Test : Inversion

Inversion - Xbox 360

Genre : TPS

Date de sortie : 13 juillet 2012

Inversion avait de quoi titiller notre curiosité. Le titre, plein de promesses, laissait imaginer que l’on pourrait vraiment jouer avec la gravité. Depuis Gravity Rush a proposé un gameplay alléchant dans ce domaine et Inversion s’est fait discret et a été retardé. Le jeu est loin de tenir ses promesses… même en tant que simple Third Person Shooter.

 
 
Inversion porte mal son nom. En plus d’être un titre qui survend le côté « Vous allez jouer avec la gravité », il enchaine les clichés à tout les niveaux. Et il ne le fait pas bien. On renommerait donc bien le jeu Déjà vu. L’histoire résume assez bien ce sentiment. Davis et Leo sont deux flics dans la cité de Vanguard. Mais leur belle cité est attaquée par des barbares extraterrestres nommés les Lutadores. Ils ont d’ailleurs le pouvoir de jouer avec la gravité. En plus de méchamment détruire Vanguard, les Lutadores tuent la femme de Davis et enlèvent sa fille. Le brave gars, qui n’est pas du genre à réfléchir mais à foncer dans le tas, se lance, avec l’aide de son pote Leo, à la poursuite des barbares balaises. J’en vois déjà certains bailler à l’évocation de cette splendide histoire. Autant dire que l’on a quasiment rien à faire de ce qui arrive à nos héros. Et ce ne sont pas des retournements de situations artificiels qui éveilleront notre attention.

Mais, l’Inversion c’est bien ou bien ? On ne saurait vous répondre tellement le concept est sous exploité dans ce jeu. Assez vite, les deux héros mettent la main sur des Gravilink. Ils ont deux pouvoirs majeurs : soit rendre la gravité faible, soit la rendre forte. Dans le premier cas, les objets et les ennemis s’envolent quand vous tirez avec le Gravilink. Dans le deuxième cas, ils sont cloués au sol. Le principal intérêt de la gravité faible est de faire voler de objets pour les lancer sur vos ennemis. En se basant sur ce pouvoir, rien de bien nouveau. On peut faire la même chose dans d’autres jeux (Bioshock par exemple). On peut aussi faire voler les ennemis pour les attraper avec le gravilink et les tuer violemment contre le mur le plus proche. Vous pouvez aussi envoyer une onde de choc mortelle. Le mode gravité forte permet donc de clouer les ennemis au sol pour en faire des cibles faciles, de créer un bouclier autour de vous ou de faire tomber des objets pendus au plafond sur les ennemis (des boss généralement). Bref, pas de quoi révolutionner un gameplay qui en a bien besoin.
 

La gravité de vos paupières est lourde, lourde

Les ennemis ont aussi des gravilinks. Il faut donc faire attention à ne pas se faire avoir sous peine de devenir une cible volante. Mais il faut avouer qu’ils ne s’en servent pas souvent. Pour le reste, on se voyait surtout courir sur les murs ou les plafonds comme bon nous semble. Mais que nenni. Ces zones sont rares et vous sont imposées. Vous aurez l’occasion de marcher sur les murs environ à cinq reprises dans le jeu et cela ne changera en rien la jouabilité. Il y a aussi des zones en apesanteur (toujours imposées). Beaucoup plus nombreuses, elles ne bouleversent pas tant le gameplay que ça puisqu’il s’agit d’avancer et de tirer sur les ennemis qui arrivent en flottant dans l’air. De plus, le déplacement dans ces zones est un peu brouillon. Vous flottez d’un rebord d’objet volant à l’autre. Pour sélectionner le prochain rebord, il faut manier la caméra pour que le rebord en question paraisse en surbrillance. Mais comme c’est très tatillon vous avez vite fait de sélectionner le mauvais rebord au moment où vous vous lancez. Et ainsi vous allez trop loin et vous vous faites canarder par les ennemis.

L’inversion n’est donc pas vraiment au rendez-vous. Et la copie de TPS est ratée. Techniquement, les fusillades sont dynamiques, les armes proposées sont sympathiques, il y a même un peu de challenge mais le système de couverture est un peu trop approximatif. Le principal problème vient cependant de la répétitivité du jeu. Vous avancez dans des couloirs vides et trouvez quelques munitions. Puis vous arrivez à un endroit où les zones de couvertures sont aussi évidentes que les boutons sur le front d’un ado et les ennemis arrivent. Puis vous avancez à nouveau dans des couloirs vides… Le jeu répète ce schéma jusqu’à l’écoeurement. Les développeurs n’ont même pas essayé d’intégrer des phases différentes comme la conduite d’un véhicule ou des énigmes. La monotonie s’installe très vite. En revanche, ils n’ont pas oublié les boss. Il y en a plein. Mais ils avaient un gros poil dans la main. 4 boss différents se présenteront sur votre chemin. Ils ne sont pas franchement passionnants. Et surtout, ils réapparaissent inlassablement tout au long du jeu. Quand vous affrontez dans deux chapitres d’affilée le même boss (alors qu’entre temps vous avez déjà rebattu un autre), il y a de quoi être blasé. La fin du jeu est vraiment horrible à ce niveau puisqu’il ne s’agit que d’enchainer les combats contre les boss de la sorte. De quoi rendre fous certains joueurs. Seul le boss final est, dieu merci, différent.
 

Incident sans gravité

Outre son scénario qui ne devrait pas vous passionner, Inversion est doté d’un doublage anglais raté (On ne veut pas savoir ce qu’aurait donné un doublage français dans ce cas). Les intonations sonnent faux la plupart du temps. Les doubleurs n’ont pas vraiment été aidés par des dialogues écrits en mode automatique. Exemple : « Centre de distribution de l’énergie ? Qu’est-ce que ça veut dire ? », s’interroge un des deux héros prouvant ainsi sont intelligence. Parlons de nos deux compères : ils ont le charisme des héros de téléfilms d’actions qu’on oublie très vite. D’un point de vue visuel, le jeu est plutôt beau. Même s’il ne vous époustouflera pas, il proposera quelques panoramas impressionnants mais très rares. En général, les environnements ne sont pas bien originaux (ville dévastée, grotte sombre, vaisseau futuriste...) On a malgré tout vu un peu de clipping ici et là. Et quelques bugs lors de la mort du héros, il se retrouve a faire des grands écarts ou des poiriers post-mortem. Ce n’est pas dérangeant, ça fait même un peu rire, mais cela fait un peu tâche quand même. La musique, quant à elle, est quelconque.

Il y aussi un mode multijoueur. Il propose pas mal de modes de jeux. Mais ils restent la plupart du temps ultraclassiques. On a droit au deathmatch en solo ou en équipe, à un mode horde ou bien un mode où il faut capturer les objectifs de l’autre équipe. L’utilisation de la gravité se fait très rare ici aussi. Elle est la plupart du temps la même que dans le mode solo (les gravilinks et des zones de gravité faible). Il y a juste un mode où l’on peut inverser le vecteur de gravité et passer au plafond. Encore une fois, rien de bien passionnant. D’autant plus que les serveurs n’ont pas l’air très occupés.
 

Article rédigé par Neo , le

Inversion est le genre de jeu qui fait qu'on se demande si les développeurs y croyaient quand ils le créaient. Le concept de la gravité est sous exploité. Ce qui donne une impression de tromperie sur la marchandise. Mais même en simple TPS, le jeu est raté. Il se contente de copier ce qu'on a déjà vu dans d'autres jeux. Inversion n'essaye même pas de varier les situations ce qui fait qu'au bout de deux heures de jeu, on avance en mode automatique. Ce n'est pas la scénario indigent ou le mode multijoueur aussi inspiré que le solo qui vont changer grand chose.

Points positifs

  • Des graphismes honnêtes
  • Les morts du héros sont drôles
  • Pas mal de modes de jeu en multi

Points négatifs

  • Un scénario inintéressant
  • Un sentiment de copier coller
  • Pas de variété dans les phases de jeu
  • Des doublages ratés
  • La gravité sous exploitée

A propos de l'auteur

Neo

Neo

29 ans | L'élu des gamers

Après avoir détruit la matrice, Neo s'est dit « Pourquoi pas bosser sur GameHope ? ». Un nouveau défi pour l'élu. Après sa victoire incontestable, le monde réel lui paraissait fade et il est retourné dans le virtuel. Il est d'ailleurs en permanence branché à une PS3 en intraveineuse. Egalement passionné de cinéma, on le reconnait à ses yeux injectés de sang à force de passer des heures devant les écrans. Il a malgré tout réussi à apprendre à écrire et, afin de devenir le prochain Victor Hugo, expose sa prose sur GameHope.

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