Test : TimeShift

TimeShift - Xbox 360

Genre : FPS futuriste

Date de sortie : 30 octobre 2007

Et si on pouvait remonter dans le temps ? Imaginez tout ce qu’on aurait changé… Déjà, on aurait empêché Colomb de découvrir les apaches et ils ne seraient pas devenus des partisans de Bush. Et aussi, on aurait pistonné Adolf H. aux Beaux-Arts pour qu’il évite de conquérir un pays à cause de son testicule manquant. Mais surtout, je serais reparti il y a quelques minutes en arrière, afin de trouver une intro un peu plus digne pour ce test. Tant pis.

 
 
Le développement de TimeShfit a tout à voir avec son histoire. Le temps est une donnée assez aléatoire dans le monde des jeux vidéo et particulièrement dans ce soft, puisque développé depuis de nombreuses années, il aurait du sortir en 2006 sous la houlette d’Atari. Totalement produit à la bourre, dépassé techniquement dans les premiers essais, c’est finalement pour la fin d’année 2007 chez Sierra qu’on le verra. Saber Interactive a donc dû trimer fort pour tout changer, s’adapter à la next-gen, histoire d’avoir du potentiel qui pourrait intéresser son nouvel éditeur et faire plaisir aux joueurs qui s’impatientent de la sortie de ce jeu prévu depuis plus d’un an. Heureusement, depuis le début de ce mois de Novembre, nous pouvons mettre un visage sur ce nom.
 

Le temps, c’est de l’argent (Proverbe célèbre)

Le début du jeu vous sera confus. Je sais, je spoile, c’est pas cool, mais je fais ce que je veux. Pour éviter toutefois de vous foutre en l’air la totalité de l’intrigue, je ne vais rien vous révéler de plus que les quelques premières minutes. En vous prévenant : vous serez largués. En effet, au début, vous comprenez seulement que vous êtes un scientifique, sûrement émérite, qui, après de multiples événements pas jouasses, se retrouve poursuivi par son passé. Ce scientifique enfile une combinaison, la combinaison bêta, une sorte d’exosquelette qui vous permet de faire des sauts temporels dans l’histoire. Vous vous transformez alors en une sorte de Robocop, mi-homme mi-molette (ouais, fallait que je place ce jeu de mots, on m’a grassement payé), doté du pouvoir que tout le monde rêverait d’avoir : le contrôle temporel.
 
 
C’est donc ici qu’entre en scène le TimeShift, ce petit outil disponible sur votre armure militaire, qui permet le déplacement temporel (qu’on vous dit). Mais en fait non, vous ne pourrez qu’arrêter, ralentir, remonter le temps, ou bien effectuer un bref saut dans le futur. Votre armure, dotée d’une IA propre selon les ingénieurs, choisira d’elle-même la meilleure commande à utiliser. Vous devez passer de l’autre côté d’un point gardé par une armada surentraînée ? Rien de plus simple, une seule touche à enfoncer pour arrêter le temps, tirer sur tous les ennemis puis voir leurs corps exploser lors de la reprise du cours du temps. C’est jouissif au possible, d’autant qu'il ne faut pas oublier que TimeShift n’est rien de plus qu’un FPS bien bourrin, avec l’armada habituelle de ce genre de jeu : lance-grenade, armes de poings, grenades explosives et qui s’accrochent au corps de l’ennemi… Le panel est assez bon et toutes les armes sont dotées de deux fonctions (les deux gâchettes). Bref, à fond dans le FPS, avec un petit plus non négligeable.
 

Regarde : maintenant c’est les parents qui flippent. Les temps changent… (Solaar)

Si TimeShift est bel et bien un FPS, cela ne l’empêche pas d’avoir une histoire réelle derrière ce flot d’hémoglobine. A travers une quinzaine d’heures de jeu, vous découvrirez toute l’histoire qui anime ce professeur piégé dans une réalité alternative post-apocalyptique. Chaque élément de l’histoire sera révélé au fur et à mesure de vos bonds temporels qui ponctuent les chapitres essentiels du jeu. Quel dommage de ne pas pouvoir voyager soi-même dans les périodes… Voilà ce qui manquera à n’importe quel joueur qui découvre TS. Ce n’est qu’un genre de Blinx ou de PoP Sand of Time, mais en forme de FPS. Bref, ce qui pêche le plus dans le jeu, c’est l’histoire en elle-même (et non pas la capacité du héros à se mouvoir, ce gros lourd n’ayant même pas de touche pour courir) qui mélange habilement les époques et les clichés typiques des univers post-apoc. Subtil cocktail de 1984 et des meilleurs romans d’HG Wells, TimeShift parle d’un monde détruit et contrôlé par des sentinelles de la forme des Tripods de Wells, avec un rayon laser qui anéanti les humains, cachés dans les égouts et les derniers bastions de l’humanité. Le monde est géré par un certain Krône, un homme diabolique dont le nom est prononcé par toutes les radios que vous rencontrerez, ou à travers les haut-parleurs de la ville, dont les affiches rappellent Big Brother et dont le discours s’entiche à celui d’Hitler ou du Révérend William Stryker. Vous êtes plongé réellement dans l’univers du jeu, dont la localisation française vaut le coup d’oreille (dommage que le lipsync soit inexistant) et où l’ambiance sonore est terriblement efficace (notamment le bruit des armes et les réflexions de vos coéquipiers ou ennemis).
 

Il faut donner du temps au temps (Cerventès)

Côté technique, on appréciera l’effort du moteur Havok du jeu, qui permet des démembrements efficaces et des sauts dignes des meilleures cascades de Rémi Julienne, lorsque vos ennemis se font détruire après un arrêt du temps. La puissance de feu est impressionnante grâce au TimeShift et les sensations sont efficaces pour rester accroché. Le moteur est d’ailleurs souvent sollicité, entre les caisses qui explosent et les tables qui se renversent lorsqu’un ennemi fait une roulade vers vous pour vous aligner. En plus de cela, les effets de fumée et de motion-blur sont sans cesse exploités avec le voyage dans le temps, l’arrêt sur image ou les explosions. Une terrible sensation de Matrix ; il ne manque que le bullet-time des balles. Enfin, votre casque étant à toute épreuve, il ne se brise pas mais se teinte souvent de traces de sang ou de gouttes de pluie. A croire qu’il pleut toujours dans les univers post-apoc ou quoi ?
 
 
L’écran de jeu est épuré. Votre HUD est composé du timeshift, la commande du temps. Comme expliqué plus haut, vous pouvez activer directement la commande en une seule pression de bouton. La combinaison choisira la fonction la plus propice à l’énigme à passer (arrêter le temps pour ne pas se brûler dans une flamme, remonter le temps pour passer sur un pont avant que celui-ci ne soit détruit par une sentinelle etc.) mais vous pouvez également forcer le timeshift et choisir une des 4 fonctions temporelles disponibles. Qu’est-ce qu’elle est intelligente cette armure… D’autant plus qu’elle remettra au taquet vos fonctions vitales (barre de vie) et temporelles (barre de temps) après quelques secondes. Bref, si un ennemi vous explose la tronche, planquez-vous 5 secondes ou arrêtez le temps un instant pour récupérer votre barre de vie. La vie est simple lorsqu’on contrôle le temps. Trop simple d’ailleurs. Enfin, le temps jouant un rôle important, les temps de chargements sont relativement courts et fournis en astuces en tout genre afin de vous faire patienter. Vous pouvez également sauvegarder votre partie quand bon vous semble afin de faire un petit retour temporel, mais via le menu Pause.
 

Le temps ne fait rien à l’affaire, quand on est con, on est con (Brassens)

Quel dommage, répété-je, de ne pas pouvoir utiliser les fonctions temporelles de façon plus poussée. Saber avait une vraie bonne idée, qui ne fut pas plus exploitée que Blinx. Une nouvelle déception vient du multi, toujours avec le même problème. Cette fois, les fonctions du timeshift sont tout simplement absentes. Il est vrai que le continuum espace-temps en multi est assez difficile à gérer, déjà que dans le mode solo, ce n’est pas toujours facile. Pourtant, les petites surprises du contrôle du temps sont assez efficaces en solo : possibilité de voler l’arme d’un ennemi lorsqu’on stoppe le cours des choses, récupération totale de la barre de vie lorsqu’on ralentit le temps (logique). En multi, il faudra faire comme dans les FPS classiques : récupérer des médikits pour le soin, ou des bombes temporelles pour créer des trous dans le temps et blabla, vive Marty McFly. Enfin, heureusement, le mode multi est complet et notons tout de même la présence d’un mode de jeu exclusif, la « Folie Furieuse », où le but est d’arriver à zéro sur un compte à rebours et où, là, en effet, les bombes temporelles seront utiles. Enfin, pour ceux qui en douteraient encore, TimeShift est très beau, que ce soit en solo et en multi et ça, c’est vraiment appréciable de nos jours.
 

Article rédigé par Jivé , le

TimeShift a tout d’un bon FPS : arsenal puissant, bonne maîtrise à la manette, un peu trop facile pourtant. Il a également tout d’un bon jeu, avec une approche peu utilisée dans le monde des jeux vidéo : le contrôle du temps et l’histoire qui se déroule au fur et à mesure. L’univers est très prenant, l’ambiance sonore comme visuelle est efficace mais malheureusement, l’idée principale n’a pas été développée à fond. On espère donc une suite un peu plus poussée.

Points positifs

  • Le timeshift
  • L'ambiance sonore
  • L'univers post apocalyptique
  • L'histoire
  • Très joli graphiquement

Points négatifs

  • Timeshift pas assez poussé
  • Pas le lipsync
  • Linéaire et ça reste du FPS

Commentaires