Test : Torment : Tides of Numenéra

Torment : Tides of Numenéra - Xbox One

Genre : RPG

Date de sortie : 28 février 2017

Genre
RPG
Date de sortie
28 février 2017 - France
Développé par
InXile Entertainment
Edité par
KOCH Media
Disponible sur
PC, PS4, Xbox One
Modes de distribution
Boutique
Xbox Live Arcade

Il est certains projets qui battent tous les records sur Kickstarter. Torment : Tides of Numenéra fait partie de ceux-là. Successeur spirituel de Planescape Torment, il a convaincu plus de 74.000 backers ayant confié plus de 4 millions de dollars au studio inXile Entertainment. Après un long développement, ça y est, il est enfin là. Pour le plus grand plaisir des rôlistes ?

Test effectué à partir d'une version PS4

La Terre. Loin, très loin dans le futur. Si loin que pas moins de huit civilisations majeures ont eu le temps de naitre, prospérer puis s'éteindre les unes après les autres. Un milliard d'années après notre ère, donc, toutes les technologies développées durant toutes ces années permettent désormais de petits miracles, comme la maîtrise de la magie ou encore la possibilité de déplacer son esprit. C'est d'ailleurs là que tout commence : une personnalité baptisée le Dieu Changeant - et pas franchement sympa avec son prochain - a cette faculté de passer de corps en corps à la recherche de la perfection. Chaque corps qu'il abandonne donne naissance à un nouvel être, déjà adulte et doté de différentes aptitudes, mais malheureusement amnésique. Le héros se trouve être l'un d'entre eux, et plus précisément le dernier, son esprit venant de naître dans un corps fraichement abandonné par le Dieu Changeant. Après avoir survécu à l'attaque d'une créature baptisée l'Affliction, le bougre se réveille. A ses côtés, deux compagnons qui vont lui faire un résumé de la situation et l'emmener dans la cité la plus proche, Sagus, où sa quête va commencer.

Torment : Tides of Numenéra

Lecture à foison

Mais avant toute chose, une petite précision : si la lecture n'est pas trop votre truc, si vous préférez l'action à la réflexion et si vous ne jurez que par de longues cinématiques, Torment : Tides of Numenéra n'est clairement pas fait pour vous. Car le titre d'inXile Entertainment est avant tout une aventure narrative, comme ce que pourrait proposer un jeux de rôle papier, comme ce que proposaient à l'époque les premiers RPG, dans lesquels les cinématiques et autres doublages n'existaient pas encore. Absolument tout est prétexte à de longues phases de dialogues et à des descriptions sans fin, tous les PNJ ont quelque chose d'intéressant à dire, et il n'est pas rare d'avoir droit à encore un peu plus de texte en cliquant sur un simple objet qui s'avère être en fait bien plus. Un jeu trop bavard ? Certes, mais ce n'est en rien un problème tant l'écriture est soignée et le background du titre fouillé et intéressant à découvrir. Bref, le joueur lit beaucoup, tout le temps, et plus précisément dans le premier endroit qu'il découvre, les Falaises de Sagus. Et comme si cela ne suffisait pas, chaque compagnon récupéré en cours de route a aussi sa propre histoire à raconter.

Torment : Tides of Numenéra

Véritable petit bijou d'écriture, Torment : Tides of Numenéra s'accompagne aussi logiquement d'un système de choix et, fatalement, de conséquences. Concrètement, chacune de vos actions, chacun de vos choix de dialogue aura une incidence plus ou moins visible à un moment ou un autre du jeu : accepter ou non une quête, répondre de manière plus ou moins rude, et ainsi de suite. Sans compter que tout ce petit monde influe sur le système de Flux, qui sert en gros de jauge de réputation venant bousculer l'ordre naturel des choses. Faites une mauvaise action et votre Flux rouge augmentera un peu plus, par exemple. Malheureusement, si, sur le papier, cette jauge devrait avoir un impact sur la manière dont les PNJ voient le héros, il n'en est quasiment rien, et bien rares sont les personnages à réagir aux Flux du joueur. Dommage, d'autant plus que les développeurs avaient largement communiqué sur cette mécanique de gameplay qui se transforme finalement en simple élément rapidement oubliable. Et ce n'est hélas pas le seul défaut du titre d'inXile Entertainment qui, une fois les longues premières heures d'émerveillement passées, laisse un arrière-goût amer en bouche.

Torment : Tides of Numenéra

Les mystères du Neuvième Monde

On peut par exemple citer les combats, franchement peu passionnants. Fort heureusement, ils sont très très peu nombreux, et il est tout à fait possible de terminer le titre sans avoir croisé le fer. Se déroulant au tour par tour, ils sont extrêmement classiques et n'offrent que très peu d'opportunités. Ce qui est d'ailleurs paradoxal puisque l'interface regorge d'icônes inconnues au bataillon ou presque et de skills que le joueur n'utilisera jamais. Mous, loin d'être tactiques ou difficiles (les items d'aide pullulent) et souffrant qui plus est d'une IA lamentable (le pathfinding, au secours), ils brillent finalement seulement par la possibilité d'être raccourcis grâce aux dialogues. En fonction des compétences du héros et de ses compagnons, il est ainsi parfois possible de tenter une conciliation ou encore une persuasion. Comme si le titre avouait de lui-même que ses combats auraient mieux fait de ne pas exister... Le joueur a donc tout intérêt à attribuer correctement ses points de compétences s'il désire pouvoir faire face à toutes les éventualités. Ce qui n'est, là encore, pas bien difficile puisqu'ils sont à répartir entre trois skills : puissance, dextérité, intelligence. Avec si peu de diversité, il est donc très aisé de se composer une équipe capable de réussir quasiment toutes les actions dans 100% des cas.

Torment : Tides of Numenéra

Conséquence, le joueur comprend bien vite quoi faire dans quelle situation, et agira de manière mécanique lorsque le même cas se présentera par la suite... Et lorsqu'il tombe à court de points, pas de panique : une nuit à l'auberge suffit à remplir les jauges de tout ce petit monde. Et encore, tous ces problèmes pourraient à la limite être acceptables, si la qualité de l'écriture était constante. Hélas bis, ce n'est malheureusement pas le cas et l'on s'en rend bien vite compte lorsque l'on bascule dans la seconde partie de ce Torment : Tides of Numenéra. Une fois Sagus quittée, vaste ville grouillant de vie et d'opportunités de dialogues, le joueur se balade dans des endroits bien moins travaillés où les PNJ se comptent sur les doigts d'une main et où les quêtes s'appauvrissent franchement. Si elles restent pour la plupart intéressantes à suivre, elles n'ont malgré tout pas la même saveur que celles du début. Tout comme la seconde vraie ville d'ailleurs. Bref, vous l'aurez compris, cette seconde partie semble bâclée par rapport à la première, pour des raisons qui ne sortiront sans doute jamais des bureaux d'inXile Intertainment. Démotivation ? Budget mal géré ? Coupes pour raccourcir un temps de développement déjà conséquent ? Mystère...

Torment : Tides of Numenéra

Du neuf avec du vieux

Un souci de finition qui se ressent d'ailleurs également dans la réalisation du titre. Au premier abord, il n'y a pas grand-chose à reprocher à Torment : Tides of Numenéra lorsque l'on découvre pour la toute première fois sa direction artistique. Les lieux, comme dit précédemment, sont vivants, inspirés, ils fourmillent de détails plus ou moins importants (et intéressants), et l'architecture des lieux a de toute évidence été travaillée avec soin, avec des éléments moyenâgeux côtoyant sans souci de la technologie plus avancée. Mais lorsque l'on y regarde d'un peu plus près, on se rend compte que pas mal de petits problèmes n'ont pas été corrigés. Par exemple, il n'est pas rare de croiser des cases vides là où des portraits de PNJ devraient sûrement se trouver, ou encore de légers bugs dans quelques dialogues... Des soucis qui, espérons-le, seront corrigés dans de futurs patchs. Même si le plus gros boulot des développeurs, pour l'heure, est de s'occuper des problèmes d'optimisation sur consoles. Si la version PC ne semble par rencontrer de tels soucis, nous ne comptons plus sur notre mouture PS4 les ralentissements, les freezes, les temps de chargement un peu trop longs ou encore les décors souffrant d'aliasing. Des problèmes déjà assez inacceptables en 2017, mais encore plus sur un jeu en 3D isométrique...

Article rédigé par Shauni Chan , le

Véritable petit bijou d'écriture, avec une histoire, des quêtes et des personnages aussi intéressants que bavards, Torment : Tides of Numenéra est un C-RPG généreux en terme de contenu enrobé dans une direction artistique clairement convaincante. On aurait même pu lui pardonner ses combats inintéressants et la trop grande facilité de se constituer une équipe parfaitement rodée à toutes les situations, si seulement sa seconde partie était aussi intéressante que la première. Une fois la ville de Sagus quittée, les ambitions s'effondrent, tout comme la finition du titre, qui semble malheureusement bâclé. Bref, un titre qui happe le joueur dans son incroyable univers mais qui lui laisse un arrière-goût d'inachevé.

Points positifs

  • Une qualité d'écriture incroyable
  • Des PNJ, quêtes, objets, thématiques intéressants
  • Une traduction française soignée
  • Une direction artistique convaincante
  • La ville de Sagus et son sentiment de découverte constant

Points négatifs

  • Seconde partie bâclée
  • Technique à la ramasse sur PS4
  • Combats inintéressants
  • Globalement trop facile
  • Assez court pour un jeu du genre

A propos de l'auteur

Shauni Chan

Shauni Chan

27 ans | Caution féminine

Détentrice d'un Baccalauréat P (pour ''platformer'') option Sonic the Hedgehog, Shauni Chan a ensuite obtenu avec brio sa licence en Nintendo, spécialisation The Legend of Zelda. Elle est devenue par la suite Docteur ès RPG japonais grâce à sa note maximale lors de l'épreuve Tales of.

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