Test : Le Parrain 2

Le Parrain 2 - Xbox 360

Genre : Mafia-like

Date de sortie : 10 avril 2009

Avec pour ambition de concurrencer l’excellent Mafia II, Michael Corleone est de retour dans un jeu-vidéo tiré de la franchise ultra-culte Le Parrain. Deuxième opus de la série jeu vidéo-ludique, Le Parrain II tente d’effacer les erreurs de son ainé tout en y apportant son lot contribuable de points positifs : cela suffit-il pour nous offrir une aventure mafieuse digne de la licence ?

 
 
Comme son nom l’indique, le jeu reprend le contexte du deuxième film : Michael Corleone, fils du vénéré Vito Corleone, succède à la place de son père décédé. Il devient alors le Parrain de la Famille éponyme, et essaie en tant bien que mal de faire tout aussi bien que son ancêtre. Ici, on démarre directement à Cuba, le jour de la Révolution, dans une scène quasiment identique à celle du long-métrage. Une première surprise puisque l’on se rend compte que le jeu reprend fidèlement les dialogues et les décors de l’œuvre originale. Si les voix ont cependant bien changé (pas toujours en bien, malheureusement), on reconnait à peu près les personnages et les lieux emblématiques de la série : Michael, Fredo, Hyman Roth, le Sénateur Geary, ils sont tous là, ou presque ! Mais outre ce respect certain du film, quelque chose va différer. En effet, comme dans le Parrain premier du nom (le jeu), on n’incarnera pas un de ces personnages mais un autre inventé pour la bonne cause. Dominic, c’est son nom, et il a la gueule que vous souhaiterez lui donner. Dès le début du jeu, on devra passer par la case d’éditeur de personnage pour fringuer le héros comme bon nous semble et modifier sa tronche à volonté. Ce n’est qu’une fois votre mafioso créé que vous commencerez à rentrer dans le vif du sujet : proche du Don Corleone mais bras droit du Parrain d’une autre famille, votre boss se fait assassiner lors de la révolution cubaine. Michael vous donne alors l’autorisation de créer votre propre Famille, en parfaite collaboration avec les Corleone. Vous devenez alors un Don, et ça, c’est ça qu’c’est bon !
 

« Sois proche de tes amis, et encore plus proche de tes ennemis »

La première chose qui frappe aux yeux, c’est la réalisation graphique. Le studio de développement aurait-il manqué de budget ? En plus de textures lisses et faiblement modélisées, les animations des personnages sont rigides, le clipping est tout simplement abusé et omniprésent tandis que l’aliasing est partout. C’est clair : on a vu beaucoup mieux pour une adaptation de licence. Mais malgré ce point négatif, l’ambiance dépaysante est bien au rendez-vous : il sera possible de circuler dans trois lieux différents, à savoir Cuba, la Floride et New-York. Chaque paysage est alors accordé en fonction de la ville : on passe de l’urbanisme aux palmiers en passant par les boîtes de nuit au régime de Fidel Castro… Si les décors varient, il faut bien avouer que l’on se sent un peu frustré. En effet, les maps des différents lieux sont tout bonnement minuscules, à tel point que mis bout à bout, on n’atteint même pas la taille d’une certaine Liberty City. Se rendre d’un point A à un point B est alors d’une très grande rapidité ! On pourra toujours se déchaîner en roulant sur les piétons à la manière d’un GTA : Le Parrain 2 a tout de même le mérite d’avoir des villes vivantes, avec un trafic routier et piéton plutôt dense. L’on peut entendre les discussions des citoyens, leur faire peur, les assassiner, pour ensuite enchaîner avec une bataille intense avec une police pas toujours très maligne mais distrayante. En plus de officiers fédéraux, il faudra également faire attention aux Familles mafieuses rivales, et c’est même là tout l’intérêt du jeu. En tant que Don, vous vous devez de prendre le contrôle des territoires en vous appropriant les différents business des autres concurrents. Pour ce faire, vous devez aller sur place, éliminer la racaille adverse, trouver le propriétaire de l’affaire pour lui mettre la pression et toucher une commission plus ou moins élevée en fonction de la frousse qui vous lui avez foutue. C’est tellement bon d’être un caïd.
 

« On peut tuer n'importe qui »

Mais une famille, ça se dirige, et pour diriger, il faut avoir de la main d’œuvre. Au fur et à mesure de votre progression, vous débloquerez de nouvelles places dans votre équipe et vous pourrez recruter des hommes qui vous aideront dans vos tâches. Chaque mafioso a une spécialité distincte, c’est donc à vous de déterminer ce dont vous avez le plus besoin : un cambrioleur déverrouillera les coffres forts et passages scellés, un démolisseur enfoncera certaines portes, un médecin vous soignera vous et vos autres coéquipiers lorsque vous tomberez à terre, un incendiaire cramera un bâtiment entier… Alors s’ajoute un véritable côté « gestion » en plus des phases d’action pure et dure. Chaque monopole contrôlé (composé de plusieurs business de différents domaines comme la drogue, le proxénétisme, le blanchissement d’argent, etc.) vous apportera des bonus divers, et surtout convoitera l’attention des autres familles. Ces dernières n’hésiteront alors pas un instant à vous envoyer des hommes pour tenter de vous les reprendre. Vous pouvez alors décider de vous y rendre par vous-même pour repousser l’ennemi ou bien d’envoyer vos bonhommes pour faire le boulot à votre place. À savoir qu’avec cette dernière option, le pourcentage de réussite varie en fonction des qualités des hommes : on peut en effet améliorer leurs aptitudes (et les vôtres) grâce à l’argent cumulé pour perfectionner la main d’œuvre et alors mieux s’en sortir lors des attaques. Et c’est cela tout le temps : attaques de business, défenses de business, destruction de business… voyez business. Cependant, il est possible de mettre un terme à cette guerre mouvementée. En rendant des services à certains citoyens, ces derniers vous renseignent sur la position des membres de la famille rivale. Servez-vous en alors pour aller leur dire bonjour et les éliminer de la manière demandée (comme les jeter du haut d’un immeuble, d’une cartouche de mitraillette dans la bouche, ou encore d’une jolie strangulation silencieuse au fil à étrangler). De cette manière, vous affaiblirez d’avantage la Famille adverse, jusqu’à son retranchement dans sa base protégée. Une fois cette dernière détruite, vous venez de vous enlever un poids : l’ennemi est mort !
 

« Je suis marrant ? Marrant comment ? »

Hormis cet intertitre qui fait référence à un des plus grands films de gangster jamais réalisé, il faut savoir que Le Parrain II propose une durée de vie plutôt longue (ce qui n’a AUCUN rapport avec la choucroute, je vous l’accorde… Merde, en voilà une transition bien naze). Une petite vingtaine d’heures vous est demandée pour terminer la quête principale, et quelques une de plus pour terminer le jeu à 100 %. Globalement, les missions ne sont pas très variées, mais un mode online vient divertir la chose. Le scénario repose simplement sur la trame du film, avec quelques modifications majeures puisque Dominic n’était pas compris dans le long-métrage. Quoiqu’il en soit, on s’amuse bien malgré l’affreux manque de finition : les finish-move sont ultra violents, la sensation du contrôle de la ville est jouissive et les quelques répliques machos des compagnons bien honteuses. Les gunfights sont cependant moyennes, car entre une I.A. mauvaise et une très basse difficulté, on ne prend pas toujours son pied comme on l’aurait souhaité. Reste alors une bande-son fidèle au film, avec le thème principal récurrent et des radios parfaitement adaptée à l’époque. Le gameplay, quant à lui, n’est pas ce qu’il y a de plus exemplaire. Impossibilité de sauter (et parfois, c’est frustrant), visée trop simpliste ou bien choix des armes hasardeux, bien que le tout ne s’avère pas injouable, il faudra un fâcheux temps d’adaptation et d’entraînement pour manier le gangster à la perfection. Quelques ajouts d’actions n’auraient sans doute pas été de trop… Mais bon ! La Parrain 2 est d’une qualité bien meilleure que son aîné, long, et dispose d’une sensation de puissance exquise. En plus, il est plus bien cher en magasin : pour un fan de la licence ou de mafia en général, il serait dommage de passer à côté de cette expérience divertissante.
 

Article rédigé par Naxi , le

Le Parrain 2 est encore bien loin de son concurrent Mafia II, mais il a tout de même le mérite de nous faire passer un bon moment devant notre télévision. S’il est sujet à une très moyenne réalisation technique, on tue des mafieux, on contrôle des business et on gère notre propre Famille main dans la main avec le célèbre Michael Corleone. Et cela a toujours son petit effet.

Points positifs

  • Les scènes cultes du film, avec les dialogues
  • Les business et la Famille à gérer
  • Une violence brutale "dépaysante"
  • Plutôt long
  • Un mode online

Points négatifs

  • Une fois terminé à 100 %, plus de rejouabilité
  • Graphismes plutôt dégueu'
  • Doublages stéréotypés
  • Villes minuscules
  • I.A. parfois à la ramasse

A propos de l'auteur

Naxi

Naxi

22 ans | Chasseur de cool

Guinness, Bacardi et 9mm : âgé de 20 ans, Naxi est le testeur le plus jeune de l'équipe. Embauché dès l'âge de quinze piges dans la rédaction, il se débrouille pour écrire sur sa passion entre deux soirées alcoolisées où se mêlent Tekken buveur, basses acidulées et lancers de nains roux. Une vie étudiante ponctuée par son addiction à Devil May Cry et son goût des bonnes femmes qu'il tente désespérément d'approcher par sa "voix d'acteur porno". Drôle d'énergumène.

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