Test : Monster Hunter : Freedom

Monster Hunter : Freedom - PSP

Genre : RPG

Date de sortie : Mai 2006

Genre
RPG
Date de sortie
Mai 2006 - France
Développé par
Capcom
Edité par
Capcom
Disponible sur
PSP
Site officiel
Site officiel

Quasiment le seul jeu ayant captivé les nippons se divertissants sur PSP, Monster Hunter fut un peu le messie de la portable de Sony au pays du soleil levant, les ventes le confirment. Il faut quand même se remémorer la grande histoire d’amour qu’éprouvent les japonais pour cette série, aujourd’hui culte, de simple chasseur en quête de gibier. Le tout est aujourd’hui de savoir si, nous, européens, nous sommes prêts à accepter avec autant d’entrain la folie Monster Hunter.

 
 
La saga des Monster Hunter possède donc déjà un sacré bagage, acquis via la Playstation 2 et grâce à des nippons ayant un peu trop forcé sur les cassettes de Daktari et le DVD collector d’Opération Okavango, c’est donc sans difficultés que Capcom imposa son nouveau filon comme une sorte de renouveau du RPG. En même temps, des jeux de chasse, y’en a pas des masses (notez la rime au passage). Car, en effet, Monster Hunter Freedom pourrait se synthétiser comme un jeu de chasse : le joueur est placé dans la peau de son avatar chasseur, mandaté pour accomplir quelques quêtes de chasse, afin de nourrir son monde, en revendant le fruit de ses larcins bien entendu. Fort heureusement, le jeu n’est pas limité à ce cas de figures, et de nombreuses aventures palpitantes vous attendent, mais principalement, on passe son temps à chasser du bestiaux. Alors, si les épisodes 128 bits avaient réussi tant bien que mal à diverger la lassitude, qu’en est-il de cette version PSP ?
 

Freeeedooooooooooooooom, you've gotta give for what you taaaake

Dès les premiers écrans, le joueur est invité à créer son homologue virtuel, qu’il commandera durant le reste du jeu, le faisant évoluer, perdurer, et l’habituant aux courbatures et aux lacérations. On commence donc par son apparence physique : Ah cool, y’a des filles… pas sexy, je zappe. Voyons les mecs (sans attirance particulière hein), visage, coiffure, couleurs des cheveux, voix, c’est tout ? Arf, la tache qu’est de modéliser mon sublime ego s’avère plus dure que prévu… Je me lance quand même. Une fois la partie commencée, on est accueilli par un amas insupportable de blabla sur la condition psychique des chasseurs, leurs aptitudes à la con, les œufs mayo… Pour l’instant, le soft de Capcom n’est pas immersif pour un sou, le joueur étant propulsé dans un univers totalement inconnu, son avatar ne s’exprimant jamais pendant que les autochtones lui racontent leurs vies de pécore. Heureusement, l’action est à portée de mains.
 

Aujourd’hui, panse de pucelle farcie servie avec sauce balsamique

Dans son périple intrépide et hardi, le joueur devra fatalement passer par une exaspérante mise en situation, ponctuée par des séances d’entraînement barbantes mais malheureusement fondamentales. C’est seulement une fois ces sessions passées qu’il pourra s’adonner à la chasse quasi-autonome, mère de tous les dangers. Les quêtes à effectuer sont en fait de deux sortes, les collectes (ou le demandeur exige qu’on lui livre quelque chose de précis), et les chasses aux animaux. Dans le tous les cas, le joueur est lâché au camps de retranchement ou il peut bénéficier d’aides tels des objets ou un lit pour se reposer, et doit ensuite se démerder pour rapporter ce qu’on lui a exigé. Une fois lancé, les possibilités sont énormes, certains objets demandés ne peuvent être obtenus qu’en fusionnant deux objets, la viande récupérée sur les bêtes peut être cuite (via un mini jeu assez barbant), on peut aussi pêcher, appâter les ennemis… Le nombre d’approches est donc colossal. Les missions jouissent aussi d’une inventivité très agréable, on ne fait pas souvent la même chose, et l’envie de parfaire les quêtes est elle aussi bien présente. Ainsi on se surprend à recommencer encore et encore les collectes ratées, cherchant à dénicher l’objet rare. Ou à repartir chasser du monstre en différant d’approche à chaque fois, un régal.

A ce stade, quand l’apprentissage des bases est achevé, le jeu s’ouvre totalement et parait du coup incroyablement captivant. De nombreuses armes sont disponibles par exemple, chacune ayant ses propres spécificités, la hache, comme à son habitude instaure une puissance de frappe phénoménale, mais une rapidité d’action d’escargot. L’arbalète permet d’attaquer de loin, mais est superflue au combat rapproché. On pourra aussi bien, bien sur en trouver d’autres, mais aussi améliorer ses armes grâce aux objets trouvés lors des quêtes. Le coté RPG du soft bat alors de son plein. L’argent détient aussi son pesant d’or (facile), permettant d’acheter les objets oubliés ou d’acheter les armes et armures en question. Et que dire des quêtes secondaires ! Entre les chasses aux trésors, la gestion de fermes, les missions bonus et cachées, les heures de jeu seront bien complètes, même si une maniabilité suspecte viendra un tant soit peu ternir le tableau général…

Proposant un double gameplay, Monster Hunter Freedom regorge indéniablement, et malheureusement, de nombreux défauts. Le « premier gameplay » pourrait se définir comme celui de la quiétude, les phases d’explorations dans le village, à la recherche de quêtes à effectuer, d’échoppes pour se revigorer ou améliorer son équipement, alors que le second détiendrait l’ensemble des phases d’action et de recherche. Bref, ces deux phases de jeu sont bien sur différentes de tous points de vue, et adaptés aux touches de la PSP, mais la deuxième se révèle contraignante à jouer tel le passage de gameplay entre la PS2 et la PSP a été mal géré. La cause de tous les soucis est sans aucun doute la gestion des caméras, totalement catastrophique. Plus précisément, les développeurs ont mal pensé la chose, transmutant l’analogique droit de la PS2 sur les touches directionnelles de la PSP, ainsi, pour tourner la caméra, on est obligé d’enlever son pouce de l’analogique pour effectuer les retouches de camera, et donc pendant ce temps, on ne peut bouger. Une aubaine pour ces saletés de bébêtes. C’est le seul défaut, le reste des commande étant assez bien attribué, mais ce détail suffit amplement à plomber une partie du plaisir de jeu, dommage.
 

Mange-toi, et on te mangera pas

Mais les aventures solitaires ne suffisent absolument pas à conditionner ce Monster Hunter Freedom, l’un des principaux intérêt du soft étant lié aux quêtes collectives, ou le joueur devra s’organiser en conséquence du gibier à chasser. Un coté des plus stratégique s’épanouit alors, poussant incroyablement le niveau de plaisir vers le haut, car de nombreuses tactiques peuvent être improvisées. Par exemple, il faudra placer ses hommes avec intelligence pour bloquer les issues d’un monstre un peu trop fuyard pour l’encercler, bien prendre en compte la puissance de chacun… C’est à ce moment qu’on se dit qu’en ligne, ça doit claquer, ce bordel. En effet, les parties en Ad Hoc (à quatre joueurs ayant chacun leur exemplaire du jeu) se savourent grâce à la superbe ambiance qui s’y dégagent, on prend vraiment du plaisir à jouer les fins stratèges pour choper de la bestiole. D’un autre coté, aucun mode Infrastructure ne serait présent dans la version commerciale, hormis pour télécharger des quêtes bonus (je précise au conditionnel, car aussi bizarrement que ça puisse paraître, le mode est bien présent dans la version presse qui à servi pour ce test…), mais les habitués de la scène underground PSP auront vite fait de trouver quelques logiciels réparant cette injustice. Oups.
 

Prout Hunter

Graphiquement, Monster Hunter Freedom est simplement magnifique, sa réalisation est tout bonnement digne d’une console de salon, même si, bien entendu, le soft de Capcom est loin d’être en tous points identique au jeu original sorti sur PS2. Mais, placé dans le contexte d’une console portable (si si, la PSP en est bien une…), le jeu est véritablement une merveille visuelle. Les effets de lumière présents instaurent une ambiance si spéciale, craintive dans un climat forestier, où les quelques filets lumineux transpercent les feuilles des arbres ou bien cette atmosphère désespérément dangereuse dans les espaces confinés tels les grottes, tout est fait pour donner une empreinte significative au jeu, au point qu’aucun autre ne lui ressemble, et qu’il ne s’inspire lui-même de personne. De plus, les nombreux détails ne font que confirmer l’éclat graphique du titre ; les équipements sont tous significatifs et visibles, les personnages bien modélisés et les diverses bestioles à affronter impressionnent par leur coté antique et préhistorique pourtant imbibé dans une allure réaliste et contemporaine.

L’omerta est de mise quant à la bande-son, discrète, mais efficace. Les mélodies sont assez rares hors civilisation tout simplement car elles dérangeraient plus qu’elles n’enchanteraient en situation délicate. Sinon, c’est du tout bon, les cris des zanimaux foutent les chocottes, les bruitages d’ambiance instaurent justement l’ambiance, et ben, c’est tout quoi.
 

Article rédigé par Dudy , le

Dommage ! Et c’est bien le leitmotiv de ce Monster Hunter Freedom. Que de regrets pour cet opus, faisant indéniablement dans le haut de gamme techniquement, à l’ambiance si particulière, et proposant une immersion ensorceleuse. Malheureusement, sa gestion des caméras hasardeuse gâche un tableau qui avait au préalable tout d’un chef-d’œuvre. MHF serait donc à conseiller à tous les apprentis chasseurs n’ayant pas goûté aux versions PS2, et ceux-ci ne pourront être déçu

Points positifs

  • Réalisation sublime
  • Ambiance unique
  • Complet et bien pensé

Points négatifs

  • Gestion des caméras, merde !
  • Pas de vrai Online... visiblement

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