Test : Shift 2 Unleashed

Shift 2 Unleashed - Xbox 360

Genre : Course

Date de sortie : 31 mars 2011

Genre
Course
Date de sortie
31 mars 2011 - France
Développé par
Slightly Mad Studios
Edité par
Electronic Arts
Disponible sur
PC, PS3, Xbox 360
Parfois appelé
Need for Speed SHIFT 2 : Unleashed, NFS

Sorti il y a un an et demi, Need for Speed Shift a difficilement convaincu malgré toutes ses qualités, la vue cockpit en tête. Cette première excursion de la licence dans le versant simulation de la course automobile faisant office d'expérimentation à un moment où elle commençait sérieusement à s’essouffler, ce deuxième volet de la variante Shift, qui se voit désormais délesté de son Need for Speed, se doit de transformer l'essai.

 
 
Entre les deux mastodontes du genre que sont les licences Gran Turismo et Forza Motorsports, le moins qu'on puisse dire, c'est que la concurrence est rude. Et vu la déclaration d'Andy Tudor, lead designer chez Slightly Mad Studio, dont nous nous sommes déjà fait l'écho dans cette news, l'équipe de développement en était consciente. Pour ceux qui on la flegme de cliquer sur le lien ci-dessus, voici en résumé ce que le monsieur disait :

"Nous voulons les surpasser en ajoutant des fonctionnalités sociales [...]GT5 et Forza sont au sommet en ce moment et tout le monde pense que ce sont les jeux à battre [...] Ce sont de très bons produits mais ce ne sont que des jeux de chiffres, des simulations mathématiques de comportements physiques, alors que nous allons apporter des aspects émotionnels et sociaux."

Ces propos peuvent paraître nébuleux comme ça, pourtant, on ressent bien cette volonté en jouant à la simulation d'Electronic Arts.
 

Des velléités de simulation

Par certains de ses aspects, Shift 2 fait clairement dans la simulation, ne serait ce que par son contenu, qui propose un nombre honorable de bolides et de tracés, tous officiels, et qui sont pour certains rarement utilisés dans un jeu vidéo comme le circuit d'Ebisu par exemple. Mais ce n'est là que le plus anecdotique de ces points. Le fait de pouvoir afficher les données de télémétrie en temps réel durant la course montre bien à quel point les développeurs ont tenu à nous livrer un jeu réaliste, même si au final cette feature ne sert pas à grand chose.
On retrouve également cette volonté au niveau de la personnalisation des véhicules et de leurs réglages, le titre étant des plus exhaustifs à ce niveau-là. On retrouve ici quantité de pièces à acheter pour transformer sa vieille charrette en véritable voiture de course, et encore plus de paramètres à régler afin de trouver la configuration idéale pour une course. Je vous laisse imaginer le dédale que constitue le menu de la configuration des véhicules en sachant que chaque pièce ne comporte pas moins de deux ou trois paramètres réglables, certaines, comme les suspensions en comptant beaucoup plus, Heureusement, le menu est bien fait et on s'y retrouve aisément dans tout ce foutoir. Ce qui est dommage en revanche, c'est que ces différents réglages n'ont qu'une incidence limitée sur la conduite.
 
 
Mais le point le plus marquant à ce niveau-là reste sans doute la gestion des points d'expérience. Comme le veut la grande mode du moment, en participant à des courses, le joueur gagne des points d'expérience qui lui feront gagner des niveaux, ce qui aura pour conséquence, en plus de l'attribution de récompenses, de libérer l’accès à certaines compétitions, de plus en plus difficiles au fur et à mesure que l'on progresse. Rien de bien original donc. Mais là où un Gran Turismo se contente de distribuer ces points en fonction du résultat final, Shift 2 va plus loin. En effet, le titre d'Electronic Arts tient compte non seulement de votre classement final, mais aussi de votre façon de piloter. Si vous prenez un bon départ, suivez la trajectoire idéale ou dépassez vos concurrents, vous aurez droit à des points d'expérience qui vous seront attribués en temps réel durant la course. A ce titre, une jauge dédiée vous indiquant où vous en êtes par rapport au niveau suivant est visible durant la course, tout en haut de l'écran. Un tel système aurait tout à fait sa place dans un Gran Turismo ou un Forza Motorsports.
 

« C'était pas ma guerre » John Rambo

Un point sur lequel Shift 2 se démarque de ses deux illustres concurrents est sans aucun doute l'I.A. Et ce n'est pas pour rien qu'on a fait appel au grand philosophe John Rambo pour introduire cette partie car vos adversaires se montreront franchement hargneux lors des diverses compétitions. Et cela à tel point que c'en est trop, il ne sera en effet pas rare de se faire accrocher, voire carrément sortir de la piste par un autre coureur. Et c'est franchement frustrant tant ils sont rapides ces cons là. Il faut sans cesse attaquer comme un bourrin et flirter avec la pelouse et les murs de pneus si on espère remporter la victoire. Mais ça ne suffira pas toujours, par moments le premier prend tellement d'avance tellement vite que ça en devient décourageant, et pas besoin de jouer en mode difficile pour se retrouver dans cette situation. Le rythme élevé imposé par l'I.A. et sa propension à vous rentrer dedans font de Shift 2 un jeu très difficile, et même frustrant. Perdre parce qu'on a fait une erreur de pilotage est une chose, mais perdre parce qu'un abruti vous est rentré dedans, c'est rageant. On a l'impression de se retrouver avec la même I.A. que dans Need for Speed : Hot Pursuit, mais si elle est excellente pour un titre arcade bien bourrin comme ce dernier, elle est totalement inappropriée pour une simulation qui trouve son intérêt dans le peaufinage des trajectoires et autres subtilités de pilotage. Mais il y a tout de même une contrepartie positive à tout ça, l'I.A. se montre ici plus humaine que chez les principaux concurrents. En effet, vos adversaires ne restent pas scotchés à la trajectoire idéale et font régulièrement des erreurs. Malheureusement, le trio de tête semble d'une manière générale épargné par cette humanité. Et enfin, pour finir de positiver sur le sujet, il est bon de noter qu'on a pas ce genre de problème dans le compétitions de drift. Mais on est un peu tout seul sur la piste dans celles-ci alors bon...
 

« La vérité est ailleurs » Chris Carter

Le moment est maintenant venu d'aborder un point essentiel, et donc sensible, du jeu : le pilotage. Et là, c'est le drame. Mais avant d'aller plus loin, il serait de bon ton que de revenir sur les propos du lead designer du soft cités au début de cette critique. Il est évident à la lecture de ces quelques lignes que la préoccupation première de l'équipe de développement n'était pas de retranscrire le plus fidèlement possible le comportement de chaque véhicule. Ce qui semble être une bonne initiative tant cette direction aurait amené Shift 2 à se casser les dents sur les deux monstres sacrés déjà largement cités plus haut. Ce n'est donc pas à de la pure simulation qu'il faut s'attendre, mais davantage à un entre-deux, un jeu mêlant arcade et simulation. Et c'est là que le bas blesse. Le principe de cet entre-deux est de proposer une conduite un minimum réaliste sans pour autant qu'elle soit trop pointue afin que les joueurs occasionnels, ou ceux qui sont plutôt arcade habituellement, puissent y jouer sans être rebuté par la difficulté apparente du titre.
 
 
Mais ce n'est pas le cas de Shift 2 qui propose un pilotage exigeant une grandes finesse et beaucoup de doigté. Les voitures se comportent comme des savonnettes à tel point qu'on se plantera souvent en déboîtant pour doubler un concurrent en pleine ligne droite. La direction est tellement sensible que le moindre petit accoup sur le stick en ligne droite peut vous envoyer dans le décor. Dans le meilleur des cas, elle partira en dérapage et vous aurez à la redresser ; manœuvre relativement pénible à effectuer du fait du comportement « savonophile » des bolides. Bref dans tous les cas, vous perdrez toute la vitesse acquise dans la ligne droite et perdrez au passage quelques places, et peut-être même qu'on vous rentrera dedans. C'est bien simple, on a l'impression de jouer à Toca Touring Car Championship, le premier volet de la série des Toca initié par Codemasters. Si ce jeu était excellent à l'époque, il ne faut pas oublier qu'il est sorti en 1998 et qu'entre temps, quelques studios comme Polyphony Digital, Turn 10 ou encore SimBin ont fait évoluer le genre.
Ce qui nous amène à un autre problème lié à la physique des véhicules : la gestion des collisions. Si elle est très correcte dans l'ensemble, elle peut néanmoins poser problème lors de chocs avec d'autres concurrents. Dans ces cas-là, il n'est pas rare que les voitures restent collées les unes aux autres comme par magie, allant toutes les deux, main dans la main, embrasser le mur.
 

Que le spectacle commence

La physique des voitures aurait donc mérité que l'équipe de développement s'y attarde un peu plus mais ce n'est pas le cas pour la réalisation. Bien au contraire. On ne va pas s'attarder sur le côté purement technique de la chose, le jeu étant difficilement critiquable de ce point de vue là. Mais il y a un point sur lequel on va s'étendre ici, un point sur lequel les petits gars de Slightly Mad Studios ont tout donné : l'immersion et le côté spectaculaire du titre. Ce n'est une surprise pour personne, c'était déjà l'argument de vente et le gros point fort du premier Shift. La vue cockpit est toujours là et se voit accompagnée cette fois-ci d'une vue casque inédite et encore plus immersive que son aînée. La caméra pivote dans les virages à bon escient, se centrant sur le point de corde du virage. Par contre, elle est à déconseiller à ceux qui ont le mal des transports. La caméra bougeant dans tous les sens, ces derniers risqueraient de faire rapidement un petit détour par la case vomi.
 
 
L'écran se floute toujours lors des impacts et peut même aller jusqu'à devenir complètement noir un bref instant si le choc est trop violent. Et si vous avez le malheur de faire un tonneau, la caméra sortira de la voiture pour vous montrer l'accident dans tout ce qu'il a de plus spectaculaire. Seulement voilà, tout cet aspect spectaculaire s'est mis en place au détriment de la jouabilité, si bien que les vues cockpit et casque sont à oublier pour le mode solo. Ajoutez à cela le fait que vous avez des savonnettes en guise de voitures et que vos adversaires sont agressifs et impitoyables, et vous obtenez un jeu qui est parfois franchement injouable.
 

Article rédigé par pattoune , le

Difficile de noter un jeu comme Shift 2 tant il nous laisse le cul entre deux chaises : une réalisation de qualité et une immersion jamais vue plombée par une jouabilité à la limite du catastrophique. Néanmoins, il se peut que certains y trouvent leur compte pour peu qu'ils arrivent à s'habituer à la conduite proposée par le titre et à l'I.A. digne d'un Destruction Derby. A trop vouloir être réaliste, Shift 2 : Unleashed fait une sortie de piste et s'encastre dans le mur. Il propose cependant une interprétation de la simulation intéressante. Favoriser le réalisme sensoriel au réalisme physique, voilà une piste à explorer qui permettrait peut-être bien de renouveler le genre pour peu qu'on ne sacrifie pas la jouabilité.

Points positifs

  • Un jeu immersif
  • Une réalisation de qualité
  • Le contenu plutôt fourni

Points négatifs

  • La conduite hasardeuse
  • Des réglages qui n'influencent pas franchement la conduite
  • Une I.A. trop agressive

A propos de l'auteur

pattoune

pattoune

34 ans | Ours savant

Davantage ours que savant, ce con n'a pas compris que l'hibernation c'est en hiver. Résultat, il reste cloitré dans sa grotte à longueur d'année. Ce qui arrange bien du monde. Mais ce n'est pas un mauvais bougre. Il est même plutôt drôle à l'occasion. C'est souvent à ses dépens mais chut, il faut pas le dire. Ayant été récemment rattrapé par l'eau courante et l'électricité, il est désormais en mesure, après avoir difficilement assimilé les bases de l'hygiène corporelle, de nous livrer tests, news et autres contenus enchanteurs. Il nous reste plus qu'a espérer qu'il ne lui vienne pas l'idée de faire prendre un bain à son PC... Trop tard.

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