Test : Project Zero : La Prêtresse des Eaux Noires

Project Zero : La Prêtresse des Eaux Noires - Wii U

Genre : L'appareil photo de l'Enfer

Date de sortie : 30 octobre 2015

Genre
L'appareil photo de l'Enfer
Date de sortie
30 octobre 2015 - France
Edité par
Nintendo
Disponible sur
Wii U
Parfois appelé
Project Zero : Maiden of Black Water
Modes de distribution
Boutique
Nintendo eShop
PEGI
 Interdit aux moins de 18 ans
 Peur

Project Zero – ou Fatal Frame pour les anglophones – est une série bien connue des amateurs de survival-horror. Débutée en 2001 sur PlayStation 2, elle a depuis fait bien du chemin et est sortie sur bien des plates-formes avant d'atterrir aujourd'hui sur la Wii U de Nintendo. Baptisé Project Zero : La Prêtresse des Eaux Noires, ce cinquième épisode (si l'on omet les dérivés) fera-t-il frissonner les joueurs ?

Test effectué à partir d'une version Wii U

Pour ceux qui ne connaissent pas (encore) la licence des Project Zero, sachez qu'elle possède deux particularités. La première est qu'elle se concentre sur le folklore japonais exclusivement : il est donc bien souvent question de fantômes aux longs cheveux noirs, de malédictions à lever et autres rituels à exécuter. La seconde est au centre de son gameplay et se nomme la Camera Obscura. Il s'agit en fait de la seule arme de la licence, commune à tous les épisodes, qui prend la forme d'un appareil photo capable d'exorciser les esprits. Ce cinquième opus ne déroge évidemment pas à la règle et les principaux personnages sont tous équipés de cet appareil : Yûri, une jeune femme capable de retracer le chemin de quelqu'un si elle possède l'un de ses souvenirs (entre autres); Ren, un auteur accompagné de sa jeune assistante, et Miu. Tout ce beau monde se rend régulièrement, et pour des raisons différentes, sur le Mont Hikami, lieu connu pour abriter de nombreux suicides et hanté par différents spectres malfaisants (ambiance), dont des prêtresses qui représentent le cœur du jeu.

Fantogénique

Project Zero : La Prêtresse des Eaux Noires

Difficile de parler de l'histoire sans spoiler salement le tout, d'autant plus que le scénario prend toujours une place importante dans les Project Zero (et les survival-horror en général). Sachez toutefois que celui-ci se montre suffisamment intéressant pour que le joueur veuille toujours en savoir plus. Et si vous désirez connaître tous les tenants et aboutissants, vous avez d'ailleurs tout intérêt à farfouiller un peu partout pour trouver des pages de carnets ou des notes, et être vifs pour prendre au bon moment des « photos spirituelles ». Ces dernières permettent en effet de voir ce que faisaient sur le moment certaines personnes, que ce soient celles recherchées par les personnages principaux ou juste des âmes errantes, et donc d'en apprendre toujours plus. En parlant d'âmes errantes, justement, vous vous doutez certainement que la balade ne sera pas de tout repos, de nombreux esprits maléfiques tentant à intervalles réguliers d'attaquer nos pauvres héros. Pour les combattre, il n'y a donc qu'une seule solution, comme dit précédemment : la Camera Obscura.

Project Zero : La Prêtresse des Eaux Noires

L'appareil photo surnaturel peut en effet être équipé de différents filtres plus ou moins puissants, et disposants de plusieurs propriétés (dégâts infligés, vitesse de rechargement, etc). Qui plus est, la Camera Obscura peut être améliorée de différentes manières, histoire de s'adapter à différentes tactiques. Pour vaincre les ennemis, il faut donc les prendre en photo, sachant qu'un timing parfait (baptisé Instant Fatal) permet d'infliger de plus gros dégâts. Attention toutefois à ne pas se faire toucher, car c'est la double peine : non seulement la barre de vie en prend un coup, mais en plus les héros finissent par être mouillés. Alors, certes, la robe de Yûri lui colle au corps et certains apprécieront, mais le fait d'avoir été contaminé par l'eau noire (qui prend une place importante dans le jeu, d'où le titre, mais une fois encore difficile d'en dire plus sans spoiler) rend le personnage bien plus vulnérable et il se fera alors attaquer par bien plus de fantômes. Dans ce cas là, il n'y a qu'une seule solution : utiliser un objet spécifique, la braise pure, qui a la faculté de sécher instantanément le personnage.

Dark Water

Project Zero : La Prêtresse des Eaux Noires

Malheureusement, il n'est pas toujours aisé d'esquiver les ennemis, et ce pour des raisons variées. En premier lieu, les personnages sont eeeeeextrêêêêêmemeeeeeent lents, et ce dans à peu près tout ce qu'ils font, marcher, se tourner ou même dégainer la Camera Obscura. Ensuite, les lieux sont parfois assez petits et il n'y a bien souvent pas beaucoup d'endroits où se caler pour rester en sécurité. Et si l'on ajoute à cela la lourdeur du gameplay au GamePad (mais nous y reviendront plus tard) et certains problèmes de caméra, justement dans ces endroits étriqués... On n'échappe parfois pas à certaines crises de nerfs. Pour compenser, les objets de soin sont assez nombreux et la plupart des combats impliquent rarement plus d'un fantôme à la fois. En revanche, et  c'est l'un des gros soucis du jeu, les affrontements sont assez nombreux. Vous ne voyez pas où est le souci ? Hé bien le joueur finit par s'habituer à ces esprits et, si lors des premières minutes il peut y avoir quelques sursauts, ces derniers finissent bien vite par disparaître. Mais si Project Zero : la Prêtresse des Eaux Noires ne fait pas peur, il a au moins le mérite de mettre souvent mal à l'aise, non seulement par son histoire glauque (comme toujours) mais également par certains passages (notamment un niveau où le joueur se trouve entouré par des poupées qui parfois prennent vie...).

Project Zero : La Prêtresse des Eaux Noires

En ce qui concerne la réalisation, et bien... Ce cinquième opus souffle un peu le chaud et le froid. Les graphismes, par exemple sont assez inégaux puisque si les personnages sont relativement bien modélisés (mais pas très bien animés), les décors le sont un petit peu moins et ils se ressemblent un peu tous. Alors certes, le tout se déroule durant la nuit et les petits défauts sont cachés, mais tout de même. Impossible de ne pas sentir une légère lassitude au bout d'un moment, surtout que l'on revisite parfois les mêmes environnements. Les personnages semblent d'ailleurs également lassés, car ils ne montrent pas franchement d'émotions, et ce même s'ils se retrouvent face à des situations qui en feraient tourner de l’œil plus d'un. Des cadavres jaillissent du fond de l'eau ? Oh ça alors, qu'il est mignon ce papillon ! Mon amie vient de se trancher la gorge ? Tiens, et si je me commandais une pizza pour le dîner ? Bon, on exagère peut-être un peu, mais au moins vous avez compris l'idée.

Shadow, camera, action !

Project Zero : La Prêtresse des Eaux Noires

En revanche, l'aspect sonore est convaincant, que ce soit au niveau de la musique d'ambiance, des cris des fantômes ou des doublages (japonais ou anglais, mais avec des sous-titres français). Enfin, concernant le gameplay au GamePad, il risque de se montrer rédhibitoire pour certains, et ce même si l'on a tôt fait de désactiver la fonction gyroscopique. On oscille ainsi souvent entre l'écran de la mablette et celui de la TV, ce qui peut se montrer assez pénible, surtout lors des combats. En effet, on vise les fantômes avec le GamePad (ce n'est certes pas obligatoire, mais l'immersion serait moindre si ce n'était pas le cas) mais, si ces derniers s'approchent un peu trop, il faut alors lâcher la Camera Obscura pour courir plus loin (sinon c'est impossible), et donc retourner sur la télévision, pour ensuite repasser en mode Photo... Bref, vous l'aurez compris, on a déjà fait mieux. Mais au moins, le fait de placer le GamePad devant soi pour prendre des photos dans le jeu renforce l'immersion du titre, ce qui est toujours bon à prendre.

Article rédigé par Shauni Chan , le

On ne va pas se mentir : pour une première incartade sur Wii U, Project Zero : La Prêtresse des Eaux Noires aurait pu mieux faire. Entre une réalisation en dents de scie, un gameplay plutôt lourdingue (mon dieu l'utilisation du GamePad !) et le fait que le tout ne soit pas vraiment effrayant, cet opus aurait de quoi décevoir. Heureusement, les bons points sont aussi de la partie, avec en premier lieu un scénario glauque et assez intéressant, un aspect sonore réussi, une ambiance soignée, une plongée dans le folklore japonais et une certaine immersion apportée par le fait d'utiliser le GamePad en tant que Camera Obscura. Bref, les fans devraient tout de même passer quelques bonnes heures sur cet épisode... Tout en sachant qu'ils s'arracheront certainement quelques cheveux au passage.

Points positifs

  • Scénario intéressant
  • Ambiance soignée
  • Glauque
  • De courtes vidéos en noir et blanc sympas quand on touche un fantôme
  • Le fait d'utiliser le GamePad en tant qu'appareil photo

Points négatifs

  • Les personnages lents
  • Réalisation en dents de scie
  • Pas vraiment effrayant
  • La lourdeur du gameplay (notamment avec le GamePad)

A propos de l'auteur

Shauni Chan

Shauni Chan

27 ans | Caution féminine

Détentrice d'un Baccalauréat P (pour ''platformer'') option Sonic the Hedgehog, Shauni Chan a ensuite obtenu avec brio sa licence en Nintendo, spécialisation The Legend of Zelda. Elle est devenue par la suite Docteur ès RPG japonais grâce à sa note maximale lors de l'épreuve Tales of.

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