Test : Splinter Cell

Splinter Cell - Xbox

Genre : Infiltration

Date de sortie : Décembre 2002

Genre
Infiltration
Date de sortie
Décembre 2002 - France
Développé par
Ubisoft
Edité par
Ubisoft
Disponible sur
GBA, Gamecube, PC, PS2, Xbox
Site officiel
Site officiel

Produit de publicité où gameplay véritablement ravageur ?
Splinter Cell, pourtant discret, ne risque pas de passer inaperçu sur votre Xbox…

 
 
Il n'est plus utile de présenter Splinter Cell.
Il s'agit du titre " phare " de l'année 2002-2003 pour la Xbox qui se prépare maintenant à " envahir " les autres supports ludiques. Avec cette consécration, Sam Fisher devient vraiment LE représentant de la console de Microsoft.
 

Une apparition remarquée

En effet, le titre a eu plus que sa part de publicité et de preview. Entre une campagne de pub télé, des stands commerciaux dans plus de 16 pays, le hit utilisant la prestigieuse licence " Tom Clancy ", véritable gageure de réalisme, a fait couler beaucoup d'encre. Si le jeu se pare de cette célèbre mention, il n'a pourtant pas été développé par le studio Red Storm mais à Montréal, directement dans les studios d'Ubi Soft, sous la houlette de Mathieu Ferland, aujourd'hui responsable de projet sur un nouveau Prince of Persia.
 

Sam Fisher, un héros à prendre au sérieux

C'est un titre hors-norme que nous propose cette équipe qui affiche la volonté de sortir des " sentiers battus " des produits estampillés Tom Clancy. Au programme, infiltration entrecoupée d'action intense, le tout servi à la troisième personne. Vous incarnez Sam Fisher, " vétéran " des opérations spéciales affectées à un service très particulier de la NSA, le mythique Echelon, qui se dédie à la recherche du renseignement à travers l'incursion d'un seul homme au sein des théâtres d'opération. Le côté scénaristique, sans se révéler particulièrement inédit, se veut réaliste et retranscrit bien l'atmosphère des romans de Tom Clancy. Il est servi par une réalisation fouillée et originale avec des cinématiques accompagnées par des flashs d'informations présentant les répercussions de vos actions dans le monde.
 

Un univers et une originalité grandiose

On l'aura compris, l'atmosphère est immédiatement immersive et manier Sam Fisher est un réel plaisir : le personnage charismatique est doté de nombreuses animations toute créée sans l'aide du " motion capture " mais travaillée avec la seule imagination des concepteurs, un fait rare qui lui donne ainsi un véritable caractère. Il dispose en outre de nombreux mouvements et d'actions à réaliser qui enrichissent le gameplay : Sam peut en effet effectuer le double saut, s'accrocher à une corniche, faire le grand écart, glisser en rappel… Autant d'aptitudes qui font la diversité et l'originalité de ce soft. Le héros est à l'image des missions qui le mettent en scène : les situations sont toutes variées et vos objectifs iront de la recherche d'information au piratage en passant par les interrogatoires forcés et le sauvetage de prisonniers. Mais la véritable innovation, celle qui ravira les fans de Xbox car elle exploite la technologie de leur console tout en donnant une nouvelle dimension à l'infiltration, c'est la gestion des lumières en temps réel. Avant tout, il faut préciser que le titre exploite le moteur graphique développé par Epic, le désormais célèbre Unreal Engine. Ce moteur équipe la plupart des " grosses productions " récentes des jeux vidéos (Unreal Tournament 2003, Unreal II, Raven Shield…). En gérant un impressionnant nombre de polygones à l'image, il garantit des jeux visuellement de qualité. Splinter Cell s'agrémente là de graphismes époustouflants de réalisme et de détails. Il se démarque ainsi de ses concurrents (Metal Gear Solid) par la possibilité de se dissimuler dans l'ombre et d'utiliser chaque source de lumière à son avantage. Un gameplay qui ressemble à l'honorable Dark Project et qui fait en outre attention à chaque source de bruit. Bref, l'infiltration est ici poussée à son paroxysme et vous retiendrez votre souffle à chaque ennemi que vous croiserez. L'interactivité avec l'architecture et les objets du décor est très présente et diversifiera votre approche d'une même situation, aidé que vous serez par les multiples gadgets qu'embarque Sam avec lui. Votre approche ne dépendra que de vous : soyez brutal et les gardes seront coriaces, l'IA s'illustrant superbement par des comportements tout simplement ahurissants : assomez un garde, son compagnon le réveillera, passez à proximité d'un chien, il sera attiré par votre odeur et alertera un garde. Inutile de vous faire la liste, vous n'aurez pas une seconde sans que les scripts ne vous diversifient le regard et les neurones ! Soyez " soft " et réfléchissez à chacun de vos actes en sachant que l'action ne vous attendra pas.
 

C'est bon mais on en redemande !

On touche ici aux quelques défauts inévitables d'un pareil titre. Un jeu a une fin, son intérêt résidant dans son recommencement (Quelle emphase !). Splinter Cell a été décrié car il ne propose que neuf missions fortement scénarisées. Il est certain que cela se révèle un peu court mais c'est mon cœur de gamer qui s'exprime là. En effet, lisez les soluces bâclées au préalable et vous finirez le jeu TRES rapidement car la plupart vous proposeront de zigouiller hardiment et gentiment jusqu'au coco le plus inutile de la mission. Qui plus est, vous passerez à côté de la quintessence proposée par un soft de cette envergure. Choisir ces cibles les plus primordiales et recommencer jusqu'à éviter même de briser les ampoules que l'on croyait inévitable : tout cela est possible dans Splinter Cell ! Et que le joueur en mal d'action se " console ", les concepteurs ont inclus des phases d'actions soutenues et variées !
 

Alors, que peut-on réellement reprocher à Splinter Cell ?

Outre une durée de vie relativement courte, on regrette que le chemin à suivre soit autant balisé, ce qui ne permet pas d'adopter plusieurs tactiques, ni de " visiter " les niveaux à son gré. Splinter Cell commet ici la même erreur que le premier Hitman : une linéarité trop prononçée dans les niveaux. Cela se manifeste dans l'impossibilité d'utiliser toutes les surfaces avec les commandes du personnage. Les gadgets de Sam, quoique diversifiés et originaux, n'ont pas tous leur utilité et ne sont pas indispensables à la bonne conduite des missions. Quelques petits bémols aussi au sujet des points de sauvegarde qui sont parsemés de manière irrégulière dans les parties. C'est toujours agaçant de refaire certains passages.
Le côté sonore, s'il reste correct, n'est pas à la hauteur des capacités graphiques du titre et reste bien trop conventionnel et attendu. Rien à voir avec les musiques de l'orchestre de Budapest dans Hitman 2 ! Les bruitages, produits en interaction avec le décor, sont moins denses que ceux employés dans IGI 2, où chaque surface en contact possède un son caractéristique. On note pourtant un doublage de qualité avec la voix française de Schwarzy pour Sam.
L'absence de mode multijoueur dans un tel jeu n'est pas un vrai reproche. On se demande néanmoins si la seule fonction de téléchargement de niveaux n'est pas un peu limitée. L'esprit d'inventivité inhérent à ce titre fait regretter la carence d'un multi original. On aurait apprécié des modes supplémentaires ainsi que des bonus, à la manière d'un Metal Gear Solid 2 Substance.
Je conclurai enfin sur les " bonus " inclus sur le DVD. Ils accentuent trop sur l'aspect commercial du titre. Certes, c'est une bonne idée mais ils sont par trop inégaux et ne donnent pas réellement de détails sur le jeu. C'est plutôt marrant de voir les concepteurs " réciter " un blabla mièvre sur les " formidables qualités " de leur produit.
 

Au final

Tom Clancy's Splinter Cell est un grand titre. Les programmeurs d'UBIsoft font dans la grosse production et s'en sortent avec les honneurs. Le titre, dédié à la Xbox, est vraiment pensé pour elle et exploite le moindre atout de la console et de l'ergonomie du pad.
On aime l'apport d'un sang neuf à la licence de Tom Clancy qui commençait à s'essouffler avec la série des Rainbow 6.
Un titre qui saura séduire le grand public pour des raisons évidentes. Cependant, si Splinter Cell est un titre de très bonne facture avec la mise en valeur d'effets saisissants, il reste d'un abord classique et innove encore peu, tant par son gameplay que par sa linéarité qui " enferme " un peu le joueur. La préparation d'une suite étant annoncée au menu, on s'attend à ce que ces défauts soient corrigés avec une équipe et un produit arrivés à maturité.
 

Article rédigé par Mirage , le

Un grand titre qui fera date dans l'histoire du jeu vidéo grâce à des prouesses techniques encore inégalées et une très grande ergonomie. Immanquable.

Points positifs

  • Réalisation technique
  • Exploite la Xbox au maximum

Points négatifs

  • Peu innovant
  • Linéaire

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