Test : Broken Age

Broken Age - PSVita

Genre : Aventure

Date de sortie : 28 avril 2015

Genre
Aventure
Date de sortie
28 avril 2015 - France
Développé par
Double Fine
Edité par
Double Fine
Disponible sur
Android, IOS, PS4, PSVita
Modes de distribution
Boutique
PlayStation Network

Tout a commencé avec une campagne Kickstarter. Un certain Tim Schafer, bien connu des fans de point'n'click pour de petites pépites telles que Grim Fandango ou Maniac Manson, proposait aux backers de l'aider à lever des fonds pour son tout nouveau projet, baptisé alors Double Fine Adventure. Au total, plus de 3,3 millions de dollars ont été récupérés pour ce qui deviendra Broken Age, un jeu divisé en deux actes. Les deux épisodes étant désormais sortis, et également disponibles sur PS4 et PS Vita, il est temps pour nous de voir si l'ensemble se montre à la hauteur.

Test effectué à partir d'une version PS4

Broken Age narre les aventures de deux personnages vivant dans des mondes différents, mais animés par les mêmes envies de liberté et d'aventures. Shay est un jeune homme vivant à bord d'un vaisseau spatial où absolument tout est géré par une I.A. baptisée Maman. Celle-ci s'occupe de ses repas, de sa toilette et de l'envoyer dans des « missions » histoire qu'il ne s'ennuie pas trop. Survivre à une attaque de câlins ou encore sauver des personnages ensevelis sous une avalanche de crème glacée, tel est le quotidien un poil barbant du pauvre Shay, qui ne demande qu'à vivre de vraies aventures. Vella, quant à elle, est une jeune femme vivant sur Terre. Elle s'apprête à participer au Banquet des Demoiselles, un événement pendant lequel une immonde créature, nommée Mog Chothra, se voit offrir en offrande de jeunes femmes afin qu'il ne détruise pas le village. Mais Vella, elle, ne voit pas la chose d'un même œil, et se demande bien pourquoi personne ne songe à combattre cette bestiole au lieu de régulièrement sacrifier de pauvres jeunes innocentes.

Vella
Le Banquet des Demoiselles, avec au loin Mog Chothra

Broken Dream

Deux aventures différentes sont donc proposées au joueur, qui a la possibilité de les parcourir comme bon lui semble, car aucun puzzle ne nécessite de switcher entre les personnages. Il est donc possible de compléter une histoire puis l'autre, ou de régulièrement sauter entre Shay et Vella – même si l'on est plutôt tenté de terminer une histoire une fois qu'elle est commencée. Mais au final peu importe le choix du joueur, car ces héros ont tous les deux eu droit à une écriture soignée. Shay et Vella, bien que différents, ont en effet tous les deux une forte envie d'indépendance et, à partir du moment où ils vont y avoir droit, ils vont en profiter pleinement. Ils vont par ailleurs rencontrer toutes sortes de personnages secondaires hauts en couleurs et visiter des endroits variés et dotés chacun de leur univers propre. Bref, Broken Age s'est doté d'un background assez solide, et c'est toujours appréciable – pour ne pas dire indispensable – pour un poin'n'click.

Dommage que le tout se gâte à l'Acte 2. En effet, au lieu de proposer une montée en puissance au fur et à mesure de la progression dans ce second épisode, tout est révélé dès le départ. Un peu rageant lorsque l'on sait que l'Acte 1 s'était terminé sur un cliffhanger et que les joueurs avaient dû, à l'époque, attendre plus d'un an pour enfin avoir droit à la suite. En outre, Shay et Vella, qui désiraient rappelons-le partir à l'aventure, font tout ici pour rentrer au bercail, ce qui gâche au passage tout le boulot d'écriture fait en amont et rend ces deux héros un peu plus clichés. Le scénario est également mis à mal dans cet Acte 2 puisqu'il s'efface totalement au profit des puzzles, qui étaient quasiment inexistants dans l'Acte 1. On n'apprend plus grand chose, on revoit les mêmes PNJ et même les mêmes environnements... Bref, une vraie bonne grosse déception à ce niveau-là.

Shay, dans l'une de ses "missions"
Shay, dans l'une de ses "missions"

Tête de noeud

Malheureusement, ce n'est pas au niveau des casse-têtes que Broken Age se rattrape. Comme dit précédemment, l'Acte 1 était plutôt radin en termes de puzzles : il s'agissait bien souvent de parler aux gens pour progresser et les quelques énigmes proposées ne nécessitaient pas vraiment de se chauffer les méninges. Mais ce n'était finalement pas si grave, car les personnages étaient si attachants et l'histoire tellement prenante que l'on pardonnait de bon cœur ce petit souci. Mais les plaintes des joueurs ont été entendues, et de nombreux puzzles ont donc été implantés dans l'Acte 2. Le problème, c'est que c'est quasiment un tutoriel des choses à ne pas faire si l'on veut réussir son point'n'click. En effet, les énigmes s'enchaînent ici de manière quasi industrielle, ne sont pas forcément toujours logiques et pas forcément bien amenées (ni même justifiées). Certaines relèvent même quasiment de la torture, notamment les énigmes nécessitant un timing parfait ou encore celle où il est demandé de défaire un nœud uniquement en donnant des consignes très abstraites, du genre « faire passer le bateau sous le pont » ou encore « mettre un doigt dans l’œil du clown ». Et comme si ça ne suffisait pas, la moindre erreur oblige le joueur à effectuer un long aller-retour. Rageant.

L'I.A. "Maman" est toujours aux aguets...
L'I.A. "Maman" est toujours aux aguets...

Mais le pire reste tout de même le passage au second plan du scénario au profit de ces puzzles, ce qui empêche toute cohérence entre les deux actes (qui a parlé de « syndrome Les Chevaliers de Baphomet 5 » ?). Fort heureusement, les dialogues sont encore nombreux dans l'Acte 2, ce qui rattrape quelque peu la chose car ils sont remarquablement bien écrits. Ils sont en effet bourrés d'un humour absurde et de petites piques bien senties, et c'est toujours un plaisir d'aller tailler le bout de gras avec un PNJ. Les doublages sont remarquablement bien exécutés et le fait qu'ils soient uniquement en anglais n'est pas un problème car les sous-titres ont bénéficié d'une localisation française plus que réussie. Et il aurait de toute façon été dommage de re-doubler le jeu, sachant que le casting compte quelques personnalités bien connues du cinéma, notamment Elijah Wood, Jack Black ou encore Wil Wheaton. Les musiques sont également de bonne qualité et correspondent plutôt bien aux ambiances variées des différents tableaux. Enfin, les environnements sont un véritable ravissement pour les yeux, avec des décors 2D adoptant un joli style crayonné qui feraient presque oublier les allers-retours parfois imposés.

Article rédigé par Shauni Chan , le

S'il fallait noter l'Acte 1 tout seul, il aurait eu un joli 7 : une réalisation globale soignée, des personnages attachants, une histoire bien écrite, des dialogues bourrés d'humour. Bref, un épisode plutôt agréable à parcourir. Quant à l'Acte 2, il aurait eu un 5, la faute à des puzzles trop présents et peu réussis, qui font en outre passer le scénario au second plan. Mais puisque l'on note le jeu dans sa globalité, il obtient donc un petit 6 : charmant, plutôt sympa à faire - à l'exception de quelques puzzles diaboliques – quoiqu'un peu court (une petite dizaine d'heures de durée de vie) mais pas franchement inoubliable, ni même du niveau des anciennes productions de Tim Schafer. Dommage.

Points positifs

  • Réalisation impeccable
  • Doublage (anglais) de qualité, localisation française aussi
  • Joli
  • Écriture soignée dans l'Acte 1
  • Personnages attachants et histoire prenante

Points négatifs

  • Puzzles mal foutus dans l'Acte 2...
  • ...Omniprésents...
  • …Mal amenés et pas toujours justifiés
  • Le scénario passe au second plan dans l'Acte 2
  • Un peu court (moins d'une dizaine d'heures)

A propos de l'auteur

Shauni Chan

Shauni Chan

27 ans | Caution féminine

Détentrice d'un Baccalauréat P (pour ''platformer'') option Sonic the Hedgehog, Shauni Chan a ensuite obtenu avec brio sa licence en Nintendo, spécialisation The Legend of Zelda. Elle est devenue par la suite Docteur ès RPG japonais grâce à sa note maximale lors de l'épreuve Tales of.

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