Test : Red Johnson's Chronicles : One Against All

Red Johnson's Chronicles : One Against All - Xbox 360

Genre : Enquête à l'humour potache

Date de sortie : 13 septembre 2012

Genre
Enquête à l'humour potache
Date de sortie
13 septembre 2012 - France
Développé par
Lexis Numérique
Disponible sur
PS3, Xbox 360
Modes de distribution
Xbox Live Arcade

Vous ne l’attendiez peut-être pas particulièrement, mais le détective Red Johnson est de retour pour la troisième fois. Cette fois-ci sur PC et Xbox 360, en plus de la PS3 dont l’épisode précédent était exclusif. Cet opus intitulé One Against All s’avère-t-il aussi surprenant que ses grands frères ?

 
 
Vous savez, je ne pense pas être spécialement con. Sérieux. Mais ce test, bon sang, ce test, qu’il fut dur à rédiger… Vous savez pourquoi ? Tout simplement parce qu’One Against All est une torture à terminer rapidement ! Alors non, n’allez pas imaginer que le jeu est mauvais. Quand je dis que c’est une souffrance, c’est juste parce que l’on se retrouve soudainement à exploiter nos neurones d’une manière inhabituelle. Délaissée par Call of Duty, Secret Story et autres vidéos à caractère émoustillant, notre matière grise a tendance à prendre congé pour un peu trop longtemps. Bien heureusement, notre enquêteur roux nous réanime le fond de la cervelle avec une troisième aventure riche en action, en humour, en noirceur, et en énigmes sur-abusées et délicieusement difficiles.
 

Metropolis, ville de tous nos rêves

Après avoir décelé tout un complot et coffré/buté un bon nombre de mafieux dans l’épisode précédent, Red n’est toujours pas en vacances. Ses prouesses ont fait le tour de la ville, et sa tête a été mise à prix par le « Parrain des Parrains » Oncle Teddy, une sorte de légende urbaine du crime à la Keiser Söze. Ce qui fait donc de notre héros un fugitif, obligé de se cacher constamment, repoussant tentative d’assassinat sur tentative d’assassinat. Et croyez-le, vivre à Metropolis dans de telles conditions, ce n’est pas glop du tout. Cette dernière est tout simplement la mégalopole la plus craignos du monde entier : entre les flics incompétents et dépassés par une mafia qui contrôle tout, le niveau de vie excessivement bas et les violences quotidiennes des rues, on peut facilement dire que c’est plus dangereux que les HLM de Meaux. Et c’est dans tout ce merdier que Red reçoit un café empoisonné – jusqu’ici, ce n’est qu’une tentative de meurtre parmi tant d’autres – avec, surtout, un doigt trempant dans le liquide. Le doigt de son frère, ce qui est tout de suite plus inquiétant pour ce détective en fuite qui devra malgré tout enquêter à nouveau pour découvrir la vérité, seul (ou presque) contre tous.
 
 
Franchement, avant d’attaquer le point compliqué des énigmes, venons-en à ce fait : l’ambiance du titre est tout simplement excellente. Si One Against All est un Point’N Click aux allures de QTE, cela ne lui empêche en rien de proposer un univers riche, prenant, et ultra soigné. La ville de Metropolis est crade et noire, ses rues sont en désordre total, ses habitants sont aussi aimables que mon arrière-grand-mère mais elle se veut pourtant terriblement séduisante. La ville, pas mon arrière-grand-mère. Mais pourquoi ? C’est vrai, après tout, la réalisation graphique est loin d’être excellente et on passe les trois quarts de son temps le nez plongé dans des casse-têtes… Mais non, ça déchire vraiment. Le design graphique est bien choisi et maîtrisé, alternant subtilement le « noir-et-blanc avec du sang en rouge » pour les cinématiques et une sorte de filtre légèrement sépia pour le reste. Les environnements sont fouillés : de la brume, des caisses suspendues se balançant légèrement en dessous de grues rouillées, des personnages, presque caricaturaux à la langue bien pendue, qui vivent leur vie, le tout sonorisé par une soundtrack jazzy/pop-rock rappelant les ténors des polars noirs : One Against All met directement dans l’ambiance avant même de s’être creusé réellement les méninges. Et si vous avez commencé à résoudre ces fameuses énigmes mais que vous avez du mal (comme votre testeur ici présent), croyez-moi, l’ambiance est un atout qui peut vous forcer à continuer… Nous, on aime.
 

Être roux n’est pas un défaut

Ainsi, pour retrouver son frère, Red sera obligé de se mettre à nouveau à enquêter comme un dingue. Comme vous pouvez vous en douter, une grande majorité du jeu se veut être des énigmes, qui sont particulièrement retorses. Reconstituer un portrait-robot de mémoire, résoudre un sudoku (plus difficile quand on en a jamais fait de sa vie, surtout…) un peu spécial, ouvrir un cadenas en résolvant le puzzle casse-boule situé au dos, se souvenir des preuves adéquates pour les ressortir au bon moment dans une conversation, inspecter une cassette audio en la lisant dans tous les sens afin d’y découvrir un message caché au fin fond d’une station de radio introuvable… Dit comme ça, ça ne parait pas spécialement difficile, certes. Mais croyez-moi, certaines épreuves sont vraiment ardues et il faudra être patient avant de comprendre le fonctionnement de certaines d’entre elles. Ainsi, il n’est pas rare de rester bloqué devant un code PIN à trouver pendant une heure, voire plus, de bugger devant un texte à reconstituer alors qu’en fin de compte, il suffit juste de se calmer et d’analyser la situation d’un point de vu relatif. Plus facile à dire qu’à faire, haha.
 
 
Heureusement, vous n’êtes totalement seul comme l’indique le titre du jeu. Si vous bloquez devant une devinette, vous avez droit à un sacré coup de pouce : Saul, black trop swagg toujours là au bon moment, vous aidera avec des conseils utiles et… payants. En effet, à chaque fin de mission, vous gagnez une certaine somme d’argent, mesurée en fonction de votre niveau. Vous pourrez alors dépenser comme bon vous semble dans les aides de notre cher ami, ce qui aura cependant pour conséquence de faire baisser votre note de fin de niveau (et donc, cela vous fera gagner moins d’argent). Un processus intelligent, et qui peut vraiment nous sortir du pétrin tant les conseils de Saul sont parfois révélateurs, contrairement à l’épisode précédent où il se contentait de nous dire des trucs du style « Hé mec, pour ouvrir la porte, abaisse et tire la poignée, oh yeaaah ! ».
 
 
Bien sûr, poireauter autour d’un objet à examiner sous toutes ses coutures n’est pas la seule chose à faire dans One Against All. Très souvent, vous avez droit à des cinématiques tirant leur épingle du lot grâce à leurs dialogues bien salaces (parfois même un peu too-much ?). Bien qu’un peu mous par moment, les scripts sont assez plaisants par leur vulgarité et leur mise en scène. De temps en temps, on devra interagir : lors des phases d’action par exemple, des QTE sont à faire. Pas forcément très utiles, ceci est tout de même assez sympatoche bien que rageant par moment à cause du maudit effet de surprise, ce qui vous vaudra bien souvent un Game Over. De même, lors de certains interrogatoires, on aura un laps de temps limité pour choisir la phrase adéquate à dire, tout comme le bon objet trouvé auparavant à lui montrer. Quelques variétés donc, qui ne mangent pas de pain, mais qui empêchent le titre de sombrer dans le jeu d’énigme pur et dur.
 

So ? What else ?

Au final, on retiendra malheureusement un scénario global moins recherché que ce que l’on pensait, mais une narration de qualité qui tient en haleine. Les pistes qui s’ouvrent lentement à nous motivent grandement, tous comme les différents personnages que l’on côtoie : une française nympho, un gérant de bar aussi détestable que con, un frère grande gueule pas très affectif… Mais qu’est-ce qui nous attend donc à la prochaine station de Metropolis ? Pas mal d’autres choses. Évidemment, certains individus ne sont pas très recherchés et tombent assez vite dans le ridicule, mais il n’empêche que le background de One Against All est assez intéressant. Un univers dans lequel on restera un nombre d’heures assez imprécis puisqu’il dépend totalement de votre capacité à comprendre le fonctionnement des énigmes. Un peu comme dans tous les jeux vous me direz, mais l’effet est ici accentué : l’habitué des jeux d’enquêtes passera au maximum vingt minutes sur un problème tandis que l’autre pourra rester une heure sur chaque puzzle. On est donc dans une durée de vie entre 6 et 15 heures… Dans tous les cas, ce Red Johnson mérite amplement son pesant d’or (dix euros). Un petit titre indépendant comme il manque de trop sur ces plates-formes téléchargeables !
 

Article rédigé par Naxi , le

Red Jonhson Chronicle’s : One Against One ne nous fait pas que travailler nos méninges devant des énigmes variées et difficiles, il nous immerge également dans l’univers savoureux de Metropolis. Habilement cachée par un background recherché et un style graphique réussi, la réalisation graphique et technique, modélisation et animations pour ne citer qu’elles, ne passe pas inaperçue mais est tout à fait pardonnable : elle ne gâche en rien l’expérience de jeu, fraîche et assez rare en ces moments de jeu ultra-commerciaux casualisés.

Points positifs

  • Une ambiance travaillée
  • Des énigmes variées, bien foutues et difficiles
  • Plutôt long
  • Un trame intéressante

Points négatifs

  • Des graphismes un peu dépassés
  • Des dialogues au rythme un poil lent
  • Un scénario légèrement décevant

A propos de l'auteur

Naxi

Naxi

22 ans | Chasseur de cool

Guinness, Bacardi et 9mm : âgé de 20 ans, Naxi est le testeur le plus jeune de l'équipe. Embauché dès l'âge de quinze piges dans la rédaction, il se débrouille pour écrire sur sa passion entre deux soirées alcoolisées où se mêlent Tekken buveur, basses acidulées et lancers de nains roux. Une vie étudiante ponctuée par son addiction à Devil May Cry et son goût des bonnes femmes qu'il tente désespérément d'approcher par sa "voix d'acteur porno". Drôle d'énergumène.

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