Test : Pro Evolution Soccer 2011

Pro Evolution Soccer 2011 - Xbox 360

Genre : Football

Date de sortie : 30 septembre 2010

Genre
Football
Date de sortie
30 septembre 2010 - France
Développé par
Konami
Edité par
Konami
Disponible sur
PC, PS3, PSP, Wii, Xbox 360
Parfois appelé
PES 2011

Chaque année, le conflit israélo-palestinien disparait des médias quelques temps au profit d'un clash beaucoup plus grave, beaucoup plus intense, où le dénouement est très souvent improbable. PES VS FIFA, c'est ça qu'est la vérité. Voici donc le test du meilleur jeu de foot du monde, PES 2011. Et là, vous vous dites : est-ce vrai ?

 
 
Je pourrais commencer ce test par parler de l'histoire quasi ancestrale de PES et de FIFA. Une histoire d'amour avec ses bisous, ses coups de gueule, ses léchages de lobes d'oreilles et ses infidélités. Vous dire que de toutes façons, PES c'est mieux, FIFA ça pue, PES pour les true l33t et FIFA pour les kikoolol, mais non... Si, historiquement justement, le conflit s'est toujours situé sur simu vs arcade (donc PES vs FIFA), les deux softs n'ont aujourd'hui plus de raison de s'affronter sur ce terrain, car tout est mêlé. Ca devient n'importe quoi, d'ailleurs, d'alimenter ce genre de bagarre puérile. Chacun peut se faire son opinion sur l'une ou l'autre des deux moutures de référence de la simulation de football. Et celles-ci ont toujours été livrées à des cycles. FIFA a eu une grosse communauté, puis PES a rattrapé quelques fans par son côté simu, FIFA est repassé devant par ses nombreuses mises à niveau, PES a fait une remontée récemment... Car oui, qu'on le veuille ou non, FIFA n'est plus si arcade que ça, et PES n'est plus si rigide qu'avant. En gros, les deux se valent, mais voyons plutôt le jeu de Konami de plus près.
 

Enfin réaliste !

La première bouffée d'oxygène que nous livre PES 2011, c'est le réalisme. Déjà haut placé au niveau de la modélisation et des actions des joueurs, le jeu de Konami a encore plus de réalisme dans les actions proposées. Prenons un match banal. France-Mexique. Je lance la partie. La sélection de l'équipe se fait sur un tableau virtuel où tous les joueurs peuvent être placés par simple glisser-déposer. A vous de composer une équipe en fonction des attributs (toujours les mêmes) et des préférences de postes. Tout est gérable, comme d'habitude. Mais la nouveauté, c'est le petit commentaire de l'entraîneur, lors d'une cut-scène avant le match. On y apprend la tactique de l'autre équipe et ce qu'on aura à faire dans le jeu. Puis, le match se lance, les équipes rentrent sur la pelouse, on entend les chants des supporters, le cri des entraîneurs. Tout ça dans la langue d'une ou l'autre sélection (ou équipe). Petit dépoussiérage aussi dans les commentaires, mais seulement du côté de Dugarry. Margotton n'a strictement pas enregistré de nouvelles phrases. Duga semble s'enflammer à toutes les actions, hurle comme un dératé même pour une touche. C'est un peu surjoué, mais ça permet enfin de rester un peu plus éveillé. Pas trop, car c'est toujours LE gros point noir du jeu. Bref, désormais, on entend le nom du club ou de l'équipe dans certains commentaires, voire quelques impressions sur le stade. Rien de bien neuf sur son concurrent, ça a le mérite de tenter de revenir à son niveau sur cette partie...
 

Oui, et alors ?

Mais Konami, c'est surtout ce fabuleux don de sublimer l’inutile, surtout en fonction des licences qu’ils ont enfin réussi à acquérir. Cette année, après la Champion's League, obtenue il y a fort longtemps, puis l'Europa Cup l'année dernière, c’est au tour de la licence d’Amérique latine de faire son arrivée dans le jeu. C'est un peu inutile pour nous autres français, mais ça nous permet d’avoir la Copa Santender Libertadores qui ne sert à rien à part aux fanboys de l’amsud et autres tarés des joueurs de la pampa. Fiers de leur inutile acquisition, disais-je, ils poussent le vice jusqu’à proposer deux fois le même club de l’Internacional. Un dans la traditionnelle Autre Ligue-Amerique et un dans la CSL. Chouette. Et puis, tant qu’on y est, plaçons un FIFA coupe des clubs. C'est tout aussi inutile, car c'est un match entre le vainqueur de l’UEFA Champions League et celui de la CSL. Mais ca fait un mode de plus, on est content. D'ailleurs, comme autre truc inutile, il y a les special features à débloquer, comme de nouvelles coupes (qui sont en fait des têtes de citrouilles, des casquettes et autres conneries) ou de nouveaux ballons (sucettes, sac de sable, etc.). Et enfin, opinion personnelle, les gestes techniques. PES permet désormais d'enchaîner des tonnes de gestes, tout en customisant des enchaînements. C'est sympa pour le fan de FIFA qui trouvait que PES ne permettait pas de faire son Messi. Mais sinon, ça ne sert pas à grand chose.
 

« Les gars commencent à comprendre comment tu joues »

Autre mise à jour (car pour le côté nouveauté, il faut repasser), c'est celle du Become A Legend, le mode qui permet d'incarner un joueur créé (ou un existant, en débloquant ce mode) dans une carrière. Là encore, le réalisme est augmenté. On parle désormais en euros et non en simflouz, ce qui permet de se la péter dans l'équipe, mais aussi d'acheter les services d'un agent plus ou moins compétent. On peut aussi jouer défenseur, enfin. Alors que FIFA propose les gardiens (encore une fois, repompe d’un lointain concept de PES que celui-ci n’aurait jamais du abandonner, et FIFA s’est engouffré dans la brèche). Les cut-scènes avec entraîneurs ont un nouvel intérêt, car les consignes nous sont utiles pour comprendre le fonctionnement de notre équipe. En jeu, le coach nous file les indications : avec qui faire des passes, quelle tactique adopter, etc. On signe avec des clubs merdiques, mais désormais on ne peut pas faire d'entourloupe avec le système du jeu pour se faire transférer dès que c'est chiant. Il faut respecter les contrats, la tête de con de son agent, les choix de son coach. C'est assez poussé, mais heureusement, le système permet désormais de faire des « matchs d'entraînements » qui sont des matchs amicaux pour ne pas avoir des périodes trop longues sans être intégré dans les équipes premières. Puis, à la fin des matchs, les potes viennent taper la discute. Ils nous disent qu'on a bien joué, que les autres commencent à connaître notre style. Le coach me dit que j'ai pas « fait des passes à Rose » (le nom d'un black qui joue dans mon club hollandais) et que donc il est courroucé. Finalement, sur ce côté « bilan de fin de match », ça reste toujours aussi brouillon et aléatoire. Impossible de savoir comment contenter son coach...
 

Boom headshot

Passons dans les bonnes surprises. Tout d'abord, les engagements des joueurs. Ceux-ci sont physiques, ils se battent vraiment dans leurs courses, pour récupérer le ballon. Les chutes sont également plus réelles et variées, même si encore trop souvent, ce sont des ersatz de chutes italiennes, façon « double salto triple lutz ». Heureusement, les arbitres et l'IA générale sont un peu revus. Sauf pour le goal, qui est toujours aussi merdique dans son équipe, et toujours aussi surhomme chez les connards d'en face. Les graphismes et animations sont dans l’ensemble similaires à l’édition précédente. Sauf le public qui est plus présent graphiquement et le son d'ambiance qui colle vraiment à l'action. Du côté du système de jeu, il est plus « pro ». Dans le sens où les passes et tirs doivent être extrêmement dosés pour ne pas finir en dehors de la ligne. Les joueurs sont moins précis avec leur mauvais pied ou en 1-contre-1. Ils sont également plus intelligents dans les duels aériens, n'hésitant pas à se retirer quand on leur demande de ne pas sauter. Bref, la gestion des passes et des interactions est satisfaisante et pourra désorienter un petit temps les aficionados.

Au niveau des menus, rien de bien frais. Vous pouvez jouer des matchs, des ligues, des coupes. La liste des pays est la même qu'en 2010 sauf que l'Algérie est apparue, sans doute sous le coup d’une pression sans faille d’un lobby pro-algérien. Et comme Konami connaît autant le football africain que moi la crapette, l'éditeur a du croire que c’était un vrai pays de foot (oh oui, envoyez-moi des lettres d'insultes). En même temps, il y a toujours le Bahrein et d’autres trucs du genre. La preuve que c'est n'importe quoi, ce jeu. Entre l'UEFA, l'Europa League, la personnalisation des ligues et coupes (des 5 pays dispos, français, anglais, espagnol, italien, néerlandais), vous avez à nouveau une offre conséquente pour vous amuser. Bien qu'il faille forcément trouver des patchs non officiels pour mettre à jour le jeu qui manque cruellement de licences officielles, comme chaque année. Heureusement, le menu d'édition est plus poussé cette année. Il permet de créer ses propres stades et de les échanger avec vos amis, mais aussi de gérer presque la totalité du jeu ou de faire des échanges d'équipes d'une ligue à l'autre. Ce qui permettra par exemple de mettre les 3 équipes de L2 qui grimperont à la fin de la saison. Ou de virer Lyon quand ils descendront. Ahah, encore des lettres d'insultes ? M'en fous.
 

Article rédigé par Jivé , le

PES 2011 n'est pas le meilleur jeu de foot du monde, ça c'est sûr. Est-il meilleur que FIFA ? Pas sûr non plus. Les deux jouent dans la même cour. En grosse progression ces dernières années, le soft de Konami semble trouver un nouvel élan avec cet opus. Malheureusement, beaucoup de choses sont encore loin d'être satisfaisantes. Beaucoup de choses qui commencent à être emmerdantes depuis des années et des années... Pas l'opus ultime, pas le plus mauvais, PES est un sérieux concurrent, un bon jeu de football.

Points positifs

  • Système de jeu revu
  • Varié et complet
  • Edition très impressionnante
  • Bande-son sympa
  • Playlist qui tue, comme souvent
  • Become A Legend

Points négatifs

  • Les commentaires
  • Les goals
  • L'absence de certaines licences au profit d'autres, totalement inutiles

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