Dans
High Times, on incarne un ou une employé(e) totalement personnalisable de The Hotbox, un magasin de donuts un peu spéciaux. Ces derniers peuvent en effet être pimpés grâce à différents glaçages qui ont pour effet de modifier l'humeur de la personne qui les mange. Il a besoin d'un peu de gaieté ? La vanille est faite pour lui ! Il préfère prendre du recul sur lui-même et se poser les bonnes questions ? Dans ce cas, c'est la myrtille qui lui fera le plus grand bien, et ainsi de suite. Il est également possible d'ajouter divers toppings, comme de la crème ou des amandes.
Concrètement, le gameplay repose sur deux piliers. D'un côté, il y a le cooking sim, qui se montre extrêmement classique et rappelle d'ailleurs les jeux sur mobiles. Quelques clics suffisent à pétrir puis diviser la pâte avant de la balancer dans la friteuse et de l'enlever avant qu'elle ne brûle. Vient ensuite la gestion des goûts ainsi que la décoration, et emballé c'est pesé, sachant que l'on ne sert qu'un client à la fois et qu'il n'y a donc aucune pression de temps. Un livre de recettes est disponible à tout moment et il s'agit en dehors des heures de boulot de passer commande pour proposer davantage de variété ou décorer la boutique. Classique et efficace, même si forcément répétitif sur le long terme.
L'autre pilier est donc le dating sim, même si on peut plus généralement parler ici de visual novel tant les célibataires à draguer sont peu nombreux par rapport au nombre total de clients : six sur plus d'une trentaine. C'est évidemment là que repose tout l'intérêt de High Times, qui demande d'écouter les clients et de comprendre leurs problèmes pour leur donner les donuts correspondants à leur humeur du moment. Bref, le joueur sert ici de thérapeute un peu spécial, même si certains sont bien plus directs dans leurs requêtes.
Come to the Darkside, we have donuts
Forcément, au vu du genre de jeu choisi par les développeurs, il faut s'attendre à énormément de textes à lire. D'autant plus que l'aventure se montre étonnamment longue et avec une belle rejouabilité, les fins étant extrêmement nombreuses et se débloquant en fonction des donuts confectionnés et des réponses données lors de certains dialogues. Heureusement, on ne voit pas le temps passer ici tant l'écriture se montre solide. Le fait que l'intégralité de l'aventure soit doublée (en anglais) aide clairement, même si on aurait aimé que notre personnage soit aussi doué de parole.
Tous les clients sont très différents les uns des autres et ont tous leurs propres problèmes à résoudre. Il y en a un peu pour tous les goûts ici – même si on parle tout de même essentiellement de relations - et il y aura forcément au moins une histoire qui résonnera avec le joueur, que ce soit le fait de se faire larguer, d'être dans une relation toxique ou encore d'essayer d'oublier son ex. Malgré ces sujets, le ton reste léger et optimiste, avec aussi une grosse louche d'humour par dessus le tout. On reste par ailleurs sur quelque chose de très adulte tant le sujet du sexe revient constamment sur la table, avec tout un tas de kinks divers et variés évoqués. Un élément à garder en tête pour ceux qui préfèrent rester sur du full cosy.
Bien entendu, tout n'est pas parfait, à commencer par l'aspect aléatoire des journées. High Times repose sur une boucle de journées de travail où il est possible de servir trois clients maximum... et ces derniers apparaissent de manière aléatoire, ce qui évidemment s'empire au fur et à mesure où on les rencontre. Ainsi, si l'on repère un petit chouchou avec lequel on aimerait bien continuer de discuter, il faut prier les dieux du RNG de le faire débarquer le jour suivant... Bref, autant dire qu'il faut souvent prendre son mal en patience ici, même si l'aspect addictif de la boucle de gameplay et l'écriture permettent de compenser un peu ce souci.
D'ailleurs, pour varier les plaisirs, il est également possible en fin de journée de passer un peu de temps sur son smartphone. Que ce soit pour faire des emplettes, envoyer des messages à certains PNJ ou encore se balader sur l'équivalent de Facebook pour liker des posts ou lire des commentaires, il y a l'embarras du choix. À condition tout de même de parler anglais, High Times n'ayant hélas pas droit à une traduction française sur Nintendo Switch (étrangement, la page Steam indique pour sa part bel et bien une localisation). En dehors de ça, il n'y a rien à redire techniquement parlant, en tout cas sur Switch : les doublages sont solides, la direction artistique inspirée du monde de la bande dessinée est un plaisir pour les yeux, tandis que la bande-son colle parfaitement à l'ambiance globale et aux personnalités de chacun.