Suda51 : l'interview du président de Grasshopper

Suda51 : l'interview du président de Grasshopper

Dans Interview , par SiMouth le 06 mars 2010 à 15h30

Comme annoncé lors de notre précédente news, nous avons réalisé une interview de Goichi Suda, alias Suda51, lors d'une séance de présentation de No More Heroes : Desperate Struggle, ce jeudi. L'occasion d'en savoir plus sur le président de Grasshopper, et sa vision des jeux vidéo. L'interview s'étant déroulée par l'intermédiaire d'une traductrice anglais/japonais, la traduction des phrases est approximative mais les propos de Suda51 ne sont pas déformés (du moins... on l'espère !) Certaines questions ont été posées par nos confrères de Gamers.fr et Krinein, avec qui nous avons réalisé l'interview.

GameHope : D'où vous vient l'inspiration pour l'univers de No More Heroes ? Suda51 : Principalement de shows télé américain, comme Jackass. Travis, en particulier, est inspiré par cette série déjantée. Pour No More Heroes 2, une musique du film Kill Bill, A Battle Without Honor Or Humanity (ndlr : composée pour le film par un guitariste japonais, Tomoyasu Hotei) a été une influence majeure pour l'atmosphère du jeu. GH. Pourquoi cet épisode-là, chez nous, est-il plus violent ? S. Nous avons eu beaucoup de feedbacks, notamment de la part des joueurs européens, pour que cet épisode ne soit pas censuré. GH. Qu'appréciez vous particulièrement dans ce que font les autres créateurs de jeux vidéo ? S. J'aime beaucoup des jeux comme Uncharted 2, ou Modern Warfare. Il y a de gros challenges et une belle mise en scène dans ces jeux. Par exemple, la scène de l'aéroport de Modern Warfare 2 m'a vraiment accroché. GH. Comme ce fut le cas avec le premier épisode qui sortira sous le nom de No More Heroes : Heroes Paradise sur PS3 et Xbox 360, est-il prévu que NMH2 soit adapté ? S. Ce n'est pas moi qui décide des adaptions sur PS3 et 360. Elles sont gérées par un autre studio, feelplus. Je m'occupe exclusivement du développement sur Wii, c'est ensuite l'éditeur qui prend la décision ou non d'une adaptation. C'est pourquoi je n'ai aucune information sur l'éventuelle adaptation du deuxième épisode. GH. Dans le classement des créateurs de jeux vidéo, quel est votre rang ? Qui est numéro 1 ? S. Hein ? Houlàààà... Le numéro 1 ? Le numéro 1... Vous voulez parler des créateurs ou des sociétés ? (ndlr : après une bonne minute de réflexion) Je dirais Nintendo. C'est Nintendo qui est numéro 1. Grasshopper, nous sommes bien plus haut que la 51è place ! (rires) GH. Pensez-vous que Travis pourrait apparaître en guest dans un jeu de combat ? S. (Il réfléchit) Smash Brothers. Je pourrais le voir dans un Smash Bros. GH. Comment concevez-vous les personnages ? S. Pour créer un ennemi, je commence par me poser la question : en combattant Travis, sera-t-il intéressé, ou non ? Les idées me viennent en me demandant dans quel état d’esprit le combat aura lieu. Ça permet d’offrir des expériences différentes au joueur. Pour un esprit « No More Heroes », je leur donne souvent une attitude cool, associée à différentes capacités. Je veux que le joueur sente ces différences pour chaque personnage. GH. Votre premier jeu était un jeu de catch. Travis et vous-mêmes êtes passionnés de catch. Seriez-vous intéressé par faire un jeu de catch totalement déjanté ? S. En effet c’est quelque chose que j’aime beaucoup. Mais en jeu vidéo, je suis bien plus intéressé par les jeux d’action. Donc pourquoi pas, mais je n’aimerais pas faire un jeu qui tourne exclusivement autour du principe des combats de catch. GH. SONY a annoncé l’arrivée de son Motion Controller. Pensez-vous pouvoir travailler avec eux pour un nouveau projet, ou allez-vous continuer à travailler exclusivement avec Nintendo pour ce type d’appareil ? S. C’est assez compliqué. Pour No More Heroes, le système de la wiimote constitue la base du développement. Nous avons vraiment fait un jeu à partir de la manette de Nintendo, pour elle. Si je devais travailler pour le motion controller de SONY, ce serait en cherchant quel jeu pourrait lui correspondre, donc en inventant quelque chose de totalement différent de ce que j’ai fait, une nouvelle licence. C’est la même chose avec le projet Natal, qui m’intéresse beaucoup.

Suda51 affiche ici une certaine ouverture d’esprit sur les jeux vidéo : sans désavouer sa passion pour Nintendo en les classant n°1, il cite immédiatement Uncharted 2 et CoD Modern Warfare 2 comme expériences vidéoludiques qui l’ont marqué récemment. Dans une autre interview, il s’est également montré enthousiaste envers Heavy Rain*, exprimant, sinon un désir au profond, au minimum un intérêt curieux pour l’idée de développer un jeu du même genre. Toutes ces informations, cependant, ne rapprochent pas la date du 30 avril. Pour vous occuper en attendant, il n’y a qu’une chose à faire : trépigner d’impatience. *elf, retiens-toi !

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