Test : Kakuto Chojin

Kakuto Chojin - Xbox

Genre : Jeu de Combat

Date de sortie : Mars 2003

Genre
Jeu de Combat
Date de sortie
Mars 2003 - France
Développé par
Dream Factory
Edité par
Microsoft Games
Disponible sur
Xbox
Parfois appelé
Project K-X
Site officiel
Site officiel

Un jeu de combat estampillé Microsoft qui s’essouffle sans avoir seulement révéler d’autres innovations que des graphismes exemplaires. Un titre poussif et dénué de saveur qui ne sait pas se démarquer d’une concurrence certes moins élégante mais bien plus prestigieuse…

 
 
Sorti au Japon et attendu en Europe, Kakuto Chojin est édité par Microsoft et développé par Dream Factory qui avait déjà sorti le médiocre UFC Tapout l’année dernière. Si la réalisation est toujours aussi soignée et appliquée, elle agit seulement pour masquer un logiciel standard et sans originalité qui dissimule un gameplay répétitif et médiocre. Vous l’aurez compris, Kakuto Chojin a été une expérience autant amère que déroutante : le jeu laissait tellement espérer un achèvement réel. Trompeuse illusion.
 

Une réalisation ahurissante

Malgré une introduction qui en dit déjà long sur mon appréciation, je vais illustrer le paradoxe de ce jeu en entamant le test par des éloges. Oui, car Kakuto Chojin n’est que cela : une démonstration graphique de la console de Microsoft qui s’envoie pour l’occasion une débauche outrancière de splendides effets graphiques. Non seulement le titre est soigné, mais il se dote d’une réalisation à couper le souffle. Rien à redire, Dream Factory sait concevoir un jeu et en mettre plein la vue. Et bien sur, rien de tel qu’une profusion de lumière pour dilater les pupilles et faire poindre la bave du joueur innocent, n’est-ce pas ? La question que je me pose, c’est pourquoi s’être donner autant de mal pour autant de médiocrité ? Ou plutôt : pourquoi ne pas persévérer pour obtenir plus que la mention : « jeu-le-plus-beau-de-la-meilleure-console » ? Ce jeu aurait vraiment pu être le meilleur « beat-em-all » de la Xbox… Soyons bref : les douze personnages sont parfaitement modélisés, sont tapissés de reflets et d’une fluidité phénoménale. Les détails et attitudes adoptés sont incroyables… Les décors sont, à l’instar du jeu, saisissants mais trop exigus et dépourvus d’interactivité. Juste bon à regarder, comme le reste.
 

Un jeu de combat dépourvu de défi

Parce qu’une fois la sensation provoquée par la magistrale claque graphique passée, une fois le jeu pris en main, d’autres sensations moins tendres naissent. D’abord les personnages. Que l’on prenne Dead Or Alive 3 ou bien le nouveau Mortal Kombat, on nous propose de jouer avec de multiples coups, d’incarner un maître dans une école d’art martial définie, bref, on réunit tous ces éléments dans un personnage attachant, charismatique qui illustre bien son principe. Ici, ils sont graphiquement tous uniques. Mais jouez en un, les autres n’auront rien de plus à vous apprendre. La liste des coups est anémique : un assaut supérieur, un frontal, un de taille, un lancer et un déplacement spécial constitue la gamme stérile de votre arsenal et ne varieront même pas par la force de l’impact. Le mode « Story » s’achève sans préparation d’aucune sorte, en répétant inlassablement le même mouvement. Si l’histoire d’un jeu de combat est pratiquement toujours surfaite et kitsch, ici elle confine à l’obscurantiste répétition d’un tournoi secret. Pas de quoi s’affoler. Le mode « Survival » voit les ennemis défiler les uns après les autres comme de ridicules pantins que l’on élimine sans problème.
 

Un gameplay et une ambiance ridicule

Avec aussi peu de positions, on s’attend donc à un gameplay rigide et convenu. C’est pire. Les prises ne recèlent aucune nécessité d’apprentissage ni de technique. Vous en serez vite réduit à marteler le pad frénétiquement pour exécuter vos prises sans souci, ce qui devient vite lassant. Les niveaux donnent tous dans le glauque ou le clinquant attendus et ne sont pas du tout ergonomique : minuscules arènes n’exploitant pas le décor, ils sont trop étroits, la profondeur de champ vous faisant trompeusement heurter une frontière indiscernable.

La difficulté du jeu, réglable, est une vraie foutaise, les ennemis se mouvant à peine plus rapidement. L’IA n’est pas à complimenter et exaspère par son incapacité à contrer le moindre coup, capacité qui fit de DOA3 une référence du genre. Le titre n’a pas de subtilité ni de jouabilité dignes de l’imposer. Il s’agit simplement de frapper sans discernement, l’adversaire ne refusant presque jamais le contact. Les musiques, annoncée comme rythmées, ne m’ont pas paru satisfaisantes. Quant aux bruitages et doublages, ils sont surfaits et grotesques.
 

Article rédigé par Mirage , le

Le jeu ne répond à aucun des critères stimulants d’un bon titre de combat, que l’on apprécie plus la fantaisie des Mortal Kombat ou la technicité des Virtua Fighter. Une durée de vie de l’ordre de 30 minutes vous permettra d’appréhender le titre dans sa globalité et ne vous incitera pas à y revenir. Facile et pesant, le jeu ne possède même pas un cachet, une identité propre susceptible de passionner le néophyte. A éviter.

Points positifs

  • Des graphismes élégants
  • Des animations travaillées
  • Des musiques globalement attractives

Points négatifs

  • Aucune difficulté
  • Pas de concept novateur
  • Un multijoueur alarmant

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