Test : Gears of War : E-Day - Xbox Series

Gears of War : E-Day - Xbox Series
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Gears of War revient là où tout a commencé. Avec E-Day, The Coalition délaisse temporairement la suite de Gears 5 pour raconter le Jour de l’Émergence et remettre Marcus Fenix et Dominic Santiago au premier plan. Un retour aux sources efficace, spectaculaire et particulièrement plaisant en coopération, mais qui manque parfois d’ambition pour une formule vieille de vingt ans.

Test effectué à partir d'une version PC

Quatorze ans avant les événements du premier Gears of War, l’humanité découvre brutalement l’existence de la Horde Locuste. Marcus Fenix et Dominic Santiago se retrouvent au cœur du désastre alors que la ville de Kalona s’effondre progressivement sous les attaques. C’est cette période fondatrice de l’univers que The Coalition a choisi d’explorer plutôt que de poursuivre directement les événements de Gears 5. Le choix semblait particulièrement intéressant. E-Day est un événement dont on connaît depuis longtemps l’importance dans l’univers de Gears, mais que la série n’avait jamais vraiment montré à cette échelle. Le jeu dispose donc d’un contexte idéal pour retrouver les fondamentaux tout en racontant quelque chose de nouveau. Sur le premier point, le contrat est largement rempli. Sur le second, le résultat est beaucoup plus timide.


C'est comme le vélo

Il suffit de quelques minutes pour retrouver les sensations de Gears. Le poids des personnages, la manière de se jeter derrière une couverture, le rechargement actif, les tirs au Gnasher à courte distance ou les ennemis découpés au Lanzor donnent immédiatement l’impression de revenir à la maison. The Coalition avait beaucoup communiqué sur la modernisation des déplacements et la possibilité de franchir davantage d’obstacles sans transformer Marcus en personnage de jeu de plateforme. Dans les faits, les mouvements sont effectivement plus souples et les arènes laissent parfois davantage de possibilités pour changer rapidement de position. 


Pour autant, E-Day reste fondamentalement un Gears classique. Et ce n’est pas nécessairement un problème. Les combats sont toujours particulièrement agréables et les armes ont suffisamment d’impact pour conserver ce sentiment de puissance caractéristique de la licence. En coopération à deux, format dans lequel nous avons réalisé l’intégralité de la campagne, l’aventure fonctionne très bien. Se répartir les cibles, contourner certains groupes ou simplement avancer à deux dans les environnements détruits reste immédiatement amusant.

Gears of War : E-Day

La campagne nous aura demandé une dizaine d’heures, avec un rythme particulièrement constant. E-Day ne traîne pratiquement jamais. On avance, on combat, quelques séquences plus calmes permettent de reprendre son souffle, puis les Locustes reviennent rapidement. La structure est finalement très linéaire sur la majorité de l’aventure, ce qui lui va bien. Car le semi-ouvert est toujours présent. Quelques zones permettent de se déplacer plus librement, d’utiliser une carte et de s’éloigner temporairement de l’objectif principal. Elles restent toutefois très minoritaires. On aurait probablement pu s’en passer sans que le jeu perde grand-chose sur le plan du gameplay. Leur intérêt est finalement ailleurs. Ces moments permettent de mieux observer Kalona et surtout son évolution. Plus l’Émergence avance, plus la ville se transforme. Les bâtiments sont détruits, les rues deviennent méconnaissables et l’impression que la situation échappe complètement aux humains devient progressivement palpable. Dans ce contexte, le semi-ouvert donne un peu plus d’espace au décor et aide à comprendre l’ampleur de la catastrophe.

Gears of War : E-Day

Cela fonctionne d’autant mieux que la réalisation visuelle constitue l’une des grandes réussites d’E-Day. The Coalition maîtrise Unreal Engine depuis longtemps et cela se ressent une nouvelle fois ici. Les paysages urbains détruits, les bâtiments éventrés et les vues sur une ville progressivement ravagée par les combats sont régulièrement superbes. La qualité du travail sur Kalona est assez remarquable, notamment sur la représentation d’une ville en train de s’effondrer. C’est d’ailleurs davantage par ses décors qu’E-Day impressionne que par sa mise en scène. On retient deux ou trois grosses séquences particulièrement réussies, mais assez peu de moments capables de réellement décrocher la mâchoire. Pour un épisode racontant l’un des événements les plus catastrophiques de l’histoire de cet univers, on pouvait espérer davantage de morceaux de bravoure.

Gears of War : E-Day

La technique est en revanche globalement solide sur PC. Sur notre configuration équipée d’une Radeon RX 7900 XT, l’expérience a été fluide dans l’ensemble. Quelques bugs ont nécessité de relancer le dernier point de contrôle, mais ils sont restés rares sur toute la campagne. Notre partie ayant été effectuée sur une version review avant la sortie du jeu, il faudra également voir ce que corrigera le patch du premier jour. Les exigences PC publiées avant la sortie placent justement la RX 7900 XT parmi les cartes recommandées pour viser les réglages les plus élevés en 4K. 

Gears of War : E-Day

Not My Gears… parfois

Le principal problème d’E-Day apparaît finalement lorsqu’on commence à regarder ses combats dans le détail. Ils sont bons. Ils sont même souvent très bons. Mais ils évoluent assez peu au cours des dix heures. Le jeu tente pourtant d’apporter un peu plus de profondeur à l’arsenal grâce à un nouveau système d’améliorations. Des composants sont désormais disséminés dans les niveaux et récompensent ceux qui prennent le temps de fouiller les environnements. À certains endroits, on peut également tomber sur des caches permettant d’installer ces améliorations directement sur les armes.

Gears of War : E-Day

Chaque arme peut accueillir jusqu’à quatre améliorations, avec des éléments assez classiques comme des viseurs plus efficaces, des chargeurs de plus grande capacité ou différentes compétences modifiant légèrement son utilisation. Quelques équipements annexes peuvent également être trouvés, comme un détecteur capable de scanner les environs afin de localiser les ennemis. Le système fonctionne plutôt bien et apporte une petite dimension de progression qui manquait à la formule. Il pousse également à explorer un minimum les niveaux et permet d’adapter légèrement son équipement à sa manière de jouer. Il ne faut toutefois pas attendre une transformation profonde des affrontements. Ces améliorations apportent du confort et un peu de personnalisation, mais ne changent pas véritablement la manière d’aborder les combats.

Gears of War : E-Day

Le bestiaire n’est pas immense, avec environ une douzaine de grandes variantes rencontrées au fil de la campagne. Le jeu crée donc surtout sa difficulté en mélangeant ces ennemis. Un sniper oblige à éviter de rester trop longtemps découvert pendant qu’un adversaire plus agressif réduit la distance et que des tiques explosives compliquent encore les déplacements. Les meilleurs combats deviennent ainsi des exercices de priorisation. Il faut identifier rapidement la menace la plus dangereuse, choisir la bonne arme et décider dans quel ordre nettoyer l’arène. Le système est efficace et les sensations sont suffisamment bonnes pour que ces affrontements restent agréables jusqu’au générique.Mais vingt ans après le premier épisode, on attendait aussi davantage.

Gears of War : E-Day

E-Day aurait pu profiter de ce retour aux origines pour retravailler en profondeur le combat de Gears. Ajouter des ennemis aux comportements plus complexes, davantage de points faibles, des interactions avec les environnements ou des situations forçant réellement le joueur à changer de stratégie. Tout cela reste finalement assez limité. Certaines anciennes mécaniques semblent même moins importantes qu’auparavant. Les trous d’Émergence en sont probablement le meilleur exemple. Dans les premiers Gears, voir apparaître un trou impliquait souvent de prendre rapidement une grenade pour le refermer avant que trop de Locustes n’en sortent. C’était une petite mécanique, mais elle ajoutait une priorité supplémentaire pendant les combats. Ici, le trou finit régulièrement par se refermer tout seul. On peut simplement maintenir sa position et éliminer le flux d’ennemis jusqu’à ce que le problème disparaisse. C’est révélateur d’un jeu globalement plus simple et plus lisse. En difficulté normale, nous n’avons d’ailleurs rencontré que très peu de situations réellement difficiles.

Gears of War : E-Day

Les combats de boss illustrent encore davantage ce manque de profondeur. Ils reposent trop souvent sur des adversaires disposant d’une grosse quantité de points de vie que l’on élimine progressivement. Peu de points faibles réellement intéressants, peu de phases distinctes, presque aucune utilisation particulière du décor et assez peu de surprises. On attendait des affrontements nécessitant de comprendre une mécanique ou de modifier sa manière de jouer. Ils deviennent surtout des combats plus longs. C’est dommage, car la base est suffisamment solide pour accueillir bien davantage d’idées. Après avoir terminé la campagne, c’est probablement là que se situe notre principale réserve. E-Day retrouve parfaitement ce qu’est Gears, mais il semble parfois oublier qu’une série aussi ancienne doit également trouver de nouvelles manières de jouer avec sa propre formule.

Gears of War : E-Day

Le scénario suit malheureusement une logique assez similaire. Sur le papier, le Jour de l’Émergence possède tout ce qu’il faut pour raconter une histoire forte. Le jeu remet Marcus et Dom au centre de l’aventure et revient notamment sur leurs liens avec Carlos Santiago. The Coalition avait beaucoup insisté en amont sur la relation entre les deux personnages et sur la volonté de montrer leur passé commun. La communication officielle plaçait même leur relation parmi les éléments centraux de cet épisode. Dans les faits, cette relation reste surtout fonctionnelle. Marcus et Dom avancent ensemble parce que l’histoire de la série exige qu’ils deviennent les personnages que l’on connaît déjà. Il n’y a rien de particulièrement mauvais dans leurs échanges, mais rien non plus qui permette réellement de redécouvrir ces deux personnages. L’histoire de l’Émergence elle-même est tout aussi directe. Les Locustes apparaissent, la ville sombre progressivement dans le chaos et les protagonistes tentent de survivre. Les événements s’enchaînent sans grande surprise et sans véritable aspérité. Les épisodes suivants, et notamment Gears of War 2 avec tout l’arc narratif autour de Dom et Maria, avaient montré que la série était capable d’aller beaucoup plus loin émotionnellement. E-Day reste nettement plus superficiel. À la fin de la campagne, on retient surtout que l’on a assisté au Jour de l’Émergence et vu se construire la relation entre Marcus et Dom. C’est finalement assez peu pour un événement aussi fondamental dans la mythologie de la série.

Gears of War : E-Day

Même constat concernant le doublage français. Il fait correctement son travail, mais certaines voix, notamment celle de Dom, ont moins d’impact que dans les épisodes historiques. Cela n’empêche heureusement jamais E-Day de rester plaisant. C’est même ce qui rend son cas assez intéressant. Pendant une dizaine d’heures, on avance sans vraiment voir le temps passer. Les combats sont bons, la progression fonctionne, la coopération ajoute énormément au plaisir de jeu et les environnements donnent régulièrement envie de s’arrêter quelques secondes pour regarder autour de soi. Mais en solo, les limites de la formule risquent d’apparaître plus rapidement. Lorsque la coopération ne vient plus apporter sa propre dynamique, la répétition des affrontements et le faible nombre de mécaniques deviennent plus évidents.

Gears of War : E-Day

Gears of War : E-Day réussit son retour aux sources. La campagne est rythmée, agréable à parcourir, très réussie visuellement et toujours aussi efficace manette ou clavier en main. En coopération, la dizaine d’heures passe particulièrement bien. Le système d’amélioration des armes apporte également un peu de progression et encourage davantage l’exploration, sans toutefois modifier profondément la formule. Mais vingt ans après le premier épisode, reproduire correctement cette dernière ne suffit plus totalement. E-Day manque de profondeur, d’idées nouvelles et de prises de risque. Un épisode très plaisant, mais beaucoup trop sage.
01 octobre 2026 à 15h00

Par

Points positifs

  • Les sensations de tir toujours excellentes
  • Une campagne très bien rythmée
  • La coopération toujours aussi efficace
  • Des environnements particulièrement réussis
  • Le système d’amélioration de l’arsenal
  • Une vraie identité Gears

Points négatifs

  • Un gameplay qui évolue très peu
  • Un bestiaire assez limité
  • Des boss sans véritable intérêt
  • Une difficulté plutôt faible en normal
  • Un scénario particulièrement prévisible

Gribouillé par...

Lorris

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Jean-Claude Van Damme au corps, Jean-Claude Dusse dans la tête. C'est parfois l'inverse.
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