E3 2013, le bilan

E3 2013, le bilan

Dans Reportage, par La rédac' GH le 26 juin 2013

Comme chaque année, l'E3 a fait son show à Los Angeles, dans le mythique Convention Center. Nous avons d'abord eu droit aux conférences des constructeurs (Microsoft, Sony, Nintendo n'ayant pas organisé de conférence cette année au profit d'un Nintendo Direct), et des gros éditeurs (Electronic Arts, Ubisoft). Ensuite, ce furent 3 jours de démos buggées, de spots aveuglants, de musique bruyante, de journalistes relous... ou pas ! Fidèle à la tradition, GameHope a participé à l'event et a tenté de glaner un maximum d'infos. Vous avez pu le voir via nos news, nos previews et nos vidéos. Face à la densité de l'information, nous avons pris du recul et nous avons synthétisé dans ce dossier les points les plus importants du salon.

Microsoft

Après un Xbox Reveal fort décevant pour les joueurs que nous sommes, le constructeur américain se devait de frapper un grand coup lors de cet E3. Il nous avait promis des jeux à gogo, et la promesse a été amplement tenue. On a bouffé du jeu jusqu'à l'indigestion, et cela pour notre plus grand plaisir. Et ça a commencé très très fort, avec un long trailer de MGS 5 et l'apparition sur scène de Hideo Kojima lui-même. Entre Forza 5, Halo 5, Quantum Break, Dead Rising 3, The Witcher 3 et Killer Instinct, le moins qu'on puisse dire, c'est qu'on a eu du lourd. On retiendra également Project Spark, un titre charmant laissant librement s'exprimer la créativité des joueurs, à en croire ce qu'on a vu. Un concurrent sérieux à Little Big Planet ? L'avenir nous le dira. Pour ce qui est de la console en elle-même, elle sortira en novembre au prix de 499€ (ouch !). Mais malgré ce que Microsoft a annoncé, les restrictions sur les jeux d'occasion ont été levées peu après la fermeture du salon.
Lire le résumé complet de la conférence.

Microsoft

Sony

Cette année, Sony s'est bien lâché, profitant du fait de passer son grand oral plusieurs heures après son principal concurrent. Il ne fallait pas grand-chose pour mettre la Xbox One à terre à ce moment-là, puisque la console de Microsoft était pleine de restrictions. Cela n'a pas empêcher les Japonais d'y aller à fond, à grand renfort d'annonce coup de poing (prix de vente à 399€ et pas de restriction sur l'occasion) et de vidéo trollesque, de la communication comme on l'aime. Finalement, le grand méchant Microsoft a cédé et s'est aligné sur la liberté offerte par la PS4. Côté jeux, le géant japonais a tout d'abord voulu nous rassurer sur le futur de la PS Vita, avec 85 titres à venir, dont l'excellent The Walking Dead (pas celui d'Activision, rassurez-vous). Les gros titres PS3 qui sortiront d'ici la fin de l'année ont aussi été rapidement évoqués avant de revenir sur ce pour quoi tout le monde était là : la PS4. En plus du design de la machine, que chacun appréciera à sa manière, de nombreux jeux ont été présentés. Certains étaient déjà connus (Killzone, DriveClub, Knack), alors que d'autres faisaient leur première apparition, comme The Order : 1886 et Kingdom Hearts III. On notera aussi que Sony soutient largement les développeur indépendants, leur donnant plus de facilités pour sortir leurs jeux sur PS4. La mauvaise nouvelle de la conférence, car il y en a toujours une, c'est le jeu online qui devient payant sur cette console.
Lire le résumé complet de la conférence.

Sony

Nintendo

Le résumé de la conférence de Nintendo va être très court. Et pour cause, le constructeur n'a pas daigné en faire cette année, préférant se contenter d'un Nintendo Direct. Mais ce n'est pas parce qu'il n'y a pas eu de conférence qu'il n'y a rien à dire. En effet, leur petite vidéo de présentation est assez représentative du catalogue Wii U : 90% de jeux Nintendo. Ce n'est pas un problème en soi, vu que les jeux du constructeur sont de très bonne facture en général. Le problème, c'est qu'il commence à tourner en rond, nous proposant toujours les mêmes licences. On retrouve donc du Mario Kart, du Zelda, du Yoshi's Island et du Pikmin. Mais l'exemple le plus frappant de ce manque d'originalité reste le Mario 3D de la Wii U. Depuis la Nintendo 64, chaque volet 3D des aventures de notre plombier favori proposait un concept différent, novateur, lui permettant de mettre une grosse claque aux joueurs et de s'imposer comme un nouvel étalon du genre. Pour ce volet Wii U, on n'a rien de tout ça. C'est bien simple, on a l'impression de voir une mouture HD de Super Mario 3D Land sorti sur 3DS, avec un costume et la possibilité de jouer à 4 en plus. Heureusement, Bayonetta 2 et Rayman Legends étaient là pour apporter un peu de fraîcheur et de « nouveauté ». Loin d'être mauvais, les titres de Nintendo présentés dans cette vidéo ont un arrière-goût de déjà vu franchement désagréable. Et ça fait mal de voir Nintendo comme ça, totalement isolé du reste du marché. Ce qui se ressentait également lors des conférences EA et Ubisoft, focalisées sur les consoles de la concurrence. Ressaisissez-vous les gars !
Lire le résumé complet du Nintendo Direct.

Nintendo

Electronic Arts

Ce qu'il y a de bien avec les conférences EA, c'est qu'elles ne sont pas bien compliquées à couvrir. En gros, il suffit de reprendre les news de l'année précédente et faire +1 sur tous les compteurs. Cela marche pour Fifa, Madden NFL et NBA Live. Bien sûr, il y a quelques pièges. Pour Battlefield par exemple, l'incrémentation ne se fait qu'une fois tous les deux ans. Pour Need for Speed par contre, on est obligé d'écouter un minimum. En effet, la série compte tellement de titres que l'éditeur a préféré abandonner la numérotation pour adopter un nouveau sous-titre à chaque nouvel épisode, créant de la sorte, l'illusion du renouvellement. Cela nous complique quelque peu la tâche, mais ce regain d'attention nous a permis de voir Aaron Paul (Jesse Pinckman dans Breaking Bad) débarquer sur scène pour nous parler du film Need for Speed dans lequel il joue. Mais dire qu'EA ne fait que se répéter d'année en année serait rudement injuste, même si c'est l'impression qu'ils donnent. Après tout, la plupart des titres présentés lors de leurs conférences sont très bons, voire excellents, comme en témoigne l'impressionnante démonstration live de Battlefield 4. Et puis, on a eu aussi droit à quelques nouveautés également, comme UFC qui n'en était qu'à sa deuxième apparition chez EA. On aussi pu revoir Plants Vs Zombies : Garden Warfare et surtout, on a pu voir les premier teasers de Star Wars Battlefront et de Mirror's Edge 2. Et il y a aussi eu une démo de Titanfall aussi. Mais on s'en fout un peu de celui-là, non ?
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Electronic Arts

Ubisoft

Chez l'éditeur français aussi, on a nos habitudes. C'est donc sans surprise que nous avons retrouvé nos Assassin's Creed et Just Dance annuels. Toujours dans les suites, mais avec un rythme moins soutenu, Splinter Cell Blacklist a fait une dernière apparition avant sa sortie. Deux nouveaux Trials ont également été annoncés. On a eu des nouvelles de notre pote Rayman et des sales gosses de South Park : le Bâton de la Vérité, ce dernier étant initialement développé sous l'égide de feu THQ. Mais à côté de ces licences bien connues des joueurs et des amateurs d'humour pipi-caca, Ubisoft n'oublie pas de nous en mettre plein la vue avec de nouvelles licences, comme The Crew et The Division. Deux toutes nouvelles licences qui ont su nous éclater la rétine, et nous faire pleurer de bonheur, comme Watch_Dogs l'année dernière. Enfin pas tout à fait, l'effet de surprise n'était pas vraiment au rendez-vous, et surtout, tout le monde a sortie sa gamme de jeux next gen. Du coup, ils se sont moins démarqués que la simulation de hacking en son temps. D'ailleurs, Watch_Dogs s'est aussi montré, pour nous dévoiler un autre aspect de son gameplay.
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Ubisoft

Les tendances

Suite à ces conférences, plusieurs tendances se dégagent. Pour ce qui est de la guerre entre la PS4 et la Xbox One tout d'abord, il est incontestable que c'est Sony qui a gagné la bataille de la communication pendant l'E3. Il n'y a qu'à voir le sondage qu'Amazon avait mis en ligne pour s'en convaincre : 95% des personnes y ayant répondu se prononçaient en faveur de la console japonaise. De la même manière, l'annonce du prix lors des conférences a suscité un silence glacial chez Microsoft, alors que chez Sony, on a eu droit à des cris de joie, comme ce fut le cas pour l'annonce de la non-restriction de l'occasion. D'ailleurs, pour ce second point, une telle réaction est pour le moins étrange, tant le fait de pouvoir prêter et revendre nos jeux n'a rien d'exceptionnel. Après tout, on peut le faire avec nos livres, CD et DVD depuis des années, et les jeux vidéo sont actuellement sous le même régime. De quel droit nous priverait-on de cette possibilité du jour au lendemain ? La seule explication plausible à cette réaction, est qu'il s'agit en fait d'un contrecoup à la politique de Microsoft dévoilée plus tôt dans la journée. Bref, c'est indéniable, il n'aura pas fallu plus de cinq minutes à Sony pour éclater son concurrent, à tel point que ce dernier a depuis fait un virage à 180° sur les DRM et la connexion permanente.

Les tendances

Concernant les jeux maintenant, on constate une prolifération toujours plus importante des open-world, genre popularisé par Rockstar et son GTA. Alors il restait encore quelques irréductibles, et c'est tant mieux, mais entre Watch_Dogs, The Witcher 3, Destiny, The Crew, Infamous et consors, les amateurs de ce genre de jeux vont avoir de quoi faire. Une autre chose à laquelle semble aspirer les acteurs de l'industrie est la disparition des lobbies. En effet, sur pas mal de titres comme Destiny par exemple, on a pu voir des joueurs se joindre à une partie solo en drop-in depuis une autre machine, le temps de combattre un boss particulièrement costaud. Dans le cas du jeu de Bungie, seul un message affiché à l'écran nous indiquait que la partie était passée en multijoueur. Turn 10 semble être allé plus loin, vu qu'en théorie, dans Forza Motorsport 5, on ne devrait même pas savoir si on joue contre un joueur ou son Drivatar, sa copie virtuelle. Enfin, la tendance du multi-écran se confirme. Sony l'a annoncé sur sa PS4 en février dernier, pendant que Microsoft, de son côté, continue de développer son Smart Glass. Ubisoft d'ailleurs profité de sa conférence pour montrer une application de ces environnements multi-écran avec son Watch_Dogs. Donc, si on fait un petit récapitulatif pour le renouvellement de notre équipement en cette fin d'année, il va nous falloir une PS4 à 399€, une Xbox One à 499€, et comme si cela ne suffisait pas, une tablette tactile (comptez 200€ pour avoir quelque chose de respectable). Au total, la somme à mettre de côté s'élève donc à 1100€, sans compter les jeux. Je vous laisse, je dois appeler mon banquier. Et voici en bonus, une petite vidéo qui résume assez bien ce qu'il s'est dit dans les différentes conférences :

Les conférences pré-E3

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