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GoldenEye N64, ce n’est pas juste un jeu, une adaptation de James Bond comme une autre, ni même un jeu qui fait date et dont on se souvient avec nostalgie. C’est LE jeu de James Bond. Celui qui a eu tant de retentissement qu’il en a même modifié le Bond du grand écran. Car oui, même au cinéma, il y a eu un avant et un après GoldenEye. Le personnage de Bond s’est mis à adopter des méthodes plus musclées, l’action est devenue plus présente au détriment de la subtilité, évoluant peu à peu du charme de Sean Connery à la froideur de Daniel Craig, qui ressemble d’avantage à un tueur à gage qu’à un espion. Le film lui-même marque un tournant : il relance une série qui avait fini par s’essouffler, et c’est aussi le premier Bond à être réalisé après la fin de la Guerre Froide et la chute de l’URSS. Partant de là, faire un remake d’un tel jeu ne se fait pas sans prendre toute la mesure des conséquences. Peut-on s’attaquer à une telle légende, encore bien vivace, sans lui porter tort ? Comment inscrire ce projet dans un contexte différent, où l’image du héros et de son univers se sont transformées épisode après épisode ? Et surtout, à qui ou à quoi être fidèle, au James Bond de l’époque ou à celui d’aujourd’hui ? Au film ou au jeu ? Décidément, la problématique n’est pas simple.
Alors oui, contrat oblige, c’est cette blondasse de Daniel Craig qui remplace Pierce Brosnan dans le rôle titre. « Mamma mia ! » s’exclame celui-ci, après s’être fait voler la vedette (peut-être le verra-t-on un jour dans le rôle de Mario ?). C’est une première déception pour les puristes, mais mieux vaut ne pas rester là-dessus, sinon on va passer un sale moment, la manette classique toute dorée de l’édition collector entre les mains. D’autant plus que les autres personnages, eux, ne ressemblent à rien ni à personne de connu. Passons, ce n’est de toute façon pas sur Wii que l’on verra un jour des personnages au design réussi. Mais tout de même, passer d’un Valentin rondouillard en costard (joué par Robbie Coltrane, également Hagrid dans Harry Potter) à un Valentin en chemise hawaïenne avec des tatouages partout, ça surprend. Ça ne fait jamais que la troisième fois que nous le disons, mais oublions ces infidélités, peu importe. C’est pour la bonne cause.
Car au contraire des personnages, les décors, eux, sont tout à fait bien construits. Certains niveaux sont calqués sur ceux du jeu original (une vidéo vous en donne le comparatif visuel, mais ne rend pas vraiment compte des ajouts apportés à la version Wii), commençant et se terminant aux mêmes moments, jusqu’à reprendre des images similaires lors des cinématiques. D’autres sont ajoutés ou supprimés, pour suivre un peu mieux la trame narrative du film. La progression, elle, est tantôt beaucoup plus explosive, tantôt beaucoup plus subtile, prenant lieu dans des niveaux entièrement repensés. Le mélange entre jeu d’action et jeu d’infiltration est très prenant et souvent, le joueur est laissé libre d’agir à sa manière par les chemins parallèles : défoncer la porte principale et tirer sur tout ce qui bouge ou se faufiler par les conduits d’aération et neutraliser les ennemis par derrière (jusqu’à, parfois, enchaîner 15 ennemis bien naïfs qui sont tous occupés à regarder le mur au lieu de monter la garde, sans se soucier de la disparition soudaine de leurs collègues). On note également de nombreux points derrière lesquels se mettre à couvert lors d’une fusillade, accentuant l’effet d’immersion. Ce GoldenEye 007 est décidément une bonne surprise… mais très vite quelque chose nous fait tiquer.
Le gameplay se veut un peu plus réaliste dans les actions, forçant le joueur à être très discret. Mais au-delà de ça, on dirait une copie conforme d’un Call of Duty. Pourquoi chercher à inventer un nouveau gameplay quand on en a un qui fonctionne ? Ainsi, vous ne pouvez porter que deux armes en plus de votre revolver de base, et les échanger contre celles de vos ennemis en cours de route. Une icône de grenade apparaît lorsque l’on vous en envoie une, il est possible de courir et de sauter par dessus les obstacles en utilisant exactement les mêmes commandes que dans CoD (à ce propos, le jeu est compatible avec toutes les sortes de manettes de la Wii). Pour la vie ? Pareil, elle se régénère d’elle-même si vous vous mettez à couvert. Les développeurs ont eu l’intelligence, tout de même, d’intégrer un quatrième mode de difficulté qui reprend le système de points de vie du GoldenEye original, avec la jauge sur les côtés. À propos de la difficulté, des objectifs supplémentaires apparaissent pour les durs à cuire, ainsi qu’un mode contre-la-montre qui donnera du fil à retordre même aux asiatiques et aux extra-terrestres, garantissant une vraie longévité en solo. Même sans ça, avec une demi-heure en moyenne par mission (si on y va à un rythme normal, j’entends), la durée de vie est honorable.
La campagne solo est donc l’atout de ce jeu. Elle reprend en partie les niveaux de la version N64, mais évite la copie conforme en faisant quelques ajouts, notamment en passant par Barcelone et Dubaï. Ces quelques niveaux permettent de se démarquer un peu plus de la production de Rare. Le multi, lui, nous rend nettement moins enthousiastes. En local, rien de bien folichon, il n’y a que quelques modes en confrontation, ressemblant trop à ceux de N64, sans réelle innovation. Deux ou trois parties et on n’y reviendra pas. C’est plutôt du côté du online qu’on ira faire un tour pour chercher un peu de plaisir. Se basant, comme on pouvait s’y attendre, sur celui des Call of Duty (le recyclage, c’est bon pour la planète), on retrouve les traditionnels niveaux d’expérience qui permettent de débloquer de l’armement et des modes de jeu supplémentaires. Les zones d’affrontement sont vastes et généralement bien élaborées, mais cet aspect du jeu ne surprend plus vraiment. Le rythme est moins soutenu que dans les CoD, et s’il n’y avait pas le level-design, on le croirait bâclé. Pas de quoi le mettre à la poubelle tout de même, et on y retournera de temps en temps quand on en aura marre de jouer contre une IA parfois trop prévisible.
En définitive, GoldenEye est une meilleure surprise que ce qu’on pouvait espérer. Si le gameplay est calqué sur celui d’un Call of Duty, l’identité de la série James Bond (et celle du jeu de 1997) reste intacte grâce à de nombreux aspects. Certaines phases, toutefois, manquent de subtilité ou de réalisme, comme un char que l’on peut conduire avec autant d’aisance que si c’était une mobylette. La redécouverte de ce scénario remis au goût du jour, qui emprunte à la fois au film et au jeu original, donne un plaisir nouveau, parfois légèrement gâché par une surenchère d’explosions et de fusillades qui n’ont plus rien d’un univers d’espionnage. Peut-être n’y avait-il que le moins subtil des James Bond, Daniel Craig, pour pouvoir incarner cela. Le mode solo justifie l’achat du jeu, mais le multi beaucoup moins, en tout cas en local. Le mode online pourra vous faire passer du bon temps, mais moins que celui de CoD. C’est pourtant en partant du fait que GoldenEye N64 avait été un pionnier du FPS en multijoueur qu’Activision s’est lancé dans la production de ce remake. Pourquoi donc avoir si peu soigné cet aspect ? Seul l’avenir nous dira si ce titre marquera autant les esprits que son modèle.
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Dimanche 14 Novembre 2010, à 15h50
Le commentaire de quand on a fini le jeu (en facile) :
Il y a quand même beaucoup de choses assez honteuses dans ce jeu. Je trouvais bizarre aussi, qu'Activison nous sorte un jeu qui tienne la route jusqu'à la fin. Principalement, je regrette deux choses, et tant pis pour ceux qui voulaient garder la surprise : d'une part, tous les personnages secondaires sont renvoyés à l'état de figurants, qu'il s'agisse de Natalya, Xenia, ou Orumov. Boris l'invincible est même totalement absent du jeu ! Une aberration. Deuxième chose : le boss final. C'est pathétique, j'ai jamais vu un boss aussi foiré. Il est encore plus prévisible que celui du je de 64 (qui, à l'époque, était plutôt bon !). Il est scripté à mort, il se cache derrière 4 planques en boucle quelle que soit la situation. Si bien qu'on peut l'attendre à un endroit, il nous passe devant sans nous remarquer, nous tourne le dos comme si on était pas là, et on l'allume comme on veut. Et ça dure un quart d'heure comme ça, c'est d'un chiant ! On dirait que c'est un stagiaire qui s'en est chargé. Voilà comment rater un jeu qui commençait bien. J'ai limite envie de baisser la note, mais ça ne rendrait pas honneur à tout ce qu'il y a de réussi là-dedans. Je suis quand même ultra-frustré d'avoir une fin aussi minable. |
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