Test : DuckTales Remastered

DuckTales Remastered - Wii U

Genre : Des canards et des cannes

Date de sortie : 15 août 2013

Genre
Des canards et des cannes
Date de sortie
15 août 2013 - France
Développé par
WayForward
Edité par
Capcom
Disponible sur
PC, PS3, Wii U, Xbox 360
Modes de distribution
Nintendo eShop

Picsou. Ouh. Ou… Mince, Joker a déjà utilisé le générique de La Bande à Picsou pour faire l’intro de la preview de DuckTales Remastered. Il ne reste plus qu’à dire que le jeu est un remake du DuckTales : La Bande à Picsou sorti jadis sur la bonne vieille NES. Cette fois, c’est Way Forward qui s’y colle pour Capcom. Avec des bons jeux dans son escarcelle (comme Mighty Switch Force) et un matériau original aussi vénéré, le studio ne peut que livrer un bon jeu.

Test effectué à partir d'une version PS3

 
 
La rétrogaming est à la mode. Il est donc de bon aloi de sortir des remakes ou des suites de jeux que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Le domaine de la plate-forme s’y donne à cœur joie. Ainsi, après Giana Sisters : Twisted Dreams et avant le remake de Castle of Illusion, voici que revient DuckTales, jeu mythique de la NES qui subit un bon ravalement de façade et adopte le nom de DuckTales Remastered. Commençons donc par passer en revue les nouveautés de cette version. La plus évidente est la refonte des graphismes. Adieu graphismes en pixels, bonjour mix de 2D et de 3D. Et le bât blesse un peu. Ce mélange n’est pas des plus harmonieux. Le problème ne vient pas des sprites des personnages en 2D qui sont très beaux et respectent le dessin animé mais plutôt des décors en 3D qui ne sont pas d’une beauté transcendante et qui jurent avec les personnages. Il aurait mieux valu adopter des graphismes tout en dessins.
 

Ca vous en bouche un coin

La musique a aussi eu droit à sa révision. Elles ont toutes été réorchestrées mais elles gardent néanmoins les sonorités 8 bits du jeu d’origine. Ici, le mix de moderne et d’ancien rend bien si ce n’est que les plus vieux d’entre nous pourraient éventuellement avoir du mal avec les touches dubstep du niveau de la Transylvanie. On notera aussi l’ajout de phases de dialogues plutôt bien doublées (mais seulement en anglais) mais un peu lourdes dans le déroulement du jeu. D’autant plus vu que le scénario n’est pas passionnant (Picsou part à la recherche de cinq trésors légendaires). Mais il n’y a pas que le physique qui compte dans la vie, qu’en est-il au niveau du jeu en lui-même ? Il y a deux nouveaux niveaux : le Coffre-fort et le Mont Vésuve. Le Coffre-fort fait juste office de gros tutoriel et est bien trop facile comparé au reste du jeu. Quant au Mont Vésuve, il est vraiment bien sauf… on y reviendra plus tard. Ajoutez à cela les niveaux originaux un peu reconfigurés à certains endroits et des boss qui ont des phases d’attaques un peu plus élaborées. Il y a donc quelques ajouts ici ou là mais les fans du jeu original ne devraient pas être perdus. C’est peut-être là le problème, il manque un peu plus de nouveautés, d’autant plus que la durée de vie du jeu est relativement courte. Techniquement, il vous prendra trois heures pour finir le jeu si vous êtes très bon. Bon, pour les non initiés, cela prendra un peu plus de temps mais cela fait un peu léger, surtout à 15 euros.
 

Picsou aime sa canne

Mais sous le vernis du ripolinage, c’est quoi DuckTales ? De la plate-forme dans son plus simple appareil. Comprendre : ici, pas de power-ups dans tous les sens, juste deux sauts : le normal et le saut pogo avec lequel Picsou rebondit sur le sol grâce à sa canne (pas sa cane). Les niveaux sont plutôt bien construits même si les phases de plates-formes en elles-mêmes ne sont pas exceptionnellement dures. Ce qui pose problème, c’est le placement des ennemis qui est bien vicieux, d’autant plus qu’ici ils respawnent dès qu’on revient sur nos pas. Il y a même des ennemis en mouvement (saloperie de bouquetin de l’Himalaya) qui réapparaissent sans arrêt jusqu’à ce qu’on franchisse un certain point du niveau. Cela dit, c’est du bon challenge qui n’est pas frustrant pour un (Pic)sou. Il suffit juste d’apprendre le fonctionnement du niveau et de réessayer plusieurs fois. Bref, si vous êtes allergiques au Die & retry, passez votre chemin. On notera tout de même que le dernier niveau du Mont Vésuve pousse le bouchon un peu trop loin en rajoutant deux « épreuves » après avoir battu le boss final. Ce dernier est déjà bien corsé comme ça, ce sont deux gouttes d’eau qui font déborder le vase de la difficulté bien dosée. Vu qu’on parle de difficulté, il y a trois niveaux : facile, normal et difficile. Le premier est bien trop facile, le deuxième pourra être plus adapté aux néophytes et le dernier est proche de l’expérience de jadis. On notera qu’ici les vies sont rares. En un mot : si vous perdez toutes vos vies, il faut refaire tout le niveau. C’est devenu tellement rare de nos jours (où l’on a un Mario avec 99 vies ou un Rayman sans vies) que ça fait du bien de retrouver ce système qui marche bien si on a l’envie qu’il faut de s’y adonner. Enfin, on notera la présence de rubis, de trésors et de réservoirs d’énergie cachés ici où là qui prolongent la durée de vie et poussent à retourner les niveaux dans tous les sens et c’est bienvenu.
 

Va au coin

Pour le reste, même si l’orientation sans power-up est bien vue, cela crée un petit sentiment de routine dans le jeu. Un sentiment qu’il aurait été facile d’effacer en marquant plus les différences entre les niveaux. Seul le niveau de la Transylvanie, qui est labyrinthique et pousse à l’exploration, et celui de l’Himalaya, qui empêche l’utilisation du saut pogo dans la neige, y parviennent un peu.
 
 
Même si le gameplay simple des deux sauts se maitrise assez vite, il souffre de quelques imprécisions. Le saut de base est mauvais. L’inertie de Picsou est hasardeuse et on l’évite un max en faveur du saut pogo qui est très pratique… sauf sur un détail. Quand le saut pogo atterrit sur le bord extrême d’une plate-forme, il s’arrête. Et là où l’on pensait passer un vide ou un ennemi, on tombe en plein dedans vu qu’on est sur notre lancée. On s’y fait plus ou moins mais il y a toujours quelques morts bêtes à cause de ce petit détail qui gâche un peu le grand plaisir que procure ce jeu. Niveau doléances, on signalera enfin que le jeu a planté un nombre incalculable de fois. Cela est souvent arrivé quand Picsou mourrait donc ce n’était pas plus gênant que cela. Et le jeu a planté quand on l’a fini. Deux fois. Plus de peur que de mal puisque la progression avait été sauvegardée mais les fans des trophées peuvent s’asseoir sur leur récompense de fin de jeu si cela leur arrive. Il faut avouer que, vu le nombre de fois où c’est arrivé, c’est un peu lassant et énervant même si cela n’a jamais gâché la progression.
 

Article rédigé par Neo , le

Bref, ce remake est plutôt réussi. L'upgrade visuelle est évidente mais elle peut laisser un peu dubitatif. Ce mix de 2D et de 3D n’est pas vraiment harmonieux. Les remix des musiques sont, quant à eux, de bon aloi. Le jeu profite de l’ajout de deux niveaux, de quelques zones modifiées et de boss aux attaques différentes : des changements bienvenus mais qu’on aurait aimés plus nombreux. Cela dit, les fans seront contents du respect de l’œuvre originale. Pour le reste, le gameplay est solide (hormis deux-trois errements un peu génants) et la construction des niveaux est réussie. Bref, le jeu propose un challenge old-school bienvenu (même si la fin pousse le bouchon un peu loin). Tout ça pour dire que c’est une bonne occasion de (re)faire ce jeu mythique même si il est un peu court.

Points positifs

  • De la plate-forme old-school avec des vies (très) limitées
  • Une difficulté bien dosée
  • Des réorchestrations des musiques originales réussies
  • Des niveaux bien pensés
  • Quelques ajouts sympas
  • Une refonte visuelle complète...

Points négatifs

  • ...mais le mélange 2D/3D laisse perplexe
  • Le niveau final ne sait pas quand il faut s'arrêter
  • L'inertie du saut de base
  • Le jeu plante souvent
  • Une petite routine s'installe
  • Trop de dialogues (et pas en français)
  • Un peu court pour 15 euros

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