Test : Pikmin 2

Pikmin 2 - Wii

Genre : Gestion de petites bestioles

Date de sortie : 24 avril 2009

Genre
Gestion de petites bestioles
Date de sortie
24 avril 2009 - France
Développé par
Nintendo
Edité par
Nintendo
Disponible sur
Gamecube, Wii
Site officiel
Site officiel

A peine un mois après la sortie de Pikmin, la Wii accueille sa suite. Nintendo persiste et signe en nous proposant leur "Nouvelle façon de jouer" de certains titres déjà "classiques" de la génération précédente. Après l'adaptation du premier Pikmin, c'est donc tout naturellement avec ce second opus de la série que se poursuit l'histoire. Sorti en 2004 sur Gamecube, mais ne bénéficiant pas de l'effet de surprise de son ainé, cette suite n'avait pas rencontré le même succès. Mais pourtant Pikmin 2 apporte beaucoup plus.

 
 
Après une premier remake sans surprise pour les connaisseurs, mais parfaitement maîtrisé, voyons ce que ce deuxième épisode nous recèle. Première chose, Pikmin 2, c'est la suite de Pikmin. Ce qui sous-entend que pour en savoir plus sur l'univers, vous pouvez jeter un œil au test de Pikmin (que l'on doit trouver par ici). Mais pour la faire courte, c'est l'histoire d'un extraterrestre, Olimar, capitaine d'une fusée intergalactique, le Dolphin, qui s'est lamentablement écrasée sur une planète rappelant sous certains traits notre Terre chérie qu'on aime tant malmener. Dans ce deuxième épisode, notre ami revient donc chez lui, mais arrivé à bon port, il apprend que la société pour laquelle il travaillait est au bord de la faillite. Sa mission sera alors de retourner sur "Terre" pour y dénicher des trésors qui permettront de remonter la pente et surmonter cette crise. Cette fois-ci, il ne sera pas seul. Il sera accompagné de Louie, un jeune employé qui nous épaulera vaillamment dans notre aventure, au péril de sa vie...
 

De Pikmin à Pikmin 2

Disons le clairement : depuis le premier épisode, le concept n'a pas fondamentalement changé. Il s'est vu enrichir d'une multitude de détails, s'est vu approfondir mais pas transformer. Vous dirigez donc Olimar et Louie et devez vous frayer un chemin à travers un monde hostile à l'aide des fameux Pikmins qui vous soutiennent plus que de raison dans votre quête. Chaque race de Pikmins a des caractéristiques différentes qui leur permettront d'être efficace dans certaines situations. La finesse du concept, et par extension du gameplay, tient dans le bon usage de chacune de leurs capacités. Ce deuxième épisode apporte nombre de nouveautés. Les niveaux sont devenus plus grands, plus fouillés, plus complets, plus fournis. Et pour accroître cette diversité, ils ont même ajouté deux nouvelles espèces de Pikmins : les violets et les blancs. Qui dit nouveaux Pikmins dit nouvelles capacités, et donc dit nouveaux ennemis aux capacités nouvelles. Rappelons que les rouges sont insensibles au feu et plutôt forts au combat, les jaunes insensibles à l'électricité, les bleus à l'eau. A ceux-ci viennent donc s'ajouter les blancs, sortes de mini-Pikmins toxiques qui peuvent survivre aux gaz nauséabonds et les violets, des Pikmins-mastodontes qui seront plus efficaces au combat et dont la force vaudra celle de 10 Pikmins normaux. Mais ce n'est pas tout...
 

Pikmin, un univers impitoyaaaaableuuuu...

Dans l'adversité, vous aurez pour mission de recouvrir la dette de votre entreprise. Chaque objet récupéré aura une valeur plus ou moins importante qui vous permettra de retrouver le sourire avec plus ou moins de célérité. Bien entendu, les objets à haute valeur ajoutée seront les mieux gardés. Et ce ne sont pas moins de 200 objets que vous pourrez amasser au cours de l'aventure. Pour en venir à bout, j'ai mis plus de 37 heures de jeu. Autant le dire tout de suite, quand on voit le bout du tunnel on jubile, puis on se dit pourtant : "c'est tout !!" Allez comprendre...
 
 
Pour ceux qui on parcouru le premier Pikmin (et qui on fait et refait les niveaux challenge), vous constaterez avec bonheur que certains niveaux de ce second opus vous feront revisiter des environnements bien connus. Quel plaisir de reconnaître certains passages, d'en noter les différences, tant les décors fourmillent désormais de détails supplémentaires, de transformations, etc. La base de données des ennemis et des objets est faramineuse. Sans vouloir vous devoiler quoi que ce soit qui gâcherait le plaisir de la découverte, sachez que le bestiaire vous réserve de très, mais alors très nombreuses surprises. Ca fait toujours plaisir de se retrouver nez à nez avec un jeu aussi bien fignolé et ce, malgré la profusion. La quantité et la variété des ennemis forcent simplement le respect, d'autant qu'ils sont souvent imbibés d'une dose d'humour (que ce soit dans leur design, leur déplacement ou lorsqu'on les vainc).
 

Evolution d'un concept

En terme de gameplay, rien de neuf, mais plein de petites évolutions. Certaines routines de maniement améliorées, un personnage qui voit ses caractéristiques s'affiner tout au long de l'aventure à la découverte de certaines pièces, des ennemis plus variés et donc des approches stratégiques obligatoires à certains moments, le tout associé à un système de donjons (sur lequel je reviendrai) et qui oblige à une meilleure gestion de ses troupes. Pour ce qui est du maniement, la possibilité (comme dans le remake du premier épisode) de viser à la wiimote accroît considérablement la souplesse et la précision en pleine action mais ne change pas le fond. On peut entreprendre des attaques en tournant autour de ses ennemis avec beaucoup plus de facilité que la version Gamecube, pad en main, puisque Olimar devait systématiquement faire face à son ennemi pour lui lancer des Pikmins (manipulation qui devenait un réflexe, mais qui s'avérait parfois frustrante quand dans un faux mouvement, on perdait la quasi-totalité de ses troupes). En dissociant la visée et le déplacement (ce qui n'est pas le cas avec la version Gamecube dans laquelle on déplace uniquement le viseur) cela demande d'autre réflexes aux joueurs du dimanche mais s'avère au final bien plus pratique en toutes situations.
 
 
D'autant que lorsque vous affronterez des joueurs humains, dans des joutes très excitantes, les déplacements de vos ennemis seront nettement plus aléatoires et rapide que ceux de vos adversaires à l'intelligence très… artificielle. Tant qu'on y est, il est utile de préciser que les différents modes multijoueurs sont loin d'être anecdotiques. On peut jouer en coopération sur des niveaux challenges mais aussi s'affronter dans des donjons. Ce dernier mode offre des niveaux biens fichus pour la plupart, qui autorisent des affrontements frénétiques. Le but est de ramasser des billes. Mais comme on est deux à avoir le même objectif, la confrontation devient vite une évidente évidence. Pour pimenter le tout, on peut envoyer des malus à notre adversaire, comme des attaques d'ennemis, etc. Quel plaisir de voir nos Pikmins grimper sur la tête d'Olimar et de lui tamponner la casserole à gros coups de mandales.
 

Le Pikmin Rose n'existe pas

Mais Pikmin 2 n'est pas dénué de défauts. Quelques-uns subsistent, provenant du concept, des choix conceptuels ou de l'approche ludique elle-même. Car même si la technique est incroyable et le gameplay bien dosé, le jeu pourrait en lasser plus d'un, de part une certaine répétitivité, un manque de variété dans les objectifs ou encore une histoire (tout simplement). Premier "défaut" : les grottes. Elles donnent une nouvelle dimension au jeu, une sorte de Donjon-Pikmin !! La légèreté conceptuelle du premier épisode (dans lequel nous ne devions récupérer qu'une trentaine de pièce) s'est transformée en une chasse aux objets que certains pourront trouver pesante, quand d'autres, comme-moi, la trouveront exaltante. Il n'empêche qu'on passera une grande partie du temps dans des environnements sombres. J'aurais personnellement préféré moins de donjons en sous-sol et plus d'environnements extérieurs, car parfois durant la partie, j'ai eu des relents claustrophobiques. On mesure d'autant plus le plaisir de vagabonder dans les verts pâturages à l'instant où l'on met la tête dehors. Le plaisir de contempler la journée qui passe, les feuilles qui tombent des arbres, les bêtes sauvages qui déambulent ou qui la plupart du temps se terrent paisiblement dans leur coin jusqu'à ce qu'on viennent leur mettre une misère. C'est un tel bonheur pour les yeux et pour les oreilles qu'il est dommage de devoir passer autant de temps dans des sous-sols lugubres (à part quelques exceptions, mais je n'en dis pas plus) de cette planète inhospitalière.
 
 
Deuxième point noir : l'aventure. Et plus particulièrement son déroulement. Elle est segmentée en deux grandes parties. Il est quand même déplorable de ne pas en avoir profité pour glisser une histoire digne de ce nom, d'autant qu'on y croit jusqu'au bout… On en aurait aimé forcément plus, beaucoup plus même. Même un peu plus, ça aurait déjà été beaucoup plus. En savoir plus sur nos amis extraterrestres, sur nos amis Pikmins, sur cette planète, sur celle d'Olimar, etc. Une déception de ce côté-là. C'est alors que ma passion l'emporte et une foule de questions me viennent pour le troisième opus, déjà annoncé pour cette année ou la suivante : comment faire évoluer le concept sans entamer l'intérêt et sombrer dans la répétition ? Des bribes de réponses me viennent. Une histoire plus prenante (avec des rebondissements ou des alternatives au scénario de base), une aventure en coopération, un mode d'affrontement en ligne, un gameplay nouveau (quitte à décevoir les fans) qui permettrait de renouveler profondément la série, une micro-gestion des Pikmins plus poussée, des Pikmins aux comportements plus variés (avec des attitudes plus "réalistes" )… Car en seulement deux épisodes, Miyamoto et son équipe ont su créer un univers ludique parfaitement cohérent, profond et au gameplay unique, qui semble d'ores et déjà avoir atteint un incroyable niveau de qualité qu'il serait dommage de ne pas émanciper dans le futur.
 

Article rédigé par elf , le

Pikmin 2 est la digne suite de Pikmin. Il joue sur son incroyable contenu à défaut de faire dans l'originalité. On y trouvera tout ce qui a fait la singularité du premier épisode, mais en superlatifs : plus de variété, plus de Pikmins, plus de personnages, plus d'objets à découvrir, plus d'ennemis à affronter, plus de clins d'œil, plus d'humour, plus de challenges… Cette profusion ne créera tout de même pas la surprise mais permettra aux fans de l'univers de prolonger durablement leur plaisir. Au regard de la qualité du premier Pikmin et de sa rejouabilité conséquente, ce second épisode lui fait gagner en profondeur mais pas forcément en intérêt. Il faut aussi savoir que ce Pikmin 2 se suffit à lui-même. N'importe qui pourrait très bien entamer la série par cet épisode, tant l'intrigue a peu d'importance et de consistance. Mais à qui s'adresse vraiment le jeu ? Difficile à dire. Peut être à ceux qui ont aimé le premier épisode. Ou encore à ceux qui pensent ne pas s'ennuyer face à un concept qui ne se renouvelle pas mais dont on a complexifié l'approche. A ceux qui, comme moi, aiment Pikmin d'amour et qui auront ainsi le droit à une aventure plus longue, plus intense, plus dense et plus variée. A ceux-là, une chose est sûre, l'erreur n'est pas possible. Aux autres, ils n'auront même pas lu ce test en entier, alors à quoi bon...

Points positifs

  • Univers plus profond que le premier épisode
  • Une durée de vie titanesque (comptez 30 à 40 heures rien que pour l'aventure principale)
  • Beaucoup plus d'ennemis différents
  • Des modes multijoueurs sympathiques
  • Un gameplay plus souple que la version GC

Points négatifs

  • Trop de donjons, on suffoque !!
  • Une histoire au second plan

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