour avantage de commencer directement dans le feu de l’action, en faisant fi de la phase d’exposition ouvrant habituellement un récit. Mais cela a aussi pour inconvénient de laisser les nouveaux venus sur le bas-côté, ces derniers se retrouvant mêlés à un combat dont ils ignorent tout des enjeux. Et cela ne s’arrange pas vraiment par la suite, le scénario étant en retrait et particulièrement avare en explications.
En tant que nouveau venu sur la série, on a eu du mal à entrer dans l’histoire, pour les raisons évoquées ci-dessus mais aussi de par la nature diluée de la narration. En effet, sur 5 à 6 heures de gameplay, le titre ne passe que 30 à 40 minutes à faire avancer l’histoire. Et même si certaines de ces missions sont mémorables, cela n’a pas suffi pour capter notre attention. Heureusement, le protagoniste est là pour nous divertir efficacement, lançant de petites vannes bien senties qui vous arracheront un sourire à l’occasion. Et puis Blades of Greed a d’autres atouts.
Le titre vous demandera d’évoluer dans des zones infestées d’individus hostiles. Par chance, Styx dispose d’aptitudes particulières lui permettant de se faufiler au milieu de ses ennemis sans être repéré. Il peut se déplacer accroupi, se mettre à couvert, se suspendre à des rebords ou encore grimper aux parois à condition d’avoir des prises. Styx est agile et se déplace d’un pas félin, ce qui lui permet de prendre ces ennemis à revers pour délicatement leur trancher la gorge. Ce qui est diablement plaisant. Qui plus est, le titre ne nous laisse pas vraiment le choix. Styx étant un gros fragile, 2 ou 3 coups suffisent à le mettre hors circuit. Un assaut frontal relève donc du suicide.
Mais il dispose aussi de capacités spéciales consommant une jauge d’ambre, l’équivalent de la mana ici. Il peut ainsi devenir invisible un court instant, créer des clones pour faire diversion ou attaquer les ennemis, ou encore prendre le contrôle d’une cible pour l’éloigner ou la faire sauter dans le vide. Notez que cette dernière capacité est cheatée durant la première partie du jeu, vous permettant de vider des zones entières sans vous exposer. Cela dit, à partir d’un certain stade, vous rencontrerez des ennemis immunisés au contrôle mental, relevant un peu le challenge.
Ami acrophobes, soyez les bienvenus
Mais la grande force du titre est son level design jouant sur la verticalité et tortueux à souhait. Les environnements proposés regorgent de recoins et autres corniches permettant de surprendre vos adversaires. Il est d’ailleurs possible d’utiliser cet environnement pour les tuer. Autant vous dire que lorsque Styx est dans le coin, le nombre de décès par chute de lustre sur la tête ou empoisonnement explose, l’une de ces méthodes étant nécessaire pour tuer certains ennemis du premier coup.
Trois maps, assez vastes et labyrinthiques pour que l’on s’y perde, sont disponibles. Si bien qu’il arrive que le véritable challenge soit de trouver son chemin, le titre vous indiquant uniquement la position de votre objectif, sans mettre de plan à votre disposition. Cela a pour avantage de donner la sensation au joueur de trouver son propre chemin. Cela dit, il nous est arrivé de rester bloqué car nous ne savions pas comment atteindre notre destination. C’est frustrant, mais cela reste préférable à un guidage et une interface trop intrusifs. Surtout que nous n’avons eu aucun problème la majorité du temps.
Si Cyanide a fait du bon travail sur le level design, la structure du jeu est plus discutable, étant particulièrement redondante. Comme nous l’avons déjà évoqué plus haut, le titre ne consacre que 30 à 40 minutes à son scénario pour 5 à 6 heures de gameplay, via des missions spécifiques. Mais pendant les heures qui séparent ces missions, il vous sera demandé de remplir des objectifs redondants. Il s’agira d’absorber le pouvoir d’éclats de Quartz afin de débloquer la prochaine mission principale, ou de dérober des objets pour débloquer des capacités. Et ces objectifs se répètent entre chaque mission principale, dans les trois mêmes environnements. Si bien que nous avons eu l’impression de tourner en rond, et cela malgré l’exploration de nouvelles zones. Il est étonnant que les développeurs n’aient pas corrigé ce défaut.
Pour le reste, le titre ne vous en mettra pas plein la vue. Cela dit, sa direction artistique orientée cartoon masque efficacement ses faiblesses techniques. D'autant plus que nous n'avons pas constaté de ralentissements. Le jeu souffre bien de quelques bugs, comme un message d'erreur indiquant (à tort) un échec de la sauvegarde, durant certaines missions principales. Mais il est fort probable que nombre d'entre eux dont, espérons-le, les plus gênants, soient corrigés via un patch day-one.