Test : Mario & Sonic aux Jeux Olympiques

Mario & Sonic aux Jeux Olympiques - Wii

Genre : Sport

Date de sortie : 23 novembre 2007

Genre
Sport
Date de sortie
23 novembre 2007 - France
Développé par
Sega
Edité par
Sega
Disponible sur
DS, Wii
Parfois appelé
Mario & Sonic at the Olympic Games
Site officiel
Site officiel

Les équipes de Mario et Sonic participent pour la première fois au plus grand événement sportif du monde ! Courez, sautez et nagez pour mener à la victoire ces athlètes légendaires ! Choisissez parmi 16 personnages des univers de Mario et Sonic, déverrouillez des niveaux et découvrez des objets incroyables des mondes de Mario et Sonic, et utilisez votre Mii dans 3 modes de jeu différents. Et c'est pas moi qui le dis, c'est marqué sur la jaquette. Na.

 
 
"Les jeux Olympiques sont un concours sportif pentétérique (qui a lieu tous les quatre ans) organisé entre les cités grecques antiques en l'honneur de Zeus Olympien. Ils prennent place pour la première fois en 776 av. J.-C. et perdurent pendant plus de mille ans. On fixe traditionnellement les derniers jeux en 393 ap. J.-C., peu après l'édit de Théodose ordonnant l'abandon des lieux de cultes de la religion grecque [...] ils ont été remis au goût de l'époque et réintroduits par le baron Pierre de Coubertin à la fin du XIXe siècle. Les Jeux Olympiques modernes ont lieu depuis 1896 tous les quatre ans, hormis lors des deux guerres mondiales" nous renseigne Wikipedia. Mario & Sonic se fout royalement de cet historique, excepté pour le lieu et quelques allusions, et expose sa propre version des faits : du pignolage de Wiimote et de Nunchuk dans un univers coloré qui sent bon les champignons magiques. Bof, qu'importe, le titre était surtout attendu pour cette alliance improbable de deux univers concurrents et dotés tous les deux d'une forte identité.
 
 
En plus des prévisibles Mario et Sonic, vous aurez la possibilité d'incarner Luigi, Peach, Wario, Yoshi, Bowser, Tails, Shadow, Knuckles, Dr Eggman et j'en passe et des meilleures. Tant mieux, ça nous changera de ces éternels Mii aussi moches que rébarbatifs que l'on a l'habitude de nous servir dans tous les jeux Wii : et pourtant, ces affreuses bébêtes sont également disponibles. A l'exception des Mii, chaque personnage possède même ses caractéristiques propres et cette influence se retrouve réellement au cours des parties. Toutefois, l'alliance entre Sonic et Mario a de quoi faire réfléchir : devons-nous y voir là un signe de faiblesse des deux géants nippons ? Cela signifierait-il que Sonic a décidé de définitivement prendre pied sur les consoles de Nintendo au lieu de s'aventurer dans une hypothétique Dreamcast 2 ? Le jeu étant tout de même développé par Sega, les fans du hérisson bleu pourront à leur tour clamer que ce sont les héros de Big N qui se sont invités dans l'univers de Sonic.. Bref, un beau bordel dont seuls les Japonais ont le secret, le soir, après quelques verres de saké dans le nez et s'être adonné aux joies des rituels polysataniques en quête de nouveau scénario pour abreuver les potins du jeu vidéo.
 

Les athlètes à poil aux muscles luisants, ça c'était la classe

Calqué sur le principe des jeux d'athlétisme tels que le mythique Track and Field ou encore le potable Anthens 2004, Mario & Sonic s'articule autour de quatre modes de jeu. Outre le mode circuit sur lequel j'aurai l'occasion de m'étaler longuement ultérieurement, le mode match simple invite le (ou les) joueur(s) à s'entraîner sur chacune des 20 épreuves disponibles, classées en 8 catégories : athlétisme, gymnastique, tir, natation, etc. Vous devrez inévitablement passer par là pour tenter d'améliorer vos talents et ainsi montrer au reste du monde que le seul être capable de pulvériser tous les records mondiaux et olympiques, c'est Mario/Sonic (rayez la mention inutile). C'est japonais, c'est coloré, c'est magique : bienvenue dans le monde rigolo de Nintendo. Pour revenir à nos moutons, sachez que vous devrez tout de même débloquer les épreuves en passant par le mode circuit. Le mode mission est quant à lui plus original puisque vous devrez relever des défis pour chacun des personnages disponibles dans le jeu. Vous devrez par exemple tirer avec un petit réticule dans l'épreuve de skeet (pour les incultes, sachez que c'est du tir), réaliser plusieurs figures à la suite sur le trampoline (c'est un machin qui fait rebondir) ou encore lancer le marteau à une distance bien précise (un marteau est... bon ok j'arrête de faire le lourd).
 
 
Enfin, le mode galerie se présente sous la forme de mini-jeux sans rapport avec les Jeux Olympiques, qui vont donneront accès à quelques anecdotes et des récompenses virtuelles si vous parvenez à en venir à bout. Chaque mini-jeu est découpé en plusieurs niveaux, apportant des variantes et corsant légèrement la difficulté. Concrètement, on vous invitera par exemple à compter des personnages se meuvant sur l'écran en un temps limité. En terme de gameplay, rien à faire : un bouton pour incrémenter le compteur, un bouton pour le décrémenter et c'est tout. Un autre mini-jeu met en scène deux personnages : chacun émettant à son tour des notes de musique, le but étant de reproduire la bonne séquence. Nous sommes donc en présence de ce classique jeu de mémorisation que l'on trouvait par exemple dans Rayman et les lapins crétins. Dans le dernier mini-jeu, vous verrez un jeu de quelques cartes dans lequel une seule d'entre elles comporte un symbole particulier. Une fois les cartes mélangées, à vous de retrouver où se situe celle dont vous deviez surveiller les multiples translations. Les épreuves sportives étant bien souvent intenses, ces mini-jeux sont une excellente occasion de souffler un peu, surtout que l'on peut profiter de la bande-son. En effet, le mode galerie s'accompagne d'un jukebox dans lequel il est possible de sélectionner la chanson jouée pendant les mini-jeux. Ces compositions musicales sont issues des différents épisodes des aventures de Mario et de Sonic : il s'agit donc d'une feature incontournable pour le fanboy mais anecdotique et répétitive pour les gens normaux.
 

Un jour, tu seras un homme, mon fils

C'est dans le mode Circuit que vous passerez la plupart de votre temps. Il s'agit en fait de plusieurs séries de championnats classés en trois niveaux de difficulté croissante, portant systématiquement des noms à coucher dehors, tels que "Jupiter", "Saturne", "Lunaire", ou encore "Planète", sans oublier la possibilité de créer vos propres circuits. Chaque championnat regroupe une petite série d'épreuves, entrecoupées de nombreux écrans intermédiaires un peu trop abondants et cassant le rythme, et votre objectif sera de grimper sur le podium pour pouvoir débloquer les épreuves suivantes. Pour ajouter un peu de piment, il est possible au cours de l'épreuve de votre choix de relever un défi dans lequel vous doublerez vos points si vous finissez dans les trois premiers sur cette épreuve, ou de ne pas remporter le moindre point. Un ajout sympa, mais qui a tendance à rendre le jeu encore plus facile dans son mode de difficulté le plus bas, étant donné la garantie insolente de réussir tout type d'épreuve. Si vous obtenez la médaille d'or suite à un championnat, vous aurez la joie de remporter un superbe trophée, mais la condition sine qua non pour débloquer les circuits suivants est bel et bien de finir bien classé, la position requise variant en fonction du nombre de participants. Au final, un championnat se résume à quelques épreuves rapidement accomplies dans la joie et la bonne humeur. Bonne humeur qui se retrouve de manière omniprésente puisqu'il est même possible de saluer la foule avant de passer à l'attaque en applaudissant à l'aide de la Wiimote et du Nunchuk. L'univers coloré et bon enfant est respecté, tout en évitant la sobriété graphique d'un Wii Sports, bien que l'on n'atteigne même pas le niveau d'Athens 2004 sur PS2 qui constituait déjà une insulte visuelle il y a quelques années de cela... Bien que le jeu ait été développé par Sega Japan, le style graphique puise beaucoup plus son inspiration dans l'univers de Mario que dans celui de Sonic.
 

Les douze travaux d'Hercules

Un tutoriel vous sera proposé au début de chaque épreuve afin de vous dévoiler les mécanismes de ce gameplay exploitant à fond la manette gyroscopique. Vous pourrez le zapper à loisir : soit les explications sont fouillies et vous n'aurez aucune chance de comprendre, Alzheimer aidant, soit l'épreuve est tellement simple que la maniabilité en devient intuitive. En fait, les commandes s'affichent en live durant la partie et vous pourrez donc reproduire les mouvements affichés. Les épreuves s'articulent autour de plusieurs types de gameplay distincts. Les épreuves de course, par exemple, nécessitent de secouer le nunchuk et la wiimote le plus vite possible : s'il s'agit d'un saut de haies, vous devrez aussi appuyer sur un bouton pour sauter, et pour une épreuve de relais, vous devrez aussi gérer le passage du témoin à l'athlète suivant. Vous devrez bien sûr veiller à ne pas commettre de faux départ et donc gérer toute la tension liée au fameux "gooooo !". Comme dit précédemment, ces épreuves, comme la majorité de toutes celles composant le titre, sont réellement épuisantes et les pauses régulières seront les bienvenues. Pauses qui seront automatiquement proposées par le programme. Les épreuves de natation, éprouvantes elles aussi, reprennent le même concept que les épreuves de course, à savoir secouer les manettes dans tous les sens ou en tentant de suivre les mouvements indiqués, reproduisant le type de nage adapté à votre perso. Vous devrez aussi prendre en compte votre respiration, mais aucune stratégie spécifique n'est à adopter : un bon timing est suffisant pour ne pas rencontrer de problème et pulvériser quelques records du monde. Si cela vous arrive, vous recevrez alors un emblème spécifique. A la manière des succès sur Xbox 360, d'autres récompenses vous seront octroyées par exemple si vous réussissez une accélération fulgurante lors du départ du 100 mètres.
 
 
Dans les épreuves de tir, les types de gameplay sont plus variés. L'épreuve de skeet, par exemple, vous invite au préalable à relever un rapide défi lié au timing : un coeur est modélisé sur l'écran et son battement est caractérisé par un petit point lumineux. Pressez sur la gâchette au moment où le point se situe au centre du coeur et vous aurez droit à un gros viseur bien pratique pour tirer sur les cibles. Echouez lamentablement et votre réticule sera minuscule. On ne peut toutefois que rester dubitatif devant les déséquilibres du gameplay provoqués par cette initiative pourtant louable sur le papier. En effet, la réussite de l'épreuve dépend beaucoup trop de l'étape préliminaire au détriment du tir. Ce gameplay hasardeux se retrouve également dans l'épreuve d'escrime où il suffit de se ruer vers l'autre joueur, d'effectuer quelques parades, attaques et feintes pour zigouiller, hum, disqualifier son adversaire. Hop, un petit Z à la Zorro et tu peux pas test, quoi ! Plus sérieusement, les personnages font un clin d'oeil au moment de faire une attaque : ce repère est donc le signal pour effectuer une parade de la part de la future ex-victime. Pour corser l'affaire, les personnages peuvent aussi faire un clin d'oeil pour feinter : l'adversaire, trompé, peut alors facilement être piégé. Malheureusement, le contrôleur s'avère trop peu précis et les commandes pas suffisamment intuitives pour tirer un réel plaisir à manier l'épée.
 

Autant d'épreuves différentes que de poils sur un boeuf

Dans un autre registre, certaines épreuves se déroulent sous la forme d'un mini championnat en deux manches. C'est le cas par exemple du tennis de table, l'épreuve la plus longue et d'une durée avoisinnant les 10 minutes, syndrôme dont est également atteinte l'épreuve d'escrime et de skeet (cette dernière ne propose pas de championnat mais demeure trop longue). Comparé aux 10 secondes du 100 mètres, c'est long... Le principe n'est pas mauvais en soi, puisqu'à la manière d'un Table Tennis, vous devrez frapper la balle, lui donner de l'effet et même smasher, tout en prenant soin de ne pas rater vos services. Les personnages se déplacent automatiquement et dans la pratique, il est regrettable de constater que la physique de la balle n'est pas vraiment crédible. De même, la wiimote se montre bien trop sensible et le moindre spasme engendrera des conséquences catastrophiques sur le déroulement de la partie. Finalement, il suffit de faire quelques petits coups secs de la wiimote pour renvoyer toutes les balles. La profondeur du gameplay n'est donc pas au rendez-vous et on aura tôt fait de passer à une épreuve plus intéressante. C'est par exemple le cas du trampoline : vous devrez donner un coup de wiimote pour faire sauter votre athlète et ensuite effectuer des combinaisons de boutons et de mouvements pour réaliser diverses figures. Les mouvements sont précis, rapides, la maniabilité est intuitive et la durée est raisonnable. Comme vous pouvez le constater, certaines épreuves en ont donc quand même dans les tripes. Dans le même registre, les épreuves de canoë reproduisent fidèlement et de manière ludique les mouvements effectués lors d'une véritable compétition. Enfin, les épreuves de lancer, et notamment le lancer de mateau, ne sont pas sans rappeler certains mini-jeux de Rayman et les lapins crétins, bien que cela se traduise une fois de plus en un bête pignolage de Wiimote.
 
 
Si l'endurance et la puissance sont les deux qualités primordiales à acquérir pour exceller dans les diverses épreuves, la dimension tactique est bel et bien existante. En plus des défis que vous pouvez choisir de relever et le choix de votre personnage en fonction de ses caractéristiques, dans certaines épreuves vous devrez ménager votre personnage, par exemple dans la course du 400 mètres, où vous ne devrez pas courir trop vite sous peine de vous essouffler. En guise de bonus sympa, Sonic & Mario aux Jeux Olympiques intègre 4 épreuves "rêve" : il s'agit en fait de variantes de sports classiques tels que le 100 mètres et le tennis de table, mais en apportant quelques modifications en terme de gameplay. Sans gâcher l'effet de surprise, sachez que vous aurez accès à des tas de bonus et que le déroulement de la partie se rapproche alors nettement plus d'un Mario Kart. Ces épreuves sont amusantes et romptent avec la monotonie qui finit par s'installer, mais paraissent un peu brouillonnes : il s'agit avant tout d'un bonus, pas d'un jeu à part entière. Les déséquilibres sont en effet plus importants et le dosage des différents bonus demeure souvent discutable. De même, la maniabilité ne se montre pas toujours à la hauteur, mais le fun est largement au rendez-vous. Doit-on y voir là des possibilités qui seront réutilisées dans un futur titre entièrement axé sur ce genre d'épreuves ?
 

Plus on est de fous, moins on a de chances de gagner

Les circuits offrent la possibilité de jouer jusqu'à quatre participants : certaines épreuves se déroulent en simultané, telles que les épreuves de course, tandis que d'autres se jouent à tour de rôle, comme les épreuves de tir. Histoire de soulager un peu votre porte-monnaie, vous n'aurez pas besoin d'acheter quatre Nunchucks : les Wiimotes sont suffisantes pour jouer à tous les jeux, via quelques variantes en terme de gameplay. Par exemple, il suffira de secouer la Wiimote pour courir. Une possibilité sympa, qui manque malheureusement à trop de jeux Wii pour l'instant. Si le mode multijoueur offre de bonnes tranches de rigolade, il faut reconnaître que l'effort physique intense requis par le jeu le prive du privilège de squatter votre console durant une soirée entière. De même, certaines commandes peuvent paraître peu intuitives pour les débutants, qui vont devoir apprendre chaque jeu avant de pouvoir réellement s'amuser et se mesurer à d'autres joueurs plus expérimentés, et ce, malgré l'apparition des commandes tout au long de la partie. Etant donné que le succès de la Wii se base en partie sur des mécanismes naturels qui ne nécessitent aucun temps d'apprentissage et une faible marge de progression mettant ainsi tous les joueurs sur un pied d'égalité, Mario & Sonic montre quelques signes de faiblesse et régresse un peu par rapport aux premiers titres sortis sur la console de Nintendo. Cependant, l'opportunité de pouvoir choisir entre les héros des univers Mario et Sonic apporte un avantage considérable puisque chacun est libre de choisir le perso qui lui plaît et le jeu respecte donc les goûts de chacun, s'inscrivant ainsi dans la philosophie des Jeux Olympiques de montrer que toutes les querelles peuvent être résolues par le sport.
 

Article rédigé par Monsieur Tomate , le

Après s'être bouffé la truffe pendant des décennies, Mario et Sonic font une trêve pour les Jeux Olympiques. S'agit-il d'une alliance symbolique pour montrer que tous les individus peuvent se retrouver le temps d'une manifestation sportive, quelles que soient leurs convictions ? Est-ce juste un amour des biftons de la part de Nintendo et Sega ? Ou encore, ce partenariat serait-il le signe d'un essoufflement de la créativité japonaise ? Dans tous les cas, Mario & Sonic aux Jeux Olympiques est un pur branlage de Wiimote au travers de nombreuses épreuves variées, à la qualité irrégulière, mais dans l'ensemble très fun, que ce soit en solo ou en multijoueur. Grâce à son ambiance bon enfant et ses bonus tels que le mode rêve vous permettant de participer à quelques épreuves dans le plus pur esprit Mario Kart, le fun est au rendez-vous, mais certaines lacunes en terme de limitation du gameplay noircissent un peu le tableau. Un jeu encore perfectible et dont le potentiel reste encore à creuser, mais les intentions sont là, et le fanboy, lui, achète. Et qui est le plus rapide entre Mario et Sonic ? Le jeu apporte lui-même la réponse : c'est Sonic. N'en déplaise aux fans du plombier italien.

Points positifs

  • Ambiance rafraîchissante
  • Gameplay original
  • Dimension tactique existante
  • Sonic est plus rapide que Mario

Points négatifs

  • Qualité irrégulière de certaines épreuves
  • Mode multijoueur perfectible
  • Mario est plus lent que Sonic

A propos de l'auteur

Monsieur Tomate

Monsieur Tomate

31 ans | Grand gourou

Depuis la fondation de GameHope en septembre 1999 sous le nom de HardGamers, le taulier du coin n'a cessé d'abuser de son fouet pour faire régner la terreur parmi son équipe. Ingénieur en informatique le jour, tyran impitoyable sur GameHope la nuit, on ne l'arrête jamais et gare à vos fesses si vous vous trouvez au travers de sa route lorsqu'il a en tête un énième plan diabolique, vous risqueriez de boîter le lendemain...

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