Test : Call of Duty : Ghosts

Call of Duty : Ghosts - Xbox One

Genre : FPS dans un couloir

Date de sortie : 22 novembre 2013

Genre
FPS dans un couloir
Date de sortie
22 novembre 2013 - France
Développé par
Infinity Ward
Edité par
Activision Blizzard
Disponible sur
PC, PS3, PS4, Wii U, Xbox 360, Xbox One
Modes de distribution
Boutique

Call of Duty. La simple évocation de cette licence phare du Dixième Art provoque foules et boycotts, addictions et rejets, pigeons et têtes de mule. Alors que Battlefield 4 entend bien récupérer les lassés de la saga d'Activision, cette dernière compagnie trouve toujours de nouvelles inspirations et nous pond cette année Ghosts, développé par les papas des Modern Warfare : qu'en est-il réellement ? Avons-nous là la preuve ultime que la franchise peine définitvement à se renouveler ou apporte-t-elle un nouveau vent de fraîcheur ? GameHope vous fout le jeu à oilpé.

Test effectué à partir d'une version PS4

 
 
Le point sur les versions next-gen :

Call of Duty Ghosts next-gen est, comme vous vous en doutez, bien plus joli que sur les consoles actuelles. Il n'est pas parmi les titres qui tirent vraiment le mieux parti de la next-gen mais la différence avec la version current est assez évidente, surtout compte tenu du fait que cette dernière se faisait un peu vieillissante. On remarquera un vrai travail sur l'aliasing, les lumières vraiment réussies et certains effets de particules assez bluffants. Il y a aussi parfois une meilleure gestion des flous de premier plan / arrière plan, rendant parfois plus crédible la mise en scène. Les couleurs sont aussi plus réussies, plus intenses. Assez étonnant, le jeu tourne sur Playstation 4 en 1080p tandis que la Xbox One se contentera d'un petit 720p. Peut-être qu'un patch viendra corriger le tir plus tard, mais en attendant, l'avantage est à la version Sony du titre, même s'il n'apparaît vraiment qu'en comparant les écrans côte à côte. Le fait est que si une version est à choisir entre current et next, à 10 euros près, dirigez-vous avec certitude vers la nouvelle génération, infiniment plus jolie.
 
 
Infinity Ward, c'est clairement le studio qui a su populariser Call of Duty. Auteur des Modern Warfare (mais également de tous les anciens) au succès interplanétaire de fifou, on peut admirer leur savoir-faire. Car malgré une direction mercatique d'Activision, avouons-le nous, un peu dégueulasse, les petits gars du développement ont toujours fait du bon boulot. Un moteur graphique vieillot ? Qu'importe, ils le maîtrisent à mort et ont su nous fabriquer des scènes épiques, et on pense évidemment à MW3. Heureusement, Treyarch était là pour apporter une touche de nouveauté tous les deux ans : après le scénario et la narration très surprenante de Black Ops, le studio a créé un aspect futuriste et de multiples embranchements scénaristiques pour Black Ops II, sans parler d'un mode Zombie du feu de dieu. Quant au multijoueur lui, il n'a pas cessé de se compléter chaque année, en résulte une communauté gigantesque mais partiellement horriblement immature qui prouve que le jeu est bien victime de son succès. Donc oui, ne nous le cachons pas, si les opus n'étaient pas non plus extrêmement novateurs, loin de là, ils restaient indépendamment des autres des bons jeux, funs et spectaculaires, accessibles et foutrement sympas à jouer. Ce qui est à maudire en revanche, c'est bien la stratégie d'Acti' à pondre des DLC excessivement coûteux pour un contenu trop maigre, à empêcher les jeux d'évoluer trop rapidement afin de fidéliser encore et toujours, afin d'engranger davantage de fric. Des dieux en marketing assurément, mais avec Ghosts, leur petit jeu ne se retournerait-il pas contre eux pour de bon ?
 

Ça valait teeeellement le coup de se bastonner au PGW !

L'histoire nous place dans la peau de Logan qui, aux côtés de son frère, se bat sous le commandement de son père, Elias. Autant vous le dire franchement : l'intro est absolument épique. Tremblements de terre géants, phase spatiale rappelant étrangement un certain film de Cuaron, séance de course au milieu d'une apocalypse terrifiante et ouverture sur un beau panorama diabolique sous une musique dramatique : les dix premières minutes détonnent, et surprennent bien. On est alors projeté une bonne décennie plus tard, où le contexte s'offre à nous : la Fédération, qui regroupe la totalité de l'Amérique du Sud, a déclaré la guerre aux États-Unis d'Amérique (et au reste du monde, d'ailleurs) et a absolument tout ravagé sur son passage. N'étant plus qu'un gigantesque no man's land, les USA deviennent un champ de bataille où le répit n'existe pas. C'est donc au beau milieu d'un Los Angeles dévasté et où la végétation a repris ses droits que commence l'aventure : une direction artistique originale pour un Call of Duty, malheureusement bien sous-exploitée. Pas de temps pour la contemplation, on rencontre vite les premiers fédérés et on leur explose les dents comme il se doit, avant de se retrouver au beau milieu d'une autoroute prisée par l'ennemi. On dégomme ainsi tout ce qui bouge, on avance, on prend le lance-roquette, on abat l'hélico, fin du niveau. Classique classique classiiique.
 
 
Et le problème est bien là : c'est d'une banalité sans nom. L'histoire ne nous prend aucunement aux tripes, mis à part le cliffhanger très suprenant à la toute fin du jeu, et la narration est franchement peu audacieuse. Couler ce navire, voler ces données, exploser ce bâtiment : des objectifs banals pour un Call of Duty, le problème étant plus l'enrobé, l'histoire, décevant. Au final, notre objectif le plus intéressant est d'attraper Rorke, un ancien membre de notre équipe, les Ghosts, qui est passé du côté ennemi. Pas de révélation fofolle, ça c'est sûr, et même pas de scènes impressionnantes. ET c'est d'ailleurs là que la bât blesse. Autant le scénario de MW3 n'était pas folichon que la campagne nous offrait régulièrement des scènes magnifiques et des environnements attachants, or ici, à part la scène d'introduction, la phase sous-marine qui varie un tantinet et le tout dernier niveau qui dure une dizaine de minutes, le solo de Ghosts peine à impressionner. Attention, ce n'est pas mauvais, loin de là, on retrouve la mise en scène propre à la série, mais on a besoin de plus étant donné les innovations apportées (au sein de la série) par les précédents épisodes. Avec Ghosts, on a un peu l'impression qu'Infinity Ward a retiré toutes les bonnes surprises d'auparavant (un cheminement scénaristique multiple, des armes originales, une direction artistique audacieuse) pour rentrer dans le classicisme pur et dur. Du traditionnel efficace qui fait son job, à savoir nous divertir 6 heures durant, mais on est loin d'en ressortir jovial.
 

Un chien, une couverture et des DLC

Infinity Ward a tout de même pensé à varier un peu son gameplay. Si on ne change pas du tout les grandes lignes (ah si, l'indicateur du lancer de grenade a changé !), de nouveaux éléments jouables viennent s'ajouter à la liste. A commencer par Riley, le berger allemand dressé au doigt et à l’œil, qui s'avère être tout bonnement incroyable. C'était une blague. Non seulement on ne contrôle Riley que très rarement dans le jeu, mais ces phases n'ont rien de particulier. On se contente d'aller d'un point A à un point B en se faufilant derrière les ennemis avant de leur sauter à la gorge, et voili voilou. Rien d'extraordinaire. Là où l'exploitation de Riley devient intéressante, c'est quand on contrôle traditionnellement Logan puisque ce dernier peut ordonner au chien-chien d'aller attaquer telle personne grâce à un petite pression sur la gâchette gauche. Le hic, c'est que ces actions sont assez ridicules étant donné que Riley se retrouve au beau milieu d'un champ de bataille et ne se prend jamais aucune balle et réagit tout seul, comme un grand bonhomme, même quand son maître n'est pas là. Pour des raisons de gameplay, on comprendra, mais ce n'est pas très crédible.
 
 
Ce CoD : Ghosts signe également le retour des véhicules. On se retrouve ainsi à la tête de tanks à manipuler à la fin du jeu, et des hélicos, phases sympathiques mais d'un extrême facilité. Chose intéressante, Infinity Ward a enfin pensé à rajouter un système de couverture ! Ainsi, en se mettant accroupi derrière un obstacle, on peut facilement se pencher vers la gauche et la droite pour mitrailler les méchants. Le problème, c'est qu'étrangement, on ne peut pas jeter un coup d’œil vers le haut de l'obstacle, ce qui peut-être dérangeant plus d'une fois... Les développeurs ont eu également la volonté d'ajouter quelques nouvelles animations, telles que la glissade sur le sol, ou des mouvements un peu plus réalistes quand on enjambe un obstacle. Et à l'inverse, impossible de se jeter à plat ventre comme dans Black Ops II, et de même, la balistique sur les corps a totalement disparu. Des suppressions bien injustifiées, d'autant plus quand IW ventait son nouveau moteur graphique, qui n'est en fait que l'ancien rehaussé au goût du jour (un peu).
 

C'est vrai, étriper ses ennemis au combat, c'est si fun après tout !

Graphiquement, on ne peut pas dire que le pseudo nouveau moteur d'IW ait amélioré beaucoup de choses. C'est beau, mais pas trop, un peu comme avant en fait. Les effets de lumière sont bien maîtrisés, c'est très fluide, mais il y a toujours les mêmes tares qu'il y a 7 ans. Le même ragdoll, les mêmes animations ennemies, les mêmes indications sur le HUD : on ne peut pas dire que l'innovation soit à l'ordre du jour. La bande-son, elle, s'avère être toujours satisfaisante même si elle est moins clinquante que celle de MW3 d'Hans Zimmer. On regrettera en revanche le son des armes, qui à côté d'un Battlefield 4 fait bien pâle figure.
 
 
Bref, vous l'aurez compris, la campagne de Ghosts est décevante sur plus d'un point, malgré sa qualité assurée. Afin de prolonger l'expérience, IW nous a concocté non pas des missions spec-ops, mais un certain mode "Extinction". Ici, c'est assez simple, le zombie est remplacé par des aliens et les objectifs varient quelque peu. Effectivement, on se retrouve seul ou à plusieurs (surtout à plusieurs) sur une map linéaire dans laquelle on se doit d'avancer coûte que coûte tout en éradiquant la menace extra-terrestre. Ainsi, on place des foreuses devant des nids aliens dans le but de les exploser, et pendant ce temps, on massacre des bestioles de plus en plus variées au fil de notre avancée. De multiples items sont à récupérer sur la map, des lunettes pour nos armes, des flingues, des sous... Si certains d'entre eux sont gratuits, il faudra cependant dépenser le fric gagné en explosant de l'alien dans de nouvelles pétoires, comme dans le mode zombie. Un système toujours aussi simple et efficace. On peut également dépenser des points de compétence pour améliorer ses capacités durant la partie (augmenter la puissance de ses balles par exemple) via un menu plus accessible que les atouts dans le mode zombie de BO II. Bref, s'il n'innove pas des masses et que l'on a l'impression de se retrouver avec un mode Zombie trafiqué où les mort-vivants sont troqués contre des aliens, Extinction s'avère être fun malgré tout, surtout à plusieurs.
 

Enjaillemment maximum ?

Il est désormais temps de s'attaquer à la troisième partie de Ghosts, la traditionnel multijoueur... qui, encore une fois, est plus complet que jamais. Si l'on déplore beaucoup le manque d'innovation certain, mais genre vraiment vraiment, on apprécie les quelques retouches ci et là afin d'améliorer le confort de jeu. Par exemple, le HUD a été revu pour être plus clair et moins encombrant (on pense notamment à l'écran des scores en pleine partie). Infinity Ward a également rajouté quelques trucs sympatoches, comme les défis. Ainsi, de temps en temps, un joueur assassiné laissera derrière lui un petit item, qui quand on le ramasse nous donne un défi à réaliser (comme buter un joueur par derrière) avec des points d'expérience à la clé. Ces derniers quant à eux, sont toujours basés sur le même principe : plus on gagne en levels, plus on débloque d'armes et d'accessoires que l'on pourra acheter via des points de compétence. Petite nouveauté : on peut désormais personnaliser son soldat en choisissant le bonhomme, dont 90 % sont évidemment à débloquer, puis continuer en personnalisant ses classes, comme d'hab.
 
 
Et à l'instar des années précédentes, on a de quoi faire. Avec un nombre de modes de jeu variés conséquent et une dizaine de maps, l'adjectif "complet" convient plutôt bien. Les cartes justement, déçoient dans l'originalité des lieux dans lesquels elles nous placent mais sont extrêmement travaillées, avec des structures complexes et parfois labyrinthiques aux premiers abords. Seulement voilà, on regrette terriblement de ne pas avoir plus de nouveauté que ça. Oui il y a de nouveaux modes de jeu, mais ça ne suffit malheureusement pas pour réellement impressionner si l'on a déjà fait les précédents jeux. Et bien sûr, nous ne parlons pas de la majeure partie de la communauté, toujours aussi charmante et raffinée... Bref, vous l'aurez compris, Ghosts dispose d'un bon multijoueur, toujours plus gros, mais qui manque cruellement d'innovations pour justifier un achat si l'on est un habitué de la série. Et ce n'est pas son solo qui rattrapera le coup...

Article rédigé par Naxi , le

Cette année, Call of Duty : Ghosts déçoit un peu. Avec une formule qui commence crucialement à tourner en rond, on peut constater que la licence se perd peu à peu, ce qui ne nuit cependant pas à sa qualité certaine. Un bon jeu, complet, mais classique et trop peu innovant pour justifier la dépense de 70 boules, du moins quand on a déjà fait les précédents opus. Activision a clairement besoin d'innover avant que son concurrent Battlefield, un peu dans le même cas, ne lui passe devant dans quelques années. Le match se poursuit donc sur la prochaine génération, mais à l'heure actuelle, les deux jeux se valent, dans un style différent.

Points positifs

  • Super complet
  • La scène d'intro
  • Du bon, oui...

Points négatifs

  • ... Mais là, faudrait vraiment penser à se renouveler !
  • Méga classique
  • Campagne solo peu originale
  • Des retours en arrière

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