Test : Sports Island 3

Sports Island 3 - Wii

Genre : Sport Party-Game

Date de sortie : 14 octobre 2010

Genre
Sport Party-Game
Date de sortie
14 octobre 2010 - France
Développé par
Hudson Soft
Edité par
Konami
Disponible sur
Wii

Troisième dans le destin d'une série, c'est un chiffre pas évident. Car il doit apporter suffisamment dans sa hotte pour renouveler l'intérêt de la licence, sans pour autant en faire trop au risque de perdre ses adeptes de la première heure. C'est ça la séduction ! Plus simplement, il ne peut pas se permettre de tout gâcher... Bon, l'avantage indéniable de Sports Island 3 est qu'il fait suite à deux jeux aussi pourris l'un que l'autre, abusant honteusement de leur statut d'usurpateur lépreux.

 
 
"Ca commence fort ce test. D'entrée le gars, il insulte la licence !" Pas vraiment, je fais plutôt un constat accablant. Car Sports Island premier du nom, sans avoir rencontré les faveurs de la presse, avait réussi à s'intégrer dans l'univers de la Wii et de son "grand" public en perpétuant ce que Wii Sports avait initié : le sport à la maison. Mais la comparaison s'arrête assez rapidement, car Sports Island n'avait pas grand chose à voir avec la démonstration de force de Nintendo. Bien sûr, on pouvait reprocher à Wii Sports de ne pas approfondir le sujet, de rester en surface. Mais il posait les bases d'une nouvelle aire, proposant une "sensation" parfaitement nouvelle, insurrectionnelle et séditieuse. Wii Sports était nourri, imprégné, de cette "impression". Bien loin du décorticage et de l'analyse que l'on pouvait en avoir, cette sensation engendra une commotion populaire autour d'un concept fort que Sports Island n'a jamais fait que pister maladroitement.
 

Des épreuves passe-partout

Faisons un rapide tour du propriétaire. Nous avons 10 épreuves, dont 2 ou 3 complètement nazes et le reste indigne d'être dans une compilation aussi peu fournie. Ce n'est pas le concours de sciage de bois (dénommé scie passe-partout) qui me fera mentir, ni même l'escrime. Dans un jeu multijoueur sur Wii, on cherche le plaisir immédiat, la simplicité, certes, mais aussi la convivialité, l'échange. Ici, les jeux sont mous, certains sont d'un ennui difficilement imaginable tant qu'on y a pas touché. Le comble pour un Party-Game ! Le plus étonnant est de trouver, sur 10 jeux disponibles, plus de la moitié jouables au tour par tour. Il n'y a aucune épreuve pour racheter l'autre. On est face à un des pires Party-Game de l'année. Une ôde à l'incompétence, au manque de discernement, de sérieux ou plus simplement au désintérêt marqué du grand public... L'usage pitoyable du Wii Motion Plus me conforte dans l'idée que tout n'est qu'une question de développement et d'implémentation des contrôles dans les jeux, et non pas de matériel (comme certains le pensent). Ce n'est pas un matériel qui sauve un gameplay, mais la qualité de son usage. Et ici, le Wii Motion Plus n'est pas exploité, ou tellement mal qu'on aurait préféré qu'il ne le soit pas du tout. Bien sûr, on ressent la différence entre le jeu "sans" et le jeu "avec"... Mais quelle différence !!!
 

Game Design pour les nuls : introduction

Je ne suis pas développeur, ni même programmeur, encore moins game designer, et d'une quelconque manière que ce soit, je ne suis pas impliqué dans l'industrie du jeu vidéo. Ah si, j'oubliais, je teste des jeux. Je suis donc un joueur ! Un joueur qui observe, qui tente de comprendre et qui, bien trop malmené par Hudson Soft et son Sports Island, essaye de comprendre ce qui ne va pas. Car un des plus gros problèmes de cette série est sa capacité à tout faire de travers, épisode après épisode. Certaines épreuves ont un maniement qui répond mieux que d'autres, mais leur implémentation demeure irrémédiablement (et inlassablement) douteuse. Comment des développeurs, même prisonniers d'un calendrier oppressant, peuvent produire des jeux aussi miteux ? Essayons de comprendre ce qui cloche avec ce Sports Island 3.
 

Game Design pour les nuls : dynamisme

Quand on joue seul, on est obligé d'assister aux prestations des autres joueurs contrôlés par l'IA. On peut passer leurs exploits, par la pression d'un bouton, mais il faut le faire pour les différents protagonistes et ce, après avoir assisté à leur présentation.

N'aurait-il pas été plus simple de :
- Passer toutes prestations en un seul et même clic,
- Choisir dans le menu (ou avant les épreuves) si l'on veut les voir ou non,
- Nous faire jouer en premier ?!!

Ce sont des remarques de bon sens qui accentuent l'incompétence de l'équipe de développement.
 

Game Design pour les nuls : la souplesse

Que ce soit dans les animations ou dans le maniement, la souplesse est une donnée fondamentale du plaisir immédiat. Une rigidité surannée sera peu à peu estompée par l'intérêt du jeu et par l'acclimatation du joueur, mais c'est risqué de compter là-dessus. Dans Sports Island 3, les développeurs nous ont laissés très peu de cette marge de souplesse. Elle est d'ailleurs d'autant moins présente que les personnages dirigés ou non par la machine se déplacent de manière robotique.
 

Game Design pour les nuls : le motion control

Les joueurs de Wii savent de quoi je vais parler. Il s'agit toujours de souplesse, mais cette fois-ci dans la définition même du gameplay. Car s'il existe un aspect essentiel du motion control, c'est cette notion d'erreur. Encore une fois, cette souplesse permet, lors de l'exécution de mouvements, de ne pas léser les joueurs les moins soigneux. Plus on demandera à un joueur d'effectuer des gestes précis, moins le jeu sera accessible et agréable à jouer. Plus la marge sera intelligemment dessinée, plus la frustration s'amenuisera et le plaisir reprendra sa place. En revanche, on s'éloignera alors tout à fait logiquement de la notion même de "simulation". Dans Sports Island 3, les mouvements sont mal implémentés, difficiles à sortir. On aura beau se donner du mal, l'exigence étant trop grande et les timings pas toujours logiques, on s'énervera... Et une fois les premières difficultés maîtrisées, le plaisir se sera définitivement évanoui...
 

Game Design pour les nuls : le temps du plaisir

Quand dans un jeu, on est face à de petites épreuves de quelques secondes, comme c'est le cas de Wario Ware, de Mario Party ou de Wii Party, il faut que la sauce prenne immédiatement. La fugacité de l'épreuve n'est pas une excuse à la néantise. Dans Sports Island 3, il n'y a que 10 épreuves, donc je ne m'attendais certainement pas à voir dans le lot une épreuve qui dure à peine une dizaine de seconde. Pourtant, c'est le cas du Snowboard ! Une épreuve qui, même après avoir fait le didacticiel, m'a laissé sceptique. En y repensant, je le suis toujours. Ce qu'on nous demande de faire est proprement indigent. Il faut garder la manette dans l'alignement de la courbe de la piste pour pouvoir ensuite effectuer des sauts chorégraphiés. L'épreuve dure en tout et pour tout, une petite dizaine de secondes... Question : dix secondes de rien-du-tout, est-ce dix secondes de perdues ? Je pourrais continuer à décortiquer les erreurs commises par Hudson Soft dans son jeu. Je pourrais aussi faire semblant de trouver de bons aspects, des choses moins minables, mais serait-ce vraiment utile ? Vous l'aurez compris, Sports Island 3 est une plaisanterie de mauvais goût. Je suis d'ores et déjà attristé pour les centaines de milliers d'enfants qui le recevront à Noël...
 

Article rédigé par elf , le

Comment conclure sans sombrer dans l'allégation facile et la rosserie malveillante ? Sports Island 3 est pourtant une plaisanterie ! Les épreuves sont courtes, rarement jouables à plusieurs simultanément et le plus souvent inintéressantes. Pour 30 euros, vous aurez une galette comprenant 10 jeux niais et mals réalisés, n'est-ce pas drôle ? Quand on sait que l'équipe en charge de cette copie honteuse vient d'Hudson Soft, le développeur qui nous a offert Tetris Party, Kororinpa, mais surtout la série des Mario Party, on ne peut que le déplorer vainement. En trois épisodes, Sports Island n'a jamais réussi à décoller. Pire, les jeux de cette licence se sont enfermés dans leur irrévérencieuse paresse. Le premier avait rencontré un succès populaire, par une malfaçon marketing, mais tout à fait légale. Celui-ci le démériterait avec tout autant de panache.

Points positifs

  • Une année après Wii Sports Resort, repomper certaines de ses épreuves en leur altérant toute substance ludique, ça force le respect
  • 10 épreuves inintéressantes ou mâlbaties sur 10
  • On pourrait penser que je déverse un monceau de méchanceté gratuite...

Points négatifs

  • ... mais les torts sont partagés !
  • Un didacticiel pas pratique
  • Un gameplay malconstruit
  • L'usage de façade du Wii Motion Plus

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