Test : No More Heroes

No More Heroes - Wii

Genre : Action

Date de sortie : 14 mars 2008

Genre
Action
Date de sortie
14 mars 2008 - France
Développé par
Grasshopper Manufacture Inc.
Edité par
Marvelous Interactive
Disponible sur
Wii
Parfois appelé
Heroes
Site officiel
Site officiel

Viens par là baby, c’est l’heure du test de No More Heroes sur Wii, alors mets-toi à l’aise, pète un coup, détends-toi et viens siroter des bières dans mon canapé. Toi et moi on va bien se marrer, au programme : des virées en moto dans toute la ville, sabre laser et prises de catch, vannes qui ont trop la classe et drague de blonde dominatrice. Mais d’abord, habille-toi mieux que ça, parce que t’as vraiment l’air d’un clochard ; tiens, mets ces belles lunettes jaunes, enfile ce t-shirt de manga, attrape cette veste rouge qui flashe et c’est parti !

 
 
Comme vous peut-être, je suis passé à côté d’une des seules merveilles de la Wii pour un public averti lors de sa sortie. Comme vous peut-être, je me suis demandé, sur le moment, si ce jeu valait le coup de dépenser quelques billets et je suis passé à autre chose sans accomplir la transaction. Mais il y a quelques jours, au détour d’un magasin spécialisé, alors que je flânais sans me méfier, un boîtier me sauta à la gorge, me suppliant de le prendre avec lui. À l’allure confiante et provocante, arborant un fier loulou et une donzelle à moitié déshabillée, il poussait le vice jusqu’à afficher un prix de misère, comme une vieille prostituée obligée de se solder pour continuer de faire marcher son business. Et à 15 euros la passe, avouez qu’il y a de quoi tenter même le plus puritain des culs-bénis ; en pauvre pécheur je décidai donc de franchir le pas. Et, mes amis, quel pied !
 

À la fraîche

En dehors même du fait que le beat them all est un genre rare (et rarement réussi) sur la dernière Nintendo de salon, NMH apporte un peu de fraîcheur désinvolte sur une console trop sage. Vous êtes Travis Touchdown, otaku, fan de catch, petite frappe et tueur à gage, qui se laisse embobiner par une blondinette lui promettant gloire et fortune. Un peu tête brûlée, le gaillard n’hésite pas à provoquer les meilleurs assassins pour prendre leur place et devenir numéro 1. C’est alors un cercle vicieux qui s’enclenche dont il n’y a que deux façons de se tirer : vainqueur, ou mort. Mais le garçon prend ça à la cool, en gardant même le temps de se la péter un petit peu. Bref, le ton n’est pas prise de tête, le scénario est tout ce qu’il y a de plus simple (buter tout le monde pour être le meilleur), et le « j’m’en foutisme » semble être l’état d’esprit qui domine.
 

Free Fight

Mais attention : si le personnage principal est un kéké qui ne prend rien au sérieux, les développeurs, eux, n’ont pas flemmardé. Le gameplay en combat est très réfléchi, presque instinctif : levez la wiimote et votre katana-laser est en position haute ; baissez-la et votre arme est en position basse. La différence sera l’endroit où vous frapperez votre adversaire, très important en fonction de la manière dont celui-ci se met en garde. En plus de ce sabre, vous pouvez assommer votre adversaire… et lui faire des prises de catch ! Vous apprendrez une nouvelle technique avant chaque boss, ou en matant des vidéos de catch. Les fans de GTO apprécieront grandement le moment où Travis maîtrisera le German Souplex ! La wiimote et le nunchuk sont sollicités lors de ces prises, où vous devez reproduire les mouvements à l’écran.
 

La classe du minable

En dehors de ces phases de combat, vous évoluez dans une ville, chevauchant une moto futuriste. Au cours de votre progression, différents lieux s’ouvrent pour vous aider, ou pour le fun. On trouve par exemple une sorte d’ANPE, mais qui vous propose du travail, vous faisant enchaîner les petits boulots humiliants tels tondre la pelouse municipale, ramasser les ordures, ou effacer des graffitis. Mais, après tout, il faut bien vivre, et il n’y a pas de sot métier. C’est aussi l’occasion d’intégrer des mini-jeux explorant les possibilités des détecteurs de mouvement de la manette — on peut au moins leur reconnaître le mérite d’avoir réfléchi au support pour lequel ils développaient. Entre deux combats, vous pouvez également passer à la Zone 51, boutique de t-shirts et autres parures qui vous donnent trop la classe. On regrette tout de même l’absence de coiffeur qui donnerait à Travis une allure moins « tecktonik ». En tout cas, l’équipe de développement ne s’est pas privée pour mettre du contenu plus ou moins indispensable, jusqu’à cacher des t-shirts dans des poubelles disséminées un peu partout (ce qui ferait presque un deuxième but du jeu, acquérir la centaine de t-shirts promettant d’être long et fastidieux).
 

C'est dans les vieilles casseroles qu'on fait les meilleures soupes

Mais No More Heroes est un jeu qui surprend également sur la forme : si les graphismes sont parfois maladroits, sans être désagréables et malgré une bonne gestion des ombres, le jeu affiche un côté cheap et rétro totalement assumé, intégrant un peu partout des pixels et des bip bip à la manière des premiers jeux électroniques. Ainsi à la fin de chaque niveau, on se croirait dans le tableau des scores d’un Pacman ou d’un Space Invaders. Dans le même style un peu décalé, tous les ennemis vaincus se transforment instantanément en pièces de monnaie, les bornes de sauvegarde sont systématiquement des toilettes, et vous devrez ramasser en ville des balles renfermant un mystérieux pouvoir pour apprendre de nouvelles techniques secrètes auprès d’un poivrot en survêt’, vieux, chauve et affalé au comptoir d’un bouge miteux. Ce dernier personnage pourrait être une incarnation du jeu lui-même, mal habillé, l’œil torve, mais qui nous met une claque sans prévenir et nous impose le respect.
 

Village People

Avoir toute une série de personnages de ce type (les boss principalement, qui nécessitent souvent un peu de technique pour les affronter) permet des ressorts comiques ou inattendus au scénario. On affronte ainsi un sheriff qui se rêve chanteur au milieu d’un stade de baseball, un acteur schizophrène qui ne fait plus la différence entre lui et ses rôles, une étudiante qui tue ses camarades pour faire de la place et se battre contre nous… Bref, tout un tas d’assassins improbables mais dangereux, ce qui garde intacte la motivation. En effet, à peine un boss éliminé, on a envie d’expédier les petits boulots (ramasser des noix de coco, déminer la plage, etc.) pour avoir assez d’argent et découvrir quel énergumène va se dresser contre nous.
 

Article rédigé par SiMouth , le

On secoue le tout et on obtient un cocktail bien frappé, dans tous les sens du terme. Si vous êtes du genre bon public, vous apprécierez le jeu en lui pardonnant ses ratés (ses graphismes un peu pauvres et ses phases répétitives). Si vous êtes un gros blasé de la vie, le contexte détendu et ensoleillé du jeu ne suffira pas à vous faire oublier ces détails, mais si vous êtes dans cette situation vous n’aimez sûrement pas grand chose et on ne peut rien pour vous. C’est en tout cas un conseil que je donne à ceux qui ne savent pas quoi acheter sur Wii en ce moment et/ou qui ont un budget un peu serré : allez dans un magasin, emparez-vous du boîtier et donner des sous à la caisse, de force s’il le faut. Mais si possible, optez pour la version américaine… non censurée. Car dans la version européenne, vous ne verrez pas une goutte de sang !

Points positifs

  • Exploite intelligemment les possibilités de la Wiimote
  • Bon cocktail d'humour et d'action
  • Des boss qu'on prend plaisir à affronter
  • Son prix actuel de 15 euros, neuf !

Points négatifs

  • Parfois trop cheap et mal réalisé pour qu'on adhère à fond
  • Répétitif dans un même niveau
  • Les phases en ville n'étaient pas indispensables
  • Censuré en versions européenne et japonaise, sans une goutte de sang !

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