Test : Tom Clancy's Rainbow Six : Vegas

Tom Clancy's Rainbow Six : Vegas - Xbox 360

Genre : Tactique Action

Date de sortie : 20 novembre 2006

Genre
Tactique Action
Date de sortie
20 novembre 2006 - France
Développé par
Ubisoft Canada
Edité par
Ubisoft
Disponible sur
PC, PS3, PSP, Xbox 360
Site officiel
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Bien lancé dans sa campagne de renouvellement massif des séries estampillées Tom Clancy (vous savez, le gros beauf patriotique qui écrit des livres de merde), Ubisoft ose désormais s'attaquer à la licence Rainbow Six avec cet épisode dantesque, limite farfelu sur le papier, puisque que son scénario prend source à Las Vegas, la ville qui ne dort jamais. Si encore une fois, les fans des R6 à l'ancienne passeront leur chemin, dégoûtés ; les autres, sauront savourer un jeu bourré de qualités, mais qui pue un peu trop de la norme "j't'impressionne la tronche".

 
 
La série des Rainbow Six a toujours été pour les fans d'action tactique et réaliste le messie d'une religion quasi-délaissée. La preuve, il suffit de prononcer les seuls noms d'Athena Sword, de Raven Shield ou encore de Rogue Spear, pour voir crépiter de joie les yeux de nombreux PCistes, créant par la même occasion l'apparition d'une sacrée bosse dans leur pantalon. De plus, l'adaptation de la série sur console ne fut pas un cuisant échec, Rainbow Six 3 demeurant l'un des jeux les plus joués sur le Xbox Live de la première console à Billou. C'est plutôt avec l'épisode Lockdown, que le bordel commença, le titre étant tellement foireux qu'il ne convainquit même pas les Kévin, c'est dire dans quelle merde la série a sombré. Et depuis, chacun épia attentivement les moindres faits et gestes d'Ubi en attente d'un nouveau sauveur, et lorsque Rainbow Six Vegas fut annoncé (à peine une poignée de mois après la sortie de Lockdown…), l'appréhension était de mise pour tous : les fans de la série priaient sans trop y croire à un épisode digne des titres cultes de la belle époque, pendant que ceux que l'on définit comme le grand public attendaient simplement un bon jeu d'action à la sauce next-gen. Et de ces deux publics, Ubisoft a fait son choix. Le meilleur ? Pas sur.
 

Back to Las Venturas

Avec un scénario qui pourrait tenir sur le seske à Jivé, il est difficile d'affirmer que ce R6 : Vegas fait dans la réflexion philosophique, tant sa trame parait désordonnée et incroyablement bancale. Même les saisons de 24 Heures Chrono se veulent mieux agencées, c'est dire le bordel qui règne sur le titre d'Ubisoft. L'allusion aux déboires de Jack Bauer est pour le coup diablement efficace, car le scénario du jeu met en scène un peu les mêmes situations, avec de l'action non-stop, sans jamais souffler par diverses ellipses (par exemple, en fin de mission, à la place de débriefer tranquillement, nos bons vieux troufions repartent illico en mission), qui pourtant auraient fait du bien à l'avancée scénaristique. Justement, parlons-en de cette intrigue, qui logiquement, ne vole pas plus haut que celles habituellement pondues par notre ami Tom Clancy, elle en est même un modèle du genre par les nombreux clichés qui la compose : des terroristes, emmenés par une certaine Irena, veulent mettre Las Vegas à feu et à sang, et menacent de tout faire sauter avec l'aide de leur bombe à micro-ondes Samsung. Bien sur et heureusement, de nombreux rebondissements seront de la partie, mais ces derniers ne sont pas assez trépidants pour parfaire le désert créatif de la trame du soft.
 
 
Il s'appelle Logan Keller, il est beau gosse, armerloque, et a une barbe d'une semaine, et des lèvres pincées d'acteur hollywoodien ; c'est clair, il a la classe (même si sans casque tactique, il a carrément une gueule de con, mais bon, ça compense). De plus, le bougre est un nouveau dans l'escouade des Rainbow, le genre qui n'a pas besoin d'apprendre vu son passé de tête brûlée, mais qui n'est pas forcement une lumière, étant donné qu'en bon trouffion, Logan préfère d'abord obéir avant de réfléchir, voire de tirer avant de réfléchir, ou aussi d'envoyer ses équipiers à la mort avant d'y raisonner, mais c'est un autre débat. Enfin bref, Logan est peut-être un dur, force est de constater qu'il demeure un Homme, lui aussi n'arrive pas à pisser le matin faute de gaule trop intensive, c'est pourquoi il a besoin d'aide, incarnée dans le jeu par Jung Park (le coréen fana de technologies, et expert dans ce domaine… vive les clichés) et Michael Walter (le blackos anglais musclé, maniant la mitrailleuse lourde comme un gros bourrin et pro de la démolition… toujours ces satanés clichés). Mais au moins, l'esprit Rainbow Six est présent, étant donné que l'escouade est connue pour ses soldats venant du monde entier.
 

De toute façon, OSBLC des fans des R6 d'antan…

Si l'histoire n'a jamais été un facteur considérable pour apprécier pleinement un Rainbow Six digne de ce nom, le gameplay, lui, était simplement le leitmotiv de tout amateur se voulant fan de la série. Souvenez vous, cette peur de passer la tête à chaque coin de mur, l'appréhension qui nous gagnait avant de donner l'assaut face à une porte close… tout ceci disparaît avec Rainbow Six : Vegas, mais au détriment d'autres sensations ma foi excellentes. Car oui, cet épisode tranche dans le vif, sans pour autant poursuivre dans la lancée du pitoyable Lockdown, son symbole ? La couverture. Le simple fait de maintenir LT près d'un mur vous fera y coller, faisant par la même occasion passer la vue de la première à la troisième personne. Dans cette position, vous aurez une vue complète, mais irréaliste, de la situation, afin de saisir à quel moment y jaillir pour tirer dans le tas, jeter une grenade, ou se dégager en bourrinant à l'aveugle. La jouabilité en prend donc un gros coup, car 99% des gunfights se déroulent à couvert et non en vue FPS, qui ne sert qu'aux phases d'exploration, et en devient hypothétique. Le système d'ordre a lui aussi été remanié, et surtout limité aux banals "allez ici", "suivez-moi" et "maintenez cette position" pour le classique. Bien que l'on retrouve plus de choix lors de situations spécifiques, par exemple lorsque l'équipe se positionne devant une porte, ou les options s'élargissent à l'ouverture et au nettoyage traditionnel, et à l'ouverture suivie d'un grenade (bang, flash, smoke), ou encore la pénétration en force en pétant l'entrée à coup d'explosifs. Enfin, il est aussi possible de déterminer les réaction des équipiers en leur ordonnant de tirer à vue, ou seulement si ils sont attaqués, tandis qu'on pourra aussi leur cibler des ennemis précis afin de coordonner avec le plus de précision possible les assauts. Mais au final, on s'amuse vraiment beaucoup, et là est l'essentiel.
 
 
Du coté de l'IA, un travail vraiment conséquent a été fourni sur les terroristes, pas vraiment cons, sans pour autant demeurer des vraies lumières. Car si ils se couvrent mutuellement, lancent des grenades diverses, communiquent énormément entre eux, mais ils ne prennent pas vraiment d'initiative d'attaque et ne ils font qu'essayer de défendre leurs positions, du coup, rares sont les sorties et autres contournages. On pourra aussi souligner le fait que non seulement ils peuvent disposer du même attirail que vous, mais ils emploient aussi les même mouvements, par exemple en tirant en aveugle pour se dégager, ou en utilisant les cordes et tout le bordel. Et comme chez Ubisoft, on ne fait les choses qu'à moitié, c'est vos coéquipiers qui porteront le bonnet d'âne par leur stupidité affligeante : ces cons ne sont bons qu'à une chose, mourir. Et c'est aussi leur fonction première, car en soldats pas très futés, ils obéissent à la baguette, leur existence passant au second plan. Du coup, ils peuvent très bien rester sous un feu nourri dans bouger un ongle et sans riposter, attendant simplement leur arrivée chez Saint Pierre, ou alors se bloquer dans le décor et y subsister sans qu'on puisse rien y faire. Même leurs aptitudes au combat sont vraiment limites, étant donné que les headshots, ils se les prennent, mais n'en donnent pas, ah non. Tuer, c'est mal.
 

La goude laïfe

Si le mode Réaliste donne indéniablement un bon coup de boost à la durée de vie de soft (comptez trois fois plus de temps pour une mission en Réaliste, comparé au mode Normal) par sa difficulté bien corsée, la durée de vie de R6 : Vegas montre néanmoins vite ses limites en solo faute à une rejouabilité totalement inexistante. C'est d'ailleurs simple, le soft est aussi scripté que la fameuse et controversée vidéo de Killzone 2, ce qui rend l'action prévisible une fois qu'on l'a déjà connue, provoquant de ce fait une certaine lassitude et un manque d'implication du joueur. Les plus bourrins fonceront dans le tas dès le début dans le but de repérer les ennemis, pour ensuite mourir, et recommencer en sachant d'avance comment opérer. Bien sur, on pourrait assimiler cette couille à n'importe quel jeu du genre, mais R6 : Vegas y va tout de même un peu fort, tant les ennemis se déplacent toujours d'une façon identique, balançant les mêmes grenades selon diverses situations… Et le faible nombre d'alternatives dans la planification des interventions contribue à ce fameux harassement.
 
 
Une des bonnes surprises du soft réside néanmoins dans les modes alternatifs au solo, qui se jouent aussi bien en solo, en local, et bien sur via le Xbox Live. La chasse aux terroristes, aussi explicitement balancée, présente donc une espèce d'énorme deathmatch ou le, ou les joueurs devront nettoyer une carte de fond en comble. Sauf qu'ici, le C4 et les bastos de calibre 45 seront privilégiés au Monsieur Propre et autres Swiffer. Autre attractivité très attendue, le mode Online de Rainbow Six : Vegas tient à merveille la route, par l'abondance de cartes, et de modes de jeu qu'il propose. En effet, on retrouve dans le titre d'Ubisoft tout le matos nécessaire à devenir un nolife qualifié : premièrement via les différentes types de parties (Survie, Tireur d'Elite, Scénario Coop, Récupération, Attaque/Défense), puis par un système de grades très équitable qui ne favorise personne mais attribue ses points par équipes, et enfin grâce à la possibilité de personnaliser son avatar virtuel de la tête aux pieds, et éventuellement d'y foutre sa vraie tronche via la camera Live Vision. On indiquera aussi que l'équipement détermine les capacités du joueur (blindez votre ego d'armures, et il sera aussi lent qu'une cycliste non dopé, mais il résistera mieux aux balles), et que l'obtention d'une promotion via les grades débloque de nouvelles fringues et armes.
 

De l'Unreal Engine 3, mais en fait non

Pour faire dans la simplicité, on pourrait aisément définir Rainbow Six : Vegas comme un titre proposant une réalisation tout bonnement nickelle dans son ensemble, d'un niveau vraiment élevé. La modélisation des personnages est vraiment poussée, les expressions faciales du héros sont de bon aloi, et le niveau de détail des divers casinos est assez hallucinant : entre les machines à sous qui explosent sous les offensives armés, les feuilles qui s'envolent et les écrans qui pètent lors des gunfights les plus rugueux en bureaux, on en a pour son lot de sensations fortes, et sans produits laitiers en plus. L'armement a aussi indéniablement de la gueule, les divers flingues et fusils d'assaut rendent vraiment bien, du moins en mains, car l'artillerie des terroristes une fois à terre (près qu'un corps gisant la plupart du temps) n'a à ce stade aucune texture détaillée. Bref, ce n'est pas sérieux. Heureusement, les sons et autres bruitages rattrapent cette erreur, les armes criant leur feu de façon réaliste pendant que le bruit d'une grenade frappant amèrement le sol vous fera indubitablement faire des cauchemars. Pour la VF, c'est vraiment autre chose, il serait assez sévère de la qualifier de mauvaise, mais encore une fois pour un jeu signé Ubisoft, les acteurs ne sont pas concernés et balancent leurs texte sans y croire une seconde. Opter pour la VO est donc la meilleure des options, étant donné la qualité de cette dernière. Mais bon, globalement, on en peut retenir de la réalisation de ce R6 : Vegas que du bon, le titre sachant à merveille impressionner dans un style qui lui est propre, là est l'essentiel.
 
 
Seulement, la réalisation mirifique du soft ne dépasse malheureusement pas les frontières du mode solo, car vous l'avez deviné : le multi est à chier d'un point de vue graphique. En fait, on passe d'une génération à une autre, mais dans le mauvais sens. Quasiment tous les effets de lumière disparaissent dans le changement de mode, les détails en profitent aussi pour trépasser, les mouvements des personnages en deviennent plus robotiques que jamais, même la fluidité du jeu semble en prendre un coup, bref, c'est la zone, surtout quand un certain Gears of War se permet de proposer des graphismes de haute volée aussi bien en multi qu'en solo, comme quoi les développeurs n'ont aucune excuse. Pour conclure, on notera aussi quelques bugs gênants, comme des grenades lancées qui n'explosent pas, ou encore la putain de manie qu'a le personnage de se bloquer tout seul une fois à couvert, le rendant par la même occasion aussi immobile que Tatane durant l'acte sexuel.
 

Article rédigé par Dudy , le

Tom Clancy's Rainbow Six : Vegas marque à merveille le renouveau de la série selon l'ambition d'Ubisoft, c'est à dire balancer aux chiottes tout l'attirail tactique et réaliste de la franchise pour privilégier une action toujours soutenue et péchue, mais loin d'être inintéressante pour autant. R6 Vegas est donc un excellent jeu d'action/tactique dans la lignée d'un GRAW, proposant un gameplay intuitif et efficace, une réalisation très honorable, et un Live vraiment passionnant ; seulement, le soft n'en reste pas moins un mauvais Rainbow Six, qui n'aura pas une once d'intérêt pour les fans des véritables péripéties de Ding Chavez et consorts.

Points positifs

  • Plaisant à jouer
  • Vraiment joli, du moins en solo
  • Modes Xbox Live au point

Points négatifs

  • Moche en multi
  • Scripté à mort
  • Scénario torché

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