Test : Zombi U

Zombi U - Wii U

Genre : Charcutage de zombies

Date de sortie : 30 novembre 2012

Genre
Charcutage de zombies
Date de sortie
30 novembre 2012 - France
Développé par
Ubisoft
Edité par
Ubisoft
Disponible sur
Wii U
PEGI
 Interdit aux moins de 18 ans
 Peur
 Jeu en ligne
 Violence

Pour accompagner le lancement de la Wii U, Ubisoft nous propose un énième jeu de zombies. Pourtant, alors que beaucoup reprochent à Dead Space ou Resident Evil de s'être écartés définitivement trop du principe de survival-horror, il semble que le genre se soit trouvé un nouveau porte-étendard sur la nouvelle console de Nintendo.

Test effectué à partir d'une version Wii U

 
 
A la base, des développeurs d'Ubisoft avaient probablement dû partir du principe que bon, les Lapins Crétins c'est marrant mais c'est définitivement trop connoté « kids ». Alors ils présentèrent à l'E3 2011 un certain Killer Freaks from Outer Space, avec des créatures comparables à des Lapins Crétins de film d'horreur et prêt à accompagner le lancement de la Wii U. Et puis l'année d'après, au même endroit, Ubisoft dévoila Zombi U, un survival-horror supposé accompagner la sortie de la nouvelle console de Nintendo. Quid de Killer Freaks ? Pas de communiqué officiel,mais on comprend rapidement que ce dernier a été remplacé par Zombi U durant son développement. Mais, un énième jeu de zombies... Pourquoi ? Killer Freaks avait l'avantage d'être plus original, alors pourquoi ? Après avoir joué à Zombi U, on suppose clairement que mettre des créatures rigolotes, même gores à souhait, pourrait franchement nuire à l'immersion.
 

Zombi Me

Le jeu commence en vous mettant en scène à Londres, vous, survivant lambda d'une gigantesque épidémie ayant transformé la plupart des habitants de la capitale anglaise en zombies affamés. Devant une station de métro, une voix s'élève des hauts-parleurs et s'adresse à vous. Quelqu'un vous voit via les caméras de sécurité de la ville et vous donne quelques rapides instructions pour échapper à vos poursuivants. Vous arrivez dans un abri sécurisé, d'où vous pouvez bénéficier de repos sans avoir à craindre d'attaques de morts-vivants. Celui qui vous guide, votre ange gardien, c'est « le survivant » et sur vous repose ses espoirs de voir résolu le mystère de l'épidémie zombie. Ce n'est pas vraiment la peine de trop s'attacher à votre personnage principal pour la bonne et simple raison que vous avez toutes les chances de ne pas terminer l'aventure avec lui. C'est le premier concept très sympathique de ce Zombi U, à savoir que votre survivant, qui a toutes les chances de se faire bouffer à n'importe quel instant, ne revient pas comme si de rien n'était en cas de décès. Tout d'abord, vous incarnerez un nouveau survivant depuis l'abri de départ. Par exemple, Martine, 43 ans, Directrice Ressources Humaines. La première mission de Martine, c'est bel et bien de trouver celui avec qui vous vous êtes fait zigouiller parce qu'elle ne possède sur elle que le strict minimum (une batte de cricket et un flingue avec 6 balles), or votre ancien sac à dos et donc l'équipement vous avez accumulé se trouve sur son dos. Une fois retrouvé, il faut lui exploser le crâne joyeusement, car il est bien évidemment devenu un membre du club très ouvert des morts-vivants britanniques.
 
 
En cas de décès, vous ne recommencez donc pas avec tout votre équipement du dernier point de sauvegarde automatique, à quelques mètres de votre chute. Toutefois, il existe quelques points de sauvegarde, des planques fermées et sécurisées où votre personnage peut se reposer en toute quiétude. Mais ne rêvez pas, vous devrez bien souvent repartir de votre planque originale pour retrouver votre ancien équipement. La distance n'est pas toujours un problème, car les réseaux souterrains permettent pas mal de raccourcis et les zombies que vous avez éclaté sur votre route n'ont normalement pas respawné. Mais le système possède deux petites faiblesses. La première, c'est que si le raccourci n'a pas été débloqué, il faudra du temps pour revenir au point de décès. Or, il y a souvent une foule de mini-chargements qui, s'ils ne gênent pas spécialement lors de votre progression habituelle, agacent fortement lorsque vous essayez simplement de regagner votre dernier cadavre. Autre point qui n'est pas nécessairement un défaut, mais quand même, si vous ne réussissez pas à tuer le zombie de votre dernier personnage, et donc de lui prendre le contenu de son sac à dos, avant de trépasser, tout est perdu. Le nouveau sac à dos à récupérer est celui du bonhomme qui vient de se faire zigouiller avant d'avoir pu faire ses emplettes. Heureusement, si les ennemis ne réapparaissent à priori pas, les items reviennent aléatoirement, ce qui permet tout de même de se refaire un semblant d'équipement de survie sur la route.
 

Zombie la mouche

Là où le jeu est assez intelligent, c'est qu'il mise vraiment sur le principe de survival-horror. La plupart du temps, il faut jauger combien sont les ennemis afin de savoir s'il faut les affronter et comment faire pour s'en défaire. La batte est le moyen le plus simple d'en finir, mais aussi celui qui vous expose le plus. Il faut frapper sur le crâne mais c'est un petit peu long au déclenchement. Le survivant que vous incarnez n'est souvent pas vraiment rompu au combat rapproché et ponctue chacun de ses coups d'un cri désespéré. La batte peut aussi servir à repousser les zombies, et l'action est plus rapide. Elle permet de retarder l'inéluctable et de pouvoir avoir le temps de préparer un matraquage de crâne. Vous trouverez pas mal d'armes durant votre aventure, de la simple batte au sniper en passant par le flingue (avec ou sans silencieux) et le fusil à pompe. Mais sachez que votre sac à dos est limité (même s'il évolue) et, bien sûr, vos munitions le sont encore plus.  Le concept du sac à dos, intimement relié à la mablette, ajoute un gameplay sympa au principe de survival. Il faut souvent poser son sac pour en sortir des items, par exemple des planches pour se barricader (pour peu que vous ayez déjà trouvé le marteau) ou encore une barre énergétique pour vous remettre un peu de vos blessures. Imaginez la situation suivante : vous êtes poursuivis par des zombies, vous courez, vous vous réfugiez dans une pièce. Vous fermez la porte derrière vous mais les ennemis tambourinent et celle-ci peut céder à tout instant. Vous fouillez votre sac à la recherche de planches, position fortement inconfortable si les zombies venaient à entrer...
 
 
Contrairement à certains sites américains critiquant le manque d'armes et de munitions dans le jeu, nous pensons que le fait que celles-ci viennent à manquer est crucial pour le bon déroulé du jeu. D'ailleurs, les rares phases où vous vous retrouvez aux commandes d'une grosse mitrailleuse, à allumer des zombies à la pelle, feraient presque un petit peu tâche. Zombi U joue avec vos nerfs, et le fait de fort jolie manière. Les combats, s'ils ne sont pas très impressionnants, regorgent d'adrénaline puisque aucun n'est vraiment gagné d'avance. Les morts-vivants font des dégâts avec leurs bras, c'est vrai, mais s'ils vous mordent, c'est un « one shot ». Votre héros rejoint les rangs de l'armée des morts et c'est fini. Toutefois, il est par la suite possible de contrer ces morsures grâce à un antidote à confectionner à partir des cadavres ennemis. La mablette permet d'afficher une carte du niveau dans lequel vous évoluez et, si vous avez piraté les systèmes de sécurité préalablement, de savoir où vous allez et où se trouvent les ennemis. Il faut bien souvent garder un œil sur la mablette, un autre sur le téléviseur pour savoir d'où viendra la prochaine attaque, ce qui renforce l'immersion, et, n'ayons pas peur des mots, la flippe. Certaines phases offrent une mise en scène étonnante, comme lorsque votre fuite vous fait atterrir dans une chambre froide. Les quartiers de viande bougent un peu seuls, et dans le brouillard causé par le froid, vous ne voyez pas forcément le zombie qui rampe jusqu'à vous. Et si vous pensiez que vous être acharné sur son crâne allait vous offrir un moment d'apaisement, mieux vaut éviter d'essayer de fouiller son compère exposé au crochet de boucher à quelques mètres de là. On devient parano pour peu que le son soit fort et que l'on joue dans le noir, sursautant au moindre rat qui passe. Pas mal de leviers sont utilisés pour faire monter la pression au maximum. Les cris derrière soi, la musique oppressante pendant les attaques, etc.
 

ZoOOooombie, zoOOooombie, zoOoombie. The Cranberries

La mablette permet aussi de scanner les environs pour éventuellement marquer tactilement ce qu'il y a d'intéressant à fouiller. En général, l'utilisation est plutôt intelligente parce qu'elle permet d'osciller entre la TV et le pad et donc de paniquer. Par exemple,vous êtes face à une porte blindée et entouré de zombies. Ceux-ci mettent du temps à traverser les obstacles jusqu'à vous mais arrivent, inéluctablement. Un code secret vous permet de vous réfugier mais vous ne l'avez pas. En observant le mur, vous voyez qu'il est écrit les 3 premiers chiffres, le survivant qui les a écrit avec son sang semblant avoir été déchiqueté avant d'avoir pu inscrire le 4ème. Vous testez donc toutes les combinaisons possibles aussi vite que faire se peut, tout en regardant le téléviseur au cas où les zombies arriveraient jusqu'à vous... Panique assurée. Pas mal de mécanismes sympathiques et de bonnes surprises saupoudrent ainsi le jeu. Certains sont connus, d'autres plus novateurs, mais le fait est que dans l'ensemble, si on pourrait lui reprocher un certain manque de renouvellement général, Zombi U fait bien son boulot. Londres est un terrain de jeu vraiment jouissif pour une course à la survie et les lieux et ennemis sont plutôt diversifiés. Certains zombies appartenaient aux forces spéciales et ont besoin de quelques coups de batte dans la gueule pour faire sauter leur casque et pouvoir exploser leur cerveau. D'autres crachent à distance, certains sont un peu électriques... On découvrira même que les morts-vivants sont sensibles à la musique en déboulant dans une fête qui ne s'est jamais terminée. Les zombies sont inoffensifs lorsque la techno leur berce les oreilles et redeviennent agressifs si vous coupez la musique... Si les graphismes ne sont pas toujours fantastiques, ils sont amplement suffisants pour se mettre dans l'ambiance, tant et si bien que les défauts techniques agacent relativement rarement.
 

Thrilleeeeeeeeeeeeer ! Mickael Jackson

Le fait est que Zombi U a tout misé sur le côté survival-horror, et c'est bien agréable. A l'heure où beaucoup reprochent à Resident Evil de se Callofdutyfier et à Dead Space de se multiplayeuriser (j'invente les mots que je veux), c'est avec un plaisir non dissimulé qu'Ubisoft nous fait renouer avec le vrai côté horreur. Jouer seul dans le noir est un coup à se faire gueuler tout seul, chose qui ne m'est pas arrivé depuis Dead Space premier du nom. Et encore, ce n'était pas si souvent que ça. Zombi U joue avec vos nerfs, et même si le titre n'est pas parfait techniquement, impossible de ne pas se réjouir qu'enfin, un éditeur joue le jeu de l'horreur. La mablette est généralement bien utilisée pour encore appuyer le côté immersif, même si on n'échappe pas à quelques manipulations un peu gadget, comme tapoter le dessus comme un débile pour barricader ou pour faire un prélèvement sanguin. Le fait est qu'avec une console comme la Wii U, on s'expose, comme avec la PS Vita, la 3DS, Kinect et le PS Move, à une utilisation outrancière et gadget de la mablette. Ce n'est quasiment pas le cas ici et c'est fort agréable. De plus, il vous faudra probablement une bonne douzaine d'heures pour venir à bout du titre, ce qui est on ne peut plus honnête pour un jeu solo par les temps qui courent. Le plus rapide au monde a réussi à terminer Zombi U en huit heures, à titre informatif. Mais n'y comptez franchement pas. Il y a aussi un mode "survie", qui lui est un vrai vrai challenge pour les Bear Grylls en puissance de la console. Nous on y est mort extrêmement vite. En mode normal,
 

Article rédigé par JoKeR , le

Zombi U est une fort belle surprise de ce line-up de sortie de la Wii U. S'il possède quelques petits défauts techniques et manque peut-être un peu de renouvellement dans sa globalité, il s'impose en vrai renouveau du style survival-horror. C'est un vrai bon produit d'appel pour la nouvelle console de Nintendo et si vous êtes en manque de sensations fortes, c'est ce titre qu'il vous faut.

Points positifs

  • J'ai sursauté bordel
  • Les montées d'adrénaline
  • L'utilisation de la mablette intéressante
  • Les bonnes idées de gameplay variées

Points négatifs

  • On aurait aimé un petit peu plus de renouvellement globalement
  • Quelques rares utilisations de la mablette trop gadget
  • Techniquement un peu limité
  • Les mini-chargements à outrance lorsqu'on fait du chemin pour récupérer son équipement

A propos de l'auteur

JoKeR

JoKeR

35 ans | Rédac' Chef / Touriste.

Passez votre chemin, ce mec est un con. Avis de merde, méconnaissance générale du sujet et pleins pouvoirs sur le site, ce mec est un imposteur. Regardez, je me suis emparé de son compte pour écrire sa bio et à mon avis il ne s'en apercevra jamais ce naze.

Contacter

Commentaires