Test : The Wonderful 101

The Wonderful 101 - Wii U

Genre : Réunion de super-héros

Date de sortie : 23 août 2013

Genre
Réunion de super-héros
Date de sortie
23 août 2013 - France
Développé par
Platinum Games
Edité par
Nintendo
Disponible sur
Wii U
Parfois appelé
Project P-100

Le manque de gros titres se faisant de plus en plus cruellement sentir sur Wii U, The Wonderful 101 est un peu attendu comme le sauveur par Nintendo. Et avec Platinum Games aux commandes, le constructeur peut être soulagé. Ajoutez à cela un concept fort sympathique, et vous pouvez, vous aussi, acheteur naïf de Wii U, voir la lumière au bout du tunnel. Voici donc 100 bonnes raisons d'acheter The Wonderful 101... Ou pas.

Test effectué à partir d'une version Wii U

 
 
Le titre débute à Blossom City. Vous dirigez alors Will Wedgewood, un jeune professeur qui accompagne ses élèves lors d'une sortie scolaire on ne peut plus banale. Mais c'est sans compter sur les vilains petits hommes verts qui attaquent le métro aérien. Votre premier objectif sera donc de mettre vos élèves à l'abri, avant de passer aux choses sérieuses. Oui, car ce Will Wedgewood n'est pas qu'un simple professeur, il est également connu sous le nom de Wonder Red, le poing écarlate. En à peine un peu plus de temps qu'il n'en faut pour crier « WONDERIZE RED ! », il enfile son costume et fout une grosse taule aux vilains petits aliens.
 
 
Le petit blondinet fait partie d'une organisation spécialisée dans la gestion d'attaques extra-terrestres : les Wonderful 100. Cette dernière comporte donc 100 agents d'élites aux pouvoirs uniques répartis aux quatre coins du globe. Et ces supers soldats sont tous sous les ordres du major Nelson, qui a établi son quartier général à bord du Virgin Victory, un genre de bateau volant qui fait aussi sous-marin visiblement. Bref, les aliens viennent foutre le bordel, et on est prêts à les recevoir comme il se doit. Très vite, nos héros s'aperçoivent que les envahisseurs, connus sous le nom de GEATHJERK, en ont après les cinq générateurs qui alimentent Margarita, le bouclier plasmique qui protège la terre du gros de leurs attaques. Sans cette protection, la planète est perdue. Il faudra donc tout mettre en œuvre pour la protéger.
 

Pas une once de sérieux là dedans

The Wonderful 101 est loin de se prendre au sérieux. Et pour cause, c'est une parodie de sentaï, un genre qui, à la base, ne se prend déjà pas au premier degré. Si vous ne savez pas ce qu'est un sentaï (à ne pas confondre avec hentaï, ce n'est pas tout à fait la même chose), c'est un terme qui regroupe toutes les séries japonaises mettant en scène des héros masqués. Bioman et les controversés Power Rangers en sont les représentants les plus connus en France. Notez qu'on a aussi une version 100% française de ce genre avec France Five.
 
 
Le jeu fonctionne donc comme ces séries télés, avec neuf opérations qui fonctionnent comme autant d'épisodes. De la même manière que ses modèles, The Wonderful 101 répète le même schéma d'une mission à l'autre. On retrouve l'antagoniste récurrent qui ne dit jamais non à une petite baston, la scène de transformation qui se répète à l'identique, et en guise de grand final, on a invariablement droit à un combat contre un boss de taille démesurée. Et tout ceci sans jamais se prendre au sérieux, ni délaisser l'action.
 
 
Les personnages, eux aussi, répondent à des stéréotypes bien précis. Ainsi, Wonder Red fait office de premier de la classe, présentant chaque nouveaux personnage, et cela toujours de la même manière et sur la même intonation. Wonder blue est le fonceur du groupe. Et en plus de ça, il est pas forcément aidé, si vous voyez ce que veux dire. Wonder Green est le frenchy de la bande. Porté sur la bouffe, il manie aussi bien les flingues que les baguettes. Enfin, Wonder Pink est la nana du groupe. Et ils l'ont pas loupée. Voilà pour les principaux Wonderful 100. Il y en a bien d'autres, mais on va pas tous les passer en revue. Sachez également que vous aurez l'occasion de croiser des personnages secondaires hauts en couleur. On retiendra plus particulièrement Alice, l'opératrice du Virgin Victory, et sa mine de fille blasée qu'elle garde tout au long de l'aventure, quoiqu'il arrive.
 
 
Mais qui dit sentaï, dit aussi action, kung-fu, et mechas. Et il est évident que les équipe de Platinum Games se sont fait plaisir de ce côté là aussi. C'est bien simple, cela n'arrête pas, du début à la fin, tout en allant toujours plus loin dans la démesure. Une chose est sûre, on n'a pas le temps de s'ennuyer. On frôle parfois même l'overdose. Entre les rebondissements, les révélations en tous genres, et les effets pyrotechniques à tout va, cela sera sans doute un peu trop pour certains.
 

Y a de l'idée quand même

Le jeu vous permet donc de contrôler les Wonderful 100 dans leur guerre contre l'envahisseur. Pour ce qui est des principaux, à savoir Red, Blue, Green, Pink, Black et White, ils ont tous une capacité unique et une arme de prédilection. Avec son poing géant, Red peut tourner des manivelles, et ainsi actionner des mécanismes, et déplacer des objets. Green peut se servir de son pistolet pour renvoyer aux ennemis leurs projectiles. Blue est capable d'utiliser son épée comme un miroir pour dévier les rayons lasers, ou encore comme une clé pour ouvrir des passages. Avec son fouet, Pink peut vous mettre une sacrée correction. Ou encore arracher les éléments cloutés du décor et des ennemis. Elle peut aussi s'accrocher à des crochets pour atteindre des zones autrement inaccessibles. White, avec ses griffes à la Wolverine, peut forcer certains passages et grimper à des parois. Et enfin, Black, le petit dernier, peut lancer des bombes qui ont la particularité de ralentir le temps sur leur zone d'effet.
 
 
Voilà pour les spécificités des personnages principaux. En plus de ces dernières, ils ont tous une palette de pouvoirs communs. Le premier d'entre eux étant la wonder-ligne. Ce pouvoir vous permet d'aligner vos petits camarades de manière à dessiner des formes spécifiques, et ainsi déclencher des actions spécifiques. Faire une ligne droite entre deux plateformes fera apparaître un pont. La même action faite le long d'un mur créera une échelle. De la même manière, il sera possible de réparer certains éléments du décor pour les utiliser en combat lors de séquences spécifiques. C'est également grâce à cette wonder-ligne qu'on pourra venir en aide aux civils croisés dans les niveaux et les recruter pour renforcer nos rangs. De la même manière, c'est par son intermédiaire qu'on change le leader du groupe, et donc l'arme utilisée.
 
 
En plus de ces phases de combats en vue de dessus qui constituent le gros morceau du soft, vous aurez droit à pas mal de séquences proposant un gameplay alternatif. Il s'agit essentiellement de shoot'em up, en vue de dessus ou de profil, mais pas seulement. Si on vous a parlé de méchas plus haut, vous vous doutez que ce n'est pas pour rien. Vous aurez l'occasion de piloter des méchas et de vous bastonner avec, dans des séquences toujours plus spectaculaires. Dans un premier temps, ces séquences prennent la forme d'un jeu de combat à la Punch-Out, avec quelques ajouts quand même. Jusqu'à preuve du contraire, il n'est pas possible de balancer des rayons lasers dans le jeu de boxe. Néanmoins, les sensations sont là, même si les esquives sont un peu compliquées à timer au début.
 

La préparation, c'est important

Entre deux niveaux, vous aurez l'occasion de faire des emplettes. Ce qui vous permettra d'acquérir de nouvelles techniques, comme la gelée et le ressort, qui permettent respectivement de parer et esquiver les coups. Mais vous pourrez aussi acheter des objets à utiliser en combat, que ce soit pour vous soigner, ou lancer une frappe aérienne en soutien. Pour vous payer ces upgrades, vous aurez besoin d'engrenages, que vous trouverez un peu partout dans les niveaux. Vous trouverez également ces objets, et obtiendrez certaines techniques sur le champ de bataille. Mais en plus, vous trouverez des légumes de l'espace, de trois types différents. Ceux-ci servent à la confection d'objets que vous pouvez avoir par d'autres biais, et ceci afin d'économiser des engrenages. Des bonus passifs sont également disponibles dans la section module du magasin. Attention à ne pas faire d'achats inconsidérés dans cette dernière section, le nombre de module équipable étant très limité.
 

Sur le papier, ça déchire...

… Seulement voilà, une fois le gamepad en main, on déchante rapidement. Et cela pour plusieurs raisons, toutes liées à la jouabilité d'un point de vue général. Le tout premier problème qui se pose est celui de la lisibilité de l'action. De part le principe du jeu, on contrôle une meute de personnages, et la vue adoptée, on a parfois, voire souvent, du mal à voir où se situe exactement notre personnage. Le problème se présente surtout lors de confrontations avec des ennemis au gabarit imposant. Il n'est pas rare de passer derrière ces derniers, et dans ces cas, on ne voit plus du tout notre personnage. Ces cas-là ne sont pas forcément gênants, par contre, lorsque ce sont des adversaires qui passent derrière des buildings, cela le devient d'un coup davantage. Dans ces cas-là, pas moyen de voir où ils sont, ni ce qu'ils préparent. Mais là où la caméra pose le plus de problèmes, c'est lorsqu'on rentre dans des lieux "exiguës". Dans ces moments-là, l'action se déroule sur le gamepad, et la caméra se contrôle avec le gyroscope. Et voilà ce qui pose problème ici. Le contrôle de la caméra est des plus lourds et surtout, des plus chaotiques, rendant ces séquences difficilement jouables, surtout quand il faut de la précision.
 
 
L'autre gros problème du titre est la wonder-ligne, la feature principale du titre (ce qui est plutôt con, il faut bien le reconnaître). Au départ tout fonctionne nickel. On constate bien quelques petits soucis ça et là, mais rien de bien gênant. C'est en avançant dans le jeu, au fur et à mesure qu'on acquiert de nouveaux pouvoirs, de nouveaux personnages, que ces problèmes se font de plus en plus fréquents, gênants, crispants. Pour faire simple, plus vous obtiendrez de pouvoirs, plus vous aurez de mal à sélectionner celui que vous voulez.
 
 
Pour vous donner un ordre d'idées, à un moment donné, vous faites l'acquisition du wonder-deltaplane. À partir de là, cela deviendra bien plus compliqué de sélectionner le wonder-punch. Pourtant, les deux figures à tracer sur l'écran tactile pour les choisir sont un triangle pour le premier, et un cercle pour le second. Deux figures géométriques qui n'ont rien en commun. C'est à se demander ce que faisaient les développeurs pendant leurs cours de géométrie. Mais le pire, c'est que plus tard dans le jeu, on obtient des pouvoirs demandant de tracer des formes proches les unes des autres. C'est là que la souffrance débute réellement. Car bien sûr, cela pénalise la progression dans jeu, certaines situations imposant de passer d'un pouvoir à l'autre rapidement.
Le problème vient en partie, mais pas totalement, du fait que la wonder-ligne que vous tracez s'adapte à l'environnement. Autrement dit, la figure que vous tracez n'est pas forcément celle que vous obtenez. Et c'est bien dommage, car sans cette contrainte, on s'en tirerait déjà mieux sur une bonne partie du titre.
 
 
Le dernier problème, et pas des moindres, réside dans la répétitivité des combats. Si The Wonderful 101 offre pas mal de diversité dans les séquences de gameplays alternatifs, la partie beat'em all souffre d'une répétitivité prononcée dès qu'on passe la sixième opération. À partir de ce moment-là, c'est bien simple, on n'a plus de nouveaux ennemis, à l'exception des boss bien entendu. Mais ce n'est pas tout, la composition des différents groupes affrontés ne varie pas non plus. Résultat, la sensation de refaire les mêmes combats encore et encore s'installe et on s'ennuie en attendant la grosse scène over-the-top suivante. Et en plus de cela, les combats en question sont fastidieux, ce qui n'arrange rien. Mais le pire à ce niveau-là, reste le boss final, qui sans être difficile à vaincre, est extrêmement long. Surtout qu'en plus, il se paye le luxe de nous demander de changer souvent d'arme, et donc de galérer avec une wonder-ligne complètement foireuse. Pour vous donner un ordre d'idée, il nous a fallu plus d'une heure pour vaincre sa deuxième forme. Et une heure contre un boss qui vous balance toujours les mêmes patterns, et durant laquelle on doit gérer une wonder-ligne capricieuse, c'est long, beaucoup trop long. Heureusement que la mort ne pénalise ici qu'au niveau du score, l'utilisation de continu nous faisant reprendre la partie exactement au moment où on a trépassé. Cependant, cela ne nous a pas empêché de lâcher la manette quand on s'est aperçu qu'il revenait pour un troisième round.

Article rédigé par pattoune , le

Quelle déception que ce The Wonderful 101. D'un côté, on a une parodie de sentaï à l'humour complètement barré et aux scènes d'actions démesurées avec, aux commandes, un studio qui maîtrise son sujet. Mais de l'autre, on est bien obligé de reconnaître que le titre a des défauts tels qu'y jouer s'apparente parfois à un véritable calvaire. Pour tout vous dire, l'auteur de ces lignes à failli balancer son gamepad par la fenêtre à plus d'une reprise en y jouant. Et il est évident que le meilleur des univers, des scénarios, ou encore des graphismes, ne peut pas rattraper les défauts cités plus haut dans ce test. C'est à se demander ce qui a bien pu se passer chez Platinum Games. Et c'est d'autant plus dommage, car on sent une montagne de bonnes intentions derrière ce soft.

Points positifs

  • Une esthétique cartoon sympathique
  • L'humour omniprésent
  • L'action over-the-top
  • Les séquences de shoot et de mécha.

Points négatifs

  • Problème de lisibilité dans le feu de l'action
  • Utilisation de la wonder-ligne pas au point, voire carrément casse-c*******
  • Gestion de la caméra au gyroscope complètement foireuse
  • Affrontements terriblement fastidieux et répétitifs dans le dernier tiers du jeu
  • Un boss final outrageusement long à battre
  • Ce jeu nuit gravement à la santé de votre gamepad.

A propos de l'auteur

pattoune

pattoune

34 ans | Ours savant

Davantage ours que savant, ce con n'a pas compris que l'hibernation c'est en hiver. Résultat, il reste cloitré dans sa grotte à longueur d'année. Ce qui arrange bien du monde. Mais ce n'est pas un mauvais bougre. Il est même plutôt drôle à l'occasion. C'est souvent à ses dépens mais chut, il faut pas le dire. Ayant été récemment rattrapé par l'eau courante et l'électricité, il est désormais en mesure, après avoir difficilement assimilé les bases de l'hygiène corporelle, de nous livrer tests, news et autres contenus enchanteurs. Il nous reste plus qu'a espérer qu'il ne lui vienne pas l'idée de faire prendre un bain à son PC... Trop tard.

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